05 Sepember, 2006
ACCUEIL ARCHIVES MAIL GRATUIT NEWSLETTER BOUTIQUE NOS CONTACTS
Groupe LeannConsulting | Leconservateur.net | LepeupleBaoule.com | Cian.com| Lepdci.com| LeLyceeClassiqueDeBouake.com
IDEOLOGIE
Le Conservatisme?
Acheter le livre
JUSTE UNE PENSEE
"L'attitude de l'être face au monde qu'il cherche à connaître doit être une attitude d'humilité" - Havek

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LeConservateur.net
“ LA PAIX, CE N'EST PAS UN VAIN MOT MAIS UN COMPORTEMENT ”
LE PETIT MOT DES BABINAUTES
Ecrivez-nous

La Côte d'Ivoire est-elle victime d'un complot international?

La Côte d'Ivoire est déchirée par une crise sociopolitique sans précédent. A l'évidence, la tentative de coup d'Etat, sa mue en rébellion armée et la subséquente occupation de la moitié nord du pays constituent le summum de cette crise. Mais, cela n'en est que la manifestation première. Cependant, l'explication des ressorts réels du conflit n'a jamais fait l'objet d'une attention soutenue de la part des autorités ivoiriennes, encore moins dans les instances qui se sont penchées sur cette crise. La quintessence du conflit, ses commanditaires et leurs desseins ne sont qu'effleurés dans les discours qui sont tenus ça et là. Les Ivoiriens et leurs leaders avouent qu'ils ont été soumis à un conflit injuste et injustifié.

Dans des schémas d'analyses esquissés par certains organes de presse, l'origine du conflit est ramenée à la succession du président Houphouët-Boigny en 1993. Le prolongement de ce cheminement est l'assertion selon laquelle la crise résulterait du choc d'ambitions politiques de leaders du pays et de contradictions induites de leurs stratégies en vue d'accéder au pouvoir ou de le conserver.

Ce conflit, c'est un fait, porte, en grande partie, sur un contentieux politique. Les différents protagonistes et leurs partisans luttent pour s'accaparer des r ê nes du pouvoir d'Etat et l'exercer à leurs profits. De cela découle, sans nul doute, sa portée ultime qui est nationale, car il s'agit de luttes de conquête, d'exercice et de conservation du pouvoir politique. Mais, il est indéniable que cette crise a une dimension régionale, voire internationale, qu'il faut percevoir à travers la place de la Côte d'Ivoire en Afrique de l'Ouest et les enjeux économiques que représente ce pays. Cela nous autorise-t-il à parler de complot international contre la Côte d'Ivoire? Sur quoi une telle thèse est-elle construite? Quelles en sont les limites? Quelles sont les prémisses à partir desquels la crise ivoirienne pourrait-elle s'expliquer objectivement «du dedans» pour que des solutions endogènes lui soient trouvées?

1. De la thèse du complot international

La thèse du complot international contre la Côte d'Ivoire s'appuie sur un fait: les assaillants sont partis de pays voisins. En outre, les autorités d'Abidjan avaient affirmé, aux premiers moments du conflit, que les armements des rebelles étaient neufs, sophistiqués et ne faisaient pas partie des dotations de l'Armée nationale. Il est, par ailleurs, surprenant que des déserteurs de l'Armée sans ressources financières réelles, dirigés par un jeune homme à peine sorti de l'Université et un homme d'affaires en rupture de ban avec un parti politique, sans surface financière ostentatoire, puissent soutenir une rébellion de cette envergure. L'armada militaire des rebelles était impressionnante au début de la crise, de sorte qu'ils ont pu se replier sur Bouaké, après avoir échoué dans leur tentative de prise d'Abidjan, occuper Man et contrôler la moitié nord du pays. Pendant un moment, ils avaient pris possession de Daloa.

Par-dessus tout, la prise des armes par des soldats ivoiriens pour renverser les autorités du pays a une motivation politique claire. Elle s'appuie sur une campagne internationale qui avait, auparavant, affaibli le régime du président Henri Konan Bédié et préparé le lit au coup d'Etat de décembre 1999. Les thèmes de cette campagne sont: l'ivoirité ou ce qui est interprété comme l'exclusion politique d'une partie des nationaux originaires du Nord; la xénophobie; l'esclavage d'enfants dans des fermes de production cacaoyère, etc. Elle eut un écho assourdissant dans la presse internationale, surtout française, et dans certains pays de la sous-région ouest-africaine. De plus, les organes de presse français ont, pendant longtemps, fait preuve d'une complaisance notoire vis-à-vis des rebelles et des thèses présentées comme la justification de leur combat.

Il convient de dire, par ailleurs, que les exactions commises par les rebelles sur des membres des différents corps d'Armée et leurs familles dans les zones occupées, les atrocités infligées aux populations civiles et les atteintes graves aux droits de l'homme qu'ils ont perpétrées partout où ils sont passés sont passées en pertes et profits par la presse internationale. En réalités, les actes des rebelles ont été sublimés par les médias internationaux dont des correspondants étaient sur le terrain. Comment peut-on alors s'empêcher de parler de médias aux ordres? Mais aux ordres de qui? Quels sont les éléments de la nébuleuse qui tirerait les ficelles de ce conflit?

En outre, les massacres de militaires et civils dont les rebelles se sont rendu coupables et les cruautés qu'ils ont commises n'ont jamais ému, outre mesure, les organisations internationales de défense des droits de l'homme, à part de timides enquêtes conduites par Amnisty International et le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations-Unies. C'est à croire que les rebelles bénéficient d'une protection invisible!

D'aucuns diraient que les ressources économiques du pays, les richesses de son sous-sol, les contrats concédés aux multinationales dont certains viendraient à échéances sont à la base d'un complot international contre la Côte d'Ivoire. Mais, si tel est le cas, quelles sont ces multinationales et en faveur de qui contribueraient-elles à renverser les institutions du pays? Avec quels centres de décision internationaux se seraient-elles liguées contre les autorités ivoiriennes? Quand, où et sur quelle plate-forme ce complot aurait-il été fomenté? Pourquoi les autorités ivoiriennes font-elles si peu pour mettre à nu ce jeu? De quoi ont-elles peur?

Il est loisible d'avancer que les rebelles ont eu des appuis extérieurs, tant logistiques que financiers, voire en hommes. Il se pourrait qu'ils aient été intrumentalisés par des hommes politiques et leurs alliés de milieux d'affaires pour la réalisation d'un objectif beaucoup plus étendu, en termes de projet politique, que les récriminations qu'ils avancent contre le régime d'Abidjan ne sauraient camoufler. En leur sein, il se dégagerait difficilement un homme d'envergure pour prendre le pouvoir et l'exercer, s'ils avaient réussi dans leur tentative de coup d'Etat. D'ailleurs, au cours des premières négociations engagées au Togo, ils seraient à tout moment en contact avec l'extérieur par téléphone satellitaire.

La presse française avait même fait état d'un fait anodin, mais qui en disait long sur les ressources financières dont ils disposaient: ils payaient tout rubis sur ongle et avec des billets de banque neufs. Dès lors, les questions suivantes s'imposent à tout esprit critique: Qui est derrière cette rébellion? Qui a procédé aux recrutements de mercenaires dont la présence auprès des insurgés avait été annoncée par les autorités ivoiriennes? Qui assure l'intendance de cette rébellion? Pour quels intérêts? Pourquoi la question de l'identité des commanditaires et éventuels bénéficiaires de la rébellion a-t-elle été éludée à Marcoussis? Pourquoi le Conseil de sécurité des Nations-Unies n'en a jamais débattu?

2. Les limites de la thèse du complot international

Les limites de la thèse du complot international contre la Côte d'Ivoire tiennent moins de faits anecdotiques qu'on peut glaner ça et là que de carence d'une formulation cohérente, rationnelle et soutenue d'une telle assertion. De fait, les autorités du pays n'ont jamais été à même de la défendre de manière formelle. De plus, alors que des fonds faramineux avaient été levés pour soutenir l'Etat dans cette crise, il n'a jamais été question d'un travail d'investigation s'appuyant sur le concours d'experts en la matière pour établir la provenance et l'ampleur des armements des rebelles, les éventuels réseaux par lesquels ils obtiendraient des soutiens financiers, l'origine et le nombre de mercenaires qui seraient dans leur rang.

Est-ce parce que la nébuleuse internationale aurait étendu ses tentacules partout au point d'étouffer toute tentative des autorités d'Abidjan visant à la démarquer? Faudrait-il mettre cela sur le compte de faiblesses factuelles de cette allégation ou simplement de la légèreté avec laquelle Abidjan traiterait ce dossier? A-t-on besoin uniquement de crier au complot pour que celui-ci existe? S'il y a lieu de parler de complot, il faudrait alors l'établir avec sérieux et saisir les autorités internationales compétences en vue de l'instruire et lui donner la suite nécessaire. Nous ne pouvons, d'emblée, dire que les autres sont contre notre pays, tant que nous ne faisons nous-mêmes face à nos obligations les plus élémentaires vis-à-vis de ce pays.

Un complot est avant tout un acte construit par des hommes identifiables et des structures bien définies, avec, à la clé, un objectif clair, une stratégie et des ressources pour l'accomplir. Le Petit Robert définit le complot comme «un projet concerté secrètement contre la vie, la sûreté de quelqu'un, contre une institution». Il est vrai qu'un complot baigne souvent dans le secret et le flou, tant qu'il n'est pas démasqué. Mais, lorsqu'un complot n'est pas cerné avec certitude, on n'en parle pas avec assurance. Dans le cas de la Côte d'Ivoire, on peut affirmer qu'une certaine mansuétude de la part de milieux dont les autorités du pays espéraient une attitude de compassion ou une assistance active s'est observée en faveur de la rébellion.

Par ailleurs, une collusion de centres d'intérêts divers s'est opérée pour priver les autorités légales du soutien dont elles étaient en droit de s'attendre de la part de la communauté des nations, au début de la crise. Certaines puissances internationales n'ont pas condamné, ne serait-ce que verbalement, la tentative de coup d'Etat et sa transformation en rébellion. En outre, les Accords de Marcoussis et le Sommet de Kléber peuvent s'interpréter comme une prime à la rébellion ou à la résolution des problèmes politiques par la voie des armes. On pourrait, à ce propos, peut-être, parler de centre d'intérêts appuyant la rébellion. Ceci, d'autant plus qu'à Marcoussis, ni l'Etat, qui avait été attaqué, ni les forces armées régulières, qui étaient sur le front face aux rebelles, n'étaient présents à la table de négociation. Cependant, des partis politiques qui, en principe, n'étaient pas explicitement parties prenantes du conflit, étaient les principaux négociateurs face aux mouvements rebelles.

Pour que la thèse du complot international contre la Côte d'Ivoire ait beaucoup plus de crédibilité, il faudrait, pour l'exprimer et la soutenir, plus que l'espace des discours populistes destinés aux foules de Yopougon. Elle devrait quitter le cadre des slogans de la «Sorbonne du Plateau» ou des meetings endiablés des «jeunes et femmes patriotes» et cesser d'être la substance de débats de salon.

Instruite à partir d'un travail d'intelligence entrepris minutieusement, confrontée à l'analyse d'experts crédibles opérée sur la base de faits établis et soumise à la scrutation rigoureuse de professionnels, la thèse du complot international saurait se défendre valablement. Dans le cas contraire, elle n'aurait qu'une valeur incantatoire et se donnerait comme une fuite en avant ou un subterfuge permettant d'escamoter les responsabilités des Ivoiriens dans cette crise et les sacrifices auxquels ils doivent, ensemble, consentir pour la résoudre.

3. Des explications «du dedans» et de la résolution de la crise par les Ivoiriens

La Côte d'Ivoire a été pendant longtemps présentée comme la vitrine de l'Occident en Afrique de l'Ouest francophone. Ses atouts économiques, ses infrastructures socio-économiques, la forte présence d'une communauté d'expatriés français et d'immigrés de pays limitrophes sur son sol et ses liens séculaires avec la France en ont fait un pays particulier. Il va sans dire que tout ce qui se passe dans cette contrée a une dimension sous-régionale et internationale et se soumet aisément et immédiatement au regard scrutateur de l'ancienne métropole.

Mais, cela ne doit pas occulter les déterminants d'une dynamique «du dedans» des enjeux au cœur de la crise ivoirienne. Sans perdre de vue la dimension globale de ce conflit, les Ivoiriens et leurs leaders devraient, à notre avis, travailler sur ses aspects internes qu'ils peuvent cerner et moduler à leur guise. Ce qu'il convient d'adopter comme approche relève d'abord d'une prise de conscience de nos responsabilités.

Le coup d'Etat de décembre 1999 devrait être perçu par la classe politique ivoirienne, toutes tendances confondues, comme l'ouverture d'une boîte de Pandore. Des responsabilités des uns et des autres dans ce putsch découlent les explications de la crise actuelle. A partir de ce moment, tous les dirigeants successifs du pays devraient s'attendre à une période d'instabilité chronique car, en Afrique, un coup d'Etat fait toujours suite à une série de coups d'Etat. Par ailleurs, ce premier putsch était apparu insolite et n'avait livré aucun de ses secrets, que ce soit son cerveau, ses commanditaires ou ses auteurs, feu Robert Guéi ayant été une potiche utilisée par des bras invisibles qu'il trahit par la suite.

L'élection de Laurent Gbagbo, est-il besoin de le dire, avait été acquise dans des conditions qu'il avait lui-même qualifiées de calamiteuses. Cette élection, qui n'aurait été possible sans le coup d'Etat de 1999 et la transition militaro-civile chaotique qui l'a accompagnée, avait été marquée d'un bain de sang sans précédent en Côte d'Ivoire. Dès lors, il fallait s'attendre à ce que le pouvoir de Laurent Gbagbo soit contesté par certains de ses adversaires ou alliés d'hier en ranimant ce cycle de violence politique qui venait d'être initié.

Par ailleurs, les tensions sociopolitiques prenant pour thèmes l'exclusion ethnico-religieuse et le déni de nationalité ou le délit de patronyme dont seraient victimes des ressortissants du Nord et la prétendue xénophobie à l'encontre de nationaux de pays voisins installés sur le sol ivoirien n'ont pas été atténuées avec l'arrivée au pouvoir des socialistes ivoiriens, bien au contraire! Que ceux qui clament qu'ils sont persécutés sur une base ethnico-religieuse le font de bonne foi ou qu'ils soient manipulés produit le même résultat: la fracture sociale s'est installée et l'image du pays à l'extérieur a été écornée. Ceci a été une hypothèque sérieuse sur la paix civile qui n'a jamais été gérée avec dextérité, habilité et sagacité.

Le Forum sur la Réconciliation Nationale organisé en 2001 aurait dû être un sanctuaire pour exorciser le mal ivoirien. Mais, en lieu et place d'une tribune de vérité, de contrition et de repentance, ce fut une foire aux empoignades où les uns se préoccupaient de se justifier ou de régler leurs comptes avec les autres. Finalement, nous avons accumulé les contentieux, multiplié les ressentiments et amplifié les appréhensions. La photo de février 2002 présentant, souriants, les quatre leaders d'avant la crise (Gbagbo, Bédié, Ouattara et feu Guéi), la main dans la main, et le gouvernement de large ouverture d'août 2002 ne furent que de la poudre aux yeux.

Pour tout dire, la Côte d'Ivoire donne l'image d'un pays se cherchant, incompris à l'extérieur et secoué de l'intérieur par les démons de la division. Toute occasion est bonne pour la brocarder. Mais, si ce pays fait l'objet d'un complot, il s'agirait, à coup sûr, d'une conjuration dans laquelle ses propres fils et filles auraient trempé. Pour ourdir un complot, il faut être au moins à deux. Dans le cas d'espèce, il serait indiqué de parler d'ambitions politiques inconciliables de leaders ivoiriens. Que certains de ces leaders bénéficient d'appuis extérieurs organisés en réseaux comprenant des pôles économiques et financiers, des organes de presse, des institutions de lobbying en marketing politique, des hommes et femmes dans des organismes internationaux ou des organisations de défense des droits de l'homme et autres organisations non gouvernementales génériques, cela relève d'un truisme. Mais parler de complot international contre la Côte d'Ivoire équivaudrait à la présentation d'un ensemble d'actes organisés, synchronisés et interconnectés. A notre avis, cela ne semble pas être ce qu'on constate dans le cas ivoirien.

Tel que véhiculé, le discours sur le complot international contre la Côte d'Ivoire n'est pas structuré. De plus, il ne permet pas aux Ivoiriens de s'approprier de leur destin et de lui donner une orientation, tant il constitue une sorte d'exutoire. Or, malgré son visage hideux, la crise que notre pays traverse aujourd'hui devrait nous servir de leçon pour construire, ensemble, le devenir de la Nation ivoirienne. Pour réussir à bâtir une Côte d'Ivoire forte, harmonieuse et généreuse, nous devrions tirer, d'abord, avantage de nos erreurs suite à ce conflit. Il nous faudrait, ensuite, prendre appui sur le génie créateur des peuples qui composent notre pays et nous doter d'un esprit de tolérance, de générosité et d'ouverture vers l'extérieur.

Emmanuel Y. Boussou

Etats-Unis, le 19 juin 2004

 
Brassage culturel : La Côte d'Ivoire… une nation: le rêve brisé de Houphouët-Boigny

Le Pasteur Dahouet est un “fils” d'Houphouêt. Dans cette libre opinion, il prêche pour la mosaïque et l'harmonie inter ethnique créée par le premier président des Ivoiriens.

J'ai été l'un de ceux qui ont eu le privilège d'entendre certaines confidences de Son Excellence Félix Houphouët-Boigny, concernant son rêve pour la Cote d'Ivoire.
Il voulait en faire une nation au vrai sens du terme...Une nation unie, dans sa diversité ethnique. Il avait presque réussi, car sous sa direction éclairée, il n'y a jamais eu ce qui se passe, malheureusement, en Côte d'Ivoire:
Des morts, des morts et encore des morts.
Le sang a coulé et coule encore, sans que la vie humaine ne soit respectée.
Le sang des Ivoiriens et des Etrangers, chers au coeur de Félix Houphouët-Boigny, premier Président de Côte d'Ivoire. Cet homme avait certainement une vision, à lui communiquée divinement... Vision qui a été le fondement de la Côte d'Ivoire; cette vision
consistait à vivre ensemble, malgré les diversités ethniques, dans la paix et le respect mutuel.
Une maison se bâtit sur une fondation solide et de 1960 a 1993, Félix Houphouët Boigny avait réussi à faire vivre 60 ethnies, ensemble, dans la paix, avec des non-Ivoiriens, venant des pays voisins, amis et frères.

Avec ce qui vient de se passer et ce qui s'est passe depuis les dernières élections de l'an 2000 en Côte d'Ivoire, nous venons tous d'apprendre à nos dépens qu'on ne doit jamais toucher à une fondation divine.
Le rêve de Félix Houphouët-Boigny était un socle Divin, sur lequel ses successeurs devaient continuer à bâtir.

Ce rêve a été brisé, dès 1993, avec la naissance d'une autre "fondation": L'Ivoirité, suivie d'une autre utopie,"La Refondation"...
Félix Houphouët-Boigny "reviendrait" à la vie aujourd'hui, il aurait beaucoup de questions à poser à certaines personnes...
Il leur poserait les questions suivantes:

- Qu'avez-vous fait de mon héritage?
- Pourquoi tant de tueries ? D'ou viennent les escadrons de la mort?
- Qu'avez-vous fait des valeurs morales de l'Houphouëtisme?
- Où est passée la démocratie, tant réclamée en 1989, par l'opposition de l'époque?
- Où est passé le miracle économique Ivoirien?
- Que faites-vous de notre hymne national? Pays de l'hospitalité...

Le rêve de Félix Houphouet Boigny a été brisé par ses successeurs...son héritage a été foulé aux pieds.

UNE CONFIDENCE DE FELIX HOUPHOUET BOIGNY:
C'était en été 1981, à Yamoussokro,village natal du Président, je venais de me marier à Washington DC, aux USA, à la nièce de feu le président Sékou Touré de Guinée... Nous nous sommes rendus, en voyage de noces en Côte d'Ivoire, invités par le "Vieux", qui a été celui qui avait demandé la main de mon épouse, nièce de Sékou Touré, son collègue.
Aujourd'hui, je réalise que ce mariage avait été aussi une opportunité de rapprochement entre la CI et la Guinée. La femme que je venais d'épouser, encore étudiant, était de père Guinéen et de mère Franco-Italienne.
Mon épouse était née en CI, a Daloa...Son père y servait à l'époque, comme ingénieur, avant l'indépendance de la CI.
Un enfant est né, en 1983, une fille qui a aujourd'hui 21 ans, résidant aux USA.
Notre fille est donc:
lAméricaine de naissance.
lIvoirienne de son père.
lGuinéenne et franco-Italienne, de sa mère.

IVOIRIENNE?
Cela n'est pas sûr, avec cette politique contraire à celle de Félix Houphouet Boigny, menée par le régime en place, en CI. Notre fille n'a aucune chance d'obtenir un simple certificat de nationalité, encore moins briguer la magistrature suprème ou un autre simple poste électif, dans le contexte politique actuel.
Pourtant son père est Ivoirien (je suis Ivoirien) et sa mère, Franco-Guinéenne, devenue citoyenne américaine est Ivoirienne, par mariage.

Le Président Félix Houphouet Boigny, lors de ce voyage de noces, à Yamoussokro, m'a fait une confidence, relative à une peinture, un tableau, pendant qu'il nous faisait visiter sa résidence,avant de déjeuner ensemble. Ce tableau montrait un vieillard, assis tenant une canne à la main et parlant à une jeune fille, habillée des couleurs du drapeau Ivoirien: Orange-blanc-vert.
Lorsque je lui posai la question de savoir ce que cela representait, je vis les yeux du "vieux" briller avec fierté, nous expliquant le tableau:
"C'est moi ce viel homme, retiré à Yamoussokro, dans mon village, conseillant cette jeune femme,représentant la CI."

Aujourd'hui, presqu'un quart de siècle plus tard,je repense à cette phrase du "Vieux" et j'ai des larmes aux yeux. Non seulement, la fondation de vie ensemble dans la diversité ethnique, dans la paix a été détruite, au profit du concept de l'Ivoirite, mais le rêve du Président-Père-Fondateur et Père de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, de se voir, comme Georges Washington, premier président Américain, retiré en Virginie, à la retraite dans son village natal, à Yamoussokro, comme sur le tableau, qu'il me montrait avec fierté, il y a de cela 23 ans, n'a jamais pu se realiser...Il est décédé en decembre 1993...

Dès ce jour fatidique, la CI a sombré dans une fièvre Ivoiritaire, qui l'a conduite vers un coup d'Etat militaire, suivi d'une transition calamiteuse. Une transition mal orchestrée, qui nous a conduit à des élections non democratiques, excluant les candidats de poids, comme Alassane Ouattara, du RDR, de
Henri Konan Bedié du PDCI, d'Emile constant Bombey, candidat officiel du PDCI et bien d'autres...

Laurent Gbagbo, arrivé au pouvoir de manière calamiteuse et sanglante, n'a pas arrangé les choses, au contraire se sachant très minoritaire, il s'est livré
plutôt à ce qui suit:
- Arrestations arbitraires,
- Assassinats politiques, par des escadrons de la mort...Créant ainsi de nombreux charniers humains...
- Des trucages électoraux,
- Mensonges politiques,
- Une guerre civile entrainant la coupure du pays en deux parties...
- La gabégie financière et le détournement de deniers publics,
- Le tribalisme et la xénophobie,
- Les crimes contre l'humanité,
- La destabilisation politique des pays voisins,
- L'arrogance politique...etc.

Tous ces fléaux sont apparus sur l'échiquier politique national, en CI, pour le grand malheur des Ivoiriens et de l'Afrique de l'ouest de maniere generale. La sous region,ouest Africaine est en ebulition, a cause de la situation en CI. Le pays de Félix Houphouet Boigny reste et demeure le moteur économique de cette région.
Ce moteur est malade politiquement.

Les 25,26 et 27 mars 2004, suite à une simple marche pacifique pour reclamer l'application des accords historiques de Linas-Marcoussis, 350 à 500 innocents ont été massacrés par les "tueurs", les escadrons de la mort du régime de Laurent Gbagbo. Des charniers ont été decouverts...mais le Président ne semble pas du tout concerne, car il vaque à ses "occupations", comme si de rien n'était...comme si rien ne s'était passé.
Aujourd'hui, les forces Françaises et celles de l'Onu se trouvent en CI, le pays du chantre de la paix... Une honte pour CI, jadis connue comme étant le pays le plus stable d'Afrique Francophone...
Honte, parce que ces évènements n'auraient jamais dus arriver en CI, pays de paix et de stabilite politique.
Je salue néanmoins personnellement leur présence en CI, afin d'éviter un "Rwanda bis".
Des crimes contre l'humanité ont été commis et continuent d'être commis, en CI; ces criminels et leurs commanditaires doivent être arrêtés et jugés par le tribunal international de justice de l'Onu.

Cela est un Must .
Si Félix Houphouêt Boigny vivait encore, il conseillerait, depuis Yamoussokro, à cette jeune dame de 44 ans, qu'est la Côte d'Ivoire, d'aujourd'hui, de se ressaisir, de rassembler ses fils et filles, dans la maison Ivoire, pour faire la paix et réapprendre à vivre ensemble, dans la paix, car il n'y a pas moyen de faire autrement... Le cas contraire serait remettre en cause le rêve de Félix Houphouêt Boigny, cette fondation Divine, pour la CI: Vivre ensemble, dans la paix, par des élections justes, transparentes et democratiques, sans exclusives.

Le "vieux" disait:" La paix, ce n'est pas un mot, c'est un comportement".
Ayons la sagesse de nous comporter, en frères et soeurs Ivoiriens, sans discrimination.
Les Ivoiriens de CI et de la diaspora, ajoutés aux étrangers, vivant en CI, attendent beaucoup de la communauté internationale, pilotée par l'ONU, qui joue sa crédibilité sur le terrain. La France aussi est attendue sur le terrain, en tant qu'ancien pays colonisateur, pour garantir la paix et la securité, non seulement de ses ressortissants, mais aussi des Ivoiriens, dans l'application des accords de Marcoussis, qu'elle a initiés.

LES CONDAMNATIONS DE L'ONU:
Selon le rapport partiel de l'enquête de l'Onu relative aux massacres des 25 et 26 mars 2004 en CI :
"L'Onu condamne les massacres des nervis de Gbagbo", titrait le journal Francais" Libération" du mardi 4 mai 2004. En effet, suite à ces massacres survenus, en CI, suite à une simple marche , pour reclamer l'application intégrale des accords de Marcoussis, l'onu a depêché des enquêteurs officiels à Abidjan, pour faire la lumière sur ces tueries, ces barbaries d'une autre époque...

Selon le même journal, et d'autres sources d'informations, le rapport de la commission d'enquête de l'Onu a été remis au secrétaire général de l'Onu... Ce rapport serait accablant pour le Président Ivoirien:
"Le 25 et le 26 mars 2004, des tueries sans distinctions ont eu lieu contre des civils innocents;deux journées au cours desquelles, des violations des droits de l'homme furent commises", estiment les experts de l'Onu." Tout s'est passé, sous la direction et la responsabilité des plus hautes autorités de l'Etat...Ces deux jours ont fait au moins 120 morts, 20 disparus et environ 270 blessés".

Nous sommes très loin du bilan officiel de 37 morts, que le Président annoncait, avec cynisme et sans regret de sa part.
Les Nations unies ont receuilli des informations irrefutables et dignes de foi, selon lesquelles, deux charniers auraient été decouverts, l'un à Akouedo et l'autre à N'dotré...

Le journal Libération et d'autres journaux respectables, ainsi que des radios étrangères, comme Rfi et bien d'autres attestent que non seulement le pouvoir Gbagbo est coupable d'avoir tué des civils, mais aussi d'avoir visé certaines catégories de populations. Comme le dit encore le même journal, ce rapport est une "patate chaude" pour Abidjan... Il y a un peu plus d'un an,lorsque les relations étaient au plus mal, Jacques Chirac menaçait son homologue Ivoirien de finir devant un tribunal international... Aujourd'hui, avec en main ce rapport accablant, l'Onu pourrait lui donner raison.

QUELLE SOLUTION, POUR RETOURNER AU REVE DE FELIX HOUPHOUET BOIGNY, POUR LA CI.?
Dans l'une de mes anciennes déclarations, relative à la situation de crise politico-militaire en CI, je proposais une ébauche de solution et l'un des points forts de cette ébauche de solution était la création d'un forum ou d'une commission VERITE ET RECONCILIATION...comme en Afrique du sud, sous Nelson Mandela.
Il semble que cela soit retenu par la commission d'enquête de l'Onu envoyée à Abidjan.
La CI ne peut retrouver sa position de pays stable que si les accords de Marcoussis étaient appliqués dans leur intégralité, accompagnés par l'arrestation, par une instance internationale , des commanditaires et exécutants de crimes contre l'humanité sur des populations civiles innocentes, car il est indispensable de décourager l'impunité. D'autres types de sanctions internationales devraient être envisagés par l'Onu contre ces derniers. De vraies élections libres, démocratiques et transparentes sous la supervision stricte de l'onu, doivent être organisées sans aucune exclusive. C'est le seul gage pour la paix en CI. Gbagbo doit démissionner afin que le rêve de Félix Houphouët Boigny s'accomplisse… A savoir la vie ensemble dans la paix entre tous les Ivoiriens sans exclusive.

Fait à Paris le 5 Mai 2004

Reverend Dahouet Honore
President et Directeur Executif
Ong-Living Together international, inc.
USA.

 
 

LES MENSONGES DES ILLUSIONNISTES REFONDATEURS

Le FPI et sa mission de diabolisation du PDCI.
Pour les mises en scènes, les roublardises et les manipulations, le FPI n'a pas d'égale en Côte d'Ivoire . Depuis quelques mois, un débat cacophonique auquel nous assistons met à l'évidence la méconnaissance de la souffrance de la population Ivoirienne et souligne l'ambiguïté de la politique des socialistes refondateurs.

On entend et on voit fleurir ici et là des ruses, des mystifications, des leurres et des formules lapidaires, telles que : « Allez partout et expliquer aux gens que GBAGBO a fait 30 ans dans l'opposition et qu'on a connu 30 ans de paix civile. Eux, ils ont 3 ans d'opposition, nous avons connu 3 ans de guerre civile. En Afrique ce sont les opposants qui font la guerre civile, celui qui gouverne n'a pas besoin de faire la guerre civile ! C'est l'opposant qui fait la guerre. 30 ans d'opposition, 30 ans de paix. 3 ans d'opposition, 3 ans de guerre : Voilà ceux qui ont signé le pacte à Paris ».

Décidément les refondateurs n`en finissent pas de nous surprendre. Lorsque de telles affirmations viennent des intellectuels et des historiens ( ?), on n'est bien obligé d'expliquer aux Ivoiriens que le mensonge et la roublardise est le sport favori des refondateurs.

Faute d'argument et de projets politiques pour la Côte d'Ivoire , on entend des propos du genre : « Levons-nous barrons la route à l'imposture, barrons la route à ceux qui livrent la Côte d'Ivoire que quand eux seuls la gouvernent. Montrons-leur que nous avons aimé ce pays comme lorsqu'on était dans l'opposition et nous l'aimons aujourd'hui encore pendant qu'on le gouverne. Mais eux, ils aiment le pays que quand ils le gouvernent. Donc quand ils ne le gouvernent pas, ils veulent casser le pays ». Les Ivoiriens sont sidérés par les arguments qui sont avancés par les refondateurs et publiés dans la presse du FPI.

Qu'en est-il en réalité ? L'absence totale de projets et de stratégie de développement de la Côte d'Ivoire, qu'ils prétendent aimer plus que les autres, porte les refondateurs à mentir au peuple Ivoirien. Ils inventent tous les jours des phrases toutes faites pour voir si les populations Ivoiriennes vont suivre aveuglement. Ces refondateurs veulent nous faire mordre à leur hameçon comme des poissons.

L'idée même que la Côte d'Ivoire, qui a connu 40 ans de paix sous les Présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié est du mérite de l'opposant Gbagbo relève de la tromperie, un argument mystificateur qui sert d'appât pour les poissons. Le FPI ne s'imagine même pas que les Ivoiriens sont capables de mesurer le chemin parcouru par leur pays sous la gestion du PDCI-RDA : une Côte d'Ivoire forte qui depuis un demi-siècle était un formidable levier de l'économie et l'emploi en Afrique occidentale, un pays libre au service de tous.

IL faut que le peuple Ivoirien refuse les mensonges et les manœuvres du FPI. D'abord, les refondateurs minimisent la souffrance des Ivoiriens qui sont braqués, violés et assassinés tous les jours par les miliciens dans les quartiers d'Abidjan. Ils ignorent même que 50% de la population Ivoirienne ne mange plus à sa faim sous leur régime et que le chômage a atteint des records jamais égalés. Le FPI nous conduira directement, j'en suis certain, à la catastrophe si les choses ne changent pas. Ils nous conduiront surtout à la violence généralisée dans le pays et ça il faut le refuser. Peut-on vraiment continuer sur ce chemin d'insécurité généralisée en Côte d'Ivoire ?

C'est une erreur de la part du régime FPI de ne pas considérer, les appréhensions, les craintes et les angoisses des Ivoiriens dans un pays où l'incompétence, la démagogie et les rapports de forces sont en profonde mutation et placent la Côte d'Ivoire en situation d'immobilisme où les Ivoiriens ont commencé à avoir peur de leur propre ombre. Qui subira le prochain braquage ?

Bien sûr que la crise a posé des problèmes à notre économie, mais nous constatons tous aussi que le régime Gbagbo ne fait rien pour que cesse la souffrance de la population, qui se défonce et qui évoque l'exemple des Présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié comme le chemin à suivre. Et puis, n'ayant pas honte, ils évoquent des idées manipulatrices, utilisent les logos du PDCI-RDA pour pouvoir réunir du monde à leur réunion de propagande. Figés dans leur logique de grands diviseurs communs de la nation, ils pleurnichent sur leurs conforts provisoires. Pire, ils ont même associé l'image de Félix Houphouët-Boigny à celle Gbagbo : « hélas ! Comme tu me ressembles ! » Quel sacrilège ! Soyons sérieux !

Que le FPI arrête donc ses théories manipulatrices et mystificatrices. Après 30 ans dans l'opposition et seulement 5 ans de règne, c'est seulement maintenant que les refondateurs viennent de découvrir que Gbagbo ressemble à Houphouet ; lui qui l'avait vilipendé. Quelle surprise !

Ont-ils déchiré leur histoire de démolisseurs de la cohésion sociale du pays ? Sont-ils devenus aveugles au point de ne pas voir que la Côte d'Ivoire s'est rabaissée à un rang marginal au banc des nations ?

Il est temps de déjouer la tactique de la manipulation du peuple entreprise par la refondation qui utilise des phrases dénuées de tous sens, qui laissent le peuple complètement abasourdi à cause des arguments de propagande du FPI. Gbagbo, Affi, Simone, Bouabré, Mamadou Koulibaly ont-ils un programme pour les Ivoiriens ? Et sont-ils sûrs que c'est le FPI qui avait garantie la paix en Côte d'Ivoire ? Alors pourquoi sont-ils incapables de maintenir cette paix là maintenant qu'ils ont tous le pouvoir en main? Ce qui est sûr, une Côte d'Ivoire forte et fière est impensable avec Gbagbo et son régime.

« La paix ce n'est pas un vain mot. C'est un comportement » : Félix Houphouët-Boigny.

Cette pensée du fondateur « ingénieux » de la Côte d'Ivoire moderne, l'apôtre infatigable de la paix que fut le sage de Yamoussoukro suffit pour que les Ivoiriens se détournent de ces étranges refondateurs qui sont en train de détruire tout le travail accompli par PDCI-RDA depuis l'indépendance jusqu'au 24 décembre 1999. Depuis cette date, pour la première fois en Côte d'Ivoire , ce sont des générations qui risquent de ne plus avoir d'avenir à cause de la refondation de Gbagbo.

C'est pourquoi les Ivoiriens choisiront Henri Konan Bédié, pour une Côte d'Ivoire solidaire, forte et unie ; une Côte d'Ivoire qui renouera avec le progrès pour tous et renforcera la dimension sociale du pays.

Vincent Depaul
 
Suite 1 2