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ELLECTIONS PRESIDENTIELLES 2008
 

Côte d'Ivoire : Dans le vif du sujet

Boubakar SY (magnansy@yahoo.fr) - Sidwaya - 05/13/08 - Avec le début du désarmement des Forces armées des Forces nouvelles (FA-FN) et après les conclusions du Cadre permanent de concertation tenu à Yamoussoukro le 9 mai dernier, le processus de paix en Côte d'Ivoire est rentré dans une phase hautement délicate qui exige une attention plus soutenue de la part des différents protagonistes. Faut-il le dire, les questions militaires sont les plus difficiles à résoudre dans les crises sociopolitiques qui déchirent le continent. Incapables ou empêchés de triompher sur le terrain, les belligérants ont du mal à négocier une paix des braves, avec la rupture de confiance que le langage des armes a entraînée. Dans le cas de la Côte d'Ivoire, on en a eu une démonstration avec la passe d'armes verbale qui a opposé l'épouse du chef de l'Etat aux Forces nouvelles. Simone Gbagbo a raison, car, on n'a pas véritablement besoin de cinq mois pour désarmer 20 000 hommes dans un pays comme la Côte d'Ivoire.

Mais, les FN n'ont pas tort, car, en désarmant « wassa-wassa » sans des perspectives claires pour les soldats pourrait ouvrir la voie à des conséquences incalculables dans leur camp et donner des « idées » à certaines personnes dans le camp d'en face. C'est cette « inquiétude sécuritaire » qui conduit, à raison, les FN à se hâter lentement. A peine le désarmement commencé, en effet, qu'un « syndicat » ( ?) est né spontanément au sein des Forces armées de Côte d'Ivoire avec des slogans « nationalistes » à la bouche.

« Nous ne voulons pas de ceux qui ont combattu la Côte d'Ivoire, au sein des Forces de défense et de sécurité », arguent les ténors du « syndicat » qui s'adressent, on s'en doute, aux soldats des FN qui doivent être reversés dans l'armée nationale. Une sortie qui a amené l'Etat-major des armées à répliquer vigoureusement, « la discipline au sein des armées interdisant l'existence d'un syndicat en leur sein », selon le communiqué des hauts gradés. Une « naissance » syndicale qui va renforcer la méfiance, ce qui fait de la sécurisation du processus un élément central. Depuis sa prise de fonction et l'entrée des FN au gouvernement, Soro et les « Nordistes » sont cantonnés au Golf hôtel à Abidjan sous haute surveillance de l'ONUCI. Une vision prospective commande de dire que cette position est intenable à long terme, et, il va falloir en sus de la reconversion des soldats de base, se prononcer clairement sur celle des cadres militaires et politiques des FN. Si le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao a clairement laissé entendre qu'il n'envisageait pas son avenir dans le treillis militaire, les autres « Com-zones » sont restés jusque-là vagues sur la question. Que vont devenir les Chérif Ousmane, Tuo Fozié et tous les autres, qui ont pris du grade en cinq ans de guerre ?

Le « dossier » est entre les mains du Facilitateur, et, s'il est vrai que les questions militaires ne se règlent pas sur la place publique, il importerait de donner quelques indications sur ce sujet délicat. Autre dossier « sensible », l'avenir de Guillaume Soro, himself, qui est totalement flou après l'échéance du 30 novembre 2008. Avec l'attentat non encore élucidé du 29 juin 2007, le moins que l'on puisse dire c'est que Soro a des ennemis et qu'il va falloir lui donner des garanties à lui aussi. A moins que par le biais des alliances qui se noueront lors de la campagne présidentielle, il ne rebondisse d'une manière où d'une autre. Conjoncture, conjectures.

Boubakar SY (magnansy@yahoo.fr)

 
Ban Ki-moon promet une certification « avec professionnalisme »
Le SG de l’Onu est à Abidjan depuis hier
L'Inter - jeudi 24 avril 2008 par Assane NIADA -

Le secrétaire général de l’Onu s’est dit persuadé que « toutes les parties vont unir leurs forces pour s’assurer que les progrès accomplis seront irréversibles ». Ban Ki-moon s’est également félicité de la décision prise par les parties ivoiriennes d’organiser le premier tour de l’élection présidentielle le 30 novembre 2008. A ce sujet d’ailleurs, il a indiqué que le Conseil de sécurité de l’Onu a confié à l’Onuci (Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire ) « la tâche cruciale de la certification » des prochaines élections. Cette tâche, a-t-il rassuré, sera accomplie « avec le plus grand professionnalisme et avec transparence ». Une heure après son arrivée en terre ivoirienne, le patron de l’Onu et sa délégation ont mis le cap sur le Palais présidentiel au Plateau, où il devait être reçu en audience par le président Laurent Gbagbo. A sa sortie d’audience, Ban Ki-moon a dit avoir eu « un bon entretien » avec le chef de l’Etat, qu’il a félicité « pour les progrès remarquables enregistrés » dans la mise en œuvre de l’accord de Ouaga. « J’ai réitéré mon intention de travailler avec le président Laurent Gbagbo et de l’appuyer », a notamment déclaré Ban Ki-moon. Le patron de l’Onu devait s’entretenir quelque temps après avec le Premier ministre à la Primature. Pour ce premier séjour en Côte d’Ivoire, le secrétaire général de l’Onu va rencontrer les principaux acteurs engagés dans la résolution de la crise ivoirienne. Ce matin, il s’entretiendra à son QG de l’hôtel Sofitel au Plateau, avec les présidents du Rdr et du Pdci. Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié viendront certainement
exprimer de vive voix leurs sentiments sur la conduite du processus de paix et faire des propositions relativement à l’élection présidentielle du 30 novembre. Ban Ki-moon rencontrera également le président de la Commission électorale indépendante (Cei), Beugré Mambé, le représentant du facilitateur, Boureima Badini ainsi que les représentants de la société civile ivoirienne. L’illustre hôte de la Côte d’Ivoire assistera par la suite à la signature officielle du code de bonne conduite que les partis politiques ont librement adopté, dans la perspective des prochaines élections. Cette journée marathon s’achèvera par une conférence de presse qu’il animera au siège de l’Onuci à l’hôtel Sebroko, avant de quitter Abidjan. Au Burkina Faso où il est passé mardi 22 avril, Ban Ki-moon a échangé avec le facilitateur Blaise Compaoré sur le dossier ivoirien. « Malgré les améliorations de la situation en Côte d’Ivoire, le président Compaoré et moi-même sommes d’avis qu’il reste encore beaucoup à faire », a-t-il souligné selon l’Afp, avant d’ajouter que « les défis restants sont des tests au consensus qui a été scellé entre les parties ivoiriennes »
 
Rencontre du Premier ministre avec les Forces Nouvelles à Bouaké / Guillaume Soro prévient : “Aucun prétexte ne pourra empêcher les élections”
mercredi 23 avril 2008 - Par Le Patriote - Un rassemblement des grands jours. Toute la haute hiérarchie, militaire et civile, des Forces Nouvelles était présente, hier, au Secrétariat général de Bouaké. Généraux, commandants de zones et responsables civils, tous, ont répondu à l'appel du Premier ministre Soro Kigbafori Guillaume, par ailleurs Secrétaire général des Forces Nouvelles. Cette rencontre s'est déroulée en présence du Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies, M. Abou Moussa et de M. Boureima Badini, Représentant du Facilitateur dans la crise ivoirienne, le Président burkinabé Blaise Compaoré. Durant plus d'une heure, le Premier ministre et les représentants de la communauté internationale se sont entretenus avec les Forces Nouvelles sur deux sujets majeurs : les processus de désarmement et de l'unicité des caisses de l'Etat de Côte d'Ivoire. Avant l'ouverture des échanges, le Premier ministre a situé le contexte de cette rencontre. « Aujourd'hui, je suis venu voir les Forces Nouvelles pour parler avec elles de la situation politique actuelle de notre pays, et surtout de l'état d'exécution de l'Accord politique de Ouagadougou », a indiqué d'entrée le Premier ministre. Selon Guillaume Soro, l'Accord politique de Ouagadougou a enregistré d'énormes acquis dont les plus probants sont la stabilité et l'apaisement en Côte d'Ivoire. « L'une de nos revendications essentielles, fondement du combat des Forces Nouvelles qui a été proclamé à Lomé, à Marcoussis, à Accra et à Pretoria a été de dire que nous tenons à la clarification de la question de la citoyenneté, et que nous tenons surtout à ce que soient délivrées les cartes nationales d'identité aux Ivoiriens. Cette question, préjudicielle de la crise politique en Côte d'Ivoire se trouve réglée. Aujourd'hui, par le fait que j'ai pu signer une convention avec la Sagem qui dans l'Accord Politique de Ouagadougou est chargée avec l'Office National d'Identification de donner des cartes nationales d'identité aux Ivoiriens. Donc, c'est un pan important de cette revendication qui se trouve ainsi solutionné », s'est-il réjoui. Tous ces acquis, selon Guillaume Soro, permettront d'organiser les futures élections dans un climat plutôt propice.
“La date du 30 novembre est le fruit d'un consensus national ”

L'organisation d'élections libres, transparentes et équitables est la seule issue pacifique de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire. Le Premier ministre en est bien conscient. Il a insisté là-dessus hier à Bouaké. Soro Kigbafori Guillaume a à nouveau, souligné sa ferme volonté de faire accélérer le processus de sortie de crise, afin de tenir effectivement dans le délai du 30 novembre prévu pour l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. « Nous avons toujours procédé par la recherche du consensus. Et il faut dire que toutes les procédures ont été suivies dans ce sens, pour aboutir enfin à la date du 30 novembre 2008 », a indiqué M. Guillaume Soro. Selon lui, la balle se trouve désormais dans le camp des acteurs du processus de sortie de crise. « Nous devons respecter cette date. De notre côté, nous ferons tout ce qui est en notre possibilité pour tenir ce délai », s'est engagé le Premier ministre. Tout en rappelant que le processus d'identification générale des populations et le recensement électoral qui, selon lui, « débuteront très bientôt » se situent dans ce cadre. Répondant à la question du désarmement avant ou après les élections, le locataire de « la maison blanche » du Plateau a exhorté les uns et les autres à sortir de l'esprit des « préalables ». Pour Guillaume Soro, il est plus que jamais important pour l'ensemble des ivoiriens d'éviter d'énoncer des prétextes pour saborder le processus électoral. « Je vois ça et là quelques clameurs et des personnes embusquées qui n'attendent que de trouver le prétexte de ne pas aller aux élections. Mais qu'ils sachent qu'il n'y aura aucun prétexte pour ne pas aller à ces élections », a souligné le Premier ministre. Avant de mettre au défi tous ceux qui prétendent qu'il ne peut y avoir d'élection en Côte d'Ivoire sans le désarmement préalable des soldats des Forces armées des Forces Nouvelles. « On ne peut pas prétendre que parce qu'un regroupement n'est pas fait, alors on ne va pas aux élections », a martelé Guillaume Soro. Avant de souligner qu'il n'est plus question pour lui de faire marche-arrière dans cette volonté de faire revenir la paix durable en Côte d'Ivoire. Il a cependant appelé les Forces Nouvelles à faire face à leurs responsabilités, en rassurant les Ivoiriens et la communauté internationale quant aux modalités et à la date du démarrage effectif du regroupement des ex-combattants.
A la fin de cette rencontre entre le Premier ministre et les Forces Nouvelles, une conférence de presse a été animée par le chef d'Etat-major des FAFN, le Général Soumaïla Bakayoko et le ministre Dosso Moussa, Secrétaire national chargé de l'Economie et des Finances des FN. L'un a fait le bilan des activités de regroupement des ex-combattants et l'autre a planché sur la question de l'Unicité des caisses de l'Etat.

Diawara Samou
Soro : “Que l'opposition ne joue pas au jeu du massacre”
 
mercredi 23 avril 2008 - Par Le Temps - Tournant décisif dans le processus de sortie de crise. Hier, comme prévue, la réunion de prise de décision pour le désarmement et l`unicité des caisses de l`Etat s`est effectivement tenue dans la grande salle de conférence du secrétariat des ex-rebelles. Guillaume Soro s`est, à cette occasion, adressé aux leaders de l`opposition, en termes à peine voilés. Une opposition qu`il accuse d`émettre de vives critiques contre lui sans tenir compte des avancées du processus dont il est le maître d`ouvrage " Il y a des acquis. Dont des gens ne veulent pas tenir compte. Moi je suis fier de ces avancées obtenues souvent au prix de longues nuits d`insomnie. Malheureusement, il y a des ivoiriens qui s`amusent à jouer le jeu du massacre sans tenir compte de ce qui a été fait sur le terrain. Je leur demande de faire en sorte que la date du 30 novembre soit respectée, ne serait-ce que par crédibilité du scrutin électoral. "

Simplice Z.
 
Élection présidentielle : LE 1er TOUR, LE 30 NOVEMBRE
Frat Matin - 14 Apr 2008 -
Le gouvernement ivoirien tient à ce que le dimanche 30 novembre qui vient d'être fixé comme date de la prochaine présidentielle soit respecté. « Elle (la date) devra être respectée », a en effet déclaré lundi, en fin de journée, le porte-parole du gouvernement, le ministre Amadou Koné. Se refusant ainsi d'évoquer tout autre schéma de résolution de la crise ivoirienne en dehors de cette date fixée ce même lundi lors d'un Conseil extraordinaire des ministres tenu en présence du président Laurent Gbagbo et de son Premier ministre, Guillaume Soro.

« Le Conseil des ministres a adopté ce soir, en sa session extraordinaire la date du premier tour de l'élection présidentielle qui est fixée au 30 novembre 2008. C'est la décision majeure. Plusieurs autres textes pour que cette décision soit mise en œuvre ont été pris. Ces textes vous seront présentés… ». C'est d'abord la déclaration faite par le ministre Amadou Koné, répondant aux questions des journalistes, à l'issue de la réunion du gouvernement qui aura duré un peu moins d'une heure.

« Nous avons fixé la date pour l'élection présidentielle. Nous n'avons pas parlé de législative. Donc, la présidentielle ne sera pas combinée avec les législatives », a poursuivi M. Koné. Ajoutant qu'il revient à la Commission électorale indépendante (CEI) de fixer les dates des dépôts des candidatures et des campagnes électorales.

Barthélemy KOUAMÉ
barthelek@fratmat.info
 
Communiqué du comite d'évaluation et d'accompagnement de l'accord politique de Ouagadougou
  lundi 24 mars 2008 - Par CICG - A l'invitation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, Facilitateur du Dialogue direct inter ivoirien, la quatrième Réunion du Comité d'évaluation et d'accompagnement (CEA) de l'Accord Politique de Ouagadougou (APO) s'est tenue à Ouagadougou le 21 mars 2008. Ont participé à cette rencontre les représentants des Parties signataires de l'APO, les membres de l'Organe consultatif international (OCI) et Monsieur Guillaume SORO, Premier ministre, Chef du Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire. Dans son allocution d'ouverture des travaux, le Facilitateur a remercié les participants pour leur présence à cette importante réunion qui se tient à une étape cruciale du processus de paix. Il a salué la participation des nouveaux membres de l'OCI (Belgique, Brésil, Norvège, Organisation de la Conférence islamique) et l'engagement de la communauté internationale dans le processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire, tout en soulignant la bonne collaboration qui existe entre les Parties ivoiriennes constamment animées
par l'esprit de concertation et la recherche du consensus, ce qui a permis des avancées significatives dans l'application de l'APO. Après l'examen et l'adoption de l'ordre du jour de la réunion, le CEA a entendu successivement les interventions de Monsieur Alcide Djédjé, chef de la délégation de la Présidence de la République de Côte d'Ivoire et de Monsieur Alain Lobognon, Chef de la délégation des Forces nouvelles, ainsi que de celles de Monsieur Boureima Badini, Représentant spécial du Facilitateur à Abidjan et de Monsieur Y. J. CHOI, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire. Ils ont rendu hommage au Facilitateur pour son action et donné leur appréciation de l'état d'avancement du processus de paix et préconisé des mesures à prendre.

Le Premier ministre a présenté le bilan des actions menées par le Gouvernement de Côte d'Ivoire dans le cadre de l'Accord Politique de Ouagadougou et de ses Accords complémentaires.

Le CEA a félicité le Gouvernement ivoirien pour son engagement et sa détermination à conduire le processus de paix à son terme et pour les efforts qu'il déploie en vue de renforcer le dialogue inclusif et de consolider la paix et la cohésion nationale.

Le Comité a examiné les différents points de l'APO et de ses Accords complémentaires, noté des progrès dans le processus de paix et formulé des recommandations visant à surmonter les difficultés rencontrées.

Au titre du processus d'identification, le Comité a pris bonne note des résultats des audiences foraines et s'est réjoui de leur bon déroulement dans un climat apaisé. Il recommande de s'en tenir au délai des trois mois convenu pour les audiences foraines exceptionnelles, étant entendu que l'établissement de jugements supplétifs d'actes de naissance se poursuit selon les procédures en vigueur.

Il s'est également félicité de l'adoption du mode opératoire pour la reconstitution des registres d'état civil perdus ou détruits et de la disponibilité des partenaires techniques et financiers à accompagner les autorités ivoiriennes dans la réalisation de cette opération.

Au titre du processus électoral, le CEA s'est réjoui des efforts déployés par le Gouvernement, les forces politiques ivoiriennes et la CEI en vue de l'organisation de l'élection présidentielle dans le délai fixé par le troisième Accord complémentaire, notamment en ce qui concerne la mise en place consensuelle des CEI locales et la transmission à l'opérateur technique du cahier des charges sur les opérations d'identification et d'inscription sur la liste électorale.

Afin de permettre l'adoption du décret fixant la date de l'élection présidentielle et la convocation du corps électoral, il recommande la conclusion sans délai de la convention avec l'opérateur technique et le lancement de l'opération d'inscription sur la liste électorale, ainsi que la signature rapide des textes relatifs au processus électoral, notamment:

le projet d'ordonnance portant dispositions transitoires d'ajustement du code électoral pour la sortie de crise;

le projet de décret relatif aux modalités d'inscription sur la liste électorale;

et le projet de décret relatif à la définition des modalités de collaboration entre l'INS et l'opérateur technique, sous l'autorité de la CEI.

Le Comité s'est félicité de l'adoption, par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire, en consultation avec la Facilitation et les Parties ivoiriennes, des cinq critères cadres pour la certification du processus électoral, à savoir la paix, l'inclusion, les médias d'Etat, la liste électorale et les résultats.

Au titre des Forces de Défense et de Sécurité, le CEA a noté avec satisfaction le démarrage effectif de l'opération de regroupement des ex-combattants. Afin de renforcer la situation sécuritaire générale du pays et de réduire les pratiques de racket, il recommande au Gouvernement l'accélération de l'opération de regroupement, ainsi que la mise en œuvre urgente du Programme de Désarmement et de Démantèlement des milices (DDM). A cet égard, le Comité a souligné la nécessité du démarrage urgent du Service civique national et du Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRRC). Il a également rappelé l'importance de l'adoption sans délai du texte fixant le cadre de restructuration et de refondation de la nouvelle Armée nationale.

En vue de permettre l'achèvement du programme national de Désarmement des anciens combattants, le Comité recommande au Gouvernement de tout mettre en œuvre pour assurer le financement effectif des opérations de regroupement et de démobilisation, concomitamment à la mise en place du Service civique national et du Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire.

Au titre de la restauration de l'autorité de l'Etat et du redéploiement de l'Administration sur l'ensemble du territoire national, le Comité a marqué son appréciation pour les progrès accomplis, notamment en ce qui concerne le redéploiement des agents et la réhabilitation des bâtiments publics. Il a exprimé des préoccupations quant au redéploiement de l'administration fiscale et douanière et invite les parties ivoiriennes et en particulier le Gouvernement à prendre les mesures idoines pour rendre effective l'unicité de caisse de l'Etat conformément aux dispositions pertinentes du troisième Accord complémentaire.

Au titre des mesures visant à consolider la réconciliation nationale, la paix, la sécurité, et la libre circulation des personnes et des biens, le CEA s'est réjoui de l'amélioration continue de la situation sécuritaire et du climat sociopolitique en Côte d'Ivoire. Les membres du Comité ont exprimé leur satisfaction quant à l'amélioration significative de la situation sécuritaire en Côte d'Ivoire. Ils ont salué la décision prise par les Nations unies de réduire la phase sécuritaire pour leur personnel en Côte d'Ivoire.

Le Comité félicite toutes les parties ivoiriennes, le Gouvernement, les forces politiques et les différentes organisations de la société civile pour leur implication dans les actions visant le renforcement de la cohésion nationale. Le Comité encourage la société civile, y compris la chefferie traditionnelle, les religieux, les jeunes, les femmes à poursuivre leur appui au processus de sortie de crise à travers l'information et la sensibilisation de la population.

Le Comité a constaté la persistance du phénomène du racket et de la multiplicité des check points, qui constituent des entraves à la libre circulation des personnes et des biens. Il invite le Gouvernement à mettre en place un organe de contrôle et de supervision de la fluidité et de la libre circulation des personnes et des biens.

Le CEA s'est particulièrement préoccupé de la question du financement du processus de paix en Côte d'Ivoire. Il a salué les efforts du Gouvernement ivoirien pour l'apurement de sa dette à l'endroit des institutions financières internationales et pour les engagements pris au titre du Budget de l'Etat 2008 en faveur du financement du programme de sortie de crise. Il a noté avec satisfaction les diverses contributions déjà apportées ou annoncées par les partenaires et insisté sur la nécessité d'un appui financier complémentaire de leur part pour le financement de l'opération d'identification et pour l'amélioration de la couverture médiatique du pays, notamment le Plan d'urgence de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI). Il en appelle au Gouvernement de Côte d'Ivoire et aux partenaires pour une meilleure coordination dans les procédures de décaissement des fonds destinés au financement du processus de sortie de crise.

Le Comité s'est réjoui du cadre qui a été institué, à travers le Comité technique de suivi et de supervision (CTSS) des programmes de sortie de crise, pour une plus grande implication des partenaires dans le processus de paix.

Le CEA a décidé de tenir sa prochaine réunion à Ouagadougou dans le courant du mois d'avril 2008.

Dans son mot de clôture, le Facilitateur a félicité les participants pour les résultats des travaux et demandé à toutes les parties concernées d'œuvrer à l'application des décisions importantes prises par le CEA dans le cadre de l'application de l'Accord Politique de Ouagadougou et de ses Accords complémentaires.

Fait à Ouagadougou, le 21 mars 2008
 
Côte d`Ivoire/présidentielles: une nouvelle date pourrait être proposée
 mardi 18 mars 2008 - Par AFP - OUAGADOUGOU - Le président de la Commission électorale indépendante de Côte d'Ivoire (CEI) a déclaré mardi à Ouagadougou qu'il proposerait une nouvelle date pour les élections présidentielles ivoiriennes au cas où l'échéance de juin ne pourrait pas être respectée. "Si on ne peut pas le faire (organiser les élections) au mois de juin, (...) si les préalables ne sont pas remplis en temps opportun, nous allons proposer une date au gouvernement et ce sera cette date qui sera retenue une fois qu'on se sera mis d'accord avec lui", a indiqué Robert Mambé Beugré. Il s'exprimait à l'issue d'un entretien avec le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré. Selon M. Beugré, les "préalables" sont notamment liés au travail de l'opérateur technique français Sagem, à la reconstitution des registres électoraux, à l'identification des populations et à l'inscription sur les listes électorales. "Il y a notamment les conditions pour que l'opérateur Sagem et l'INS (Institut national des statistiques) commencent à travailler, les préalables du point de
vue juridique, financier et l'évolution sur le terrain de l'opération de reconstitution des registres", a-t-il déclaré à la presse. M. Beugré a ajouté être venu "faire le point" du processus électoral avec M. Compaoré, médiateur et parrain de l'Accord politique conclu il y a plus d'une année entre le président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, l'actuel Premier ministre et leader de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN). Il doit quitter la capitale burkinabè mercredi. Le ministère burkinabè des Affaires étrangères a par ailleurs annoncé qu'une réunion du Comité d'évaluation et d'accompagnement de l'Accord politique se tiendra vendredi à Ouagadougou. Outre les délégations du camp présidentiel et des FN, cette rencontre regroupera des représentants de la communauté internationale, notamment les Nations unies, l'Union africaine (UA), la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) et la France. Le président ivoirien Laurent Gbagbo a affirmé la semaine dernière à Abidjan que le désarmement des ex-combattants aurait lieu "avant" la tenue de l'élection présidentielle prévue d'ici à la fin juin. Signé le 4 mars 2007 entre MM. Gbagbo et Soro, l'accord de Ouagadougou vise à réunifier la Côte d'Ivoire, coupée entre un Sud loyaliste et un Nord sous contrôle des ex-rebelles. Après plusieurs démarrages avortés, le processus de désarmement et réinsertion des ex-combattants (DDR) a été relancé le 22 décembre. Il s'est résumé jusqu'à présent au démantèlement des lignes de front et au regroupement des forces loyalistes.
 
Présidentielle de juin 2008 - Le report de la présidentielle est inévitable
mardi 26 février 2008 - Par Nord-Sud - Le processus électoral en Côte d'Ivoire est défavorablement affecté par des raisons techniques, financières et institutionnelles qui freinent son envol.

La fatalité se confirme petit à petit. Les Ivoiriens devront encore patienter avant de connaître leur futur président de la République. Déjà reportée deux fois (octobre 2005 et octobre 2007), l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire pourrait l'être une troisième fois. Prévu en juin 2008, selon l'accord complémentaire n°2 de Ouagadougou, le processus électoral semble défavorablement affecté par des raisons techniques, financières et institutionnelles qui freinent son envol. Le ministre français des Affaires étrangères, de passage dans la capitale burkinabé le 26 janvier, préparait déjà les esprits à accepter ce énième report. Bernard Kouchner qui souhaite que les élections se tiennent en Côte d`Ivoire en juin, reconnaît cependant l'existence d'obstacles techniques qui pourraient retarder le processus sur le terrain. « Ce n`est pas grave que les élections soient repoussées d`un ou deux mois, l`essentiel, c`est que les élections aient lieu cette année », a-t-il suggéré. Et pourtant, le 23 mai 2007, c'est très confiant que le conseil des ministres adoptait la matrice de mise en œuvre de l'accord politique de Ouagadougou, déclinant ainsi les résolutions de cet accord en actions concrètes.

Obstacles techniques : Joignant l'acte à la parole, le chef de l'Etat signe deux décrets ; celui portant nomination des préfets et celui affectant les magistrats dans les zones Centre Nord et Ouest (Cno). Mieux, le 14 mai de la même année, le gouvernement du Premier ministre Guillaume Soro concluait la reprise de la coopération financière entre la Côte d'Ivoire et les institutions financières internationales (Fmi, Banque mondiale). Mais c'était sans compter avec les obstacles techniques qui vont freiner le processus de sortie de crise. Entre autres obstacles, l'attentat meurtrier sur l'aéroport de Bouaké, le 29 juin 2007, contre l'avion transportant le chef du gouvernement. Un coup dur car ce 29 juin, dans l'optique du lancement des audiences foraines, initialement prévues pour le 5 juillet, Guillaume Soro se rendait dans la capitale de l'ex-rébellion pour procéder à l'installation des magistrats. « Tout aurait pu s'arrêter là. Et la Côte d'Ivoire aurait pu replonger dans les méandres de l'incertitude, avec ses morts, ses blessés, ses orphelins, ses veuves et ses victimes », analysait après coup le Premier ministre. Cet évènement malheureux a fait perdre des mois précieux dans la mise en route de l'accord de Ouaga. Comme si cela ne suffisait pas, la feuille de route de Soro va buter sur les exigences du corps préfectoral et sur la guéguerre entre la primature et Désiré Tagro, ministre de l'Intérieur dans la bataille du redéploiement des représentants de l'Etat. Encore de précieux jours grignotés sur le calendrier électoral. L'autre talon d'Achille de ce calendrier, c'est le financement des élections.

Obstacle financier : Un appel a été lancé dans ce sens par la Côte d`Ivoire depuis 2005, à l`endroit des bailleurs de fonds pour lui apporter un appui financier dans la préparation et l`organisation des élections. Mais trouver les ressources nécessaires pour « continuer la bataille de la paix » n'est pas chose facile. Quand bien même le Premier ministre Guillaume Soro a reçu des promesses fermes des bailleurs avec la signature le 12 février de la convention du panier de fonds (Basket fund) pour le financement des élections entre la Côte d`Ivoire et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Lors de la table ronde des bailleurs de fonds sur le programme de sortie de crise, les partenaires au développement s`étaient engagés à soutenir financièrement le processus électoral. Leur contribution s`élève pour le moment à 24,5 milliards de F. Cfa. Ce financement devra compléter les 12 milliards de F. Cfa que le gouvernement ivoirien va injecter dans les élections, afin de boucler le budget des élections estimé à 36,5 milliards de F. Cfa. Le PNUD a déjà montré la voie en signant pour un appui financier de 600.000 dollars américains soit 240 millions de F. Cfa. Une goutte d'eau dans l'océan du financement du processus électoral. Le dernier obstacle, et non des moindres, est d'ordre institutionnel tant la recherche du « nécessaire consensus », pour paraphraser Guillaume Soro, est aussi délicate que la recherche de la paix.

Obstacles institutionnels : Et la bataille autour du processus d'identification (le choix de l'opérateur technique, la rédaction du cahier des charges, la signature de la convention…) a laissé plus d'un observateur dans le doute. Ce n'est pas le Premier ministre qui nous dira le contraire. « Je sais qu'il y avait beaucoup d'attente par rapport à ce cahier. Les uns et les autres ont manifesté quelques impatiences », a-t-il relevé, très soulagé, le 23 février lors de la remise du cahier des charges à Sagem, l'opérateur technique qui doit identifier les populations ivoiriennes. Le chemin reste encore long et semé d'embûches. Les prochaines étapes en effet, ce sont les négociations et la signature de la convention. « Là aussi, les Ivoiriens nous attendent. Je demande aux principaux acteurs de se mettre à la tâche pour qu'avant le 1er mars prochain, nous puissions réaliser et signer la convention », a plaidé le chef du gouvernement. « Si nous sommes accompagnés par la volonté politique ainsi que par les moyens adéquats, Sagem va honorer le contenu du cahier des charges », a fait savoir pour sa part Mohamed Sidi Kagnacy, le représentant au plan national de l'opérateur technique. D'autres gros chantiers se dressent sur la voie qui mène aux élections et qui attendent d'être défrichés. C'est le cas du désarmement des ex-combattants, leur réinsertion dans le tissu social et la réunification de l'armée. Sur ce dernier chapitre, Amani N'Guessan, ministre de la Défense, a adressé un certain nombre de propositions en direction des Forces nouvelles. Transmises à l'état-major des Fafn pour analyse. Là où en application des dispositions du paragraphe 3 de l'accord politique de Ouagadougou, le gouvernement devait adopter, au plus tard le 15 décembre 2007, les textes fixant le cadre général d'organisation, de composition et de fonctionnement des nouvelles forces de défense et de sécurité…Ce sont autant d'obstacles réels qui contraignent les principaux acteurs à entrevoir le report de l'élection présidentielle initialement prévue en juin 2008. « Le mois de juin 2008 est une date de référence, car c'est un travail technique, que ce processus électoral pourrait avoir éventuellement des détails à préciser et ceux-ci nous conduiraient à négocier quelques jours pour le report de la date de juin », a avancé prudemment Robert Beugré Mambé, président de la Cei (Commission électorale indépendante).


Jean Roche Kouamé
 
Remise du cahier ce matin à la Primature : La Sagem replacée au cœur de l`identification

  vendredi 22 février 2008 - Par Le Nouveau Réveil

La bataille autour du contrôle de l'opération d'identification de la population est en passe de s'achever. Le groupe Sagem sécurité, retenu puis confirmé comme opérateur technique par le 2e accord complémentaire de Ouaga va recevoir, probablement aujourd'hui, son cahier des charges qui a été enfin signé mardi dernier au terme d'âpres négociations. A en croire des indiscrétions dignes de foi, le groupe Sagem sécurité s'est vu confier les tâches les plus essentielles de l'opération, au grand dam de l'INS et du camp présidentiel.

Le Président Laurent Gbagbo, à travers son ministre de l'Intérieur et surtout homme à tout faire Désiré Tagro, avait tout tenté ou presque pour le contrôle de l'opération d'identification. L'obstination du ministre de l'Intérieur à vouloir coûte que coûte replacer l'INS au coeur du processus d'identification avait provoqué l'enlisement des négociations de Ouaga II. Tagro avait poussé l'audace jusqu'à refuser de se soumettre aux injonctions du Premier ministre Soro Guillaume. En fin de compte, le ministre de l'Intérieur Désiré Tagro n'a pas réussi son exploit de placer l'INS au cœur du processus électoral en général et de l'identification des populations en particulier. Car c'est finalement le groupe Sagem sécurité qui a été retenu. Ce matin donc, il reçoit son cahier des charges des mains du locataire de la "Maison blanche" du Plateau. Selon des informations en notre possession, c'est le groupe Sagem sécurité qui a "raflé la mise". C'est en effet lui qui sera utilisé pour faire toute l'opération. Dont plus précisément fournir la technologie, assurer la formation des agents y compris ceux de l'INS. Pour la confection des nouvelles cartes nationales d'identité et des cartes d'électeurs. En clair, c'est la Sagem qui conduira, avec son expertise et son savoir-faire, l'identification de la population ivoirienne en vue des prochaines joutes électorales. Et si d'aventure, il y a une tâche que l'INS devait accomplir, elle ne sera effectuée qu'après l'accord de la CEI et de la Sagem. Cela s'appelle un camouflet. Et il a été administré au clan présidentiel qui avait fait des mains et des pieds pour que l'INS soit l'opérateur qui va conduire le processus. Mais la bataille en vue du choix du groupe Sagem sécurité n'a pas été de tout repos. Il est le fruit de plusieurs tractations. Mais aussi et surtout de nombreuses pressions du facilitateur et du représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU sur le pouvoir. Le choix du groupe Sagem sécurité est également intervenu après plus d'une dizaine de modifications de la première mouture. En fin de compte, la mouture qui a été retenue, est une copie "revue et corrigée" de celle sous l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny. Un acte qu intervient après plusieurs mois d'autant plus que selon l'Accord complémentaire de Ouaga signé le 28 novembre dernier, la remise du cahier des charges qui a lieu ce matin devrait se faire depuis longtemps.

Akwaba St Clair

 

Election présidentielle de juin - Mambé Beugré prépare le chaos

jeudi 21 février 2008 - Par Notre Voie - Malgré ses nombreuses professions de foi sur l'organisation d'élections transparentes en Côte d'Ivoire, le président de la Commission électorale indépendante manœuvre contre le camp présidentiel. Et le silence du président de la République et du FPI inquiète ceux qui ont pris connaissance du dossier.
Si tout avait fonctionné comme M. Beugré Mambé le désirait, au moment où vous lirez ces lignes, le président de la République aurait signé un dangereux document portant « cahier des charges de la SAGEM ». La société française introduite, grâce à la force des biceps de l'opposition ivoirienne, dans le processus d'identification des électeurs en Côte d'Ivoire aurait alors été déclarée opérateur exclusif de l'identification des électeurs. Par la seule volonté du président de la Commission électorale indépendante (CEI), le document qui devait être soumis à la signature du président de la République écartait purement et simplement l'Institut national de Statistique (INS) de l'opération d'identification.

Ce document tel que proposé foulait ainsi au pied les accords de résolution de la crise ivoirienne signés de Pretoria (Afrique du Sud) à Ouagadougou (Burkina Faso). Il piétinait la souveraineté de l'Etat ivoirien qui, depuis 1965, par le biais de l'INS, une structure dont la technicité est exportée dans les autres pays du continent africain, organise ses propres élections. Si Mambé Beugré réussissait son coup, l'opposition ivoirienne aurait pu pavoiser avant le scrutin à venir : Laurent Gbagbo et le FPI lui auraient confié toute l'organisation des élections, depuis la composition de la CEI jusqu'à l'identification des électeurs, ce qui aurait permis aux opposants d'opérer tranquillement toutes les fraudes les plus inimaginables. Les manœuvres qui ont cours aujourd'hui pour empêcher l'INS de contrôler l'identification des électeurs le prouvent éloquemment. Mais pour l'instant, le camp présidentiel aurait circonscrit quelque peu le mal en ramenant les manœuvres de Mambé Beugré à des proportions moindres. Reste au président Gbagbo à signer le document dit consensuel.

Identification : les raisons du retard

Depuis la signature, le 30 novembre 2007, du troisième accord complémentaire de l'Accord politique de Ouaga, tout est clair que l'INS et la SAGEM sont les deux opérateurs du processus d'identification des électeurs en Côte d'Ivoire. Si le rôle de l'INS qui a organisé toutes ces opérations en Côte d'Ivoire pendant 40 ans, sous feu Houphouët-Boigny puis sous Henri Konan Bédié, ne pose plus problème, restait à définir celui de la SAGEM. Mais, le Groupe de travail créé par le Premier ministre pour élaborer le cahier des charges de la SAGEM n'arrive pas à se mettre d'accord avec le camp présidentiel sur un texte consensuel. Plus d'une dizaine de textes auraient été discutés à l'intérieur de cette structure sans parvenir à un consensus. Et l'opération d'identification attendue par tous traîne, minée aussi par le crucial problème de financement.
Selon des sources très proches du dossier, le président de la République inquiet du retard et informé de la situation, se serait entendu avec son Premier ministre, Guillaume Soro Kigbafori, pour produire un texte, quitte à le soumettre au Groupe de travail puis à la Commission électorale indépendante pour avis. Ce qui fut fait.

Mambé Beugré au service du RHDP

Seulement voilà, toujours selon nos sources, une fois le document (proposé par le président de la République) en main, le président de la CEI, Beugré Mambé, se serait écrié, oubliant qu'il est responsable de la CIE : « Mais, ça c'est un texte FPI ! Il est inacceptable ». Puis, sans juger utile de consulter le bureau central de la commission qu'il préside, de façon unilatérale, ses conseillers occultes, dont notamment l'ancien directeur de l'INS, Bâ Ibrahim, et lui, auraient biffé tous les passages où le nom de l'INS était évoqué. Le souci exprimé ainsi par Mambé Beugré est de faire de la SAGEM, l'opérateur exclusif de l'identification des électeurs en Côte d'Ivoire. C'est exactement ce que souhaitent les opposants au régime Gbagbo, MM. Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara, dont M. Beugré Mambé est le bras avancé au haut sommet de la CEI. Le faisant, le président de la CEI se met entièrement à la disposition du RHDP, la coalition de partis commanditaires et/ou bénéficiaires de la rébellion armée qui sait qu'elle ne peut plus compter sur le suffrage des Ivoiriens qu'elle a martyrisés par une guerre absurde depuis septembre 2002. D'après nos sources, le président de la CEI et ses commanditaires du RHDP sont convaincus que le président Gbagbo va agir comme il l'a fait depuis le début de la crise armée qu'ils lui ont imposée : face à l'irresponsable détermination de ses adversaires à détruire le pays, le chef de l'Etat fera bon cœur contre mauvaise fortune et, au nom de la paix qu'il désire tant pour ses concitoyens, signera le document hideux qui écarte l'INS et assure l'inespérée victoire à l'opposition en perdition. Mais, l'étonnant, pour nos informateurs, c'est l'attitude des dirigeants du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir). Malgré les révélations de la presse qui dénonce, à longueurs de colonnes, les tentatives de l'opposition pour écarter l'INS et le retard pris par le Groupe de travail du Premier ministre pour produire le cahier des charges de la SAGEM, le président Pascal Affi N'Guessan et ses collaborateurs du FPI restent muets. Ils attendent. « Quoi ? D'être mis devant le fait accompli », s'interrogent nos informateurs.

Quel crédit pour la CEI ?

Il est évident que le comportement du président de la CEI à venir porte des risques d'une confrontation politique à l'horizon. Et M. Beugré Mambé en portera l'entière responsabilité. En effet, le président de la CEI devait être un arbitre impartial dans les litiges entre ceux qui sont impliqués dans la compétition électorale. N'est-ce pas le rôle de cette commission qu'il préside et dont sa principale caractéristique est d'être « indépendante », laquelle indépendance garantit l'impartialité, la justice et la clarté des actes posés ? Rien que pour cela, le président de la CEI devait être d'abord le gendarme du respect des textes électoraux, y compris ceux des accords de paix entre les signataires. Ensuite, M. Beugré Mambé devait consulter, au moins systématiquement sur les dossiers aussi sensibles que celui du cahier des charges de la SAGEM, le bureau central de la CEI, bureau au sein duquel siège tous les partis politiques signataires des accords de paix. Or, tout le temps que les discussions ont duré sur ce cahier des charges, Mambé Beugré n'a jamais soumis le texte à la sagacité de son bureau.
Certes, le président de la CEI n'aurait pas réussi en totalité son coup en faveur du RHDP, mais le mal est fait : Mambé Beugré dont l'élection a été invalidée par le Conseil constitutionnel vient de démontrer qu'il n'est pas un président impartial. Le FPI et le président Gbagbo devront tirer les conséquences de ses actes et trouver un président non affilié à un parti, à défaut de dissoudre la CEI et d'en exclure tous les partis politiques impliqués dans le jeu électoral.

César Etou et Franck Dally

 
Sortie de crise / certification des élections - Voici les 5 critères de l`ONU
jeudi 21 février 2008 - Par Le Matin d'Abidjan - “Je viens de passer 3 mois en Côte d`Ivoire. J`ai été touché par l`hospitalité et l`amitié du peuple et le gouvernement ivoirien. Je voudrais leur exprimer ici la gratitude de l`Onuci”, a dit YJ Choi, le représentant de l`Onuci dans ses propos liminaires en ouvrant sa première conférence après le premier trimestre de son séjour en terre ivoirienne. Pour Choi « la situation sécuritaire s`est considérablement améliorée et continue de s`améliorer depuis la signature de l`accord politique de Ouagadougou », a-t-il indiqué avant de rappeler à la tribune, au cours des échanges, que le Conseil de Sécurité lui a confié en tant que représentant spécial, un mandat crucial concernant les élections.
«Je prends cette responsabilité au sérieux et je mettrai un point d`honneur à m`en acquérir. Le mandat de certification a pour but de fournir un cadre propice à la tenue d`élections justes, ouvertes, libres et transparentes qui soient acceptables, aussi bien pour le peuple ivoirien que pour la communauté internationale », a indiqué YJ Choi qui ajoute que la certification sera menée d`une façon ouverte. Et, pour cela, le représentant spécial de Ban Ki Moon dit avoir entrepris des consultations avec plusieurs personnalités ivoiriennes qui ont abouti à une approche fondée sur 5 critères pour la certification des élections prochaines. Ce sont : la paix, l`inclusion, les médias publics, la liste électorale et les résultats. A ces 5 critères, des éléments, à en croire YJ Choi, pourraient s`ajouter au fur et à mesure qu`évolue le processus électoral. Avec l`année 2008 qui s`annonce décisive pour les élections en Côte d`Ivoire, l`Onu décide d`accompagner le processus DDR et les élections en fondant ses actions sur la sécurité, la certification et le financement. » Dans notre rôle d`accompagnement, la communauté internationale va fournir une assistance financière et technique au programme d`urgence ivoirien y compris les élections et le DDR », affirme YJ Choi qui précise que plus de 100 milliards de FCFA de financement extérieur des bailleurs de fonds sont déjà mis à la disposition du peuple ivoirien pour ce programme. Pour le DDR, le gouvernement ivoirien a pris en charge l`essentiel des salaires, les indemnités et primes des soldats et des combattants et pour notre part, nous mettrons l`accent sur les parties substantives de ce programme y compris le service civique, la réinsertion sociale ainsi que la réhabilitation communautaire », indique YJ Choi qui rappelle que le paiement de l`opérateur technique pour l`organisation des élections sera pris en compte par le gouvernement et l`ONUCI se chargera de financer le reste du processus électoral qui ne figure pas dans le budget. Pour finir, YJ Choi a rappelé que les Nations Unies saluent et appuient l`accord politique de Ouagadougou. Selon YJ Choi, si cette appropriation réussit, elle pourrait inspirer d`autres missions de maintien de la paix.

GR
 
Côte d`Ivoire: 100 mds FCFA d`aides prévues pour sortir de la crise (ONU)
mercredi 20 février 2008 - Par AFP - ABIDJAN - Les bailleurs de fonds internationaux ont mis à la disposition de la Côte d`Ivoire plus de 100 milliards de francs CFA (152 millions d`euros) pour financer le programme de sortie de crise, a annoncé mercredi le représentant spécial de l`ONU à Abidjan, Y. J. Choi. "La communauté internationale va fournir une assistance financière et technique au programme d`urgence ivoirien, y compris les élections et le (processus) DDR" (Démobilisation, Désarmement et réinsertion), a expliqué à la presse le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies. "Au moment où je parle, plus de 100 milliards FCFA de financement extérieur sont mis à la disposition du peuple ivoirien pour ce programme", a-t-il ajouté. Les fonds viennent de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD), du FMI, de l`Union européenne, des Nations unies et des bailleurs de fonds bilatéraux. La commission électorale indépendante (CEI) a récemment estimé que le processus électoral nécessitait un budget de 36 mds de FCFA (près de 55 M
EUR), dont 15 mds (15 M EUR) devraient venir de l`Etat ivoirien, a précisé M. Choi.
En mars 2007, le président ivoirien Laurent Gbagbo et les Forces nouvelles (FN), la rébellion qui a tenté de le renverser en 2002, ont signé un accord de paix à Ouagadougou sous la faciliation du président burkinabè Blaise Compaoré. Cet accord prévoit un désarmement des ex-combattants, une réunification du pays et une élection présidentielle. La présidentielle, prévue d`abord début 2008, devrait se tenir d`ici à la fin juin selon un accord complémentaire
 
Application de l'accord de Ouaga - La Banque mondiale décaisse 60 milliards
mardi 19 février 2008 - Par 24 Heures

Le conseil d`Administration de la Banque mondiale a approuvé un don de l`Association internationale de développement d`un montant de 120 millions de dollars en appui au programme de sortie de crise, mis en oeuvre par le gouvernement ivoirien dans le cadre de l`Accord de paix de Ouagadougou signé en mars 2007.

Bouffée d'oxygène pour les gestionnaires du processus de paix.
Les financements attendus pour mettre sur les bons rails les différents programmes de sortie de crise sont visiblement en train d'être décaissés si on en juge l'importante enveloppe budgétaire que s'apprête à décaisser la Banque mondiale.

Réunis le vendredi dernier au siège de l'institution, les membres du conseil d'Administration ont décidé de délier les bourses de l'Association internationale de développement pour permettre au gouvernement ivoirien de conduire à terme l'Accord politique de Ouagadougou.

Selon un communiqué produit par la Banque mondiale, c'est la rondelette somme de 60 milliards FCFA que les administrateurs de l'institution de Bretton woods sont prêts à lâcher pour financer le projet d'assistance post-conflit (PAPC).
“Le récent Accord de Ouaga est la meilleure opportunité offerte à la Côte d'Ivoire depuis l'éclatement de la crise pour réellement restaurer la paix et relancer l'économie.
Les principales parties ont du chemin à faire mais nous espérons que le PAPC constituera une contribution majeure à l'intensification de leurs efforts de sortie de crise”, a déclaré James Bond, directeur des opérations de la Banque mondiale dans le plaidoyer qu'il a fait devant ses pairs pour que la main soit mise au portefeuille.
“L`approbation du projet par le conseil d`Administration de la Banque est le résultat d`un très fort partenariat entre la Banque mondiale et le Gouvernement de Côte d`Ivoire.
Et nous espérons voir le même niveau d`engagement dans le processus de mise en oeuvre”, a pour sa part renchéri Maurizia Tovo, Chef de projet à la Banque mondiale.
Composante critique du processus de paix, le projet d'assistance post-conflit s'attaquera, conformément aux clauses des engagements réciproques qui le sous-tendent, à quatre axes majeurs du processus de paix: “la (ré) intégration économique des ex-combattants, des jeunes associés aux groupes armés, et de manière générale des jeunes à risque ; le processus d`identification nationale, y compris la modernisation de l`état civil national, qui constitue un préalable non seulement pour l`organisation des élections libres et équitables, mais aussi pour la restauration de l`accès équitable de l`ensemble de la population aux services sociaux ; la réhabilitation et le rééquipement des l`infrastructures socio-économiques dans les communautés les plus affectées par le conflit ; le renforcement du capital social sur tout le territoire national, notamment par le renforcement de la capacité d`exécution des organisations de développement à base communautaire”, précise le communiqué rendu public la semaine dernière par l'institution financière internationale.
Le don de 60 milliards FCFA qu'elle consent à libérer au profit de la Côte d‘Ivoire fait partie du réengagement accru de l'institution financière dans le pays depuis la signature de l`Accord de Ouagadougou.
Pour rappel, le programme de la Banque mondiale a été suspendu en Côte d`Ivoire du fait de l`éclatement de la crise et des arriérés de dette accumulés par le gouvernement en 2004.

M. DOSSA

 

Financement des élections/ MAMBÉ: “36,5 MILLIARDS SONT DISPONIBLES”

   
Frat Matin - 09 Feb 2008 -
Le président de la Commission électorale a été reçu en audience par le Premier ministre pour faire le point. Le président de la Commission électorale indépendante a eu, vendredi, une séance de travail avec le Premier ministre à la Primature au Plateau de 15h30 à 17h30. Beugré Mambé Robert, à l'issue de cette rencontre, a, devant la presse, indiqué qu'il a échangé avec le Premier ministre sur les conditions de financement et de sécurisation de tout le processus électoral. Après avoir fait le point sur les avancées dudit processus avec le chef du gouvernement, il a affirmé que, dans l'état actuel des choses, le budget des élections déjà disponible est de 36, 5 milliards de FCFA. Il a alors remercié les bailleurs de fonds qui ont soutenu la Côte d'Ivoire, notamment l'Union européenne, le Japon, la Corée du Sud ainsi que des pays comme la France, l'Espagne, le Canada, la Norvège et à nouveau le Japon, qui se tiennent prêts à accompagner le pays dans ce processus.  Le président de la CEI a, par ailleurs, soutenu qu'une fois que son institution aura signé avec le Pnud la convention sur le Basketfound, les bailleurs de fonds remettront le budget au Pnud qui travaillera en étroite collaboration avec la Commission électorale indépendante et la Primature pour aider les Ivoiriens à aller à des élections paisibles et transparentes. Robert Beugré Mambé a tenu à rassurer tous les Ivoiriens en faisant remarquer que la CEI est en éveil par rapport à toutes les composantes du processus électoral parce qu'en la matière toutes les étapes sont importantes, même celles supposées anodines.

Il n'a pas occulté la question de la tenue de la présidentielle, ce d'autant qu'à trois mois de fin juin 2008, le processus d'identification et de recensement sur le listing électoral n'a pas encore vraiment commencé. Pour lui, le mois de juin reste la référence et il n'a pas encore changé d'avis. Il estime cependant que s'il y a des attributions qui sont nécessaires et que tous les Ivoiriens s'accordent à différer les élections de quelques jours, une bonne partie du parcours aura été déjà faite et ce sera ça l'essentiel, a-t-il conclu.

Franck A. Zagbayou