August 21, 2006
ACCUEIL ARCHIVES MAIL GRATUIT NEWSLETTER BOUTIQUE NOS CONTACTS
Groupe LeannConsulting | Leconservateur.net | LepeupleBaoule.com | Cian.com| Lepdci.com| LeLyceeClassiqueDeBouake.com
Copyright 2004©LeConservateur.net All rights reserved. Privacy policy
IDEOLOGIE
Le Conservatisme?
Acheter le livre
JUSTE UNE PENSEE
"L'attitude de l'être face au monde qu'il cherche à connaître doit être une attitude d'humilité" - Havek

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LeConservateur.net
“ LA PAIX, CE N'EST PAS UN VAIN MOT MAIS UN COMPORTEMENT ”
LE PETIT MOT DES BABINAUTES
 

Gagner dans l'honneur ou perdre dans la dignité

La crise que connaît la Côte d'Ivoire depuis plus de trois ans et demi s'est exprimée, certes, sur le terrain militaire au début. Elle a été, ensuite, marquée d'échauffourées sporadiques entre les forces loyalistes au régime d'Abidjan et le mouvement rebelle. Cependant, ce qu'il est permis d'observer dans ce pays depuis septembre 2002 n'est pas, à notre avis, un conflit militaire classique ou une guerre civile. Il ne s'agit pas, non plus, d'une lutte de libération nationale engagée par le pouvoir ivoirien contre l'ancienne puissance coloniale.

Compte tenu de sa forte charge émotionnelle, l'argument de la lutte de libération est très séduisant et a valeur d'exutoire. Mais, s'il est vrai que la crise ivoirienne constitue un enjeu de géostratégie ou d'intérêts économiques pour l'ancienne métropole, on ne saurait faire du rôle de la France la trame principale de ce conflit. Eu égard à son histoire, à ses atouts économiques et à sa dimension dans l'espace francophone ouest-africain, la Côte d'Ivoire et la crise sociopolitique qu'elle vit appellent une intervention française, qui, dans ce cas précis, a été souhaitée, suscitée, voire requise par le régime ivoirien.

De fait, ne voir que la présence de la France dans ce conflit ou situer la crise dans la seule perspective de rapports antagonistes entre l'ancienne puissance coloniale et le pouvoir politique ivoirien équivaut à soustraire les Ivoiriens de leur responsabilité dans la gestion de leur pays. Envisager la Côte d'Ivoire comme une nation indépendante et souveraine suppose que les problèmes auxquels elle est confrontée s'apprécient, sans complexe, dans leur portée et déterminants endogènes.

De plus, les enjeux au cœur du conflit actuel, à savoir le pouvoir politique, sa gestion et son renversement par la voie des armes, se sont déjà exprimées à travers une crise de même nature en décembre 1999, avec un parti politique et un leadership autres que ceux d'aujourd'hui, sans que l'on parle d'une entreprise de recolonisation de la Côte d'Ivoire par la France. La différence porte sur le fait que le coup d'Etat de 1999 a réussi, alors que celui de 2002 a échoué et s'est transformé en une rébellion.

Comme explication première de la crise, l'argument tiré des antagonismes internes opposant des acteurs ivoiriens (formations politiques traditionnelles et groupes armés) et ayant pour enjeux la prise, l'exercice et la conservation du pouvoir politique nous semble beaucoup plus plausible. A notre avis, il se défend plus amplement que celui prenant pour objet des centres extérieurs qui téléguideraient des politiques ivoiriens en vue du contrôle des ressources du pays ou armeraient d'anciens soldats pour lancer une action militaire dont la réussite n'est guère garantie à l'avance . Si une telle assertion est soutenue dans des cercles politiques ivoiriens et relayée par des réseaux d'intellectuels africains, elle se construit plus sur des appréhensions que sur des faits.

Il est vrai que chaque chapelle politique ivoirienne entretient des relations suivies avec des membres de la classe politique et des industriels français. Mais cela ne nous autorise pas à percevoir une collusion française automatique avec certaines forces en présence dans le jeu politique ivoirien au détriment du régime d'Abidjan.

Il faudrait noter que si dans la plupart des pays africains l'armée s'introduit de force dans la politique, en Côte d'Ivoire, ce sont des forces politiques qui, d'une manière ou d'une autre, ont propulsé des groupes armés dans l'arène politique. Par-dessus tout, il nous semble juste d'éviter d'exonérer les acteurs politiques ivoiriens de leur responsabilité dans l'origine et la gestion de la crise pour ne voir qu'une main extérieure dans ce qui constitue, en dernière instance, une lutte pour le pouvoir politique.

La crise ivoirienne s'est manifestée à travers un coup d'Etat qui a échoué et s'est ensuite mué en une occupation d'une partie du territoire national. Ceci traduit la dimension essentielle du conflit, qui porte sur le pouvoir politique et tourne autour de sa prise de force ou de droit, sa gestion et sa conservation par tous les moyens, y compris l'usage de la violence.

Cependant, la solution militaire ayant fait la preuve de ses limites, l'organisation d'élections ouvertes, équitables et transparentes se donne comme l'une des issues les plus appropriées de la résolution de la crise. La tenue d'élections suppose, en principe, l'acceptation d'une compétition à la loyale à la suite de laquelle il y aura un vainqueur et un vaincu.

Une élection présidentielle, est-il besoin de le noter, est une échéance, qui débouche sur un mandat confié à un homme ou une femme limité dans le temps. Elle n'est pas un processus, mais un événement. Elle ne fige pas la vie nationale. Elle porte sur un cycle qui se renouvelle au bout de cinq ans. On peut perdre une élection présidentielle à une échéance donnée et la remporter à l'occasion d'une autre.

Les protagonistes de la crise ivoirienne, les partis politiques principalement, donnent l'impression de ne s'accorder que sur la tenue d'élections qu'ils seront assurés de remporter. S'il est légitime que des forces politiques envisagent la victoire à l'issue d'un scrutin comme un objectif ultime, leur propension à exclure, voire nier, toute éventualité d'échec ne peut que disposer leurs partisans au radicalisme politique et à la violence. Aucun parti politique ne s'avoue vaincu au départ d'une compétition électorale, mais la victoire ne peut s'obtenir à tous les prix !

Au départ d'un processus électoral, l'idée de victoire implique également celle d'échec. Pouvoir gagner autant qu'échouer constitue l'énigme, mais aussi l'essence d'une élection. Sans l'éventualité de l'échec, il n'y a pas de réussite, parce qu'il n'y a simplement pas de compétition. 

En outre, se soumettre à une épreuve à laquelle on veut être proclamé vainqueur, à l'avance, n'a aucun sens ! Une telle compétition est une farce et ne garantit, sur le plan politique, aucune légitimité. En revanche, elle constitue la voie tout tracée pour l'installation d'un pouvoir dictatorial qui, tôt ou tard, suscitera la répulsion de la population, se maintiendra dans la terreur ou donnera lieu à une contestation violente.

L'intention de certains cercles politiques de remporter à tout prix le scrutin présidentiel prochain est l'une des explications de blocages réels ou potentiels de la transition. De plus, elle constitue un inhibiteur principal de la réconciliation. Elle justifie les surenchères et chantages qu'il nous a été donné d'observer de la part des protagonistes principaux depuis la signature des accords de Linas-Marcoussis. Elle porte, aujourd'hui, sur les enjeux de l'identification et du désarmement, de leur concomitance souhaitée ou rejetée et de questions connexes de nationalité et de citoyenneté. Sur certains de ces points, principalement l'identification, la nationalité et la réconciliation, nous voudrions offrir quelques pistes de réflexion.

1. Identification et constitution du collège électoral

L'identification devrait, en principe, être un exercice de recensement général de la population à l'issue duquel l'autorité publique obtiendra des indicateurs sur les différentes configurations démographiques du pays. En outre, elle devrait permettre à chaque habitant de la Côte d'Ivoire d'obtenir des pièces d'identité. Comme telle, l'identification est une opération technique dont l'utilité pratique se démontre dans divers domaines de gestion de la vie nationale.

L'identification semble, cependant, susciter des controverses dans l'interprétation que font certains milieux politiques de sa dimension relative à la constitution du collège électoral. Ceci parce que la Côte d'Ivoire est un pays dont près de 26% de la population est, selon les chiffres officiels, constitué de non nationaux. Comme toute nation accueillant une forte proportion d'immigrés, les questions d'identité, de nationalité et de citoyenneté s'y posent avec acuité et sont d'une extrême délicatesse.

Par ailleurs, des revendications identitaires, de déni de nationalité ou de citoyenneté suscitent des débats passionnés dans ce pays depuis des années. Qu'une propagande sur ces questions sensibles serve de fonds de commerce politique et braque les esprits ne relève que d'un truisme !

Dans un tel décor, il n'est pas surprenant que des échos de soupçons de manipulation de l'opération d'identification dans la perspective de l'échéance électorale proviennent de différents états-majors politiques. Les uns suspectent un processus qui pourrait accroître, outre mesure, le collège électoral pour favoriser un camp, lorsque les autres pensent qu'une grande partie de nationaux proches de leur parti en seraient exclus à leur détriment et au bénéfice de leurs adversaires politiques.

A notre avis, la ligne médiane ici devrait être celle qui prendrait pour point de départ les recensements précédents et singulièrement ceux ayant donné lieu à la constitution des collèges électoraux de 1990, 1995 et 2000. Après quoi, on opérera les ajustements démographiques naturels qui sont : l'expurgation de cas de décès, de changements de nationalité, d'individus frappés d'incapacités ; les rajouts de cas de personnes ayant atteint la majorité, de naturalisés remplissant les obligations de stage, etc. Si des citoyens estiment qu'ils ont été indûment retirés des fichiers électoraux, ils devraient soumettre des requêtes qui feront l'objet de la plus grande attention de la part des autorités compétentes en vue de procéder aux corrections requises.

Cette approche est fondée sur l'évolution naturelle du collège électoral ivoirien, elle-même liée aux contours de la population générale du pays. Elle part également du principe que la liste électorale n'a pas fondamentalement été contestée depuis 1990. De plus, le mouvement régulier du corps électoral ivoirien, même en y incluant les personnes âgées entre 18 ans et 21 ans en 1990 et 1995, peut être apprécié aisément depuis 1990, année électorale pendant laquelle seuls les nationaux ivoiriens ont été autorisés à voter.

Il est possible de dresser mathématiquement, statistiquement et démographiquement les grandes configurations de l'électorat ivoirien aujourd'hui, puisque les banques de données sur la population ivoirienne utilisées les années précédentes sont disponibles à Abidjan. En se fondant sur la progression normale de la population ivoirienne, on peut opérer des projections en vue d'avoir une idée plus ou moins exacte des chiffres généraux de la population en âge de voter. Il existe un taux de croissance de cette population, tout comme on peut tracer une courbe de la progression du corps électoral ivoirien.

Toute opération d'identification qui aboutirait à l'exclusion arbitraire de citoyens ivoiriens de la liste électorale sera un facteur potentiel de troubles sociopolitiques. De même, la constitution d'un électorat hors de proportions naturelles ne donnerait lieu qu'à des élections contestées, dans le meilleur de cas. Cela équivaudrait à la reconduction de la logique d'instabilité chronique dans laquelle le pays est installé depuis quelques années. Un tel scénario condamnerait la Côte d'Ivoire à demeurer dans ce que nous appelons pudiquement une situation de ni paix ni guerre qui est, en réalité, un processus de destruction socio-économique et de déconstruction nationale.

2. Séparer la question de la nationalité des enjeux électoraux

La question de l'attribution de la nationalité ivoirienne aux ressortissants de pays africains vivant en Côte d'Ivoire depuis des lustres et qui désirent s'intégrer pleinement et honnêtement à la communauté nationale ivoirienne devrait s'entreprendre dans un esprit de fraternité, de générosité et d'ouverture. Linas-Marcoussis n'était certainement pas le cadre approprié pour réfléchir sainement et sereinement sur cette question cruciale en quelques jours.

Les difficultés d'application des propositions sur la nationalité découlant de ce conclave procèdent, à notre avis, d'une chose : il se profile des enjeux politiques et électoraux derrière l'idée d'appliquer le Code de nationalité d'avant 1972 et/ou de revenir aux dispositions transitoires de l'Administration coloniale à l'Etat indépendant ivoirien relatives au choix de la nationalité ivoirienne par des non Ivoiriens nés en Côte d'Ivoire ou y vivant avant 1960.

La question de nationalité étant de nature sensible, la lier à des enjeux ou impératifs politiques et électoraux ne fait que la compliquer davantage, ce qui en rajoute aux suspicions, ressentiments et récriminations. En dernier lieu, toute solution prise avec des arrière-pensées politiques sur un sujet de cette nature consisterait à jeter de l'huile sur le feu.

Débarrassée de ses oripeaux électoraux, la question de nationalité telle qu'esquissée par Linas-Marcoussis pourrait être envisagée utilement et trouver une voie de solution à travers une procédure spéciale et diligente de naturalisation adossée aux dispositions de stage prévues par le Code de la nationalité. Le mieux serait de différer une telle procédure de la période électorale qui est elle-même sujette à des tensions et convulsions multiples. Elle pourrait être engagée dans une période de sérénité immédiatement après les élections présidentielles, de sorte que les nouveaux naturalisés puissent prendre part aux scrutins qui seront organisées cinq ans après leur naturalisation.

Mais, au-delà des prescriptions de Linass-Marcoussis se pose la question de la naturalisation de tous les ressortissants de pays africains vivant en Côte d'Ivoire et qui désirent jouir de la nationalité ivoirienne. La Côte d'Ivoire et ses dirigeants ne peuvent continuer de se voiler la face sur ce problème d'une extrême gravité.

La nécessité d'une action politique courageuse tendant à engager une procédure de grande envergure de naturalisation, avec des modalités pratiques souples, simplifiées et accessibles, devient un défi auquel les dirigeants ivoiriens devraient faire face. Il faut partir du prédicat que la plupart des ressortissants de pays voisins vivant en Côte d'Ivoire depuis des années et leurs enfants ne retourneront plus dans leurs pays d'origine.

Les propositions de gestion post-crise doivent accorder la priorité à cette question qui recouvrerait ainsi son caractère purement administratif pour cesser de polluer le terrain politique. Dans le cadre de la transition, les sillons de cette action pourraient être tracés.

Le mouvement migratoire ayant marqué les configurations démographiques et sociologiques de la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui a une histoire. Il a son origine dans la mise en valeur, dans les années 1930, de la colonie de Côte d'Ivoire avec l'introduction des cultures de café et de cacao. Il a connu son paroxysme pendant les années du miracle ivoirien (1965-1980) et s'est ralenti à partir de la fin des années 1980.

Que la Côte d'Ivoire soit différente des autres pays ouest-africains dans ses traits démographiques marqués par la migration est un fait sociologique qui s'explique aisément et doit être assumé pleinement ! Il est vrai que rien aujourd'hui ne permet d'affirmer que cette nation continuera d'attirer, de manière significative, des ressortissants d'autres pays de la sous-région.

Par ailleurs, un processus irréversible d'urbanisation de la société ivoirienne amorcé depuis quelques années a donné naissance à une Côte d'Ivoire plurielle dans la symbiose de ses fondements humains, sociologiques et culturels et conduit à l'émergence d'un nouvel espace de partage, d'ouverture et d'intégration. Prenant son appui sur les apports de socles humains de ce terroir, il ne manque pas moins de se nourrir de la contribution de peuples issus de l'immigration. Ceci constitue une richesse qui doit pouvoir éclore, s'exprimer et s'épandre à la faveur de chances que l'Etat de Côte d'Ivoire saurait offrir avec élan, générosité et ouverture.

Envisager la problématique de l'immigration et ses incidences démographiques sous l'angle de la naturalisation au niveau le plus élevé de l'Etat n'est pas seulement une approche qui tienne compte de l'héritage socioculturel ivoirien ; c'est un devoir moral, autant qu'un impératif de gestion politique. C'est également l'un des moyens les plus indiqués pour soustraire cette question délicate des contingences politiques et enjeux électoraux.

3. De la réconciliation

Une question anodine nous vient à l'esprit lorsque nous pensons aux dommages causés par cette crise à la communauté nationale ivoirienne : comment un peuple si affable, symbiose d'autant d'expressions du génie humain, doté d'un humour formidable comme la marque de sa foi en la vie, a pu se laisser ronger par le virus de la haine, sur des questions de gestion politique, qui relèvent, en principe, de préoccupations d'une élite dont il est généralement coupé ? La réponse immédiate est qu'aucun équilibre n'est permanent et que dans le processus de construction nationale des Etats légués par la colonisation, le plus petit incident peut donner lieu à d'inextricables convulsions.

En écoutant des Ivoiriens ressasser les atrocités commises au début de ce conflit sur des populations civiles et en prêtant l'oreille à leurs griefs, ressentiments et récriminations vis-à-vis de ceux qui prônent le dialogue avec les rebelles, on se rend compte de l'ampleur de la crise et de la profondeur des douleurs qui en résultent. Il se dégage également un constat : la propension de certains milieux politiques ivoiriens à trouver nécessairement les responsables de nos malheurs en leurs adversaires ou hors des frontières ivoiriennes. Ceci laisse apparaître une autre dimension de ce conflit : notre incapacité de reconnaître nos propres responsabilités dans la destruction de notre pays !

De tout cela nous faisons la déduction suivante : si la crise porte essentiellement sur le pouvoir politique, les cheminements qu'elle a empruntés pour s'exprimer, les torts dont ses auteurs se sont déclarés redresseurs, les dommages qui ont été causés à la cohésion nationale et les états d'âme qu'elle a générés sont énormes, complexes et multidimensionnels. A notre avis, la gestion de la crise et de l'après-crise devrait comporter un volet sur le désarment mental et le reconditionnement psychologique des Ivoiriens.

En effet, de quel que côté qu'on se place, on arrive au constat que le drame ivoirien n'est pas seulement physique et visible : un traumatisme énorme est vécu par la population ivoirienne dans toute sa composante. Dans sa majorité, la société ivoirienne est meurtrie, autant qu'elle est fragmentée et instrumentalisée aux fins de luttes politiques dont elle n'est pas nécessairement partie prenante.

Cette crise a détruit ce qui constitue la base de la convivialité ivoirienne, c'est-à-dire la confiance. La confiance comme fondement du vivre ensemble ; la confiance entre les acteurs principaux de la classe politique à propos d'un minimum acceptable pour l'animation d'une vie politique régulière ; la confiance entre les différentes communautés humaines du pays dans ce qu'elles nourrissent comme attentes, aspirations, voire convictions, par rapport au devenir de la nation et aux chances d'épanouissement qu'elle leur offrirait.

A notre avis, plutôt que de clamer que la Côte d'Ivoire est debout, les acteurs politiques principaux du pays devraient s'engager dans une introspection beaucoup plus profonde, pour apprécier l'état de déliquescence dans lequel se trouve la nation ivoirienne. Ceci pourrait constituer le premier pas vers la réconciliation.

Aussi longtemps que les leaders seront peu enclins à reconnaître leur responsabilité dans la crise et ses conséquences sur les fissurations du tissu social ivoirien, les populations, qui se reconnaissent en eux, seraient incapables d'aller à la réconciliation des cœurs et des esprits ! La logique de l'action des leaders politiques est naturellement celle de la contention faite de dénégations, contradictions et polémiques. Mais, le jeu politique régulier n'est possible que dans un environnement social apaisé.

Ici, il est plutôt question de chercher à reconstruire ce qui a été détruit, œuvrer à renouer les fils du dialogue rompu, contribuer à retrouver la foi en nous-mêmes, la confiance entre nous, dans l'humilité. Les leaders politiques devraient éviter de se laisser aller à des déclarations qui sont de nature à susciter des controverses ou à inciter leurs partisans à des positions radicales.

Par ailleurs, il faudrait convenir qu'aucun leader politique n'a fait amende honorable, en s'engageant, depuis le dé clenchement de cette crise, dans un acte sincère de contrition ; aucun camp des protagonistes principaux n'a trouvé nécessaire de se remettre en cause, demander formellement pardon aux Ivoiriens et leur promettre que plus jamais il n'entreprendrait directement ou indirectement d'actions de nature à porter atteinte au peuple de Côte d'Ivoire dans les valeurs qui le fondent ou dans son intégrité. Aucun camp n'a lancé d'appel solennel à ses partisans les invitant à embrasser résolument le parti de la réconciliation.

Quant à un élan d'ouverture, de tolérance et d'altruisme vis-à-vis de ses adversaires, aucun parti ne semble l'inclure dans ses choix politiques actuels. Cependant, cet acte d'exorcisme collectif, d'humilité et de dépassement de soi devrait être suscité par les grandes formations politiques, ainsi que les responsables de la rébellion, de manière résolue, honnête et sincère, pour conjurer la haine et recréer les conditions de la convivialité ivoirienne.

La réconciliation entre Ivoiriens s'entreprend avec le principe de reconstruction d'une société ivoirienne inclusive, cohésive et démocratique. Elle part d'un impératif : que la Côte d'Ivoire soit placée au-dessus des partis politiques et des ambitions de leurs leaders !

Si nous situons la Côte d'Ivoire au-dessus de tout, la question de la formation politique ou du leader qui la dirigera à l'issue des élections prochaines serait secondaire, voire négligeable. En effet, pour que nous envisagions la problématique de la désignation de l'équipe dirigeante à laquelle sera confiée la destinée de ce pays à l'issue des consultations électorales prochaines, il faudrait qu'il existe d'abord dans son entièreté et qu'il constitue un espace sociopolitique apaisé.

Emmanuel Y. Boussou / New York, le 30 mai 2006.

 
LE DESTIN TRAGIQUE DE LA CÔTE D'IVOIRE DE LA REFONDATION
Vincent Depaul

De la démocratie et le développement de la Côte d'Ivoire de la gestion PDCI à la guerre civile et à la division de la refondation de Gbagbo.

Koudou Laurent Gbagbo n'a pas réussi sa politique de faire table rase de la Cote d'Ivoire d'Houphouet et de Bédié ; son incompétence ou sa politique de division ne l'a pas permis. Je ne veux pas offenser cet Ivoirien d'exception, mais plutôt comparer son bilan et sa gestion mitigée qui ne fut pas à la hauteur de son ambition politique.

Sans doute la plupart des Ivoiriens, qui généralement ne sont pas du FPI, retiendront d'abord Gbagbo l'opposant d'Houphouet et du PDCI-RDA. Mais Gbagbo fut avant tout un diviseur refondateur (c`est-à-dire détruire ce qui a été fonder et le refonder à sa manière : le mot refondation étant l'antithèse du mot fondation) et un rebelle : sa mission première fut celle d'abattre l'Houphouetisme, le non respect de l'autorité établie et la destruction du système mise en place dans le pays par le PDCI-RDA depuis l'indépendance.

Et si en économie les chiffres expriment quelque chose, je dirai que le régime FPI n'a pas atteint son but. Gbagbo Laurent n'aimait pas Houphouet, détestait l'amour que les Ivoiriens portaient au le père fondateurs de la côte d'Ivoire moderne et l'enthousiasme des Ivoiriens de créer une nation dans le respect de nos diversités ethniques et religieuses.

Il mena donc une politique de division et de violences dans le pays ; aux étudiants il enseigna le désordre, la violence, les techniques de la politique réactionnaire et montra le chemin de la prise du pouvoir par les machettes d'abord sur le campus universitaire et plus tard ses anciens élèves de la lutte politique tenteront de reprendre le pouvoir par les armes.

Mais s'il parvint à tromper les Ivoiriens en montrant qu'il pouvait bien gérer la Côte d'ivoire par ses promesses jamais maintenues et par ses influences sur la jeunesse a qui il veut offrir le paradis, Gbagbo ne réussira pas sa politique de faire table rase de la politique de solidarité du parti cinquantenaire : il ne pourra pas non plus refonder le pays. Les Ivoiriens avaient depuis trop longtemps pris le chemin du développement et de la paix pour se laisser entraîner dans des aventures de guerres et de désordre sans lendemain. Le FPI, même au pouvoir, ne réussit pas à faire disparaître l'Houphouetisme sur le terrain politique.

Les Ivoiriens ont-ils suivi Gbagbo et sa refondation ? Je dirai qu'ils l'avaient écouté quand il était dans l'opposition car comment ne pas l'écouté puisqu'il faisait des marches et du désordre presque tous les jours dans le pays? Lui et ses militants cassaient et vilipendaient le vieux ; même dans son lit de mort ils ont continué.

Mais il faut souligner que les Ivoiriens n'ont jamais épousé son interprétation de la vie politique ivoirienne et ne le suivront jamais dans le dogme de la refondation qui consiste à refermer la Cote d'Ivoire sur elle-même ou la diriger uniquement vers les gouvernements socialistes. Pour y parvenir, il tente de détruire la cohésion sociale du pays qui l'œuvre de Félix Houphouët-Boigny. Pour la refondation, il faut fermer la porte à la droite française pour toujours ; du moins tant que Gbagbo sera au pouvoir.

Une Côte d'Ivoire fermée sur elle-même signifie qu'elle peut exister par elle-même et qu'au milieu du monde notre pays ait sa propre politique économique capable de prendre en charge les populations. Peut-on dire aujourd'hui que la Cote d'Ivoire est-elle capable de fermer sa porte sur le monde ? Je dis non, car le pays que nous voulons doit être fort économiquement en Afrique et locomoteur du développement de la sous région.

Grâce à la politique du PDCI-RDA, la Côte d'Ivoire a vécu en paix avec ses voisins et notre pays économiquement fort et développé était montré en exemple dans le monde. Aujourd'hui le pays n'est pas épargné par la violence : la politique du FPI a déchiré et exsangue la société Ivoirienne. Les Ivoiriens sont en somme devenus de plus en plus divisés en clan et désobéissants en leur for intérieur à une Cote d'Ivoire divisée et qui n'existe plus. Quant à Gbagbo, ce président « réactionnaire » qui ne respect pas les accords internationaux signés, il est toujours contesté à cause de sa passion pour la violence et les discours musclés.

A bien y réfléchir, c'est la politique de Gbagbo qui est à la base de la déchirure et de l'agonie de notre pays, même si les refondateurs ne veulent pas l'admettre. Il est en train de faire disparaître la Côte d'Ivoire en direct sous les yeux des Ivoiriens et du monde entier : la refondation est une page négative de notre histoire : c'est aussi une leçon de vie pour les Ivoiriens.

Pour paraphraser Félix Houphouët-Boigny je dirais : « Le vrai bonheur, on l'apprécie que lorsqu'on l'a perdu ! Faisons en sorte de ne jamais plus le perdre ». L'heure n'est plus aux incantations. Le PDCI-RDA est une chance pour la Côte d'Ivoire et les Ivoiriens. C'est pourquoi je voterai Henri Konan Bédié pour une Cote d'Ivoire respectée et respectueuse des autres ; une Cote d'Ivoire pacifique et riche de sa diversité et forte de son économie.

Vincent Depaul. (Italie)
 
TRANSITION IVOIRIENNE : UNE AMBIGUÏTÉ DE L'UNION AFRICAINE  QU'ON PEUT COMPRENDRE.
Vicent Depaul
 
RUPTURE OU CHANGEMENT DES RÈGLES DU JEU DANS LA CONTINUITÉ ?

Le climat politique Ivoirien s'étant beaucoup transformé depuis que Gbagbo avait décidé de confisquer le pouvoir. Et la décision de l'Union Africaine de le maintenir pour une période de 12 mois sans aucun pouvoir réel est une rupture dans la continuité. C'est une décision raisonnable qui rompt avec le climat de méfiance qui régnait dans le pays.

Il fallait éviter une rupture violente qui était extrêment négative pour la Côte d'Ivoire. Surtout il fallait éviter une rupture qui pouvait mal finir pour les Ivoiriens. Il faut rappeler que dans l'histoire, les ruptures ont toujours fini dans la violence et dans le sang, et c'est justement ce que l'Union Africaine a voulu éviter. Il fallait surtout éviter une rupture révolutionnaire qui risquerait d'entraîner la Côte d'Ivoire dans une aventure dramatique. C'est pourquoi la décision un peu ambiguë de l'Union Africaine est sans doute une réponse positive à la situation actuelle du pays. Et quand bien même elle ne satisfait personne, c'est quand même une invitation à la rupture qui donne l'impression d'une continuité aux patriotes et aux milices du régime Gbagbo. C'est une ambiguïté qu'on peut comprendre.

En maintenant Gbagbo comme Chef de l'Etat, après le 30 octobre, l'Union Africaine veut éviter à la Cote d'Ivoire le scénario sanglant de novembre 2004. Elle freine les milices et les patriotes pro FPI dans leur désir de vouloir tuer encore une fois d'autres Ivoiriens dans le but de maintenir avec force le régime moribond de Gbagbo au pouvoir. C'est une des raisons qui a poussé les Chefs d'Etat de l'Union Africain à associer rupture et continuité pour éviter un bain de sang à la Cote d'Ivoire.

En optant pour un Premier ministre avec plein pouvoir qui formera son gouvernement et qui sera assisté par un groupe de travail composé de représentants de la communauté internationale, l'UA a choisi une voie appropriée à la situation actuelle de la Côte d'Ivoire. Ce premier ministre tentera de faire ce que le Président Gbagbo et son régime ont refusé de faire depuis la signature des accords de Marcoussis en passant par Accra et Pretoria. Son programme sera donc le désarmement des milices, des forces nouvelles, l'unification du pays, le redéploiement de l'administration, la publication des listes électorales et enfin les élections générales. Il tentera donc de redonner un élan nouveau dans l'application des accords déjà signés et le tout dans une période de 12 mois au maximum.

Tandis que les refondateurs dansent le maintien de Gbagbo à la présidence, les partis de l'opposition et les forces nouvelles doivent se réjouir du choix d'un Premier ministre qui appliquera finalement les accords signés dans leurs intégralités, ce qui permettra finalement de faire bouger les choses en Côte d'Ivoire. L'Union Africaine a rejeté la confiscation du pouvoir par Gbagbo ; il reste certe à la présidence, mais sans aucun pouvoir réel : une présidence vidée de sa substance en quelques sortes. Les Chefs d'Etat de l'Union Africaine n'ont pas non plus donné une réelle satisfaction à l'opposition qui demandait le départ de Gbagbo, mais avec le choix d'un Premier ministre fort et accepté par tous les partis signataires des accords de Marcoussis, on peut affirmer que l'opposition a atteint son objectif : celui de mettre Gbagbo dans l'incapacité de nuire et de bloquer l'applications des accords.

Il appartient maintenant aux Ivoiriens de voir si le verre est à moitié plein ou à moitié vide. Nous estimons que le verre est à moitié plein et que la décision de l'Union Africain est une rupture avec la stratégie du régime Gbagbo de confisquer à tout prix le pouvoir. Cette stratégie de confiscation du pouvoir qui était d'ailleurs défendue par Laurent Dona Fologo, envoyé spécial du régime FPI à Addis-Abeba. N'ayant plus de personnalité compétente, capable de négocier et surtout de respecter sa signature, les refondateurs se sont attachés des services de quelqu'un qui est de l'école du PDCI-RDA et de Félix Houphouet Boigny, qu'ils ont toujours dénigré.

Ce qui est sûr, le choix de l'Union Africaine changera le clivage politique actuelle du pays. C'est le vrai début de la fin de la crise ivoirienne. Ici personne n'a vraiment gagné, c'est plutôt la Côte d'Ivoire qui y gagne sans aucun doute. Il faut aussi dire que cette décision de l'Union Africain est une invitation aux ivoiriens à s'adapter et à comprendre la nécessité d'unir leur pays sans violence et sans effusion de sang. C'est pourquoi ces expressions triomphalistes de « Gbagbo a gagné », « Gbagbo est un fin politique » lancées par les journaux bleus sont donc à bannir.

Vincent Depaul (Italie)

Ecrivez-nous
 

LE REGIME FPI, ENNEMI DE LA COHESION SOCIALE DE LA CÔTE D'IVOIRE !

La présidence de la République et les Ivoiriens : après le cas Adjoumani et après le fracas des déclarations du LCL YAO YAO, c'est le grand désamour.

Depuis quelques semaines, le Lieutenant-colonel Yao Yao Jules, distille des portions de vérité à petites doses aux Ivoiriens et à la communauté internationale. Il importe peu qu'on soit Ivoirien ou pas, résident en Côte d'Ivoire ou à l'étranger pour comprendre que l'idée de la démocratisation et de la justice n'arrive plus à régénérer dans la mémoire des nouveaux occupants de la présidence de la république. Avec le cas Adjoumani hier et maintenant avec les révélations de Yao Yao, une forte émotion a saisi tous les Ivoiriens.

A la lecture des déclarations de l'officier Supérieur des FANCI, qui avait dressé la liste des noms des présumés membres de l'escadron de la mort, les Ivoiriens disent haut et faut que les violations de droits de l'homme prennent fin et que les incendiaires cessent d'allumer le feu en Cote d'Ivoire. Selon l'ancien porte-parole de l'armée, les têtes de l'escadron de la mort sont des proches du couple présidentiel.

Il faut dire qu'après cette déclaration fracassante, le régime FPI ressort affaibli. Cette cuisante révélation pèse très lourd à quelques mois des élections générales en Côte d'Ivoire. Et dans le contexte politico-social actuel, le président Gbagbo ne peut plus compter que sur des fraudes pour éviter une sévère défaite aux prochaines élections. On comprend maintenant pourquoi Affi N'guessan cri partout le slogan : « on gagne ou on gagne » ! Les déclarations et la liste de noms dressés par Yao Yao, des membres de l'escadron de la mort, marque un grand désamour entre le régime FPI et le peuple Ivoirien.

Après cette déclaration de Yao Yao, la plupart des Ivoiriens interrogés au téléphone, ici en Italie, n'ont pas hésité à dire que le président Gbagbo doit assumer sa responsabilité dans le comportement de sa garde rapprochée. « Gbagbo est le chef suprême de l'armée et responsable de la sécurité des Ivoiriens, surtout de tous ceux qui vivent dans la zone sous contrôle de son régime. S'il y a des assassinats et de l'insécurité dans la zone gouvernementale, il est avant tout responsable », a expliqué Jean-Marie A, président d'une association d'Ivoiriens résidents en Italie. Une position que semble partager la majorité des Ivoiriens interpellés, qui s'efforcent à comprendre ce qui se passe autour du président Gbagbo. « L'important, c'est que justice soit faite », avait ainsi répondu Blaise-Pascal K, étudiant Ivoirien de sociologie religieuse à l'Université de Padou (nord-est de l'Italie), qui avait aussi demandé à l'électorat Ivoirien de sanctionner dans les urnes le régime FPI aux prochaines élections générales du pays. « Pour un régime qui élimine physiquement les opposants, le peuple doit trancher et refermer le plus vite possible la parenthèse de la gestion Gbagbo », avait-il expliqué.

« Les déclarations de Yao Yao Jules sont très inquiétantes pour notre pays, c'est un message clair et sans équivoque qui poussera les électeurs à sanctionner le régime FPI. Le président Gbagbo et so parti, le FPI sont politiquement disqualifiés par toutes ces atrocités commises par les escadrons de la mort. Pour la majorité des Ivoiriens, le moment est venu de chasser ces refondateurs de la présidence », a estimé, Elisabeth G, présidente des femmes Ivoiriennes de Palerme en sicile.

Il faut dire que les déclarations de Yao Yao Jules mettent directement en cause des personnes proches du palais présidentiel, pour ne pas dire les proches collaborateurs du couple présidentiel. Pour le régime FPI, qui annonce partout : « on gagne ou on gagne !! », les dernières déclarations de l'officier Supérieur de l'armée constituent un obstacle qui risque donc fort de compliquer encore la donne électorale du régime Gbagbo.

La vague d'émotion que suscitent les déclarations de l'officier Supérieur des FANCI dans les familles qui ont perdu de chers parents à cause de la barbarie des hommes de la garde rapprochée du couple présidentiel, suscitera des votes de protestation contre le régime FPI. Et la farouche volonté des Ivoiriens de rechercher la justice pour tout ceux qui sont victimes des escadrons de la mort, accentuera les tensions et le désamour entre le pouvoir FPI et le peuple Ivoirien. Et il le dira haut et fort : non à une Cote d'Ivoire frileuse, repliée sur elle-même et violente. Oui à une Cote d'Ivoire de l'avenir, de l'unité, de progrès pour tous et de bonheur pour chacun.

 
 

LES MENSONGES DES ILLUSIONNISTES REFONDATEURS

Le FPI et sa mission de diabolisation du PDCI.
Pour les mises en scènes, les roublardises et les manipulations, le FPI n'a pas d'égale en Côte d'Ivoire . Depuis quelques mois, un débat cacophonique auquel nous assistons met à l'évidence la méconnaissance de la souffrance de la population Ivoirienne et souligne l'ambiguïté de la politique des socialistes refondateurs.

On entend et on voit fleurir ici et là des ruses, des mystifications, des leurres et des formules lapidaires, telles que : « Allez partout et expliquer aux gens que GBAGBO a fait 30 ans dans l'opposition et qu'on a connu 30 ans de paix civile. Eux, ils ont 3 ans d'opposition, nous avons connu 3 ans de guerre civile. En Afrique ce sont les opposants qui font la guerre civile, celui qui gouverne n'a pas besoin de faire la guerre civile ! C'est l'opposant qui fait la guerre. 30 ans d'opposition, 30 ans de paix. 3 ans d'opposition, 3 ans de guerre : Voilà ceux qui ont signé le pacte à Paris ».

Décidément les refondateurs n`en finissent pas de nous surprendre. Lorsque de telles affirmations viennent des intellectuels et des historiens ( ?), on n'est bien obligé d'expliquer aux Ivoiriens que le mensonge et la roublardise est le sport favori des refondateurs.

Faute d'argument et de projets politiques pour la Côte d'Ivoire , on entend des propos du genre : « Levons-nous barrons la route à l'imposture, barrons la route à ceux qui livrent la Côte d'Ivoire que quand eux seuls la gouvernent. Montrons-leur que nous avons aimé ce pays comme lorsqu'on était dans l'opposition et nous l'aimons aujourd'hui encore pendant qu'on le gouverne. Mais eux, ils aiment le pays que quand ils le gouvernent. Donc quand ils ne le gouvernent pas, ils veulent casser le pays ». Les Ivoiriens sont sidérés par les arguments qui sont avancés par les refondateurs et publiés dans la presse du FPI.

Qu'en est-il en réalité ? L'absence totale de projets et de stratégie de développement de la Côte d'Ivoire, qu'ils prétendent aimer plus que les autres, porte les refondateurs à mentir au peuple Ivoirien. Ils inventent tous les jours des phrases toutes faites pour voir si les populations Ivoiriennes vont suivre aveuglement. Ces refondateurs veulent nous faire mordre à leur hameçon comme des poissons.

L'idée même que la Côte d'Ivoire, qui a connu 40 ans de paix sous les Présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié est du mérite de l'opposant Gbagbo relève de la tromperie, un argument mystificateur qui sert d'appât pour les poissons. Le FPI ne s'imagine même pas que les Ivoiriens sont capables de mesurer le chemin parcouru par leur pays sous la gestion du PDCI-RDA : une Côte d'Ivoire forte qui depuis un demi-siècle était un formidable levier de l'économie et l'emploi en Afrique occidentale, un pays libre au service de tous.

IL faut que le peuple Ivoirien refuse les mensonges et les manœuvres du FPI. D'abord, les refondateurs minimisent la souffrance des Ivoiriens qui sont braqués, violés et assassinés tous les jours par les miliciens dans les quartiers d'Abidjan. Ils ignorent même que 50% de la population Ivoirienne ne mange plus à sa faim sous leur régime et que le chômage a atteint des records jamais égalés. Le FPI nous conduira directement, j'en suis certain, à la catastrophe si les choses ne changent pas. Ils nous conduiront surtout à la violence généralisée dans le pays et ça il faut le refuser. Peut-on vraiment continuer sur ce chemin d'insécurité généralisée en Côte d'Ivoire ?

C'est une erreur de la part du régime FPI de ne pas considérer, les appréhensions, les craintes et les angoisses des Ivoiriens dans un pays où l'incompétence, la démagogie et les rapports de forces sont en profonde mutation et placent la Côte d'Ivoire en situation d'immobilisme où les Ivoiriens ont commencé à avoir peur de leur propre ombre. Qui subira le prochain braquage ?

Bien sûr que la crise a posé des problèmes à notre économie, mais nous constatons tous aussi que le régime Gbagbo ne fait rien pour que cesse la souffrance de la population, qui se défonce et qui évoque l'exemple des Présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié comme le chemin à suivre. Et puis, n'ayant pas honte, ils évoquent des idées manipulatrices, utilisent les logos du PDCI-RDA pour pouvoir réunir du monde à leur réunion de propagande. Figés dans leur logique de grands diviseurs communs de la nation, ils pleurnichent sur leurs conforts provisoires. Pire, ils ont même associé l'image de Félix Houphouët-Boigny à celle Gbagbo : « hélas ! Comme tu me ressembles ! » Quel sacrilège ! Soyons sérieux !

Que le FPI arrête donc ses théories manipulatrices et mystificatrices. Après 30 ans dans l'opposition et seulement 5 ans de règne, c'est seulement maintenant que les refondateurs viennent de découvrir que Gbagbo ressemble à Houphouet ; lui qui l'avait vilipendé. Quelle surprise !

Ont-ils déchiré leur histoire de démolisseurs de la cohésion sociale du pays ? Sont-ils devenus aveugles au point de ne pas voir que la Côte d'Ivoire s'est rabaissée à un rang marginal au banc des nations ?

Il est temps de déjouer la tactique de la manipulation du peuple entreprise par la refondation qui utilise des phrases dénuées de tous sens, qui laissent le peuple complètement abasourdi à cause des arguments de propagande du FPI. Gbagbo, Affi, Simone, Bouabré, Mamadou Koulibaly ont-ils un programme pour les Ivoiriens ? Et sont-ils sûrs que c'est le FPI qui avait garantie la paix en Côte d'Ivoire ? Alors pourquoi sont-ils incapables de maintenir cette paix là maintenant qu'ils ont tous le pouvoir en main? Ce qui est sûr, une Côte d'Ivoire forte et fière est impensable avec Gbagbo et son régime.

« La paix ce n'est pas un vain mot. C'est un comportement » : Félix Houphouët-Boigny.

Cette pensée du fondateur « ingénieux » de la Côte d'Ivoire moderne, l'apôtre infatigable de la paix que fut le sage de Yamoussoukro suffit pour que les Ivoiriens se détournent de ces étranges refondateurs qui sont en train de détruire tout le travail accompli par PDCI-RDA depuis l'indépendance jusqu'au 24 décembre 1999. Depuis cette date, pour la première fois en Côte d'Ivoire , ce sont des générations qui risquent de ne plus avoir d'avenir à cause de la refondation de Gbagbo.

C'est pourquoi les Ivoiriens choisiront Henri Konan Bédié, pour une Côte d'Ivoire solidaire, forte et unie ; une Côte d'Ivoire qui renouera avec le progrès pour tous et renforcera la dimension sociale du pays.

Vincent Depaul
o
SUITE 1 2