October 19, 2008

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Dans un environnement mondial de plus en plus défavorable, la croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait ralentir en 2008 et 2009 pour s’établir autour de 6 %, contre 6½ % en 2007. Dans le même temps, l’inflation devrait atteindre 12 % en 2008 et 10 % en 2009. Les projections de croissance sont légèrement en retrait et les projections d’inflation nettement plus élevées par rapport à l’édition d’avril du rapport sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne, surtout en ce qui concerne l’année 2008. Cette dégradation de la situation macroéconomique tient aux forces contraires que constituent l’envolée des prix des denrées alimentaires et des carburants, le ralentissement de la croissance mondiale et les turbulences financières dans le monde. Lire le rapport

Prêts du FMI

L'une des principales fonctions du FMI est de fournir des prêts aux pays qui éprouvent des difficultés de balance des paiements. Les concours financiers accordés par le FMI permettent aux pays de reconstituer leurs réserves internationales, de stabiliser la valeur de leur monnaie, de continuer à régler leurs importations et de restaurer les conditions d'une croissance forte et durable. Contrairement aux banques de développement, le FMI n'accorde pas de prêts pour des projets spécifiques.

Quand un pays peut-il emprunter au FMI?

Un pays membre peut solliciter une aide financière au FMI s'il constate un besoin de balance des paiements - c'est-à-dire dans les cas où il ne peut pas obtenir de financements suffisants à des conditions abordables pour régler ses paiements internationaux. Un prêt du FMI facilite les politiques d'ajustement et de réforme qu'un pays doit mettre en _uvre pour corriger ses déséquilibres de paiements et restaurer les conditions d'une croissance économique durable.

Évolution des opérations de prêt du FMI

Le volume des prêts du FMI a considérablement fluctué au fil des ans. Le choc pétrolier des années 70 et la crise de la dette des années 80 ont suscité une forte hausse des prêts du FMI, puis, au cours des années 90, le processus de transition en Europe centrale et orientale et les crises des économies de marché émergentes ont à nouveau occasionné une demande substantielle de ressources de l'institution - qui a été en grande partie remboursée de ses prêts quand la situation s'est améliorée.

Modalités des prêts du FMI

Le FMI octroie en général ses prêts aux pays membres qui en font la demande sous forme d'«accords» stipulant les conditions à remplir pour avoir accès aux ressources. Le programme économique qui sous-tend un accord est formulé par le pays en consultation avec l'institution, puis soumis au Conseil d'administration dans une « lettre d'intention ». Une fois l'accord approuvé par le Conseil d'administration, le prêt est mis à la disposition du pays par tranches successives au fur et à mesure de l'exécution du programme.

Facilités de prêt du FMI

Le FMI a créé au fil des ans divers instruments - ou «facilités» - de prêt, qui sont adaptés aux conditions spécifiques de ses divers pays membres. Les pays à faible revenu peuvent emprunter à des taux concessionnels par l'intermédiaire de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) et de la facilité de protection contre les chocs exogènes (facilité PCE) . Les prêts non concessionnels sont accordés principalement par le biais des accords de confirmation et, parfois, par l'intermédiaire du mécanisme élargi de crédit, de la facilité de réserve supplémentaire (FRS) et de la facilité de financement compensatoire (FFC). Le FMI propose aussi une aide d'urgence , parfois assortie de taux d'intérêt concessionnels, à l'appui des programmes de redressement des pays ayant subi une catastrophe naturelle ou un conflit. Le FMI poursuit la réflexion engagée sur d'éventuels instruments de prévention des crises.

À l'exception de la FRPC et de la facilité PCE, tous les mécanismes et facilités de financement sont assortis du taux d'intérêt du FMI - le «taux de commission» - qui est fondé sur le marché; certaines facilités entraînent un «taux de commission additionnelle». Le taux de commission est basé sur le taux d'intérêt du DTS , qui est recalculé chaque semaine pour tenir compte des fluctuations à court terme des taux d'intérêt sur les principaux marchés monétaires internationaux. Les prêts de montant très élevé sont assortis d'un taux de commission additionnelle. Le montant qu'un pays peut emprunter au FMI — la « limite d'accès » — varie en fonction du type de prêt accordé, mais en général ce montant représente un multiple de la quote-part . Certains prêts peuvent dépasser ces limites dans des cas exceptionnels.

Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) et facilité de protection contre les chocs exogènes (facilité PCE) . Les accords de prêts concessionnels aux pays à faible revenu sont fondés sur des stratégies exhaustives et pilotées par les pays qui sont décrites dans leurs documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) . Ces dernières années, la plupart des prêts du FMI ont été accordés dans le cadre de la FRPC. Les prêts FRPC et PCE sont assortis d'un taux d'intérêt de 0,5 % seulement par an, et ils sont remboursables sur une période de 5½ à 10 ans.

Accords de confirmation . Les accords de confirmation ont pour objectif d'aider les pays à surmonter des difficultés temporaires de balance des paiements; c'est le type d'accord du FMI le plus utilisé. Leur durée est en général de 12 à 24 mois et le remboursement normalement compris entre 2¼ et 4 ans. Des commissions additionnelles s'appliquent aux tirages de montant élevé.

Mécanisme élargi de crédit. Cette facilité a été créée en 1974 pour aider les pays à remédier à des difficultés prolongées de balance des paiements nécessitant des réformes économiques plus fondamentales. La durée des accords au titre du mécanisme élargi est donc plus longue (trois ans en général). Les pays sont censés rembourser dans un délai de 4½ à 7 ans. Des commissions additionnelles s'appliquent aux tirages de montant élevé.

Facilité de réserve supplémentaire (FRS) . Cette facilité a été instituée en 1997 pour répondre à d'importants besoins de financement à très court terme. La création de cette facilité a été motivée par la perte soudaine de confiance dont ont souffert certaines économies de marché émergentes dans les années 90, qui ont provoqué des sorties massives de capitaux et nécessité de la part du FMI des concours financiers d'une ampleur jusqu'alors inégalée. Les pays sont censés rembourser les emprunts dans un délai de 1 à 1½ an. Tous les prêts au titre de la FRS sont assortis d'un taux substantiel de commission additionnelle de 3 à 5 points de pourcentage.

Facilité de financement compensatoire (FFC) . Créée en 1963, cette facilité visait à assister les pays confrontés à une chute soudaine de leurs recettes d'exportations ou à une augmentation du coût de leurs importations de céréales souvent dues à la fluctuation des prix mondiaux des produits de base. Les conditions financières de cette facilité sont similaires à celles d'un accord de confirmation, mais les prêts ne sont pas assujettis à une commission additionnelle.

Aide d'urgence . Le FMI débloque une aide d'urgence aux pays ayant subi une catastrophe naturelle ou sortant d'un conflit. Les concours au titre de l'aide d'urgence sont assortis du taux de commission de base, bien que des bonifications de taux d'intérêt soient offertes aux pays admis à bénéficier de la FRPC, en fonction des disponibilités. Les prêts doivent être remboursés dans un délai de trois ans et trois mois à cinq ans.

 
Fonds monétaire international (FMI).

Le Fonds monétaire international (FMI) est une institution internationale dont le rôle essentiel de nos jours est de fournir des crédits aux pays connaissant des déficits extérieurs et des difficultés financières. Il leur impose en contrepartie certaines politiques économiques. L'institution a été créée en 1944 et devait à l'origine garantir la stabilité du système monétaire international, dont la disparition au moment de la Grande dépression des années 1930 avait eu des effets catastrophiques sur l'économie mondiale. Après 1976 et la disparition de ce système monétaire, le FMI a hérité d'un nouveau rôle face aux problèmes d'endettement des pays en développement et à certaines crises financières.

Le FMI est né en juillet 1944 lors de la conférence de Bretton Woods qui vît adopté le système monétaire international de l'après Seconde Guerre mondiale . Ce système, proposé par le représentant américain Harry Dexter White , reposait sur trois règles :

  • Chaque État devait définir sa monnaie par rapport à l' or , ou au dollar américain lui même convertible en or. Il en découlait pour chaque monnaie une parité officielle en or ou en dollar (système dit d'« étalon de change-or » ou «  gold exchange standard  »).
  • la valeur des monnaies sur le marché des changes ne devait fluctuer que dans une marge de 1% par rapport à leur parité officielle.
  • chaque État était chargé de défendre cette parité en veillant à équilibrer sa balance des paiements .
Afin d'essayer de garantir la stabilité du système monétaire international, les accords de Bretton Woods donnent naissance au Fond monétaire international. Le rôle de cette organisation est donc de promouvoir l'orthodoxie monétaire afin de maintenir un contexte favorable à l'essor du commerce mondial , tout en accordant des prêts à certains pays en difficultés dans le contexte de la reconstruction d'après guerre.

Le FMI est plus ou moins complémentaire des autres grandes institutions économiques créées à l'époque : la BIRD (Banque internationale pour le développement et la reconstruction, aussi appelée Banque mondiale) qui fut créée en même temps que le FMI, et le GATT ( General Agreement on Tariffs and Trade ) signé peu de temps après. Lors des négociations de Bretton Woods , le représentant britannique, l'économiste John Maynard Keynes , souhaitait la création d'une institution bien plus importante, une véritable Banque centrale mondiale destinée à émettre une monnaie internationale, le «  Bancor  ». Cette proposition fut rejetée. Elle aurait signifiée pour les États-Unis une perte de souveraineté vis-à-vis d'une institution internationale et les aurait empêché de profiter de la position dominante du dollar à l'époque.

Le FMI dans le cadre du système de Bretton Woods

Le rôle du FMI a été de tenter de garantir le bon fonctionnement du système monétaire de Bretton Woods. Lorsque certains pays se révélaient incapables de maintenir la valeur de leur monnaie dans la marge des 1% prévue par les accords de 1944, ils pouvaient recourir à des dévaluations ou à des réévaluations selon les cas. Si leurs réajustements monétaires étaient supérieurs à 10%, ils devaient alors obtenir l'accord préalable de l'organisation.

Pour tenter d'éviter ce genre de situation, le FMI joue un rôle d'intermédiaire financier entre États membres. Ainsi chaque État doit verser à l'organisation une certaine somme, nommée «  quote-part  » et dont le montant est déterminé par sa puissance économique, elle même mesurée par son PNB (produit national de son commerce extérieur ). 25% de cette quote-part doivent être payés en or , le reste en monnaie nationale. En cas de déséquilibre de sa balance des paiements risquant de menacer l'équilibre monétaire sur le marché des changes, chaque pays membre peut obtenir automatiquement 25% de sa quote-part («  droit

Le Mount Washington Hotel de Bretton Woods en 2006

de tirage  »). Si le FMI le juge nécessaire, il peut prêter à ce pays jusqu'à 125% de sa quote-part. Ses prêts sont censés permettre aux banques centrales de défendre leur monnaie sur le marché des changes. L'octroi de ces crédits est soumis à conditions et le pays demandeur doit s'engager dans une politique d'ajustement conseillée par l'organisation afin de remédier aux causes de la dépréciation de sa monnaie. Le FMI fonctionne par ailleurs sur un système de vote, où les voix sont pondérées par le montant de la « quote-part ». Ainsi à sa création, les États-Unis à eux seuls détiennent 25% des voix. Les États-Unis sont par ailleurs les seuls à disposer d'un droit de veto au sein de cette organisation. On remarque que dans un tel système, seuls les États-Unis n'ont pas besoin de se soucier, a priori , du cours de leur monnaie vu qu'elle fait office d'étalon. Ainsi les États-Unis pouvaient connaître d'importants déficits sans être soumis aux remarques du FMI.

Premières propositions de réforme

Dans le cadre du système de Bretton Woods, chaque banque centrale nationale doit pouvoir échanger en or ou en dollar, toute somme de sa monnaie nationale qui lui serait présentée sur le marché des changes (principe de la convertibilité externe). C'est à dire que si un allemand possédant des francs le demande, la Banque de France se doit de les lui échanger contre des dollars américains ou de l'or. Dans un tel système, le dollar s'est d'abord révélé trop rare pour assurer cette fonction, mais à partir des années 1950, les déficits américains ont permis de faire du dollar une monnaie abondante. En 1959, certains pays demandent aux États-Unis la conversion de leurs dollars en or, ce qui provoque une première crise du système. Face à cette crise, l'économiste américain Robert Triffin ( L'or et la crise du dollar , 1960) propose une réforme du FMI. Selon lui le système monétaire de Bretton Woods est confronté à un dilemme (le « dilemme [ou paradoxe] de Triffin ») :

  • Les États-Unis doivent fournir au reste du monde des quantités importantes de dollars afin de permettre l'essor du commerce mondial dont les règlements s'effectuent grâce à cette monnaie.
  • En même temps, ils se doivent de maintenir la valeur du dollar par rapport à l'or, ce qui revient au contraire à limiter l'émission monétaire.

Pour R. Triffin, les emprunts concédés par le FMI sont insuffisants pour permettre aux Banques centrales en difficulté de maintenir la parité officielle de leur monnaie sur le marché des changes. Il souhaite donc un renforcement du rôle de l'organisation en permettant des prêts plus importants qui seraient octroyés, non en monnaie nationale, mais dans une unité de compte commune et propre au FMI. Dans un tel système tous les pays devraient déposer une proportion uniforme de leurs réserves monétaires. Ses dépôts seraient comptabilisés dans une unité commune qui ne serait pas le dollar mais qui serait aussi convertible en or. Cette nouvelle unité de compte sous le contrôle du FMI permettrait la stabilité du système monétaire international, et résoudrait la contradiction qui découle du rôle prépondérant du dollar américain. Cette proposition célèbre ne sera pas retenue, bien que le diagnostic de R. Triffin se révélera exact.

Création des droits de tirage spéciaux

Une crise similaire à celle de la fin des années 1950 se produit à la fin de la décennie suivante. À nouveau les spéculateurs jouent contre le dollar. Les détenteurs de la monnaie américaine demandent sa conversion en or, ce qui provoque en mars 1968 la suspension de la convertibilité externe du dollar, mesure visant à limiter la sortie d'or des coffres américains. En 1969, face à l'incapacité du dollar à jouer son ancien rôle, le FMI va créer de toute pièce une nouvelle monnaie, toujours existante, le DTS (droit de tirage spécial).

Le DTS est alors une monnaie définie par une parité en or ; elle fut à plusieurs reprises octroyées aux différents pays membres, selon leur quote-part, afin de créer de nouvelles liquidités internationales (en 1970, 1978 et 1981 puis récemment à certains pays n'étant pas membres de l'organisation aux dates précédentes, et ce dans un souci d' «  équité  »). Aujourd'hui défini par rapport à un panier de monnaies (les 5 plus importantes), le DTS est surtout utilisé par les banques centrales (et à des usages très ponctuels : elle sert par exemple de monnaie de compte aux opérateurs téléphoniques pour le règlement des taxes d'interconnexions internationales.)

La fin du système de Bretton Woods

En janvier 1976, les membres du FMI signent les [accords de la Jamaïque] qui permettent le flottement des monnaies. Le rôle initial principal du FMI, garantir la stabilité des taux de change dans une marge de 1%, a disparu.

 
Le FMI, de 1976 à nos jours

Depuis 1976, le rôle du FMI consiste en premier lieu à soutenir les pays connaissant des difficultés financières. Lorsqu'un pays est confronté à une crise financière, le FMI lui octroie des prêts afin de garantir sa solvabilité et d'empêcher l'éclatement d'une crise financière semblable à celle qui frappa les États-Unis en 1929.

L'article I des statuts du FMI en fixe les buts : «  Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements.

Plus généralement, et conformément à ses autres buts, le FMI a pour responsabilité d'assurer la stabilité du système financier international.  » Le FMI est en ce sens, le responsable de dernier ressort de la liquidité du système financier international, pour éviter le blocage des échanges et la contagion à tout le système (risque systémique) de problèmes momentanés de solvabilité d'un pays ou d'une banque centrale donné. C'est une sorte de «  banque centrale des banques centrales et trésors publics  ».

Dans le cadre des prêts qu'il accorde, le FMI se doit de garantir auprès de ses contributeurs la bonne utilisation des fonds alloués à tel ou tel pays. Il ne s'agit pas seulement de retarder la crise par l'octroi d'une aide monétaire temporaire, mais de profiter du répit accordé par le prêt pour corriger les causes structurelles des difficultés économiques. Ainsi le FMI exige des emprunteurs qu'ils mettent en place les politiques économiques qu'il préconise : les «  politiques d'ajustement structurel  ». Finalement les trois grandes missions du FMI sont :

  • d'accorder des prêts aux pays en difficulté financière
  • de conseiller les États membres quant à leur politique économique
  • d'apporter une assistance technique et des offres de formation aux États membres dans le besoin.
Fonctionnement et ressources

Le FMI est gouverné par ses 184 pays membres, chacun ayant une voix pondérée par sa participation financière à l'organisation (sa « quote-part »). Il prend de nombreuses décisions en concertation avec la Banque mondiale au sein du « Comité de développement ». Sa gestion courante est confiée à un conseil d'administration composé du président de l'organisation et de 24 administrateurs représentant chacun une nation. 8 d'entre elles ont un représentant permanent ( États-Unis , Royaume-Uni , France , Allemagne , Japon , Chine , Russie et Arabie Saoudite ), les 16 autres sont élus par les pays membres. La plupart des décisions sont prises dans les faits à l'unanimité. Cependant, compte tenu des modalités de prise de décision au sein du FMI, qui suppose une majorité qualifiée correspondant à 85% des droits de vote, les États-Unis disposent de fait d'un droit de veto sur les décisions du FMI. Les pays de la zone euro bien que représentant 22,66% des quotes-parts ont quant-à-eux une influence moindre du fait d'une insuffisante coordination entre ces pays. Une révision de la

formule de calcul des quotes-parts est actuellement étudiée par le FMI, afin d'accorder une plus large place aux pays émergents, probablement au détriment de l'Europe. Les ressources du FMI liées aux quotes-parts sont d'environ 210 milliards de DTS (soit 300 milliards de dollars américains), auxquels s'ajoute la possibilité pour le FMI de recourir à des emprunts envers les grandes puissances économiques (ces crédits sont de l'ordre de 50 milliards de dollars).

 

Les politiques préconisées par le FMI

Là où il intervient, le FMI, avec l'aide d'autres organisations internationales octroyant des prêts (comme la Banque mondiale), négocie donc des plans dits d' « ajustement structurels ». Ils consistent généralement à améliorer les conditions de production et d'offre via la promotion des mécanismes du marché. Parmi les mesures concrètes souvent exigées on trouve, l'ouverture du pays aux capitaux étrangers et au commerce international, la libéralisation du marché du travail et la réduction du poids de l'État, c'est à dire la privatisation de nombreuses entreprises. L'économiste américain John Williamson a regroupé l'ensemble de ces idées sous le terme de « consensus de Washington », en soulignant qu'elles sont partagées par la plupart des grandes organisations internationales (Fond monétaire international, Banque mondiale , Organisation mondiale du commerce …) dont la plupart ont leur siège à Washington.

Ces plans ne prévoient pas de baisses d'impôts, mais en général des baisses de dépenses conjuguées à des hausses d'impôts afin de rétablir l'équilibre budgétaire des états à problème. Par exemple, au Cameroun, le plan d'ajustement s'est traduit par des hausses de la fiscalité au point que le groupement patronal a du demander une "pause fiscale" de deux ans pour pouvoir faire face aux nouveaux impôts.

Les interventions du FMI se sont multipliées dans les pays en développement à partir des années 1980 qui virent éclater la crise de la dette du Tiers Monde, notamment à partir de 1982 et la cessation de paiement du Mexique . Toutefois le FMI est aussi parfois intervenu dans des pays développés, comme en Corée du Sud à la fin des années 1990.

L'encouragement à la dérégulation du marché du travail

La déréglementation du marché du travail est une idée fréquemment mise en avant par le FMI pour soutenir la croissance économique. Le FMI utilise ainsi l'"indice de protection de l'emploi" (créé par l' OCDE , Organisation de coopération et de développement économiques), pays par pays, et encourage à sa diminution [ 1 ] .

Si on prend le cas de la France, le FMI a soumis, en juin 2005, dans le cadre de sa mission de conseil, un rapport [ 2 ] sur l'état économique du pays et a salué la mise en place du Contrat nouvelle embauche . Il a encouragé le gouvernement à généraliser son application, à restreindre les prestations sociales, à éviter de nouvelles revalorisations du SMIC , ou encore à surveiller les chômeurs.

Le FMI depuis les années 1980

Pour ce qui est des pays en développement, l'analyse des experts du FMI est simple. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, les pays ayant choisi d'opter pour une croissance introvertie, comme longtemps la Chine et l' Inde , n'ont pas connu de réussite économique, tandis que d'autres, comme les «  dragons asiatiques  », ont su profiter de leurs avantages, une main-d'œuvre abondante en particulier, pour s'ouvrir au commerce international et prospérer. Le FMI cherche donc généralement à contraindre les pays en développement à s'ouvrir au commerce extérieur.

Lors des années 1980, le FMI prend un nouveau rôle face à l'éclatement de la crise de la dette du tiers monde et impose ces politiques économiques d'ajustements structurels et de lutte contre la pauvreté à de nombreux pays d' Afrique et d' Amérique latine .

Le début des années 1990 est marqué par l'éclatement du bloc soviétique et la nécessité pour le FMI d'organiser le système monétaire des pays d' Europe de l'Est et de la Russie en vue d'une intégration dans le système financier mondial et d'une meilleure transition de ces économies dirigées vers l'économie de marché .

Au début des années 1990, les financiers internationaux avaient relancé leurs prêts au Mexique dans un contexte de réforme de marché qui visait à libéraliser l'économie. Toutefois à la fin 1994, les marchés financiers changèrent soudainement leur appréciation de la situation mexicaine, craignant d'avoir prêté davantage que le pays ne pourrait rembourser. La crise financière qui découla de ce soudain changement d'humeur des marchés entraîna un renflouement immédiat des investisseurs par le FMI et la Réserve fédérale des États-Unis (Fed). La crise fut rapidement surmontée. Pour certains analystes, le redressement rapide du Mexique n'est pas imputable au FMI mais au rôle des crédits commerciaux américains et à l'intégration du pays dans la toute nouvelle ALENA (Accord de libre-échange nord-américain).

La crise financière asiatique marque d'abord l' Indonésie en 1997 où le FMI impose une politique d'austérité monétaire et de rigueur budgétaire, malgré l'instabilité sociale et ethnique du pays. Plusieurs banques furent fermées là-bas ce qui provoqua selon certains analystes un aggravement de la crise. Face à l'expansion de la crise, les pays d'Asie ont adopté des positions différentes vis à vis des politiques préconisées par le Fond monétaire international. Certains pays comme la Chine ont évité la crise en adoptant des politiques d'expansion économique (le contraire des recommandations du FMI). La Malaisie n'a elle non plus pas suivi les conseils de l'institution et a pris des mesures telles que le contrôle des mouvements de capitaux ce qui a suscité des reproches du FMI. Toutefois d'autres pays ont connu un relèvement rapide en adoptant partiellement les mesures préconisées par le FMI. C'est le cas de la Corée du Sud, qui se garda pourtant d'adopter toutes les mesures proposées. Durant la crise asiatique certains pays se sont par ailleurs montrés extrêmement critiques vis-à-vis de la gestion de cette dernière par le FMI. Le Japon , en se gardant de critiques ouvertes vis-à-vis de l'institution, a pourtant proposé la création d'un Fond monétaire asiatique auquel il se déclarait prêt à contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars.

Selon Joseph Stiglitz ( Quand le capitalisme perd la tête ), les aides accordées par le Trésor américain et le FMI ont contribué à réunir les conditions d'une crise en Argentine. D'après lui, les emprunts concédés à ce pays ont permis aux créanciers d'accorder des prêts sans se soucier de la condition économique réelle des emprunteurs : ils pensaient qu'ils seraient de toute manière renfloués par le FMI. De leur côté les emprunteurs ont effectué un raisonnement similaire ce qui au final a déstabilisé la situation financière du pays et alimenté la spéculation. Les États-Unis, via le FMI, avaient aussi imposé une libéralisation des flux de capitaux et une déréglementation du système bancaire. Certains pays d'Amérique latine, en particulier l' Argentine et le Chili ont été montrés comme exemples de la bonne mise en application des principes du « consensus de Washington ». Si les deux pays ont connu en effet une certaine réussite, l'Argentine a fini par voir son économie s'écrouler en 2001. Le Chili continue quant à lui son développement sur un très bon rythme de croissance.

Critique du FMI

Vote censitaire et partialité

Les États-Unis sont le contributeur principal du FMI, et possèdent presque 20% des droits de vote, ce qui leur donne un droit de veto. Les 10 premiers pays ont la majorité des droits de vote alors que le FMI compte 184 pays membres. Ce qui fait dire aux détracteurs du FMI qu'il est un instrument au service des grands pays finançant le FMI pour imposer les vues économiques de l'organisation, majoritairement sur les 174 autres pays contributeurs, ainsi que sur les pays ayant recours à aux financements du FMI. Ce système de vote censitaire est critiqué, notamment par les tenants de la mondialisation démocratique .

L'inégalité des droits de vote pose la question de l'équité du FMI. Dans La Grande désillusion , l'économiste américain Joseph Stiglitz fait par exemple du FMI une institution au service de son principal actionnaire, les États-Unis. Sa critique met régulièrement en lumière la partialité du FMI qui risque d'entraîner le déclin de cette institution : « si l'analyse des déséquilibres mondiaux par le FMI n'est pas équitable, si le Fonds n'identifie pas les États-Unis comme étant le principal coupable, s'il ne concentre pas son attention sur la nécessité de réduire le déficit budgétaire américain par des impôts plus élevés pour les citoyens les plus riches et de dépenses plus faibles en matière de défense, la pertinence du FMI risque fort de décliner au cours du XXI e  siècle ». [ 3 ]

Politique considérée néfaste pour les pays en développement

Des critiques ont pour source la plupart des organisations altermondialistes et proviennent également d'économistes réputés libéraux (cf. Friedman, ...) ou de la Banque mondiale. Elles considèrent que les interventions du FMI, même si elles permettent un dépannage momentané des pays du tiers monde qui les acceptent, aggravent la pauvreté et les dettes en supprimant ou diminuant la capacité d'intervention de ces États, ce qui les empêcherait de mieux régler leurs problèmes. L'argument principal se base sur le fait que le FMI préconise les mêmes recommandations économiques et globalement les mêmes plans d'ajustement structurel (essentiellement de privatisations et des ouvertures du marché intérieur) à tout pays demandeur d'aide, sans analyser en profondeur la structure de chacun. Sur la base du «  Consensus de Washington  », il préconiserait le plus souvent une plus grande ouverture aux capitaux, aux services et biens mondiaux, la privatisation des entreprises publiques ainsi que l'austérité budgétaire. On peut prendre comme exemple l' Argentine , qui était considérée comme un pays modèle par le FMI (pour avoir suivi à la lettre ses recommandations), mais qui a connu une grave crise économique en 2001 .

Protestation contre le FMI et la Banque mondiale à Jakarta en 2004

À ce sujet, l'américain Joseph E. Stiglitz a développé ces critiques, notamment sur la période 1990-2000, dans son livre La grande désillusion (2002). Au sujet de l'intervention du FMI dans les pays asiatiques, notamment l' Indonésie , l'économiste libéral Milton Friedman , a même déclaré que « sans le FMI, il n'y aurait pas le problème de l'Asie. Il y aurait peut-être des cas isolés, comme la Thaïlande , mais [qu']il n'y aurait pas une si grande crise à travers l'Asie ». La direction de la Banque mondiale s'est également montrée distante par rapport à la position du FMI et a renforcé l'impression que les deux institutions ne parlent plus systématiquement d'une même voix. M. James Wolfensohn neuvième président de la Banque mondiale, dans son discours du 6 octobre 1998, a déclaré « qu'il souhaiterait que les programmes de sauvetage financier attachent plus d'importance aux préoccupations sociales (comme le chômage) et que le FMI insistait trop en revanche sur la stabilisation des monnaies ».

Les populations peuvent être très critiques face aux politiques d'ajustement structurel (PAS). Par exemple, la population sénégalaise ne comprend pas pourquoi ce pays a dû privatiser tant ses chemins de fer, ce qui a abouti à la suppression de la ligne, que son Office national vétérinaire, mesure conduisant à l'élévation des prix des produits vétérinaires, entraînant un développement des épidémies et des parasites et aboutissant à décimer des troupeaux, abaisser la qualité sanitaire des animaux, et empêchant les exportations du bétail. La situation en Guinée et au Ghana [ 4 ] est sensiblement la même. En Mauritanie , la suppression de la propriété collective traditionnelle de la terre a entraîné une concentration de la propriété foncière dans les mains de transnationales agro-alimentaires.

Le problème peut être lié à la fois à une mauvaise connaissance du terrain par le FMI, et à une mauvaise communication de sa part.

Enfin, le FMI a subi un second revers en Amérique Latine, notamment en Argentine, dont le président Néstor Kirchner a rééchelonné unilatéralement la dette avec les créanciers privés, tout en escamotant 75% de celle-ci. Après avoir retrouvé dès 2003 d'importants taux de croissance (autour de 9%), elle a finalement décidé en 2005 le remboursement total de sa dette de façon anticipée prévue normalement en 2007, afin d'éviter l'étranglement de son économie par les intérêts, ce qui avait conduit à la crise financière selon Néstor Kirchner . Avec le remboursement de sa dette de 9,6 milliards de dollars au FMI , « L'Argentine commence à construire son indépendance », a dit M. Kirchner [ 5 ] . Le FMI s'est félicité du remboursement intégral de la dette de l'Argentine. Le Venezuela d' Hugo Chávez a aussi remboursé sa dette et refusé d'être pris en main par le FMI.

 

Les dirigeants

Depuis 1946 , le poste de directeur général du FMI a été successivement occupé par :

  • 1946 à 1951 - Camille Gutt (Belgique),
  • 1951 à 1956 - Ivar Rooth (Suède),
  • 1956 à 1963 - Per Jacobsson (Suède),
  • 1963 à 1973 - Pierre-Paul Schweitzer (France),
  • 1973 à 1978 - H. Johannes Witteveen (Pays-Bas),
  • 1978 à 1987 - Jacques de Larosière (France),
  • 16 janvier 1987 au 14 février 2000 - Michel Camdessus (France),
  • 1 er  mai 2000 au 4 mars 2004 - Horst Köhler (Allemagne)
  • 4 mars 2004 au 4 mai 2004 - Anne Krueger
  • 4 mai 2004 à aujourd'hui - Rodrigo Rato

Un gentlemen agreement passé entre Américains et Européens veut que le directeur du FMI soit un Européen et celui de la Banque mondiale , un Américain.

Les principales interventions

  • 1997  : Asie (crise asiatique)
  • 1998  : Russie
  • 1998  : Brésil (41,5 milliards de dollars )
  • 2000  : Turquie (11 milliards de dollars)
  • 2001  : Argentine (21,6 milliards de dollars)