September 29, 2007

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LA CREATION DE L'ETAT DE L'EBURNIE

Proclamation aux tribus d'Éburnie I Loi organique de l'État d'Éburnie

Proclamation aux tribus d'Éburnie 1

Il faut couronner nos efforts, ceux que nous avons déployés depuis le 27 novembre 1966, date de la publication de « L'appel aux tribus d'Éburnie » et du Manifeste du Parti nationaliste. Le travail doit cesser sur l'étendue du territoire. C'est la grève générale.

Songez à Biaka Boda, à Boka Ernest et à beaucoup d'autres morts dans des conditions mystérieuses à Yamoussoukro, cimetière de nos élites, et vous vous apercevrez que les préoccupations majeures d'Houphouët-Boigny sont le meurtre. Doit-on continuer ainsi dans l'impunité ?Depuis dix ans, Houphouët et ses amis n'ont jamais su faire la différence entre l'honneur et la servitude, le mensonge et la vérité, leurs intérêts et ceux du pays.

Depuis dix ans vous avez tous servi, et souvent avec une hargne bestiale, un gouvernement indélicat et antinationaliste ; vous avez adoré comme un dieu un chef qui a vendu le pays.

En traîtres ! vous avez été complices en approuvant les emprisonnements illicites, les bastonnades, les tortures, les meurtres. Depuis dix ans, la politique du PDCI/RDA a enfanté et nourri un tribalisme vigoureux et funeste. Houphouët veut faire des Baoulé nos maîtres. Nous ne serons jamais leurs esclaves.

Vous pouvez mourir à tout moment soit par accident, soit de maladie, soit dans votre lit. De quoi avez-vous peur ?

1 . Cf. Gadji Dagbo Joseph, L'affaire Kragbé Gnagbé, un autre regard 32 ans après , Abidjan, Nouvelles éditions ivoiriennes, 2002. 266 Document historique I

 Je vous demande un effort particulier qui nous permette d'arracher notre pays aux étrangers, de prendre en main nos propres affaires, de devenir les bénéficiaires directs de nos sacrifices. Mettez votre vie au service du gouvernement nationaliste. Qui êtes-vous, des hommes ou des animaux pour trembler de peur ?

Il est trop tard, à présent, pour rêver d'élections. Il faut se battre maintenant. Il faut se battre avec tous les moyens, même avec nos mains nues. Dussions nous y mettre le prix en hommes et en sang. Le sang parle mieux aux masses, car c'est le vrai langage de la politique. Écrasons pour toujours ces assassins et ces escrocs du PDCI. Frappez fort, cognez fort !

Soldats, gendarmes, policiers, à tous, Houphouët et ses amis vous demandent

de porter le fer dans votre chair, de répandre la mort dans vos foyers, de détruire vos familles. Pour quelle récompense ? Asseoir définitivement la suprématie tribale des Baoulé. Si vous le faites, ce n'est pas par discipline mais par bêtise. La vraie discipline vous rangera aux côtés du gouvernement nationaliste pour arracher le pays à l'exploitation des étrangers. Si vous tuez vos enfants et vos frères pour de l'argent, vous ne serez jamais les maîtres chez nous. Est-ce cela que vous souhaitez vraiment ? Halte aux crimes odieux de Houphouët.

La situation particulière de la Côte d'Ivoire (colonie déguisée) explique aisément

la présence des troupes françaises sur notre sol et leurs fréquentes interventions dans nos affaires. L'armée française doit quitter le pays et ne doit, en aucun cas, prendre part à nos querelles. Pourquoi le gouvernement français veut-il imposer le régime de Félix Houphouët-Boigny ?

À présent, les positions sont claires, les options précises : Houphouët n'est

plus notre chef et ne le sera plus, n'en déplaise au gouvernement français. Jusqu'à la convocation, à Abidjan, de l'Assemblée consultative, j'assume le pouvoir politique et militaire à la tête du gouvernement provisoire de l'État d'Éburnie, gouvernement d'union nationale.

À ce titre, je décrète la mobilisation de toutes les forces vives du pays et invite paysans, travailleurs, soldats, policiers, gendarmes, chômeurs, élèves, étudiants, anciens combattants, à se mettre sans tarder à la disposition du gouvernement nationaliste établi à Gagnoa. Organisez partout des comités de soutien à l'État d'Éburnie.

Vive le gouvernement provisoire nationaliste.

Vive l'État d'Éburnie.

Gagnoa, le 27 octobre 1970, Gnagbé Kragbé, chancelier de l'État d'Éburnie et commandant en chef de l'Armée populaire nationaliste .

 

Loi organique de l'État d'Éburnie

Pour servir de cadre et de base à l'action politique et militaire du gouvernement provisoire, il est promulgué une loi dite « loi organique de l'État d'Éburnie « ou » loi organique d'octobre ».

Article 1

L' Éburnie est la nouvelle appellation de la Côte d'Ivoire.

Article 2

L'Éburnie est un État souverain, laïc, unitaire démocratique. Son emblème est le globe d'ébène, disque noir sur fond blanc en son centre, symbole de l'union et de l'égalité entière entre les tribus. La devise de l'État est : « Pour la terre de nos pères ».

Article 3

Le chef de l'État prend titre de chancelier de l'État : il est chef du gouvernement et commandant en chef de l'armée populaire nationaliste.

Article 4

Les pleins pouvoirs sont dévolus au chancelier de l'État pour diriger l'action politique, militaire, diplomatique du gouvernement provisoire ; il nomme aux hauts postes politiques, militaires, diplomatiques.

En cas d'empêchement, il délègue ses pouvoirs, en partie ou en totalité, pour une période déterminée. Les ministres sont responsables devant lui. Les gouverneurs de province représentent directement le chancelier de l'État.

Article 5

L'autorité civile est prépondérante. Toutefois, dans la période transitoire, des militaires de tout grade peuvent être nommés à des postes civils. 

Article 6

En l'absence d'une assemblée régulièrement élue, le chancelier de l'État dirige la politique du gouvernement provisoire par décrets-lois.

268 Document historique I

Article 7

Liberté de parole, de réunion, d'association et de confession est reconnue à tous comme droit inaliénable.

Article 8

Quels que soient leur appartenance ethnique, leur profession et leur sexe, les citoyens de l'État d'Éburnie sont égaux devant la loi qui leur assure, selon leurs capacités, l'accession à toutes les carrières, tant publiques que privées.

Article 9

Les tribunaux militaires et populaires forment l'armature juridique de l'État.

Ils connaissent respectivement des cas de trahisons vis-à-vis de l'État et des cas de simples procédures pénales.

Article 10

La terre est la propriété exclusive des tribus. Elles peuvent la céder à l'État pour les travaux d'utilité publique. L'État ne peut en déposséder les tribus.

Article 11

Les travailleurs des secteurs privé et public sont assurés de la permanence de leur emploi, de même que tous les avantages acquis leur seront confirmés.

Article 12

L'Assemblée consultative sera saisie en temps opportun de la révision de la loi organique sur l'initiative du chancelier. Dans l'espace, les présentes dispositions resteront en vigueur jusqu'à la mise en place de nouvelles institutions.

Fait à Gagnoa, le 27 octobre 1970

 

LES DIFFERENTES CHARTES DU NORD

De 1991 à 2002

Voici les deux chartes du nord

Une nouvelle Charte (Nordique) actualisée a circulé en 2002. Elle vient après celle de 1991. Les deux lancent un appel aux responsables, cadres, militaires, ouvriers, commerçants, paysans pour un grand Nord uni, fort, crédible disant en chœur : ça suffit !
Un an après le début de la guerre, la rébellion a décidé de la partition du pays en levant l'impôt, en nommant ses sous-préfets, préfets, chefs militaires, commissaires de police…
Ces actes rejoignent l'esprit des Chartes qui annonçaient déjà une réaction pouvant déboucher sur la rupture. Voici les deux textes dans leur intégralité.
Les deux chartes, datées de 1991 et 2002, ne sont curieusement pas signées.
Fraternité Matin les publie tout de même.
Donc exceptionnellement, tout en posant, dans l'édition de demain, les limites des documents anonymes.

1991.- Le Grand Nord en marche

La charte nordique de ses fils aux 4 coins de la Côte d'Ivoire, de ses fils au terroir.
Intellectuels, analphabètes, responsables, cadres, militaires, ouvriers, commerçants, par notre voix, le Grand nord bat le rappel et le rassemblement pour un Grand-Nord uni, fort, crédible, partenaire à part entière, arbitre des situations futures au sein d'un ensemble ivoirien rénové, équitable, cohérent.

PLAN DE RELANCE ECONOMIQUE
Le gouverneur Alassane Ouattara a besoin du soutien des citoyens (Félix Houphouët) et singulièrement du soutien des siens, toutes races confondues, de la communauté du grand nord à laquelle il appartient, dirons-nous.
Une telle invitation faite par la voix la plus autorisée du pays, celle du Président de la République, montre non seulement l'importance de l'événement, mais aussi suffit à motiver, à l'occasion du premier anniversaire du Gouvernement – Alassane Ouattara, auteurs de la présente initiative qui prennent à leur compte l'appel en question pour surenchérir que si le Premier ministre a plus que besoin du soutien de tous les Ivoiriens, celui de la communauté du Grand Nord -toutes ethnies confondues-, communauté à laquelle il appartient, apparaît désormais comme inéluctable en vue de l'aider à mener à bien sa mission dont le succès débouche forcément sur la voie de la succession.
L'histoire, dit-on, aime à se répéter. A la seconde guerre mondiale a succédé, à travers le continent africain, une crise. Cette crise-là était celle de l'oppression et de l'asservissement, celle des inégalités sociales et de l'exploitation.
En Côte d'Ivoire, cette crise a eu pour aspect le plus le travail forcé de triste mémoire, dont les populations du Nord ont particulièrement souffert.
Aussi, à l'appel du leader politique Félix Houphouët Boigny qui incarnait à l'époque la lutte contre cette crise, le patriarche Gon Coulibaly en ayant été le premier parmi tous ses pairs de la chefferie ivoirienne à répondre à cet appel, n ‘a pas manqué de porter haut et sans défaillance l'étendard de cette lutte au prix de mille et une péripéties.
Imité en cela par son peuple, les communautés sénoufo et malinké du Grand Nord ont également été les toutes premières à constituer l'avant-garde de cette lutte en ayant été un modèle de mobilisation massive et spontanée, d'adhésion collective dont on ne saurait énumérer aujourd'hui tous les hauts faits accomplis au prix de sacrifices de tous genres.
Si la rencontre historique, celle de Korhogo, du chef politique d'un mouvement d'émancipation, le R.D.A., et le chef spirituel d'un peuple, a scellé un pacte entre les 2 personnes, il est aisé de deviner ce qu'a pu être le contenu dudit pacte.
Assurer la succession de ses enfants et petits-enfants sur son trône pour la bonne conduite des affaires de son territoire, garantir la pérennité de son pouvoir à travers ses hommes, mener son peuple au bonheur et au progrès, promouvoir le bien à travers tout son pays, voilà qui devait résumer l'essentiel des vœux du Patriarche Gon Coulibaly.
Bien avant le Leader Politique, en homme spirituel très doué, le Patriarche Gon Coulibaly avait pressenti le triomphe des idéaux du R.D.A., ce qui a motivé et justifié sa prise de position anticipée et irréversible alors que parmi les autres groupes ethniques de Côte d'Ivoire, notamment le groupe “Akan” le R.D.A était boudé, souvent combattu avec la dernière énergie .
L'apport massif du Grand Nord, l'adhésion collective de ses fils mus par une détermination farouche qui a souvent fait reculer l'administration coloniale, quoi qu'on dise aujourd'hui ont figuré en bonne place parmi les facteurs décisifs de la victoire du R.D.A.
Il faut se dire, et chacun le sait par dévers soi sans la constance de la participation agissante et opiniâtre collective et solidaire des fils du Grand Nord, à l'intérieur comme à l'extérieur de leur région, le triomphe des idéaux du R.D.A. eut été difficilement concevable.
Cette crise-là, la plus perverse, la Côte d'Ivoire a su la surmonter, la vaincre et l'un des artisans de cette victoire est ce fils valeureux du Grand nord, qu'était Gon Coulibaly.
Malheureusement, il n'a pas survécu pour savourer avec les autres le fruit de la victoire. Pour le peuple qu'il a laissé derrière lui, ce fruit a plutôt eu un goût amer parce que le résultat n'a nullement correspondu aux engagements pris et à l'attente des populations du Grand Nord.
De sa tombe, le patriarche a pu assister à l'abolition méthodique et orchestrée de son autorité, à la désintégration des structures de son commandement qu'étaient les chefferies, de canton et de village.
Ce que l'administration coloniale a trouvé sur place lors de la pénétration française, ce que cette administration a épargné et a su respecter, ce que le raz de marée de l'almamy “ Samory Touré ” a également épargné, ironie du sort, c'est cela que la nouvelle administration ivoirienne, issue de la décolonisation à laquelle le patriarche Gon Coulibaly a pourtant si efficacement contribué, cette administration ivoirienne prend la responsabilité de détruire, on ne sait au nom de quel parti.
Depuis 3 décennies, la question qui pèse sur toutes les langues au Grand Nord sans être posée, soit par crainte des représailles prévisibles de l'autorité en place, soit par mesure de précaution pour sauvegarder des intérêts personnels, demeure la suivante : “Pourquoi l'administration ivoirienne s'est-elle acharnée à détruire sur toute l'étendue du Grand Nord les structures de commandement qu'étaient les chefferies traditionnelles alors que dans la partie sud du pays, et notamment chez les Akan, ces mêmes chefferies sont, de nos jours, encore tolérées ? Mieux, la tradition de la succession est toujours de rigueur, les cérémonies qui matérialisent généralement cette succession sont honorées de la présence des représentants officiels.
Là où le bât blesse, cette chefferie a droit de cité puisqu'on la retrouve au protocole présidentiel d'accueil, notamment à Yamoussoukro à l'occasion de toutes les visites des hôtes de marque de la Côte d'Ivoire.
Contestable et inique, apparaît également le régime de la propriété foncière où l'anomalie réside dans le fait que ce régime, au Grand Nord, obéit au principe de notre Constitution selon lequel la terre appartient à l'Etat, alors qu'au Sud de notre pays, dans toute la zone forestière, l'autochtone a droit de propriété sur les terres de ses ancêtres.
Là encore, l'autorité administrative tombe sous le coup de l'interpellation, car la politique de 2 poids 2 mesures si chère à cette autorité ne l'honore nullement.
Au-delà de l'interpellation, il y a la révision qui en appelle à la réhabilitation, à laquelle aspirent tous les fils du Grand Nord.
La réhabilitation en question passe forcément par un retour des choses à l'ordre ancien, ou par une remise en cause de tout le système, dans un contexte national pour une solution juste et réaliste. C'est aussi ce besoin de réhabilitation de la mémoire du patriarche Gon Coulibaly, commandeur du peuple Sénoufo auquel le peuple malinké reste solidaire. Besoin il y a également d'une journée commémorative en l'honneur de celui qui, à travers 3 aventures, l'aventure de la présence française imposée par la force, l'aventure du fait colonial, en passant par l'intermède de l'Almamy Samory Touré et l'aventure de la lutte émancipatrice, a su, par ses dons exceptionnels mettre son peuple à l'abri des périls liés à chacune de ces aventures. Journée commémorative en tant que symbole par lequel tous les fils de la région se reconnaîtront désormais pour aborder et réaliser le ralliement constructif autour d'une idée force – “Un pour tous, tous pour un” - au service de l'intérêt supérieur d'un Grand Nord réhabilité en tant que membre à part entière d'un nation ivoirienne forte et harmonieuse.
Faire renaître le sentiment de l'attachement mutuel sur fond de nos affinités traditionnelles, raviver la notion de solidarité ethnique entre communautés unies par un même destin, propager la vertu de l'esprit de sacrifice pour forger un idéal lumineux, redéfinir une position commune au sujet d'un modèle de société où l'égalité sera la règle, voilà qui constitue une ambition prétentieuse mais non impossible.
Battre le rappel de tout le Grand Nord en vue d'une action concertée résolument tournée vers une option dont le principe directeur sera : “Ni à droite, ni à gauche, mais au milieu”.
Ce milieu représentera la force vive qui ne manquera pas d'incarner l'avènement du renouveau nordique, de donner naissance à une troisième force à mi-chemin entre le PDCI et le FPI, à même de s'imposer comme l'arbitre des prochaines consultations électorales.
C'est cette vocation-là qui sied désormais au Grand Nord, vocation à laquelle tous les fils du Grand Nord se doivent de contribuer.
Sans renier notre passé de la période des luttes pathétiques et héroïques du R.D.A, sans remettre en cause notre attachement aux idéaux du grand parti le R.D.A, il importe désormais de situer le Grand Nord à l'écart du PDCI, très loin du FPI et de l'opposition, parce que cette région doit emprunter sa propre voie, car la différence de zone entraîne, ipso facto, une différence de compréhension et de comportement et une différence d'intérêts lesquels peuvent être complémentaires mais jamais semblables.
En fonction de la nouvelle démarche que le Grand Nord doit entreprendre, eu égard à la spécificité de la quête à laquelle il doit se livrer, parce qu'il y a ce besoin ardent d'identité à conquérir et à afficher, cette aspiration légitime d'affirmer au plan national une personnalité régionale forte et indépendante, une telle prise de position s'impose désormais comme la voie du salut.
Le PDCI subit l'inévitable processus de l'ordre divin : la naissance, l'épanouissement, le rayonnement et le déclin.
Tous les partis politiques africains de la même génération que le PDCI sont aujourd'hui en butte à d'énormes difficultés menaçant leur existence sous l'effet du multipartisme, qu'il s'agisse du ZAPU, du KANU ou du FLN qui vient de connaître une défaite cuisante aux récentes élections législatives algériennes.
Que sont devenues les formations politiques nationales françaises qu'étaient le RPF, la SFIO ou le MRP ?
Sous l'effet du vieillissement et celui de l'indifférence populaire consécutive à la déception de leurs militants, les jeunes de ces partis politiques, alors les François Mitterrand, Guy Maunory, et plus tard les Jacques Chirac , sont convenus de la refonte desdits partis à travers plusieurs formations de moindre taille. Ainsi, ils ont pu sauver l'essentiel, et l'idéal socialiste ou gaulliste a finalement survécu.
Les stratèges des anciens partis politiques africains, vieux de plus trente ans, seront bien inspirés en tenant compte des expériences françaises.
Plutôt être le roseau que le chêne de la Fontaine et survivre au raz de marée qui se prépare à venir et capable de balayer tout sur son passage, serait une sage précaution.
Notre fidélité et notre attachement à l'idéal R.D.A, ne se discute pas et ne se monnaye pas, ce qui n'exclut nullement notre désaccord avec le PDCI.
Peut-être, nous saura-t-on gré un jour de notre prise de position et des aspirations fondamentales et motivées qui la sous-tendent tout en étant conscients que ladite prise de position représente un “pavé dans la mare” et les réactions prévisibles ne sauront nous incommoder outre mesure.
Pour les sceptiques et ceux qui peuvent mettre en doute notre détermination, nous rappelons la récente grève des producteurs de coton en novembre dernier.
De la part des collectivités paysannes du Grand Nord, cela n'a pas manqué de surprendre désagréablement plus d'un Ivoirien. A partir de ce constat, on doit se dire que tout est possible.
Le peuple est versatile, le peuple aime le changement et les promesses impossibles. C'est tout cela qui fait la force de l'opposition chez nous.
Les arguments mensongers de cette opposition sont aujourd'hui primés et écoutés par la masse au détriment des vérités pourtant palpables du PDCI-RDA.
Ceci est un phénomène naturel. Personne n'y peut rien, et la déception populaire aidant, les leaders des nouveaux partis politiques ont des auréoles de messie.
Le Président Félix Houphouët-Boigny, dans le passé, a fait figure de messie.
La Grand Nord n ‘entend pas être la nouvelle victime d'une Assemblée nationale et d'un gouvernement de l'opposition. Une fois, ça suffit. Le Grand Nord entend donc s'organiser en fonction de ses intérêts bien propres.
Notre initiative dispose de quoi toucher la sensibilité des masses, des arguments et du langage appropriés à cet effet.
Enfin, dernière motivation, être toujours à la remorque d'auteurs de courants politiques, auteurs étrangers à notre région n'honore nullement les fils du Grand Nord dont l'esprit d'entreprise et de créativité n'est plus à démontrer.
Jouer éternellement les seconds rôles, n‘a nullement rien d'honorable pour ses fils. Se prêter à servir toujours de supports aux autres pour la réalisation de leurs desseins, ne peut que déranger l'amour-propre et la conscience des uns et des autres, avec le sentiment coupable de notre inaptitude à pouvoir s'entendre, à faire l'union et l'unanimité autour d'un des nôtres. Aussi, serait-ce trop de demander à chaque fils originaire de ce Grand Nord, digne et fier de l'être, de faire fi de ses susceptibilités individualistes, de faire taire ses ambitions personnelles afin de pouvoir apporter sur l'autel de l'union sacrée, le meilleur de soi-même ?
Depuis 1985, la Côte d'Ivoire traverse une autre crise, économique cette fois-ci, la plus grave de sa jeune histoire de Nation. Toutes les tentatives jusqu'en 1989 pour juguler cette crise ont été infructueuses. On se souvient même que le programme Koumoué de relance économique a mené le pays à un doigt de la révolte populaire.
Devant l'incapacité notoire de ses proches collaborateurs à trouver une solution à cette crise, le chef de l'Etat, en désespoir de cause, fait appel à Ivoirien de l'extérieur, en la personne d'Alassane Ouattara, alors gouverneur de la BCEAO.
C'est alors le tollé général orchestré par les ténors du régime et par d'autres Ivoiriens de la zone forestière pour contester à Alassane Ouattara sa qualité d'Ivoirien. Pour eux, c'est un Burkinabé.
Tout fils du Grand Nord se trouve généralement indigné et choqué par le comportement de l'Ivoirien de la zone forestière. Pour lui, le porteur d'un nom à résonance dioula ou sénoufo est, ipso facto, un étranger, un Ivoirien de circonstance. Que n'entend-on pas à longueur de journée “Vous les Dioula ceci, vous les Dioula cela” ? Cette opinion a entraîné un comportement qui empoisonne la cohabitation et notre initiative va être la réaction prévisible à cet état de chose sans pourtant déboucher sur la rupture.
Malgré une mise au point du Chef de l'Etat au cours d'une conférence de presse où il a apporté un démenti formel à toutes les assertions relatives au cas Alassane, l'opinion n'a point changé et les mentalités ont plutôt continué à évoluer dans le sens de l'hostilité. C'est au cours de cette conférence de presse qu'il a été dit : “Le gouverneur Alassane Ouattara a besoin du soutien des citoyens”.
C'est à partir de cette conférence de presse également et sur la base de cette déclaration du Chef de l'Etat, en fonction par ailleurs des intentions manifestes d'obstruction à la mission du Premier ministre, qu'a été conçue et élaborée la présente initiative.
Il convient, le moment venu, d'interpeller cette catégorie d'Ivoiriens sur les sujets qui font du Grand Nord une région laissée pour compte et de ses habitants, des citoyens de seconde zone. Il est temps, et grand temps de crever l'abcès que constitue cette situation qui n'en finit pas d'empoisonner les relations entre communautés.
Continuer à vivre dans cette atmosphère empoisonnée, en gardant le “modus vivendi” actuel n'est plus acceptable pour le Grand Nord.
C'est pourquoi du reste, la liberté d'expression et le multipartisme aidant, la présente initiative est promise à un grand succès et ne manquera pas de soulever l'enthousiasme populaire. Les arguments à cet effet seront au rendez-vous.
Parce qu'ils sont oublieux de la géographique et de l'histoire de leur pays, ces Ivoiriens ignorent que la pénétration française a passé par Kong bien avant la plupart des contrées de Côte d'Ivoire, que la région de Kong fait bel et bien partie de l'ensemble territorial ivoirien.
A Kong, depuis des millénaires, le pouvoir temporel, la chefferie, est exercé par les Ouattara et le pouvoir spirituel par les Sanogo. Les Ouattara et les Sanogo de Bobo-Dioulasso, de Banfora et de leurs environs, seule région où on les rencontre, sont originaires de Kong.
Alassane Dramane Ouattara né en Côte d'Ivoire, ayant ses origines à Kong, donc en Côte d'Ivoire, est un authentique Ivoirien à part entière et un titulaire de l'identité du Grand Nord. En marge de cette affaire, on peut, à loisir, évoquer le cas Usher Assouan. Et pourtant aucune voix ne s'est élevée, en aucun moment, pour lui contester la qualité d'Ivoirien.
Suivant l'opinion généralement admise dans le Sud-Côte d'Ivoire, n'est Ivoirien que ceux qui appartiennent à la zone forestière. Même leurs intellectuels s'accordent sur cette définition et la cautionnent.
L'honneur qui a été fait à Alassane Ouattara par le Chef de l'Etat en portant son choix sur lui pour mener à bien le redressement économique de notre pays, rejaillit forcément sur tout le Grand Nord. Le succès ou l'échec de cette mission préoccupe et concerne tous ses frères du Nord.
Faire bloc autour d'Alassane avait été notre intention première. Celle-ci date de 1989 comme l'atteste l'en-tête de ce document alors que Alassane n'était encore que le président du comité interministériel.
Lui prêter main forte dans le bras de fer qui l'oppose à la gauche, devient une nécessité absolue que nous envisageons de prendre à notre compte le moment venu. L'assister de notre concours afin qu'il ne tombe pas dans les pièges que lui tendent certains ténors du régime, s'inscrit en bonne place au tableau de nos prochaines activités.
Insulter un des nôtres, le traîner dans la boue et ensuite venir au Grand Nord, chez lui, tenter de mobiliser ses frères en faveur d'une politique qui lui est hostile, constitue un affront auquel nous n‘avons pu répondre pour le moment parce que nous ne réunissons pas encore les conditions idéales à cet effet.
La défense d'Alassane figure en bonne place parmi nos objectifs. Cependant, nous tenons à préciser, tout de suite, que nous ne connaissons pas le Premier ministre, nous ne l'avons jamais approché ni de loin ni de près, et notre intention n'est pas de le côtoyer et encore moins de l'intéresser à notre projet.
Nous préférons l'ignorer et le tenir à l'écart de nos futures activités pour plusieurs raisons dont la principale demeure notre position face au problème de la succession, afin qu'il ne puisse lui être reproché d'être l'instigateur ou le commanditaire de notre projet.
A égale chance, tous les Ivoiriens doivent et peuvent briguer cette succession. La notion de successeur désigné, de dauphin, est désormais caduque, depuis l'avènement du multipartisme. Que Alassane réussisse sa mission et sorte la Côte d'Ivoire du marasme économique que connaît notre pays, il doit être tout indiqué comme celui devant assurer la succession et prendre le relais. Car il serait inconcevable qu'Alassane tire les marrons du feu et qu'un autre s'en régale.
Il faut désormais militer en faveur d'un Grand Nord qui n'entend plus être à la remorque d'un courant politique prôné et dirigé par un des siens. Lutter pour l'avènement d'un Grand Nord qui ne veut plus s'identifier à travers les autres, un Grand Nord soucieux de se doter d'une personnalité forte, d'affirmer celle-ci au plan national et d'assumer pleinement ses responsabilités dans un ensemble ivoirien cohérent.
Du fait que notre action va reposer sur un fondement d'équité, sans discrimination aucune, parce qu'elle incarne des aspirations légitimes bien ressenties par les populations d'une région tout entière, parce que les dispositions physiques et morales de ces populations ont toujours su les mettre au service d'une cause noble, parce que la disponibilité proverbiale des populations a constitué dans le passé, pour le R.D.A, les facteurs de la victoire, nous faisons des vertus cardinales de ces populations, l'atout majeur de notre succès futur.
Notre ambition aura pour objectif : “Un Grand Nord uni, fort, crédible dans un ensemble ivoirien rêvé et cohérent ou seules la qualité et la compétence seront les critères d'appréciation, de promotion, ou la notion de l'intérêt supérieur du pays primera sur celle de l'intérêt égoïste, personnel”.
Pour y parvenir, une seule ligne de conduite, celle que traite notre document, qu'il ne faut nullement assimiler à une quelconque forme d'incitation au racisme.
Il convient d'insister sur notre position au sujet de la succession, les interprétations malveillantes et erronées pouvant nous être attribuées. Le cas Alassane est de ceux qui s'insèrent de plein droit au concept d'un Grand Nord en tant qu'entité régionale, zone d'influence responsable. Celle-ci doit rester constamment attentive et à l'écoute de tout ce qui la touche de près ou de loin.
Appartenir à cette zone explique notre conduite et justifie notre prise de position en faveur du Premier ministre, en reconnaissant en lui un des candidats potentiels à la succession.
A propos de cette succession, nous plaidons également en faveur de Laurent Dona-Fologo, secrétaire général du PDCI-RDA.
Le secrétaire général d'un parti politique au pouvoir sous d'autres cieux et en d'autres circonstances, est le successeur désigné à la tête de l'Etat.
Ayant hérité d'une situation désastreuse au plan financier, avec une organisation défectueuse, honoré par le Président du parti de la même façon et dans les mêmes circonstances de difficultés qu'Alassane, honneur auquel tout le Grand Nord reste sensible, si d'aventure, Laurent Dona-Fologo arrivait à remplir avec succès la mission qui lui est ainsi confiée, alors il aura gagné son visa pour une candidature à la Présidence de la République et le soutien du Grand Nord ne lui fera pas défaut.
Ils sont nombreux les fils du Grand Nord qui, par leur compétence, leur intégrité morale et leur dévouement, sont tout aussi aptes à jouer les premiers rôles dans ce pays.
Partant, notre initiative ne saurait être à la solde de qui que ce soit, tout en restant au service de tous.
Nous militons Grand Nord et nous sommes des défenseurs mobilisés des intérêts de notre région.
Vive un Grand Nord uni, fort, crédible,
Vive une Côte d'Ivoire rénovée, équitable, cohérente.
Pour le comité constitutif Le président provisoire

2002.-La nouvelle Charte nordique

Au moment où tout le monde cherche les origines de tout le monde, ce qui est presque devenu un jeu, une sorte de “trivial-pursuit”, version tropicale, avec son cortège de “manipulation ad hominem” conduit par des “Blakoros” et des “Boussoumanis” appelés Ivoiritaires, le grand Nord, victime ciblée, doit se lever pour dire: Ça suffit! Jusqu'à quand ce monstre “politico-économico-juridique” baptisé ivoirité ” va-t-il persécuter ses filles et fils. De Bédié à Gbagbo en passant par Guéi, les Nordistes sont restés dans la même spirale de mépris de la part des différents régimes. Les Nordistes ne sont-ils pas les premiers à avoir foulé la terre d'Eburnie dès le 13ème siècle? La Côte d'Ivoire, notre Côte d'Ivoire appartient avant tout au nordiste qui a toujours su défendre ses intérêts. Pour mémoire, à l'appel du leader politique, Félix Houphouët-Boigny, qui incarnait à l'époque la lutte contre la crise née de l'oppression et de l'asservissement, celle des inégalités sociales et de l'exploitation, le patriarche Gon Coulibaly a été le premier parmi tous ses pairs de la chefferie ivoirienne à y répondre, en portant haut et sans défaillance l'étendard de cette lutte au prix de mille et une péripéties.
Imité en cela par son peuple, les communautés sénoufo et malinké du Grand Nord ont également été les toutes premières à constituer l'avant-garde de cette lutte en ayant un modèle de mobilisation massive et spontanée, d'adhésion collective dont on ne saurait énumérer, aujourd'hui, tous les hauts faits accomplis au prix de sacrifices de tous genres.
Si la rencontre historique, celle de Korhogo, du leader politique d'un mouvement d'émancipation, le R.D.A, et le chef spirituel d'un peuple, a scellé un pacte entre les 2 personnes, il est aisé de deviner ce qu'a pu être le contenu dudit pacte.
Assurer la succession de ses enfants et petits-enfants sur son trône pour la bonne conduite des affaires de son territoire, garantir la pérennité de son pouvoir à travers ses héritiers, mener son peuple au bonheur et au progrès, promouvoir le bien-être à travers tout son pays, voilà qui devait résumer l'essentiel des vœux du patriarche Gon Coulibaly.
Bien avant le leader politique en homme spirituellement très doué, le patriarche Gon Coulibaly avait pressenti le triomphe des idéaux du R.D.A, ce qui a motivé et justifié sa prise de position anticipée et irréversible alors que parmi les autres groupes ethniques de Côte d'Ivoire, notamment le groupe akan, le R.D.A était boudé, souvent combattu avec la dernière énergie.
L'apport massif du grand Nord, l'adhésion collective de ses fils mus par une détermination farouche qui a souvent fait reculer l'administration coloniale, quoi qu'on dise aujourd'hui, ont figuré en bonne place parmi les facteurs décisifs de la facile victoire du R.D.A.
Il faut se dire, et chacun le sait par dévers soi, que sans la constance de la participation agissante et opiniâtre, collective et solidaire des fils du grand Nord, à l'intérieur comme à l'extérieur de leur région, le triomphe des idéaux du R.D.A eut été difficilement concevable. Cette crise-là, la plus perverse, la Côte d'Ivoire a su la surmonter, la vaincre et l'un des artisans de cette victoire est le fils valeureux du grand Nord, qu'était Gon Coulibaly.
Malheureusement, il n'a pas survécu pour savourer avec les autres le fruit de la victoire. Pour le peuple qu'il a laissé derrière lui, ce fruit a plutôt eu un goût amer parce que le résultat n'a nullement correspondu aux engagements pris et à l'attente des populations du grand Nord.
De sa tombe, le patriarche a pu assister à l'abolition méthodique et orchestrée de son autorité, à désintégration des structures de son commandement qu'étaient les chefferies de canton et de village.
Ce que l'Administration coloniale a trouvé sur place lors de la pénétration française, ce que cette administration a épargné et a su respecter, ce que le raz de marée de l'almamy Samory Touré a également épargné, ironie du sort, c'est cela que la nouvelle administration ivoirienne, issue de la décolonisation à laquelle le patriarche Gon Coulibaly a pourtant si efficacement contribuée, cette administration ivoirienne prend sur elle la responsabilité de détruire, on ne sait au nom de quel principe.
Depuis 3 semaines, la question qui pèse sur toutes les langues au Grand Nord sans être posée, soit par crainte des représailles prévisibles de l'autorité en place, soit par mesure de précaution pour sauvegarder des intérêts personnels, demeure la suivante : Pourquoi l'administration ivoirienne s'est-elle acharnée à détruire sur toute l'étendue du Grand Nord, les structures de commandement qu'étaient les chefferies traditionnelles alors que dans la partie sud du pays, ces mêmes chefferies sont, de nos jours, encore tolérées ? Mieux, la tradition de la succession est toujours de rigueur et les cérémonies qui matérialisent généralement cette succession, sont honorées de la présence des représentants officiels.
Là où le bât blesse, cette chefferie a droit de cité puisqu'on la retrouve au protocole présidentiel d'accueil, à l'occasion de toutes les visites des hôtes de marque de la Côte d'Ivoire.
Contestable et inique, apparaît également le régime de la propriété foncière où l'anomalie réside au fait que ce régime au Grand Nord obéit au principe de notre Constitution selon lequel la terre appartient à l'Etat, alors qu'au Sud de notre pays, dans toute la zone forestière, l'autochtone à droit de propriété sur les terres de ses ancêtres.
Là encore, l'autorité administrative tombe sous le coup de l'interpellation, car la politique de 2 poids 2 mesures si chère à cette autorité ne l'honore nullement.
Au-delà de l'interpellation, il y a la révision qui en appelle à la réhabilitation, à laquelle aspirent tous les fils du Grand Nord.
La réhabilitation en question passe forcément par un retour des choses à l'ordre ancien, ou par une remise en cause de tout système, dans un contexte national pour une solution juste et réaliste.
C'est aussi ce besoin de réhabilitation de la mémoire du patriarche Gon Coulibaly, commandeur du peuple Sénoufo auquel le peuple malinké reste solidaire.
Besoin il y a également d'une journée commémorative en l'honneur de nos patriarches à travers 3 aventures, l'aventure de la présence française imposée par la force, l'aventure du fait colonial, en passant par l'intermède de l'almamy Samory Touré et l'aventure de la lutte émancipatrice, ont su, par leurs dons exceptionnels mettre leur peuple à l'abri des périls liés à chacune de ces aventures.
Journée commémorative en tant que symboles par lesquels tous les fils de la région se reconnaîtront désormais pour aborder et réaliser le ralliement constructif autour d'une idée force : “un pour tous, tous pour un” au service de l'intérêt supérieur d'un Grand Nord réhabilité en tant que membre à part entière d'une nation ivoirienne forte et harmonieuse.
Faire renaître le sentiment de l'attachement mutuel sur fond de nos affinités traditionnelles, raviver la notion de solidarité ethnique entre communautés unies par un même destin, propager la vertu de l'esprit de sacrifice pour forger un idéal lumineux, redéfinir une position commune au sujet d'un modèle de société ou l'égalité sera la règle, voilà qui constitue une ambition prétentieuse mais non impossible.
Battre le rappel de tout le Grand Nord en vue d'une action concertée résolument tournée vers une option dont le principe directeur sera : “Ni à droite, ni à gauche, mais au milieu”.
Un milieu à même de s'imposer comme arbitre.
C'est cette vocation-là qui sied désormais au Grand Nord, vocation à laquelle tous les fils du Grand Nord se doivent de contribuer.
Il importe désormais de situer le Grand Nord à l'écart du P.D.C.I, très loin du F.P.I, qui n'a pas hésité un seul instant à tuer ses fils. Parce que cette région doit emprunter sa propre voie, car la différence de zone entraîne, ipso facto, une différence de compréhension et de comportement et une différence d'intérêts, lesquels peuvent être complémentaires mais jamais semblables.
En fonction de la nouvelle démarche que le Grand Nord doit entreprendre, eu égard à la spécificité de la quête à laquelle il doit se livrer, parce qu'il y a ce besoin ardent d'identité à conquérir et à afficher, cette aspiration légitime d'affirmer au plan national une personnalité régionale forte et indépendante, une telle prise de position s'impose désormais comme la voie du saut.
Le Président Félix Houphouët- Boigny, dans le passé, fait figure de messie.
Le Grand Nord n'entend pas être la nouvelle victime de qui que ce soit, une fois ça suffit le Grand Nord entend donc s'organiser en fonction de ses intérêts bien propres.
Notre initiative dispose de quoi toucher la sensibilité des masses, des arguments et du langage approprié à cet effet.
Enfin, dernière motivation, être toujours à la remorque d'auteurs de courants politiques, auteurs étrangers à notre région, n'honore nullement les fils du Grand Nord dont l'esprit d'entreprise et de créativité n'est plus à démontrer. Jouer éternellement les seconds rôles, n'a nullement rien d'honorable pour ses fils. Se prêter à servir toujours de supports aux autres pour la réalisation de leurs desseins, ne peut que déranger l'amour propre et la conscience des uns et des autres, avec le sentiment coupable des nôtres.
Aussi, serait-ce trop que demander à chaque fils originaire de ce Grand Nord, digne et fier de l'être, de faire fi de ses successibilités individualistes, de faire taire ses ambitions personnelles afin de pouvoir apporter sur l'autel de l'union sacrée, le meilleur de soi-même?
Depuis 1985, la Côte d'Ivoire traverse une autre crise, économique cette fois-ci, la plus grave de sa jeune histoire de nation.
Toutes les tentatives jusqu'en 1989 pour juguler cette crise ont été infructueuses. On se souvient même que le programme Koumoue de relance économique, a mené le pays à un doigt de la révolte populaire. Devant l'incapacité notoire de ses proches collaborateurs à trouver une solution à cette crise, le Président Houphouët-Boigny, en désespoir de cause, fait appel à un Ivoirien de l'extérieur, en la personne d'Alassane Dramane Ouattara, alors gouverneur de la BCEAO.
C'est alors le tollé général orchestré par les ténors du régime et par d'autres Ivoiriens de la zone forestière pour contester à Alassane Ouattara sa qualité d'Ivoirien. Pour eux, c'est un Burkinabé.
Tout fils du Grand Nord se trouve généralement indigné et choqué par le comportement de l'Ivoirien de la zone forestière. Pour lui, le porteur d'un nom à résonance dioula ou sénoufo est, ipso facto, un étranger, un Ivoirien de circonstance. Que n'entend-on pas à longueur de journée “vous les Dioula ceci, vous les Dioulas cela”. Cette opinion a entraîné un comportement qui empoisonne la cohabitation et notre initiative va être la réaction prévisible à cet état de chose quitte à déboucher sur la rupture.
Un Ivoirien de l'extérieur, en la personne d'Alassane Damane Ouattara, alors gouverneur de la BCEAO.
Il convient, d'interpeller cette catégorie d'Ivoiriens sur les sujets qui font du Grand Nord une région laissée pour compte et de ses habitants, des citoyens de seconde zone.
Il est temps, et grand temps de crever l'abcès que constitue cette situation qui n'en finit pas d'empoisonner les relations entre communautés.
Continuer à vivre dans cette atmosphère empoisonnée, en gardant le “Modus vivendi” actuel n'est plus acceptable pour le Grand Nord.
C'est pourquoi du reste, la liberté d'expression et la démocratie aidant, la présente initiative est promise à un grand succès et ne manquera pas de soulever l'enthousiasme populaire. Les arguments à cet effet seront au rendez-vous.
Parce qu'ils sont oublieux de la géographie et de l'histoire de leur pays, ces Ivoiriens ignorent que la pénétration française a passé par Kong bien avant la plupart des contrées de Côte d'Ivoire, que la région de Kong fait bel et bien partie de l'ensemble territorial ivoirien .
A Kong, depuis des millénaires, le pouvoir temporel, la chefferie, est exercé par les Ouattara et le pouvoir spirituel par les Sanogo. Les Ouattara et les Sanogo de Bobo-Dioulasso, de Banfora et de leurs environs, seule région où on les rencontre, sont originaires de Kong.
Alassane Dramane Ouattara né en Côte d'Ivoire, ayant ses origines à Kong, donc en Côte d'Ivoire, est un authentique Ivoirien à part entière et un titulaire de l'identité du Grand Nord.
En marge de cette affaire, on peut, à loisir, évoquer le cas “Usher Assouan” et pourtant aucune voix ne s'est élevée en aucun moment, pour lui contester la qualité d'Ivoirien. Suivant l'opinion généralement admise dans le Sud-Côte d'Ivoire, n'est ivoirien que celui qui appartient à la zone forestière. Même leurs intellectuels s'accordent sur cette définition et la cautionnent.
Le Grand Nord doit faire bloc autour d'Alassane .
Lui prêter main forte dans le bras de fer qui l'oppose aux chantres de l'ivoirité, devient une nécessité absolue. L'assister de notre concours afin qu'il ne tombe pas dans les pièges que lui tendent le régime FPI et certains ténors du PDCI s'inscrit en bonne place au tableau de nos activités.
Insulter un des nôtres, le traîner dans la boue et ensuite venir au Grand Nord, chez lui, tenter de mobiliser ses frères en faveur d'une politique qui lui est hostile, constitue un affront auquel nous n'avons pu répondre pour le moment parce que nous ne réunissions pas encore les conditions idéales à cet effet. La défense d'Alassane figure en bonne place parmi nos objectifs. Cependant, nous tenons à préciser, tout de suite, que nous ne connaissons pas le Premier ministre , nous ne l'avons jamais approché ni de loin, ni de près et notre intention n'est pas de le côtoyer et encore moins de l'intéresser à notre projet.
Nous préférons l'ignorer et le tenir à l'écart de nos futures activités, afin qu'il ne puisse lui être reproché d'être l'instigateur ou le commanditaire de notre projet.
Il faut désormais militer en faveur d'un Grand Nord qui n'entend plus être à la remorque que d'un courant politique prôné et dirigé par un des siens. Lutter pour l'avènement d'un Grand Nord qui ne veut plus s'identifier à travers les autres, un Grand Nord soucieux de se doter d'une personnalité forte, d'affirmer celle-ci au plan national et d'assumer pleinement ses responsabilités dans un ensemble ivoirien cohérent.
Du fait que notre action va reposer sur un fondement d'équité, sans discrimination aucune, parce qu'elle incarne des aspirations légitimes bien ressenties par les populations d'une région tout entière, parce que les dispositions physiques et morales de ces populations ont toujours su les mettre au service d'une cause noble, parce que la disponibilité proverbiale des dites populations a constitué dans le passé, pour le RDA, les facteurs de la victoire, nous faisons des vertus cardinales de ces populations, l'atout majeur de notre succès futur.
Notre ambition aura pour objectif :
“Un Grand Nord uni, fort, crédible dans un ensemble ivoirien rénové et cohérent ou seules la qualité et la compétence seront les critères d'appréciation, de promotion, ou la notion de l'intérêt supérieur du pays primera celle de l'intérêt égoïste, personnel”.
Pour y parvenir, une seule ligne de conduite, celle que traite notre document, qu'il ne faut nullement assimiler à une quelconque forme d'incitation au racisme.
Il convient d'insister sur notre position, les interprétations malveillantes et erronées pouvant nous être attribuées.
Le cas Alassane est de ceux qui s'insèrent de plein droit au concept d'un Grand Nord en tant qu'entité régionale, zone d'influence responsable. Celle-ci doit rester constamment attentive à l'écoute de tout ce qui la touche de près ou de loin.
Appartenir à cette zone explique notre conduite et justifie notre prise de position en faveur de l'ancien directeur général adjoint du FMI en reconnaissant en lui des capacités à conduire la barque Côte d'Ivoire.
Ils sont nombreux les fils du Grand Nord qui par leur compétence, leur intégrité morale et leur dévouement sont tout aussi aptes à jouer les premiers rôles dans ce pays.
Pourtant, notre initiative ne saurait être à la solde de qui que ce soit, tout en restant au service de tous. Mais pour le moment, celui qui mérite tout le soutien du Grand Nord est le docteur Alassane Dramane Ouattara.
Nous militons Grand Nord et nous sommes des défenseurs mobilisés des intérêts de notre région.

Vive un Grand Nord uni, fort, crédible.
Vive une Côte d'Ivoire rénovée, équitable, cohérente.
Pour le comité constitutif
Le président provisoire

 
ET MAINTENANT "UNE CHARTE DES AKAN"
Après la charte du Nord - Voici la charte des Akans

lundi 1 octobre 2007 - Par L'intelligent d'Abidjan

La Côte d'Ivoire a été longtemps perçue comme un havre de paix, une nation multiculturelle et de grande symbiose ethnique. C'est cela qui a fait sa notoriété et son prestige. Aujourd'hui, force est de constater que notre pays a totalement perdu les automatismes qui ont fait sa distinction. L'exclusion est désormais érigée en système de gouvernement. Des groupes ethniques subissent des injustices indescriptibles. C'est le cas des Akans qui chaque jour sont victimes de brimades et de frustrations dans tous les secteurs d'activités, dans l'administration civile comme dans l'administration militaire sans oublier le monde des affaires. Nos amis refondateurs dont la coloration ethnique ne fait l'objet d'aucun doute s'accaparent de tout. Expropriations, nominations fantaisistes, ostracismes, gangstérisme étatique, célébration du culte de la médiocrité, crimes crapuleux…, voilà le spectacle macabre qui nous est quotidiennement offert. Il s'agit là d'une minorité de complexés qui sème partout la terreur et qui joue cyniquement à étouffer et à casser de l'Akan. Chers frères et sœurs Akan, il est temps de se réveiller et de prendre nos responsabilités historiques en main.
Tu es Akan, tu es dans l'armée, dans l'administration ou dans le monde des affaires, réveille-toi, l'heure a sonné pour la marche des Akan. L'heure a sonné pour la réhabilitation de la justice et pour la prise du pouvoir que nous savons d'ailleurs exercer dans les règles de l'art et avec la profonde sagesse qui caractérise notre société. Unissons-nous et tenons-nous prêts car très bientôt, la chaîne d'affirmation et de consécration se signalera. A la force brute nous substituerons l'ordre républicain, à la politique hasardeuse et démagogique, nous substituerons des stratégies concrètes de développement de notre nation. Loin d'être une révolution ethnique, la charte des Akan est une interpellation à une prise de conscience nationale et à la volonté de rétablir l'équilibre social par la lutte contre les injustices sociales dont sont victimes les Akans.
Réveillez-vous militaires et forces Akans de développement car notre pays se meurt. Nous n'avons plus de routes, plus de boulot, nos hôpitaux sont vides, notre jeunesse est livrée à la dépravation et à la débauche. L'école qui est la formation de base est sacrifiée : le Lycée Scientifique, l'Université et les Grandes écoles de Yamoussoukro se meurent. Le système éducatif est totalement infecté par une bande de voyous et de criminels militants au sein de la FESCI. Cette organisation politico-militaire qui en réalité est une milice à la solde de ces politiciens de pacotille constitue pour notre pays une véritable gangrène. Doit-on laisser ces gros grains nous spolier de nos biens et nous ranger prématurément au placard sous prétexte qu'on ne pavoise pas avec eux ?
Akan ressaisis-toi et reste à l'écoute. Tu constitue un poids démographique important et incontournable. Cherche à te placer devant et non derrière. Les compétences civiles et militaires ne nous font pas défaut et tu le sais. Incessamment, vous serez conviés à la consolidation de la charte. Oh…c'est vrai qu'ils en riront ; mais souvenez-vous que la charte du Nord a fait des effets. Notre charte va porter ses fruits pour le bonheur de l'Homme ivoirien. L'autorité de l'Etat sera restaurée et le citoyen sera respecté dans son intégrité physique comme morale.
Nous vous invitons donc à un nouveau pacte social fondé sur le mérite, l'ordre, la justice, la discipline sociale et le respect des valeurs républicaines. Chers frères et sœurs Akans, mobilisons-nous pour mettre fin à cette grande imposture, cette délinquance politique qui nous sert en permanence un décor mortuaire.

Nanan Loukou Kou 1er- Nanan
Tala Koutoua IX