July 12, 2008

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Actualité | International
PRESS RELEASE

Le Groupe de la BAD approuve un financement de 73,5 millions de dollars pour le Burkina Faso

Tunis, le 10 juillet 2008 – Le Conseil d'administration du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé mercredi, à Tunis, un prêt et un don de 45 millions d'unités de compte (UC*), soit 73,5 millions de dollars, pour financer le Quatrième programme d'appui à la stratégie de la réduction de la pauvreté au Burkina Faso (PASRP IV).

Ce prêt de 20 millions d'UC (32,7 millions de dollars) et ce don de 25 millions d'UC (40,8 millions de dollars) permettra au gouvernement de ce pays poursuivre l'exécution de ses réformes à moyen terme ayant un impact direct sur la réduction de la pauvreté.

Le PASRP IV poursuit la consolidation des acquis du PSRP III, et a pour objectif de contribuer à promouvoir une croissance économique forte et durable (au moins 6 % en moyenne par an), fondée sur le développement du secteur privé, en vue de la réduction de la pauvreté. La réalisation des ODM est l'objectif à long terme que poursuivent le Burkina Faso et la Banque. Il comprend trois composantes : l'amélioration de la compétitivité et le développement du secteur privé ; le renforcement de la gouvernance financière ; l'amélioration de la gouvernance administrative.

L'économie burkinabé reste dominée par le secteur agricole, et les exportations sont constituées pour l'essentiel de coton et de produits du bétail. Le PASRP IV soutiendra la mise en œuvre des mesures d'urgence visant la stabilisation du cadre macroéconomique et la relance de la production de riz. Dans le cadre de l'amélioration du climat des affaires, la BAD accompagnera la déconcentration et le développement d'un système intégré d'information des services de la Maison de l'entreprise dans les régions, ce qui facilitera la création de nouvelles entreprises et les exportations.

Le Burkina Faso poursuit depuis 2001 la consolidation de l'Etat de droit, par le renforcement des institutions de consultation, de régulation et de contrôle. Le gouvernement est confronté au défi de la constitution d'une administration moderne et efficace capable de soutenir un secteur privé plus compétitif et en expansion. L'appui de la Banque dans cette composante stimulera la mise en place d'un environnement propice au développement du secteur privé à travers le renforcement des capacités, et une stratégie pour décentraliser et moderniser l'Etat et le développement local. Le PASRP IV contribuera au renforcement du dialogue sur la lutte contre la corruption et la réforme du système de passation des marchés.

Le programme vise le retour à une croissance d'au moins 6 % par an, une maîtrise de l'inflation en dessous de 3 %, à porter le niveau des recettes fiscales à au moins 13,5 % du PIB, à améliorer l'indice de perception de la corruption et à accélérer le processus de décentralisation, de déconcentration et de modernisation de l'administration dans la perspective de contribuer à l'amélioration des indicateurs sociaux.

La contribution du FAD représente 14,7 % du besoin de financement global. La contribution des autres partenaires s'élève à 260,8 millions d'UC (183,3 milliards de FCFA). Le besoin résiduel de financement (36 millions d'UC, soit 25,3 milliards de FCFA) pourra être comblé par les partenaires bilatéraux (France, Allemagne, Pays-Bas, Suisse et Suède) qui prévoient de formuler de nouveaux programmes en 2008 et 2009.

Les opérations du Groupe de la BAD au Burkina Faso ont débuté en 1970. A ce jour les engagements de la Banque dans ce pays s'élèvent à 916,5 millions de dollars pour 77 opérations.

*1UA = US$ 1,63362 = FCFA 679.768 au 9 juillet 2008

 

Ouverture à Tunis de la conférence de la BAD sur l'agriculture africaine

Tunis le, 25 juin 2008 La vice-présidente de la BAD chargée des Opérations sectorielles Zeinab El Bakri a procédé mercredi matin à l'hôtel Sheraton à Tunis à l'ouverture de la «  Conférence sur la relance de l'agriculture en Afrique : incidences sur la résolution de la crise alimentaire  ». S'adressant aux représentants d'une trentaine de pays membres régionaux (PMR), d'institutions bilatérales et multilatérales d'aide au développement, M. El Bakri a situé les enjeux de la conférence avant de les exhorter à prendre une part active aux travaux en plénières et en ateliers. «  L'objectif principal de cette rencontre est essentiellement de partager les expériences des pays dans la réponse à la crise alimentaire, de fournir à la réunion du Groupe de travail des BMD une évaluation des besoins des PMR dans le secteur agricole afin qu'ils puissent y répondre de manière concertée et efficace, conformément à la Déclaration de Paris  », a affirmé  la vice-présidente de la BAD. Mme El Bakri a par ailleurs  souligné la particularité de la  conférence de Tunis, affirmant que pour la première fois, « la crise alimentaire est abordée dans le contexte africain où la flambée des prix des céréales compromet les progrès économiques et la stabilité ».

« J e voudrais saisir cette occasion qui m'est offerte pour réaffirmer l'engagement de la Banque et sa décision de continuer à travailler avec les PMR en partenariat avec les autres partenaires au développement  », a-t-elle poursuivi, en assurant que la BAD augmentera le volume de ses ressources et travaillera avec d'autres partenaires pour plus d'investissements dans le secteur agricole. Les participants à la conférence ont assisté dans la matinée à une première série d'exposés portant sur l'état du secteur agricole en Afrique et sur la technologie agricole. Ils ont également suivi des exposés des représentants de l'Egypte, du Mali, du Malawi et du Nigeria sur leurs politiques nationales face à la crise alimentaire.

Pour M. Aly Abou-Sabaa, directeur du département agriculture et industries agro-alimentaires de la BAD, l'exposé des expériences nationales est d'autant plus important qu'il permet aux donateurs présents d'avoir une meilleure perception des attentes des PMR dans la gestion de la crise alimentaire et dans le domaine du financement de l'agriculture. Les travaux de la conférence se sont poursuivis mercredi après-midi, avec des ateliers thématiques sur l'harmonisation et l'alignement dans le secteur de l'agriculture, sur la définition et la mise en œuvre des stratégies agricoles nationales et la sécurité alimentaire dans le contexte des DSRP ainsi que sur le renforcement des capacités, notamment à travers l'appui institutionnel aux ministères africains de l'Agriculture.

 Les conclusions des groupes de travail feront jeudi, en fin de matinée, l'objet d'une synthèse générale qui sera transmise à la réunion du Groupe de travail des BMD sur la crise alimentaire prévue dans l'après-midi.

 
 
Fin des assemblées annuelles 2008 de la Bad à Maputo
Maputo 16-05-2008, Les assemblées annuelles 2008 du Groupe de la Banque africaine de développement se sont achevées à Maputo, la capitale du Mozambique, le jeudi 15 mai 2008, après deux jours d’intenses délibérations, entérinant le rapport annuel du Groupe ainsi que son programme opérationnel pour 2008.

Parmi les jalons importants des assemblées annuelles 2008, citons l’admission de la Turquie comme un membre non régional, l’extension de la durée du Fonds spécial du Nigeria pour une période de 10 ans et la mise en œuvre d’un fonds spécial pour la reconstruction et le développement de la région des Grands Lacs.

Le président du Groupe de la Bad, Donald Kaberuka, a remercié, dans son allocution de clôture, le gouvernement et le peuple du Mozambique pour leur hospitalité. Il a également exprimé sa gratitude aux présidents Denis Sassou Nguessou du Congo et Emilio Armando Guebuza du Mozambique pour avoir rehaussé de leur participation les travaux des assemblées.

La Bad, a-t-il indiqué, œuvre à la conception d’une nouvelle vision stratégique destinée à mieux servir les pays à revenu intermédiaire, à mieux répondre aux préoccupations d’ordre agricole, ajoutant que l’institution s’était résolument engagée à jouer un rôle plus marqué dans les Etats fragiles.

M. Kaberuka a réitéré à cette occasion son appréciation de la réponse de la communauté internationale à la crise alimentaire.

Il s’est par ailleurs félicité de l’adhésion de la Turquie au Groupe de la Bad, signe supplémentaire de la reconnaissance croissante de l’institution comme canal idéal des ressources de développement destinées au continent.

Le résumé officiel des travaux des gouverneurs a rappelé que les assemblées annuelles 2008 s’étaient déroulées dans un contexte marqué par une flambée soudaine des cours du pétrole et une augmentation record des prix agricoles, provoquant des tensions dans plusieurs pays africains. Les gouverneurs ont à cet égard appelé à une mobilisation rapide pour fournir aux pays africains frappés par la crise alimentaire l’assistance dont ils ont tant besoin.

Les gouverneurs ont également réservé un accueil favorable aux conclusions du rapport indépendant du Panel haut niveau sur l’avenir de la Banque, tout en se félicitant de la 11e reconstitution réussie des ressources du Fonds africain de développement. Ils ont félicité à leur tour la Turquie pour son adhésion au Groupe de la Bad, devenant ainsi le 78e pays membre de l’institution.

Les gouverneurs ont réaffirmé que le siège du Groupe de la Bad demeurait Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ils ont précisé que la relocalisation temporaire des activités de la banque à Tunis était prolongée de 12 mois supplémentaires à partir du 3 juin 2008. Tout en se félicitant des progrès accomplis par le pays hôte pour restaurer la paix et la stabilité, ils ont enjoint le conseil d’administration à suivre de près l’évolution de la situation du pays hôte.

Le président Kaberuka a annoncé que les prochaines assemblées annuelles se tiendraient à Dakar, au Sénégal. M. Kaberuka a également informé les participants que l’institution se doterait très bientôt de bureaux à Luanda (Angola) et à Alger (Algérie), ajoutant que les négociations pour l’établissement d’un bureau régional étaient très avancées avec l’Afrique du Sud.

 
GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT ( BAD): Interview de M. Alioune Badiane, directeur régional, Onu Habitat
BAD - 05/15/08 - Aristide Agoungnon Ahouassou - Interview de M. Alioune Badiane, directeur régional, Onu Habitat : « Il n'y aura pas de développement durable sans une bonne gestion de l'urbanisation en Afrique » « Pour prévenir la formation des bidonvilles, il faut améliorer la planification urbaine et la disponibilité de terrains équipés autour des pôles de développement ou des centres d'activités industrielles, artisanales ou agricoles dans les villes moyennes pour permettre une installation progressive des nouvelles populations qui arrivent dans les centres urbains, à la recherche d'opportunités d'emplois », préconise M. Alioune Badiane, directeur régional, UNHabitat. « Ces terrains urbains devront être mis à la disposition des populations avec des mécanismes d'assistance financière » , poursuit-il dans cette interview accordée au journal électronique de la Bad, La banque qui bouge, en marge des assemblées annuelles de l'institution qui se déroulent à Maputo, au Mozambique, les 14 et 15 mai 2008.

Question : En tant que directeur régional de UNHabitat pour l'Afrique et les pays arabes, les activités de votre institution sont au cœur de la thématique des assemblées annuelles du Groupe de la BAD. Quels sont les efforts que vous avez déployés pour vous joindre à la démarche entreprise par le Groupe de la Banque ?

Réponse : Il y a quinze ans, en 1993, à la suite du constat que nous avions fait à propos de l'émergence de la question urbaine et du logement en Afrique, nous avons rencontré le président Babacar N'diaye, alors président de la BAD, pour lui faire part de ce besoin impérieux de la première institution financière africaine de s'engager auprès des Etats et des villes africaines pour contribuer à apporter des réponses à ce défi – celui de l'urbanisation et de l'habitat. Cette démarche conduite auprès du président N'diaye a été répétée, tant à son niveau qu'à celui de son successeur, M. Kabbaj. Mais ces présidents se sont heurtés, soit à une impréparation des gouverneurs de la BAD soit à celle des vice-présidents chargés des secteurs et des différents experts. Ceux-ci n'étaient vraiment pas prêts à aborder la question, en dépit de l'existence d'un projet de document de politique urbaine de la BAD – à ma connaissance, jamais approuvé par le conseil d'administration de la BAD. Cette incompréhension ne nous a jamais découragé pour continuer la croisade à l'occasion des opportunités qui nous étaient offertes pour approcher les présidents ainsi que les différents administrateurs. A cette époque, j'étais directeur du programme régional de gestion urbaine pour l'Afrique, basé à Accra, ensuite à Abidjan. En 1995, à la veille du sommet d'Istanbul, organisé par Onu Habitat, nous avons organisé avec la BAD à Abidjan, une conférence africaine sur les questions foncières et le développement des villes en Afrique, dans le but de continuer mon action de sensibilisation de nos partenaires, la BAD en premier. Pour prendre le raccourci de ces initiatives, il y a trois ans, nous avons été approchés par une équipe suédoise, mandatée par la BAD, pour réviser la politique urbaine de 1993. Nous avons, avec plaisir, facilité le travail de cette équipe, tant à Nairobi, en Afrique du Sud qu'au Sénégal, pour rencontrer les experts, les partenaires et les gouvernements, de même que les maires, pour prendre leur point de vue, mesurer leur intérêt à la révision de ce document de politique. L'an passé, à l'invitation de la BAD, nous nous sommes réunis à Tunis, pour apporter notre contribution à la finalisation de ces deux documents : la politique et le plan d'action.

Question : Que dit concrètement ce document de politique ?

Réponse: Ce document voulait d'abord prendre acte du défi de la croissance urbaine en Afrique, identifier les éléments porteurs de croissance pour appuyer le développement économique, voir le rôle des autorités locales pour une bonne gouvernance des villes, le rôle des Etats et des partenaires au développement, entre autres. Mais surtout, le document voulait savoir quel rôle la BAD devrait jouer dans ce processus, à l'instar de ses pairs, tels que la Banque asiatique de développement ou la Banque interaméricaine de développement, qui se sont engagées sur cette même voie, il y a environ un quart de siècle. Ce document de politique a permis de poser les nouveaux défis urbains qui se posent à l'Afrique et le rôle que la Banque devrait jouer en rapport avec les pays et les partenaires, tels qu'Onu Habitat, la Banque mondiale, l'Union européenne et les différents partenaires bilatéraux qui se sont engagés sur cette voie. Une mention spéciale est à porter à la Suède qui a soutenu cette initiative de révision de la politique urbaine de la Banque africaine de développement. Cette politique urbaine est appuyée par un plan d'action qui, une fois approuvé par le conseil d'administration de la BAD, devra mettre ce programme en œuvre dans les meilleurs délais.

Question : Si je comprends bien, c'est la BAD qui a accusé du retard par rapport à cette question urgente?

Réponse : Je dirai oui et non, en nuançant mon propos. Dans la mesure où la banque est l'instrument de politique financière et de développement des Etats africains, il appartenait au conseil des gouverneurs d'exprimer les préoccupations des Etats par rapport à cette question de l'urbanisation et de l'habitat. La BAD ayant senti l'importance de la question de l'habitat, elle avait déjà mis en place, depuis longtemps, Shelter Afrique, mécanisme intergouvernemental basé à Nairobi, au Kenya. Certes, la Banque aurait pu utiliser son sens de l'anticipation pour aider les Etats à percevoir le défi auquel ils étaient confrontés, en renforçant sa capacité d'analyse et en finançant des programmes intégrés de développement urbain, en guise de test, pour convaincre les Etats sur la nécessité d'une telle approche. Mais ayant suivi les réticences des uns et des autres, tant au niveau des Etats qu'au sein même de l'institution, une approche sectorielle a prévalu, en finançant, d'une part, l'eau, l'assainissement, les écoles, l'énergie, les routes, de façon sectorielle et non coordonnée. Toutes ces actions pouvaient se retrouver sur un même territoire, d'un pays ou d'une ville, en ayant leur logique séparée. Ceci ne permettait en rien de capitaliser les impacts de ces interventions ou d'atteindre les résultats qu'auraient permis des programmes financés dans un cadre urbain, à moyen et long terme. Il faut toutefois, rendre hommage à l'équipe dirigeante actuelle, à la tête de laquelle se trouve le président Donald Kaberuka, qui a eu le courage et la clairvoyance d'engager ce processus de réforme et de reprise de la politique urbaine de la Banque, tel que cela a été discuté lors de ces assises de Maputo. Nous avons espoir qu'il saura convaincre le conseil d'administration et celui des gouverneurs, pour engager la Banque avec l'aide des partenaires au développement, à fournir, à la fois, le soutien technique institutionnel et financier aux pays africains. Nous, à Onu Habitat, restons disposés à lui apporter toute notre collaboration et notre expertise.

Question : Y avait-il une coordination de la Banque dans ces programmes de développement ?

Réponse : Non. Dans la mesure où la logique des interventions n'était pas coordonnée, les différents experts dépendaient des départements différents et les financements n'étaient pas faits dans un sens logique. A titre d'exemple, une route se construisait, à la suite l'assainissement était réalisé en cassant la route et l'électricité était mise en place en cassant les tuyaux d'assainissement ! Tout ceci se passe sur un même territoire, d'une ville ou d'un pays. Quel gâchis ! Imaginez les pertes, tant sur le plan économique, financier qu'au niveau de la qualité des ouvrages sans compter l'impossibilité pour la Banque d'évaluer l'impact conjugué de ses différentes opérations sur un même territoire. Chaque projet était évalué séparément, dans la mesure où il était formulé séparément.

Question : Est-ce à dire que le Groupe de la Banque fonctionne ainsi depuis sa création en 1964 ?

Réponse: Oui. Dans le secteur urbain, la Banque a continué à fonctionner ainsi de façon sectorielle, sans intégrer les programmes de développement. Ce processus d'intégration aurait permis d'élaborer des projets et des programmes sur le moyen et le long terme, en ayant en vue l'amélioration des conditions de vie des populations, tant dans le domaine de l'habitat, de la santé, de l'eau et l'assainissement, de l'énergie, de l'éducation et du développement tout court.

Question : Que doit faire la Banque pour rectifier le tir ?

Réponse : Il n'y a aucun doute qu'un nouveau chapitre s'est ouvert à Maputo. Car, en acceptant d'organiser le symposium sur le thème « Promouvoir une croissance partagée : urbanisation, inégalités et pauvreté en Afrique », et une table ronde ministérielle ainsi que des discussions de haut niveau, le Groupe de la BAD a enfin compris l'importance du défi de l'urbanisation et souhaite y apporter des réponses. Mais, ceci se fera avec les Etats africains, les maires des villes africaines, les partenaires au développement et les organisations internationales chargées du secteur, telles qu'Onu Habitat, la Banque mondiale et les autres. Nous espérons que dans les mois à venir, en dépit de la forte résistance que pourraient avoir encore certains experts non convaincus, ou certains Etats non préparés, la Banque poursuivra, avec détermination, cette approche en sachant qu'elle doit exercer un leadership dans la recherche des solutions les plus appropriées aux problèmes de développement qui se posent à l'Afrique. Et les problèmes d'habitat et d'urbanisation, de lutte contre la pauvreté, la recherche d'une croissance accélérée de l'économie africaine passeront naturellement par une meilleure gestion urbaine. Il n'y aura pas de développement durable sans une bonne gestion de l'urbanisation en Afrique. Celle-ci contribue à plus de deux tiers de la croissance du PIB, fournit des emplois à forte valeur ajoutée, libère les terres agricoles pour une meilleure productivité, en ouvrant des marchés aux produits agricoles.

Question : Un des ateliers organisés autour de la table ronde ministérielle a porté sur la prévention des bidonvilles. Selon vous, comment prévenir les bidonvilles en Afrique et comment améliorer l'existant ?

Réponse: Premièrement, il faut améliorer la planification urbaine et la disponibilité de terrains équipés, autour de pôles de développement ou de centres d'activités industrielles, artisanales ou agricoles dans les villes moyennes pour permettre une installation progressive des nouvelles populations qui arrivent dans les centres urbains, à la recherche d'opportunités d'emploi. Ces terrains urbains devront être mis à la disposition des populations avec des mécanismes d'assistance financière comme cela a été le cas en Tunisie dans les années 1970, qui a mis en place, dès son indépendance, un programme d'aménagement du territoire et de planification urbaine, qui aujourd'hui lui a permis d'être le pays africain dans lequel plus de 80% des familles sont propriétaires de leur maison. C'est une politique à émuler et à répliquer dans l'ensemble des pays africains, si nous voulons éviter les bidonvilles et améliorer la qualité de l'habitat et des conditions de vie des populations urbaines.

Pour ce qui est de l'existant, une approche comme celle de l'éradication est certainement à éviter, dans la mesure où les populations démunies de ces bidonvilles sont la plupart du temps sans ressources et vivent dans une précarité absolue. Ces populations paient les services urbains à des prix extrêmement élevés comparés aux couches de populations privilégiées. Elles n'ont pas de sécurité d'occupation, ni d'assainissement et paient l'eau à un coût quinze fois plus élevé qu'à la bonne source.

La politique d'amélioration des bidonvilles devra être une politique concertée avec les populations, organisée dans le temps, sous forme de recasement graduel et de récupération des terrains anciens pour une valorisation qui puisse bénéficier à l'ensemble de la population et l'économie urbaine en général. Il faudra, autant que faire se peut, donner aux populations démunies des bidonvilles la possibilité d'accéder à des sources de crédits et de sécurisation de leurs terrains, pour pouvoir se maintenir sur les sites ou choisir l'option de se déplacer.

Interview réalisée par Aristide Agoungnon Ahouassou, unité des relations extérieures et de la communication,

 
BAD: Présentation financière  
  • Présentation financière - Mai 2008
  • Communiqué de presse

La Banque africaine de développement a le plaisir de présenter l'analyse financière et opérationnelle de l'exercice 2007. Le présent document décrit les développements récents survenus au sein du Groupe de la Banque et en Afrique, y compris les activités et la performance financière de notre institution.

En 2007, l'Afrique a maintenu, pour la quatrième année consécutive, un taux de croissance économique supérieur à 5 pour cent, en dépit de conditions financières très volatiles dues à la crise du crédit et au renchérissement des cours des matières premières et produits de base. Au cours de la même année, le Groupe de la Banque a continué d'enregistrer d'excellents résultats opérationnels et financiers.

La première partie de la brochure donne un aperçu des derniers développements opérationnels et organisationnels du Groupe de la Banque. L'institution a établi de nouveaux indices de performance en atteignant des niveaux record d'approbations et de décaissements. Dans le droit fil de ses orientations prioritaires, l'infrastructure et le secteur privé ont tiré la croissance des opérations.

Les discussions engagées avec les donateurs en vue de la onzième reconstitution des ressources du Fonds ont été achevées avec succès en décembre 2007, avec un montant record de 8,9 milliards de dollars EU. Outre son rôle de premier plan dans plusieurs initiatives de développement, le Groupe de la Banque a continué de prendre les mesures nécessaires pour renforcer sa stratégie et son efficacité, tout en maintenant un dialogue constant avec ses pays membres.

La deuxième partie de la brochure se concentre sur le profil financier de la Banque qui a été peu affecté par la récente crise du crédit. La Banque continue de bénéficier de la plus haute cote de crédit (AAA) accordée par l'ensemble des principales agences de notation. Cette cote traduit l'appui ferme de ses actionnaires, son statut de créancier privilégié etune gestion financière saine et prudente. La Banque envisage d'ailleurs d'exploiter davantage cette force financière pour contribuer aux efforts que déploient les pays membres en vue de réaliser une croissance durable et une prospérité partagée.

La troisième partie de la brochure résume les activités de mobilisation de ressources menées par la Banque. Le fait marquant de l'année a été la première transaction de la Banque sur le marché obligataire domestique d'un pays africain – une émission obligataire sur le marché local de l'Afrique du Sud. De plus, elle a fait une première apparition très réussie sur le marché obligataire domestique du Canada, consolidant ainsi sa bonne tenue dans les différents segments des marchés de capitaux internationaux. De plus amples informations sont disponibles pour les investisseurs et les arrangeurs sur le site web ( www.afdb.org ).

Les annexes présentent les bonnes perspectives actuelles de croissance économique en Afrique, ainsi qu'un résumé des états financiers de la Banque.
L'Afrique est en passe de sortir de l'ornière grâce aux gros efforts déployés à l'intérieur du continent et au soutien des donateurs. Toutefois, la persistance de la crise du crédit et la flambée des prix des denrées alimentaires enregistrées en 2008 nous rappellent que la vigilance et la persévérance doivent être de mise, si l'Afrique veut atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Bien que des défis de taille restent à relever pour accélérer le développement du continent, l'ensemble des parties prenantes font preuve d'une ferme détermination qui ouvre de nouvelles pistes d'action collective. Le Groupe de la Banque continuera de collaborer étroitement avec d'autres partenaires en vue de favoriser la croissance et la prospérité en Afrique.

Thierry de Longuemar
Vice-Président, Finance

Pierre Van Peteghem
Trésorier

Promouvoir la responsabilité et la transparence dans les projets de développement
Maputo, Mozambique, 12 mai 2008 - La promotion de la responsabilité dans la mise en œuvre des projets financés par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) est devenue une question prioritaire pour la principale institution financière de développement du continent. C’est pourquoi le Groupe de la Banque a institué le Mécanisme indépendant d’inspection (MII) en 2006.

Le MII est l’une des nombreuses initiatives mises en place par la Banque pour assurer que ses interventions dans les pays membres régionaux (PMR) donnent des résultats tangibles et induisent des retombées positives pour les communautés locales qui sont les bénéficiaires finales des projets financés. L’objectif du Mécanisme indépendant d’inspection est d’offrir à tous ceux qui ont subi ou risquent de subir un préjudice résultant d’un projet financé par le Groupe de la Banque, du fait de la violation de ses propres politiques et procédures, la possibilité de déposer une plainte auprès de la Banque.

Objectifs
Le MII est un instrument de responsabilité qui prend en charge les plaintes formulées en rapport avec les projets financés par le Groupe de la Banque en menant des enquêtes sur les problèmes soulevés pour assurer la conformité avec les politiques et procédures de la Banque en vigueur. Il fonctionne dans le cadre d’un ensemble de procédures transparentes, notamment celles qui régissent la diffusion publique de toutes les procédures et décisions résultant de l’une de ses deux principales fonctions : la résolution de problèmes (médiation) ou la vérification de la conformité.

Un autre aspect important du MII est la possibilité donnée à ses Panels de vérification de la conformité de faire des recommandations aux Conseils d’administration et à la Direction du Groupe de la Banque concernant les projets à l’étude. De telles recommandations peuvent être des voies de recours au sujet des problèmes concernant des projets spécifiques et/ou des propositions pour améliorer les politiques et les procédures du Groupe de la Banque. D’autre part, le directeur de l’Unité de vérification de la conformité et de médiation (CRMU), dont relève le MII, en consultation avec les membres du groupe d’experts, peut faire des recommandations dans le Rapport annuel du MII sur les questions de politique et de procédure, fondées sur les expériences acquises durant les exercices de résolution des problèmes et de vérification de la conformité. Les trois éminentes personnalités qui forment actuellement le groupe d’experts du MII sont MM. Madiodio Niasse (Président), Daniel Bradlow et Mme. Maartje van Putten.

Procédures
Les procédures de vérification de la conformité sont simples et transparentes. Dans les quatorze (14) jours suivant la réception d'une requête, le directeur de CRMU procède à un examen préliminaire de la plainte et détermine si le cas relève du mandat du MII et le bien-fondé de l’allégation de préjudice résultant de l’opération financée par le Groupe de la Banque. Si c’est le cas, CRMU enregistre la requête et informe en conséquence les requérants, le Président, et les Conseils d'administration du Groupe de la Banque. La direction du Groupe de la Banque, pour sa part, fournit la preuve qu'elle s'est conformée ou entend se conformer aux politiques et procédures pertinentes du Groupe de la Banque dans les 21 jours suivant la notification de la requête.

Dans les 30 jours suivant la réception de la réponse de la direction du Groupe de la Banque, le Directeur de CRMU rédige et présente le rapport d’éligibilité de la demande dans lequel il recommande soit une médiation soit une vérification de la conformité. L'objectif de l'exercice de médiation est de restaurer un dialogue effectif entre les requérants et toute partie intéressés en vue de résoudre le problème ou les problèmes sous-jacents à la requête. CRMU soumettra un rapport aux parties intéressées, aux Conseils d'administration et au Président. L’objectif de la vérification de la conformité est de déterminer si le Groupe de la Banque s’est conformé à ses propres politiques et procédures et de vérifier si la non- conformité a causé un préjudice direct aux requérants.

Vérification de la conformité

CRMU a reçu la première requête pour une vérification de la conformité le 16 mai 2007 elle concerne le Projet hydroélectrique de Bujagali et le projet de ligne de transport connexe réalisés en Ouganda. La requête a été soumise par des ONG locales et des particuliers qui demandaient au Groupe de la Banque d’entreprendre une vérification de la conformité avec les politiques et procédures en vigueur de la Banque, entre autres, les risques hydrologiques, l’économie du projet, notamment la capacité financière des bénéficiaires et l’analyse des solutions de rechange, les consultations avec les personnes touchées par la réinstallation et l’indemnisation, et les questions culturelles et spirituelles. M. Per Eldar Sovik, le directeur de CRMU, a jugé que la requête remplit les conditions pour une vérification de la conformité. Après la réception de la réponse de la direction du Groupe de la Banque, le directeur de CRMU et l’agent principal de vérification de la conformité ont effectué une mission en Ouganda en juillet 2007. Ayant trouvé des indices sérieux de préjudice potentiel, ils ont recommandé une vérification de la conformité, qui a été autorisée par les Conseils d’administration le 7 septembre 2007. Par ailleurs, le MII et le Panel d’inspection de la Banque mondiale (IPN), qui ont reçu une demande similaire d’investigation concernant le Projet hydroélectrique de Bujagali, ont signé un protocole d’accord qui, tout en définissant les modalités du partage des renseignements et l’utilisation des consultants spécialisés, stipule que CRMU et IPN entreprendront chacun de son côté sa propre évaluation indépendante de la violation possible des politiques et procédures de leurs organisations respectives. Par la suite, l’IPN et le Panel d’inspection de Bujagali du MII, accompagnés par des spécialistes des questions soulevées dans la requête, ont entrepris une mission d’enquête approfondie en Ouganda du 26 novembre au 8 décembre, 2007. En outre, le Panel d’inspection de Bujagali du MII a conduit une recherche documentaire et des interviews du personnel de la Banque à l’Agence temporaire de relocalisation du Groupe de la Banque à Tunis. Le rapport du Panel d’inspection du MII sur la vérification de la conformité des projets de Bujagali est actuellement en cours de préparation.

Activités de sensibilisation

CRMU a également organisé des activités de sensibilisation en vue d’informer le public, les communautés locales, les ONG et la société civile sur les activités du MII et leur droit d’exprimer leurs griefs en rapport avec les projets financés par le Groupe de la Banque. Les activités de sensibilisation comprennent des ateliers et des séminaires, l’échange d’information à travers le site web du MII (HYPERLINK "http://www.afdb.org/irm"www.afdb.org/irm) et la diffusion des brochures du MII publiées en anglais, français, portugais, arabe et swahili. Les séminaires donnent au MII la possibilité d’échanger des points de vue avec différents groupes spécialisés, entre autres, sur les droits de l’homme, la protection environnementale, et la bonne gouvernance, les priorités du Groupe de la Banque concernant la promotion de sa responsabilité.

Banque africaine de développement
La Banque africaine de développement (BAD) est une banque multinationale de développement créée en 1964. 53 pays africains en sont membres et elle est soutenue par 24 pays européens, sud et nord américains et asiatiques. Elle est chargée de promouvoir le développement économique et le progrès social dans les pays africains. Son siège est à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Les activités de la BAD ont été relocalisées temporairement à Tunis (Tunisie) depuis septembre 2003, après les troubles

générés en Côte d'Ivoire par la tentative de coup d'état de 2002. nLe groupe de la Banque africaine de développement comprend aussi le Fond africain pour le développement, crée en 1972, et le Nigeria Trust Fund (NTF), créé par le Nigeria en 1976. Le nouveau président de la Banque, le Rwandais Donald Kaberuka, a été élu le 21 juillet 2005. Il était jusque là le ministre des Finances du Rwanda. Il entame un mandat de cinq ans. Son prédécesseur était Omar Kabbaj qui a dirigé la BAD entre 1995 et 2005.

Liste des pays africains membres de la Banque africaine de développement
Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana , Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Union des Comores, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte , Érythrée, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana,Guinée,Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Libéria, Libye, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Rwanda, São Tomé-et-Príncipe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie, Zimbabwe.
 
La BAD et ses partenaires publient les Perspectives économiques en Afrique

Le Groupe de la Banque africaine de développement, l'OCDE, et la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique ont lancé le 11 mai 2008, l'édition 2008 des Perspectives économiques en Afrique. La publication du rapport s'inscrit dans le cadre des assemblées annuelles de la BAD qui se tiendront les 14 et 15 mai à Maputo au Mozambique sur le thème « Promouvoir une croissance partagée : Urbanisation, inégalité et pauvreté ». L'événement rassemblera quelque 350 experts en économie, développement et des médias venant des quatre coins du monde, y compris les ministres du développement, de l'économie et des finances des pays membres de la BAD.   

Le rapport, basé sur 35 pays passés en revue représentant ensemble près de 87% de la population africaine et 95% de la production du continent, révèle que l'activité économique de l'Afrique a progressé de 5,7% en 2007, et elle devrait se maintenir à ce haut niveau en 2008 puis en 2009, à 5,9%. La situation de la plupart des pays africains reste extrêmement favorable. Les pays exportateurs de pétrole distancent néanmoins nettement les autres. En outre, certains pays sont toujours aux prises avec de sérieuses difficultés – notamment la catastrophe humanitaire du Darfour au Soudan, le naufrage de l'économie du Zimbabwe et les conflits et l'instabilité politique au Kenya, en Somalie et au Tchad –, autant de situations qui assombrissent leurs perspectives de croissance.

Pour autant et malgré un réel fléchissement lié à la crise des crédits immobiliers à risque (subprimes) aux États-Unis, l'expansion mondiale persistante continue à soutenir la demande de pétrole et des autres matières premières industrielles, qui bénéficient de cours assez élevés. Ces bonnes perspectives économiques sont confortées par une augmentation significative de l'aide publique au développement (APD) à l'Afrique, (sous la forme pour l'essentiel d'allégements de dette et d'aides d'urgence), par la reprise des flux d'investissements directs étrangers (IDE), mais aussi par la consolidation de la stabilité macro-économique. De plus, la croissance devrait être dopée en 2008 par l'augmentation de la production de pétrole et de minerais en Afrique australe et centrale, et par un certain recul de l'insécurité. L'inflation s'accélère toutefois dans les pays importateurs nets de pétrole. Elle est passée (Zimbabwe mis à part) à 6,7% en 2007 contre 6,3% en 2006 et 5,5% en 2005, attisée principalement par la flambée des cours du pétrole et l'augmentation du prix des denrées alimentaires. De nombreux pays ont connu une dégradation de leur balance commerciale : les excédents des grands exportateurs de pétrole et de minerais métallifères se sont réduits, tandis que plusieurs pays ont vu s'alourdir la facture de leurs importations – en dépit d'une légère reprise des cours de certains produits agricoles (cacao, café et coton notamment). Les bénéfices exceptionnels liés aux cours des produits de base ont favorisé un redressement des finances publiques, surtout dans les économies exportatrices nettes de pétrole. Ces recettes devront être judicieusement gérées – en affectant une part substantielle à des investissements dans les infrastructures et dans le développement des ressources humaines – afin de poser les jalons d'une croissance économique diversifiée, une fois retombé l'emballement actuel du prix des matières premières.

Pour les pays importateurs nets de pétrole, le problème est radicalement différent. Alors que les perspectives de croissance du PIB en 2008 et en 2009 semblent assez prometteuses, l'inflation repart, du fait d'une répercussion plus directe de la flambée des produits pétroliers sur les consommateurs, à laquelle vient s'ajouter l'augmentation des cours des céréales et des huiles végétales. Mais toute tentative de contenir l'inflation à un seul chiffre risque de ralentir l'activité économique. Les prévisions de croissance du PIB présentées dans cet ouvrage misent sur un creusement des déficits des comptes courants, lié à l'augmentation persistante des prix du pétrole et à un affaiblissement des produits non pétroliers. Elles tablent donc aussi sur un afflux imminent de fonds complémentaires, indispensables pour financer les déficits.

Une autre grande incertitude plane sur ces Perspectives : l'ampleur et la gravité du ralentissement de l'économie américaine, qui commence à gagner d'autres pays, dans la zone OCDE et ailleurs. La situation semble s'aggraver depuis que les hypothèses sous-tendant ces Perspectives ont été établies, au début de l'année 2008. Si l'on peut se féliciter que ce ralentissement résorbe en partie les profonds déséquilibres de l'économie mondiale, qui suscitaient ces dernières années de véritables inquiétudes, on ne peut tout à fait exclure que ce rééquilibrage s'avère erratique, avec de brusques fluctuations des taux de change qui accélèreraient le déclin actuel de la production à l'échelle planétaire et, partant, donneraient un coup de frein brutal à la demande des produits exportés par l'Afrique.

Les récentes augmentations des flux d'aide ont davantage profité à l'Afrique qu'à d'autres régions, même s'ils ont pris pour l'essentiel la forme d'aide humanitaire et d'allégements de dette. Reste à savoir si cette augmentation de l'aide va se poursuivre, au-delà de la hausse conjoncturelle liée à ces allégements et à l'aide d'urgence. Notre étude de suivi des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) confirme le diagnostic de la précédente édition des Perspectives économiques en Afrique : sur la base des tendances récentes, seuls six pays d'Afrique – pour la plupart en Afrique du Nord – sont susceptibles de réaliser l'OMD numéro 1, à savoir réduire de moitié le nombre de personnes vivant avec moins de un dollar par jour. La promotion de la bonne gouvernance est plus impérative que jamais. Le mécanisme africain d'examen par les pairs (MAEP) de l'Union africaine (UA) et du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) commence à fournir une évaluation de bonne foi de la situation dans les pays d'Afrique et favorise, ce faisant, les avancées en matière de gouvernance. L'Afrique du Sud, l'Algérie, le Ghana, le Kenya et le Rwanda se sont déjà pliés à cet exercice. Si l'on se réjouit que les conflits commencent à s'apaiser dans certains pays, cette édition des Perspectives économiques en Afrique observe malgré tout que la marche vers la démocratie marque le pas. Malgré les progrès dans la gestion macro-économique et l'environnement réglementaire, il reste beaucoup à faire pour créer un climat propice au développement du secteur privé et, en particulier, pour endiguer la corruption.

S'agissant du commerce, le rapport indique qu'en dépit de l'augmentation substantielle et récente du commerce global de l'Afrique, les échanges intra-africains restent embryonnaires (sachant qu'une grande partie du commerce transfrontalier n'est pas enregistrée, d'où une sous-estimation évidente de son ampleur réelle). Dopée par la bonne tenue persistante des cours des matières premières et une forte croissance mondiale, la valeur des exportations africaines a ainsi progressé de 21%, pour atteindre 360,9 milliards USD (3% des échanges mondiaux) en 2006. Cette année-là, le commerce intra-africain a représenté moins de 10% du total des exportations du continent, contre plus de 73% et 51% pour le commerce intra-continental respectif de l'UE et de l'Asie. Plus inquiétant, les exportations africaines vers le reste du monde ont progressé plus vite entre 1996 et 2005 que les échanges à l'intérieur du continent. La CEMAC et l'UMA semblent être les deux CER les moins bien intégrées, avec des exportations vers le reste du monde en progression bien plus rapide qu'au sein de leur région. La CEDEAO, la CDAA et le COMESA paraissent mieux intégrés, avec un écart moins prononcé entre la croissance des exportations totales et le commerce intra-régional. L'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) – une union douanière et monétaire associant huit États d'Afrique de l'Ouest – affiche de bien meilleurs résultats en termes d'intégration et de développement des échanges intra-régionaux.

Le commerce intra-africain reste handicapé par des barrières douanières et non douanières, des infrastructures physiques déficientes – au niveau en particulier des transports et de l'énergie – et par l'absence de diversification économique. Seule la suppression de toutes les barrières douanières et non douanières, mais aussi une mobilité totale des facteurs de production et l'harmonisation des politiques commerciales et macroéconomiques, permettraient de relever ces défis. Cela contribuerait aussi à la promotion de l'investissement et de la diversification économique et renforcerait la compétitivité de l'Afrique à l'international. Première étape vers le marché commun africain, les CER devraient constituer des zones de libre-échange (ZLE) entre elles et avec les ALE faisant doublon. Par ailleurs, les unions douanières actuelles pourraient convenir d'appliquer les mêmes instruments commerciaux et d'adopter un tarif extérieur commun (TEC). Les échanges constituant une importe source de revenu pour la plupart des pays africains, ces derniers doivent mettre en place des systèmes de compensation et d'égalisation pour gérer les pertes de revenu et les déséquilibres éventuels de gains tirés des échanges. Les pays africains doivent également mettre en place des institutions pour développer les infrastructures régionales, les mécanismes de règlement et les marchés de capitaux régionaux, mais aussi pour améliorer encore les services de télécommunications intra-africains en termes d'accès et de coût.

 

Institut africain pour le développement

L'Institut africain pour le développement (IAD), dénommé EADI dans la structure actuelle de la Banque, a pour mission d'assurer la formation et le développement des capacités des Pays membres régionaux. L'IAD assure aussi la gestion du Programme de bourses BAD/Japon qui accorde des bourses à des étudiants africains leur permettant d'aller poursuivre des programmes de Master dans des universités de renommée internationale.

Que Recouvre l'expression  « Développement Des Capacités » ?

C'est au début des années 90 que des institutions de développement telles que la Banque mondiale, le PNUD ou l'ACDI ont défini le terme “Renforcement des capacités” ou “Développement des capacités”. De nos jours, des organismes autres que les pourvoyeurs de l'aide aux pays en développement font aussi recours à ce terme. En voici quelques définitions :

  • Le Développement des capacités est le processus par lequel des individus, des organisations, des institutions et des sociétés mettent en place (individuellement ou collectivement) des capacités en vue d'assurer des fonctions, résoudre des problèmes, fixer et réaliser des objectifs ' (PNUD).
  • Par capacité on entend ‘l'aptitude d'une organisation à fonctionner en tant qu'entité stratégique, autonome et capable d'adaptation' (Allan Kaplan, The Developing of capacity, CDRA).
  • ‘... le but ultime des programmes de développement des capacités est d'apporter un appui au perfectionnement d'individus mieux qualifiés et orientés, à la mise en place d'institutions davantage adaptées aux besoins et efficaces, et à l'instauration d'un meilleur environnement politique en vue de la poursuite des objectifs de développement. Le message clé en la matière est axé sur la nécessité de dépasser le simple transfert de compétences et de s'acheminer vers un appui aux instances nationales et aux processus décisionnels stratégiques, aux systèmes de responsabilisation, et à la culture de l'apprentissage et de l'innovation. En matière de développement des capacités, il est surtout question des compétences et des systèmes, tout autant que de mesures incitatives et du comportement. Se situant bien au-delà de la simple pratique technique, le développement des capacités est enraciné dans l'économie politique d'un pays. ...' (Banque mondiale).
  • Les capacités comportent ‘quatre dimensions' (Liebler et Ferri):
    • Les domaines de capacités externes – nécessaires aux rapports mutuels efficaces avec des environnements institutionnels et sociaux plus larges , 
    • Les domaines de capacités internes – pertinents pour le fonctionnement interne d'un système,
    • Les domaines de capacités techniques – essentiels au travail, à la spécialisation, à la profession, etc., d'une organisation ou d'un réseau, 
    • Les capacités génératives ou ‘intellectuelles' – requises par une organisation ou un réseau pour se développer, s'adapter et innover en permanence.

Une autre définition stipule que c'est “le processus qui permet aux individus, aux communautés et aux organisations d'acquérir des compétences et des connaissances, et de se doter d'institutions et de systèmes incitatifs leur permettant de définir et d'assurer des missions particulières dans la poursuite d'un développement durable ”.

   
BAD NEWS
Crise ivoirienne: la BAD garde pour le moment son siège à Tunis
mercredi 14 mai 2008 - Par AFP - MAPUTO - La Banque Africaine de développement (BAD) va rester encore au moins un an à Tunis, mais n`écarte pas ensuite un retour à Abidjan la capitale ivoirienne, si la situation le permet, a appris l`AFP mercredi de sources concordantes.

"Nous avons examiné la situation politique en Côte d`Ivoire, on voit que ça s`améliore selon notre rapport à mi-parcours, mais la décision de quitter le siège provisoire de Tunis sera examinée à la prochaine réunion annuelle en 2009 à Dakar", a indiqué à l`AFP le porte-parole de la BAD, Magatte Wade. Les gouverneurs de la BAD ont adopté une résolution, dont l`AFP a vu une copie, entérinant cette décision d`examiner la localisation du siège de la principale institution financière internationale d`Afrique. Un autre responsable de la BAD a indiqué à l`AFP, sous couvert d`anonymat, que "tout le monde préfère attendre qu`il y ait eu des élections en Côte d`Ivoire avant de se prononcer. Pour l`instant il est trop tôt". La BAD avait quitté la Côte d`Ivoire, siège statutaire de l`institution, en
2003 suite à la crise qui a frappé ce pays, ancien havre de paix en Afrique de l`Ouest. Depuis, chaque année, les possi-
- bilités de retour sont étudiées. Des élections générales doivent normalement être organisées avant la fin de l`année en Côte d`Ivoire --aux termes des accords de Ouagadougou entre le régime du président Laurent Gbagbo et l`ex-rébellion des Forces Nouvelles-- afin de mettre fin à cinq ans d`instabilité.