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DOCTEUR ANTOINE AHUA JUNIOR

Chers compatriotes, la plupart d'entre vous m'ont découvert comme coauteur du livre intitulé «La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire», Conseiller spécial du Président de l'Assemblée nationale et défenseur acharné de l'intégrité territoriale nationale, pour la protection de notre souveraineté de peuple libre, dans le strict respect de la Constitution de notre pays, loi fondamentale qui régit notre association commune d'individus civilisés, unis par un même destin et soumis à une même destinée ... j'ai œuvré pour mon pays, du côté du camp présidentiel; c'est-à-dire au compte du maintien au pouvoir du régime du Président Gbagbo. C'est dire que pendant les trois ans et demi qu'a duré mon exil forcé, illégal en vertu des art.2, 4, 20 et 22 de la Constitution, exil ordonné paradoxalement par le régime que je défendais, de plus sans respect de mon contrat de travail avec l'Assemblée nationale, permettez-moi de radoter, je suis resté par conscience, loyal aux autorités de l'État ivoirien dont la cause était la mienne ... Ceci dit, je suis une personnalité vouée à la politique. C'est ce que je sais faire le mieux. Le temps est donc venu pour moi de rendre plus efficace que jamais mon dévouement à la démocratisation de notre pays, en m'engageant dans un parti politique. En effet, jusqu'à présent, j'ai donné priorité à la défense des institutions républicaines sans être membre d'un parti politique quelconque, bien que dans le contexte ambivalent d'hier, j'étais de facto sympathisant du FPI. À l'approche des élections des dirigeants de la Côte d'Ivoire pour les cinq prochaines années, c'est le moment propice pour moi de m'associer à un groupe d'hommes et de femmes dont la vision politique, économique et sociale de la Côte d'Ivoire de demain se rapproche le plus de la mienne. Chers compatriotes, Antoine Ahua Jr n'a pas changé. Je reste républicain et démocrate.

Dr Antoine Ahua Jr
 
 
Affaire « Secrétaire de Gbagbo escroque $65 millions »

GBAGBO doit démissionner : Dix irrégularités judiciaires l'accusent de Haute Trahison

Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada - 16 février 2009 - Le système judiciaire de la Côte d'Ivoire était dans un état végétatif. Il vient de rendre l'âme avec le «procès de la honte» relatif à l'«Affaire des 65 millions escroqués à MTN». La 2 e République est ainsi morte dans le caveau de la Refondation du FPI. Vive la 3 e République! Car, ce sont les élections tant attendues qui offriront au futur Président, l'opportunité de dé-judiciariser tous les cas flagrants d'improbité dont le régime du Président Gbagbo est coupable. Les «Petits» innocents qui auront été sacrifiés sur l'autel hideux du présent Pouvoir, céderont à la MACA, les cachots aux «Grands», vrais criminels, aujourd'hui bénéficiaires de sauf-conduit présidentiel. En attendant, les démocrates ivoiriens de tous bords ne peuvent pas rendre service à la Nation en incitant à une Révolution insurrectionnelle. Puisque, c'est un secret de Polichinelle, Gbagbo a pour métier de saisir au vol le moindre prétexte pour gripper le processus électoral et retarder son départ du Palais. C'est pourquoi, la population est appelée à éviter la provocation et à se concentrer sur la prise en compte de leur droit de vote. Pour les faits judiciaires d'actualité, rappelons que Mesdames Émilienne Gomé Hilaire née Bléhon et Élise Mété née Umviga respectivement secrétaire particulière

du Chef de l'État ivoirien et collaboratrice extérieure de la Présidence, se sont retrouvées, le 10 février dernier, devant le «Tribunal des flagrants délits» présidé par le juge Clément Tobo Yapi. Elles faisaient face à deux types d'accusation :

Première accusation soutenue par le parquet d'Abidjan, représenté par un collectif de trois procureurs substituts de la République dont Me Mamadou Diakité et Me Fernand Oulaye : « escroquerie portant sur la somme d'environ 65 millions de FCFA au préjudice du directeur général de la société de téléphonie mobile MTN, M. Aimable Rwi Yegura Mporé» . Faits qui seraient punissables par les articles 403 et 420 du code pénal.

Deuxième accusation soutenue par Me Murielle Allah Kouassi, avocate représentant le Président Gbagbo constitué en partie civile : « Grave atteinte à l'honneur et à la probité (art.35 de la Constitution) sur la base desquels le Président de la République a eu à prêter serment». Me Kouassi s'appuyait sur les articles 2 et 3 du code de procédure civile.

Quant au verdict et à la sentence infligés à mesdames Gomé et Mété, il n'y a pas d'autre suite postélectorale que leur libération et l'ordonnance d'une enquête impartiale sur les tenants et aboutissants de cette affaire d'escroquerie de la compagnie MTN en provenance de la Présidence de la République. La raison est simple : le «procès de la honte» est entaché d'au moins dix points flagrants d'errements en Droit, recevables en requête pour annulation de jugement.

1-Violation de l'État de droit  

Dans un communiqué de la Présidence en date du 4 février dernier, lu à la télévision nationale par Le Porte- parole du Président de la République, M. Gervais Coulibaly Delinpelna, la population est informée, a) en un premier lieu, «que Mme Gomé est poursuivie par la Section de Recherches de la Gendarmerie Nationale pour escroquerie portant sur la somme de 65. 542.610 FCFA, au préjudice de la société de téléphonie mobile MTN», b) en deuxième lieu «que Mme Gomé été déférée ce jour (du 4 février), devant le Parquet du Tribunal de Première Instance» et en un troisième lieu, «qu'en conséquence, Mme Gomé ne fait plus partie des effectifs du personnel des Services de la Présidence de la République».

Or les faits révélés en Cour établissent que Mme Gomé avait été arrêtée le mardi 3 février à son service, soit la veille du communiqué, par la section de recherches de la gendarmerie nationale actionnée par le Chef de l'État lui-même.

Il est donc évident que le communiqué présidentiel est pernicieux dans la mesure où c'est la Présidence qui aurait remis Mme Gomé aux mains de la gendarmerie après avoir présumé rapidement de sa culpabilité. D'où l'annonce ipso facto de son congédiement.

Par ailleurs, il est révélé en Cour que les évènements reprochés à Mme Gomé dataient de novembre 08, donc de trois mois. La précipitation du communiqué dès l'information ébruitée en cercle restreint par la victime, en l'occurrence le DG de MTN, avait manifestement pour but de démontrer aux yeux du grand public, une sorte d'engagement sérieux de transparence du Pouvoir exécutif dans sa lutte contre la corruption. Elle ne prouve pas la culpabilité de Mme Gomé.

L'attitude de la Présidence est une immixtion inconstitutionnelle dans les prérogatives du Pouvoir judiciaire. Cela est d'autant incontestable que le Président Gbagbo, initiateur de la poursuite, s'est trouvé en conflit d'intérêt de «juge et partie» en se constituant Partie civile dans l'Affaire.

2-Dénégation de la présomption d'innocence

La Constitution stipule que toute personne bénéficie de la présomption d'innocence. C'est le principe élémentaire selon lequel, en matière pénale, toute personne poursuivie est considérée comme innocente des faits qui lui sont reprochés, tant qu'elle n'a pas été déclarée coupable par la juridiction compétente.

Étant donné que Mme Gomé, principale accusée, a nié sa culpabilité pour les faits qui lui sont reprochés, soit l'escroquerie et la volonté manifeste de déshonorer l'Institution présidentielle, le Tribunal avait le devoir de ne considérer comme preuves que les faits connus non contradictoires ou fondés après vérification. Dans le présent cas, non seulement il existe des déclarations contradictoires, mais pis, le Tribunal s'est dévoyé des exigences du Droit pénal pour agir avec les légèretés du Droit civil. De fait, le juge Yapi a dispensé de toute preuve les allégations de la poursuite et considéré les présomptions du camp présidentiel comme étant péremptoires. C'est pourquoi, la sentence du Tribunal s'est alignée intégralement sur les directives de Me Kouassi, avocate du Président Gbagbo, à l'effet que le Tribunal devait «condamner Mme Gomé solidairement avec Mme Mété à des peines privatives de liberté et à un franc symbolique pour avoir sali l'honneur et la dignité du chef de l'État». Ce, bien que les deux co-prévenues n'avaient rien de commun en terme de forfaits attribués à chacune d'elles.

3- Exception d'incompétence du Tribunal d'adjuger 

Le fait de traîner les prévenues devant le Tribunal des flagrants délits, revient à considérer que les crimes qui leur sont reprochés, sont des actes constatés presque au même moment qu'ils ont été commis. Avec raison, la procédure de flagrant délit optée par le parquet a été contestée par la Défense puisque celle-ci plaidait pour la non-culpabilité. C'est pourquoi, d'entrée de jeu, elle a soulevé « une exception pour cause d'irrégularité de la procédure» et demandé la nullité de l'audience.

Dans un tel contexte, l'obligation première du Juge était, par conscience professionnelle, de revenir à la case-départ et de s'assurer que le Tribunal qui était saisi pour infliger une peine correctionnelle, ne devait pas renvoyer la cause à une instance habilitée à confirmer ou infirmer préalablement le verdict de culpabilité d'office. Il y a donc ici un vice de procédure d'autant plus que la flagrance du délit est une présomption du Pouvoir exécutif érigé, à la fois, en demandeur, victime, juge et partie.

4-Outrage présidentiel au Tribunal 

Il importe de rappeler que le parquet poursuivait outre, Mmes Gomé et Mété, M. Mporé, DG de MTN. C'est pourquoi, celui-ci avait reçu de la part du Tribunal, un subpoena pour comparaître comme témoin. Son conseil a dû justifier son absence en ces termes : «M. Aimable Mporé n'est pas là à ce procès parce qu'il doit quitter ce pays aujourd'hui même, conformément à l`arrêté d`expulsion du ministère de l'Intérieur, dont il fait l`objet. Recevez ses excuses, Monsieur le Président».

Ce qui est paradoxal c'est, premièrement, que la Présidence présente dans son communiqué du 4 février, M. Mporé comme la victime d'une escroquerie, deuxièmement que, dès le lendemain, le gouvernement ivoirien l'intime «d'une attitude et d'un comportement légers visant à tenter de jeter un discrédit sur l'Institution de la Présidence, ce,  pour s'être défait facilement des fonds lui ayant été escroqués», troisièmement, que le Ministre de l'Intérieur trouve la supposée légèreté du DG (contradictoirement) si lourde de conséquence qu'il a pris par arrêté ( n°161/MI/CAB/du 05 février 2009) la décision de chasser le DG, presque immédiatement du pays et, quatrièmement, que la Présidence n'ait pas jugé utile dans l'intérêt de la Justice de retarder le délai d'expulsion d'une seule journée afin que M. Mporé puisse répondre de la convocation du Tribunal.

Ce quadruple paradoxe jette une zone d'ombre sur la transparence du procès. Ainsi, l'expulsion de M. Mporé de la Côte d'Ivoire s'apparente plus à son extirpation du procès pour empêcher que toutes les vérités soient rendues publiques. Comme la Présidence est la partie qui avait le plus à perdre si les complices et commanditaires de Mme Gomé devaient être dés-embusqués, les divers actes précipités des agents proches de Gbagbo qui ont entravé l'éclatement de la vérité, constituent un outrage au Tribunal, punissable par la loi.

En conseil des ministres du 12 février dernier, le Président Gbagbo a tenté une explication en ces termes : « Il convient de retenir que les enquêtes ayant précédé l`instruction de cette affaire et les confrontations qui ont eu lieu à l`occasion de ces enquêtes ressortent qu`il s`agit d`une vaste escroquerie à trois impliquant le directeur général ressortissant d`un pays ami, le Rwanda, de nationalité canadienne et dirigeant d`une société d`un pays ami, l`Afrique du Sud. C`est donc pour des raisons diplomatiques que l`expulsion du directeur général a été ordonnée». Or M. Aimable Mporé n'est pas un diplomate mais un simple homme d'Affaires. L'argument de l'incident diplomatique potentiel ne tient pas.

5-Déni d'un procès juste et équitable 

Nous l'avons dit : Mme Gomé a été arrêtée le 3 février dernier puis déférée et placée sous mandat de dépôt pour être transférée de façon expéditive le 4 février à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA). Il faut rappeler que le procès a eu lieu le 10 février et ajouter qu'il n'a duré que quatre heures. Le lendemain, le Juge affligeait à Mme Gomé, une sentence de cinq ans d`emprisonnement ferme pour escroquerie d'une somme de 65 millions de FCFA, d'une amende de 300.000 FCFA, d'une privation de droits civiques de dix ans, d'une assignation à résidence sur son lieu de naissance à sa sortie de prison pendant trois ans et du paiement d'un franc symbolique au profit du Président Gbagbo pour «atteinte à son honorabilité et à sa probité». Mme Mété, Ivoirienne par alliance, a reçu exactement la même sentence, à la différence que sa «résidence» d'assignation est le district d'Abidjan.

Curieusement, aucune des autres personnes mises en cause dans le procès n'ont été impérativement sollicitées, visiblement parce qu'elles auraient constitué des témoins à charge contre le Président Gbagbo. Ce sont, outre le DG de MTN, Mme Nathalie Niang (directrice des ressources humaines de MTN), Gervais Coulibaly (porte-parole du Président Gbagbo), Narcisse Téa Kuyo (Chef de Cabinet de la Présidence), M. Koné Boubacar (directeur du protocole d'État), le Directeur du Personnel de la Présidence, le responsable de la Section de recherches de la Gendarmerie, le «Pasteur Rwandais» de Gbagbo, Désiré Tagro (Ministre de l'Intérieur) et le Président Gbagbo lui-même.

Pourtant, il est incontestable que la plaidoirie de non-culpabilité de la Défense ordonne de facto au parquet de fournir des preuves sérieuses du contraire. Or, cela a cruellement fait défaut, faute de rapport d'enquête consistante et pour raison d'obstruction à la présence des témoins incontournables.

Ainsi, le procès n'aurait jamais dû se tenir, à fortiori condamner mesdames Gomé et Mété. En terme juridique, le Tribunal était tenu de se conformer au « Règlement (bien connu) de procédure et de preuve», qui dispose que «si la Chambre de première instance estime que les éléments de preuve présentés ne suffisent pas à justifier une condamnation pour cette ou ces accusations, elle prononce l'acquittement». Le critère à appliquer dans le cadre de la disposition du code pénal concernée, pour apprécier les éléments de preuve, est celui de savoir s'il existe des moyens de preuve au vu desquels un tribunal pourrait être convaincu, au-delà de tout doute raisonnable, que l'accusé est coupable du chef d'accusation précis en cause.

En somme le jugement des dames Gomé et Mété, délibéré d'ailleurs en trois petites minutes par le juge Yapi, a été bâclé et expéditif, soit tout le contraire d'un procès juste et équitable. Par conséquent, mesdames Gomé et Mété doivent être libérées.

6-Sentence de nature vicieuse et politique

Dans le cas d'une escroquerie de la nature exposée par le parquet, la peine maximale prévue par la loi est de cinq ans. Or le délit présenté en Cour a été établi par ledit parquet comme relevant de la responsabilité copartagée par trois personnes, en l'occurrence Mme Gomé, Mme Mété et M. Mporé. Puisque le montant d'escroquerie leur étant solidairement chargé est de 65 millions FCFA, la quote-part de chaque co-accusé est d'un tiers si les circonstances exigeaient un remboursement. Or, Mesdames Gomé et Mété ont été punies chacune du maximum d'emprisonnement (5 ans) pour un montant relatif d'escroquerie d'environ 22 millions FCFA.

Vu le fait que plusieurs cas de détournement de Fonds sont pendants ou à initier impliquant des sommes d'argent beaucoup plus énormes, évaluées en centaines de milliards, il est évident que la sentence du Juge est outrageuse et légalement vicieuse. Ce qui amène à la présomption raisonnable que le procès a été entravé par des portées politiques, au regard des preuves circonstancielles, notamment le fait que ce soit le Cabinet de la Présidence qui ait instruit la gendarmerie de la conclusion d'une supposée enquête, sans existence scripturale démontrée.

Il est aussi incompréhensible que l'accusation d'escroquerie soit portée contre Mme Gomé, étant donné qu'au jour de son arrestation, le 3 février, elle n'avait pas joui personnellement de la somme de 65 MCFA. Elle avait restitué 43 MFCFA à Mme Mété et les 22 millions ont été remis lors de son déferrement. Alors, sur quelle base le Tribunal a douté de la bonne foi de Mme Gomé à l'effet que les 65 MCFA étaient destinés à d'autres fins? Il est clair qu'après quatre heures de procès, toutes les vérités n'ont pas pu être connues.

Quant à l'autre chef d'accusation, «Grave atteinte à l'honneur et à la probité du Président Gbagbo», il porte en son libellé même le sérieux des conséquences du «vrai verdict» qui était attendu. En cas de culpabilité, la peine devait être très sévère et viser les dommages politiques en jeu pour une personnalité aussi haute que le Président de la République. En revanche en cas d'acquittement des accusés, le Président mis en cause devait assumer les conséquences reliées au fait qu'il est implicitement un potentiel suspect de crime et donc un coupable éventuel de Haute Trahison en monnayant ses audiences, directement ou indirectement.

Ainsi, étant donné les carences d'ordres à la fois juridique et judiciaire, la tenue même du procès n'aurait jamais dû avoir lieu. De ce fait, non seulement la mise en liberté des Dames Gomé et Mété est dictée par le Droit, mais aussi l'escroquerie du DG de MTN par un ou plusieurs agents de la Présidence continue de tenir, Laurent Gbagbo, de principal personnage incriminé.

Par ailleurs, il est paradoxal que le grave impact de l'accusation sur la capacité du Président Gbagbo de pouvoir gouverner, lequel «grave impact» a motivé la constitution du Président en partie civile, soit évalué en un franc CFA dit symbolique. En fait, on pourrait en faire deux interprétations possibles : soit que les dés étaient pipés d'avance de telle sorte que le Président ne voulait pas accabler davantage sa secrétaire particulière dont il savait la responsabilité limitée dans l'Affaire; soit que le Président minimise la notion même d'honneur et de moralité à un point tel qu'il n'a agi que pour le principe de passer le message qu'il accorde de l'importance à la Constitution, l'art.35 en l'occurrence. Dans les deux cas, il est inconséquent que mesdames Gomé et Mété soient punies pour une cause qui n'a qu'une valeur symbolique. C'est pourquoi, les peines relatives à l'exercice de leurs droits civiques et humains sont excessives, démesurées et inexplicables juridiquement au regard des chefs d'accusation, de la Constitution, du Code pénal et de la Charte universelle des Droits de l'Homme.

7-Sentence excessive «Ultra Petita»

Aux termes des plaidoiries, le parquet, chargé de la poursuite au nom de la République, après avoir examiné les preuves contestées par la Défense, avait recommandé un an d'emprisonnement pour Mme Gomé et l'acquittement de Mme Mété pour délit non établi. En infligeant des peines d'emprisonnement de cinq ans à chacune des prévenues, le Juge Clément Yapi, premièrement, a quintuplé la sentence du parquet à Mme Gomé, a priori le maximum auquel le Juge est tenu au tribunal de première instance, et deuxièmement, a imaginé pour Mme Mété, des preuves associées à la peine maximale autorisée par la loi pour le type de délit en jugement. Il s'agit ici de deux sentences dites «Ultra Petita», c'est-à-dire une réaction, soit de saute d'humeur personnelle du Juge, soit dirigée et sans commune mesure avec le Droit.

8-Sentence Extrajudiciaire

Rappelons que le Président Gbagbo a déclaré en conseil des ministres du 12 février dernier que l'Affaire était «une vaste escroquerie impliquant trois personnes», soit Mme Gomé, sa secrétaire particulière, Mme Mété, son interprète, et M. Mporé, DG de MTN.

Pourtant, Gbagbo a jugé bon d'expulser M. Mporé, un homme d'Affaires de nationalités rwandaise et canadienne et DG d'une entreprise de l'Afrique du Sud dont il n'a pas la nationalité, pour éviter, dit Gbagbo, un incident diplomatique avec un pays ami. Lequel? Le Rwanda de Kagame (en brouille avec la France comme le FPI)? L'Afrique du Sud de Kgalema Motlanthe (le remplaçant de Thabo Mbeki, ami personnel de Gbagbo)? Ou le Canada? Peu importe! Le DG escroqué, mais paradoxalement accusé aussi, a vu son compte être réglé hors Cour par Gbagbo, une partie civile dans le procès.

Le cas de Mme Gomé semble avoir été scellé aussi hors Cour lorsque le communiqué présidentiel du 4 février l'a présentée à toute la nation comme «la voleuse de la Présidence». Mme Mété, elle, a été condamnée par M. Clément Yapi, sans arguments de Droit.

D'où le constat inacceptable que la Présidence s'est fait justice elle-même, malgré les apparences contraires. Le terme exact pour désigner cette situation est le règlement de compte extrajudiciaire.

9-Erreur sur la personne

Dans son compte rendu du conseil des ministres du 12 février dernier où le procès MTN a été discuté, le ministre Amadou Koné, en tant que Porte-parole du Gouvernement, a fait l'apologie de la «politique de moralisation» de Gbagbo en ces termes : «Sous prétexte d'une crise qui semble visiblement profiter à bien des habitants de ce pays, certaines personnes se sont tout simplement abonnées aux coups bas et autres raccourcis, tordant ainsi le cou aux bonnes mœurs et à la loi. Corruption, malversation, détournement, racket, surfacturation, mensonge et tricherie; bref, la Côte d'Ivoire, comme dirait l'autre, est malade de ses citoyens, de ses habitants. Elle a mal à la morale et à l'éthique. C'est la course au gain facile, à l'argent en vitesse, à l'enrichissement illicite. Alors, bonjour à tous les faux coups! Écœuré par une telle dérive collective, le Président Laurent Gbagbo a frappé du poing sur la table : «Tous ceux qui volent l'argent public doivent être traqués et traduits devant les tribunaux», avertissait le Chef de l'État, le 18 novembre dernier, depuis Yamoussoukro à l'ouverture du premier sommet africain des mines et de l'énergie. «Pendant la crise», a-t-il ajouté, «nous voyions les voleurs, mais nous ne pouvions pas être sur deux fronts à la fois. Maintenant que le pays retrouve une vie normale, nous devons pourchasser ceux qui détournent l'argent. Que personne ne se trompe sur notre capacité et notre détermination».

Ce même jour du 12 février, Le Quotidien Le Temps, proche de la Présidence s'est extasié ainsi : «le tribunal en délibérant hier, n'a pas suivi le parquet et a décidé de sanctionner lourdement ces deux prévenues «aux fins certainement de servir de leçon» aux éventuels adeptes à l'escroquerie. Notamment, des indélicates personnes qui usent du nom et de la qualité du chef de l'État pour assouvir des desseins inavoués».

En somme, le procès des Dames Gomé et Mété a été un exutoire pour le Président Gbagbo pour déverser son ras-le-bol d'un problème de corruption généralisé dans son régime. Dans une condition pareille, il est facile d'admettre qu'à travers le procès des Dames Gomé et Mété, c'est tout un système immonde qui a été jugé. Ce qui ne devait pas être le cas. Les «petits» ne doivent pas payer pour les «grands» qui, eux, ont les moyens de se payer la tête de boucs-émissaires.

10-Caducité de judiciarisation de la corruption sous le régime Gbagbo

La déclaration de Yamoussoukro de Gbagbo à l'effet que «pendant la crise, il voyait les voleurs, mais qu'il ne pouvait pas être sur deux fronts à la fois et que, maintenant que le pays retrouve une vie normale, il était décidé à pourchasser ceux qui détournent l'argent», est lourde de conséquences. En effet, Gbagbo confirme ainsi sa Déclaration d'Adzopé, laquelle disait qu'il ne peut pas suivre deux écureuils à la fois. L'interprétation politique est que Gbagbo avouait par là ne pas être «intellectuellement» capable de suivre deux dossiers à la fois.

Néanmoins, le hic le plus préjudiciable est d'ordre juridique. La déclaration de Gbagbo à Yamoussoukro indique son intention d'appliquer la loi à partir d'une date arbitraire, proche des élections, après avoir cultivé l'impunité pendant plus de huit ans de Pouvoir. Au-delà, de ce qui paraît comme étant un début nécessaire de «moralisation de la vie publique», la nouvelle attitude de Gbagbo établit au contraire une justice à deux vitesses. Il y a, d'une part, les gros bonnets qui se sont rempli les poches au bon moment et, d'autre part, les «grilleurs de miettes» qui se font prendre la main dans la caisse vidée.

En effet, il est notoire que plusieurs gros cas antérieurs restent à élucider : le marchandage des faits avérés des audiences du Président Gbagbo à l'ère de Eugène Allou; le vol de centaines de millions de CFA au CES de Fologo; le détournement du budget de l'Université de Cocody; la destination des redevances pétrolières de l'État; les rackets au Trésor public; les primes des FDS décaissée frauduleusement; l'évaporation de l'aide de l'UE au financement des établissements scolaires privés; le devenir du Fonds Jeunesse de dix milliards FCFA, constitué en 2004; la gestion des Réserves de contingence de l'État communément appelées Fonds de souveraineté, etc.

En d'autre terme, la jurisprudence invalide la lutte du présent régime contre le racket, la corruption, les détournements de fonds, le harcèlement sexuel (ou droit de cuissage), la négation de la valeur de la vie humaine, l'abus de pouvoir, bref, contre un mal ivoirien institutionnalisé par ledit régime.

Alors, des deux choses l'une : ou Gbagbo démissionne pour avoir échoué ou les Ivoiriens l'interpellent sur l'urgence de la tenue des élections présidentielles et législatives. La première option, quoique politiquement avantageuse pour l'Opposition viable, en l'occurrence le RHDP, ne constitue pas une voie efficace de sortie de crise. Par contre, il est indéniable que seul le renouvellement de la classe politique est porteur de changement de politique crédible. SOS, madame Élection!

Dr Antoine Ahua Jr / Québec, Canada / antoineahua@hotmail.com

Le 16 février 2009

 
Dr Ahua Junior explose : “L’APO a échoué...” L'accord de Ouaga, les verités cachées aux ivoiriens
Jacques-Roger (Ivoirenews-Radio): Docteur, vous avez publié deux articles récemment : le premier qui date du 31 juillet dernier, est intitulé : «Le 30 novembre, le Régime Gbagbo tombe constitutionnellement et sans appel». Le deuxième article date du 19 octobre et porte le titre de «Au-delà du 30 novembre, l'ONUCI doit mettre sous sa tutelle la CEI (la Commission électorale indépendante)». Le 10 novembre passé, le Cadre permanent de concertation (CPC) de l'Accord politique de Ouagadougou (APO) s'est réuni. Le communiqué final, premièrement, maintient Gbagbo au Pouvoir au-delà du 30 novembre avec l'accord de l'Opposition significative (Alassane Ouattara et Konan Bédié) et, deuxièmement, la CEI semble avoir carte blanche pour fixer la date des prochaines élections.

Êtes-vous frustré? Quelle est votre appréciation de la situation?

Réponse Doc. Ahua Jr.:
Je ne suis pas frustré. Ma lecture personnelle de la situation est qu'il y a un changement très important et positif pour ce qui concerne l'encadrement du processus électoral. J'avoue que ce virage qui est en train de s'opérer sur le plan politique échappe à beaucoup d'observateurs. J'y reviendrai plus tard si vous le voulez bien.

Par contre, je suis en colère, du fait que les conditions de vie de la population ne soient toujours pas prises en compte : l'APO n'a pas été conçu pour durer plus que 10 mois. Il devait aboutir à des élections au plus tard le 4 Janvier 08; c'est pourquoi cet Accord ne comporte pas de volet économique et social. C'était le prix à payer pour que Gbagbo et Soro fassent leur Dialogue Direct : 10 mois. Pas plus! Aujourd'hui, nous constatons qu'après 2 ans de ce Dialogue Direct : Gbagbo n'est toujours pas capable de nous dire pourquoi il a signé cet accord. Rappelez-vous qu'en allant à Ouaga en février 2007, Gbagbo avait dit aux Ivoiriens : «Je m'en vais demander pourquoi des Ivoiriens ont pris les armes contre leur propre pays». On attend toujours la Réponse. Gbagbo n'est pas capable d'arracher à Soro, la moindre concession. Mais que fait-on face à un régime illégitime, illégal et incompétent, quand on est soi-même démocrate? L'Ambassadeur de France, André Janier, disait, il y a deux jours : «Gbagbo ne comprend pas l'exaspération des Ivoiriens». Janier a raison : Gbagbo a fermé les yeux sur le devenir des Ivoiriens. Donc les reproches qu'on peut faire à l'APO est double. D'abord, l'APO n'est pas capable de remplir sa mission, réunifier le territoire et organiser les élections, et ensuite, l'APO empêche le gouvernement de remplir sa mission économique et sociale. Dans ce dernier cas, le Pouvoir est en train de créer une véritable bombe sociale à retardement, une bombe qu'il convient de dénoncer inlassablement.

Il y a le chômage : outre les fonctionnaires, par ailleurs mal payés, qui d'autres travaillent en Côte d'Ivoire? Quelle est la proportion des employés du privé qui ont conservé leur emploi après septembre 2002? Qui pensait qu'un jour des Ivoiriens fuiraient Abidjan, la perle des lagunes, pour aller mourir en boat people dans la méditerranée?

Il y a l'inflation : le prix du pétrole brut léger est passé de 147 $ le baril, le 11 juillet dernier, à 57$ le baril, avant-hier 12 novembre, soit une baisse de 60% en 4 mois. En Côte d'Ivoire, le 11 novembre, le litre de super sans-plomb est passé de 795 à 695 FCFA (soit une baisse de seulement 12%). Le litre du gazole a diminué de 8,7% seulement en passant de 685 à 625 FCFA. Comme de raison, les associations des consommateurs ont indiqué leur insatisfaction.

Il y a les détournements de fonds généralisés et impunis, dont on ne parlera jamais assez, mais ce n'est pas la priorité de Gbagbo. Prenons quelques exemples récents : Deux Affaires Fologo. Premièrement, en avril 2008, 400 millions FCFA sont volés mystérieusement au CES (pas d'enquête) et un mois plus tard, soit le 29 mai 08, Fologo a suffisamment d'argent pour créer enfin son parti politique, le RPPP : Rassemblement pour la paix, le progrès et le partage; deuxième Affaire, Fologo s'est fait payé par le Trésor la modique somme de 700 millions FCFA pour réparer la clôture du CES, somme prélevée sur 3 milliards FCFA de don de la Chine à la Côte d'Ivoire; Pas un mot de Gbagbo!

L'Affaire Stéphane Kipré. «Ce jeune homme de 28 ans devient le 29 juin 2007 l'époux de Marie Laurence Gbagbo, l'une des filles jumelles du couple présidentiel. Un mois après son mariage, en juillet 2007, Kipré quitte le MFA de Anaky Kobenan et crée son propre parti l'Union des nouvelles générations, l'UNG, un autre club de soutien de Gbagbo. Dans la foulée, ce jeune homme acquiert une imprimerie, crée Idéal Communication et dote l'UNG d'un organe de presse, Le Quotidien. Aujourd'hui, Kipré roule en Hummer. Demain, 15 novembre, c'est dans les marbres et les dorures de la Fondation Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, que Stéphane Kipré va tenir la première convention de son parti. Une organisation dans laquelle, il aurait englouti déjà un demi-milliard de FCFA». Pas d'enquête.
Stéphane Kipré
L'Affaire Ange Kessy, procureur militaire accusé de faux et usage de faux et d`avoir organisé en septembre dernier, la fuite de dame Soumah Aïtta en Italie, une dame recherchée pour escroquerie : c'est grave pour un procureur militaire de la République, supposé assurer la sécurité territoriale du pays. Pas d'enquête.

L'Affaire Tchimou dans le conflit Petroci - société Inter oil services (ILS) : Le Procureur civil de la République, Raymond Tchimou est accusé par le Conseil de l'Ordre des 500 avocats du Barreau, accusé dis-je d'avoir enfreint au «principe de l'inviolabilité du domicile professionnel d'un avocat, en l'occurrence le bâtonnier Assi Emmanuel, au prétexte de l'exécution d'une décision de justice rendue en matière civile». Depuis le lundi dernier, 10 novembre, il y a arrêt de toute prestation d'avocat dans les juridictions du pays, ce jusqu'à la démission réclamée de Me Tchimou. Me Tchimou qui, lui, menace à son tour les 500 avocats, de punition. Voilà la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui! L'appareil judiciaire de tout un pays est paralysé par abus d'autorité d'une seule personne. Gbagbo a envoyé Mamadou Koulibaly et Désiré Tagro régler l'Affaire, entre barons du Régime. Alors que c'est le travail du ministre de la Justice, Mamadou Koné issu des FN.
Le Procureur Raymond Tchimou
Il y a la corruption d'État avec le Fonds de souveraineté (FS) de la Présidence. Ce Fonds est passé de 15 milliards FCFA en 1999 sous Bédié à 71 milliards FCFA en 2008. En fait, le FS a pour vrai nom «Réserve de contingence» i.e. un Fonds de recours pour les cas éventuels de catastrophe, tels les cas de déchets toxiques, des déplacés de guerre, etc. Mais que constate-t-on?

Le FS est détourné en récompenses pour patriotes alimentaires, dont les 100 conseillers de la Présidence, tel Kalé Bialy de l'Africa Sport mais pas Laurent Pokou de l'Asec.

Le FS est détourné en pensions alimentaires : à la tête des bénéficiaires, Broh Grébé, présidente des Femmes patriotes de Gbagbo; il y a une semaine, elle a demandé le report des élections dans un an, par intérêt égoïste, parce que Madame est subventionnée et capable de louer l'hôtel Ivoire à 2 millions FCFA par jour, pour dire aux journalistes qu'elle a pour mission patriotique de «changer l'homme ivoirien». Autre bénéficiaire : Madame Danielle Boni Claverie, avec son parti politique l'URD, en fait un autre club de soutien alimentaire de Gbagbo, avoue à tue-tête, son ambition d'être à la place d'un des ministres du RHDP qu'on doit chasser du gouvernement, dit-elle. Autre bénéficiaire : Madame Lagou Henriette, nommée PCA de Air Ivoire pour le mettre en faillite quelques mois plus tard, un trou de 7 milliards FCFA en 2007 pour une Compagnie dont le capital n'est que de 2 milliards FCFA;

Le FS est détourné en rétributions tribalistes. Gbagbo et Bohoum Bouabré ont confié à Blé Goudé, 10 milliards FCFA en 2004 pour des projets d'emplois destinés, disait-on, à la jeunesse. Pas de suite. Nous avons en Côte d'Ivoire, une entreprise appelée «Leaders Team», propriété personnelle de Blé Goudé, payée pour des activités dites patriotiques, faites bénévolement par les enfants des autres, rassemblés au sein du Cojep ou de l'Alliance des Jeunes Patriotes. C'est de la maffia organisée. Pendant ce temps, les hommes de la Présidence bastonnent un autre Patriote alimentaire, le Maréchal Eugène Djué qui s'est demandé, et ce sont ces mots, comment annoncer la nouvelle à ses parents baoulé.

En revanche, si on revient au niveau de l'encadrement politique électoral, l'espoir est permis. Car, l'APO est maintenu sur les lèvres pour ne pas blesser l'égo de trois acteurs, soit celui du Facilitateur Compaoré et des deux signataires, Gbagbo et Soro, alors que dans les faits, et c'est bien ainsi, la CEI est de plus en plus sous tutelle de l'ONU. Depuis janvier dernier, après les réunions du CEA et de CPC jusqu'à la toute dernière résolution de l'ONU de la semaine dernière, le financement issu de la Communauté internationale est géré par le PNUD et non par le Trésor public, question de méfiance et de mal gouvernance du côté ivoirien; l'ONUCI fait le travail de la CEI, question d'efficacité, car c'est l'ONUCI qui a identifié les 11 mille sites de bureau de vote; c'est l'ONUCI qui a élaboré 1000 microprojets dans le cadre du Service Civique; c'est l'ONUCI qui s'est chargée du rapatriement des ordinateurs de Sagem de l'Europe en Côte d'Ivoire; c'est l'ONUCI qui s'occupe désormais du transport des Agents et du matériel de l'identification et enrôlement (I.-E.); c'est l'ONUCI qui a fixé la date limite de l'I.-E. à janvier 09 et la date des élections avant le printemps 2009, soit 3 mois après la mise à jour de la liste électorale, donc, une élection à prévoir à mon avis pour fin avril 09, i.e. avant la grande saison des pluies); l'ONUCI est en train de former 80 policiers d'intervention rapide sous le commandement de U.N.POL en remplacement de la BAE, brigade anti-émeute à la solde du FPI); c'est l'ONUCI qui supervise l'insertion des mille soldats FN censés descendre à Abidjan pour sécuriser les sites d'I.E. dans le cadre du CCI; 500 soldats FN sont déjà là à Abidjan; l'ONUCI dispose de 8 mille soldats Onuci et 2 mille soldats Licornes, soit environ 10 mille soldats de Forces impartiales pour sécuriser le pays; des casques bleus dont le mandat sera réévalué en janvier prochain; c'est l'ONUCI qui certifie le processus électoral et qui annoncera le résultat des élections; l'ONUCI bénéficie déjà de l'expertise en matière électorale de 8 observateurs du Centre Jimmy Carter; des Experts qui sont installés à Abidjan depuis le 7 novembre dernier. Ces observateurs sont envoyés par le gouvernement américain, riche d'une subvention de 200 mille dollars, soit 100 millions F CFA.

Bref, le pouvoir politique artistique est aux mains de Soro et c'est l'ONUCI organise les élections. Gbagbo ne contrôle plus rien. Lui et le FPI se plaignent parce qu'ils savent qu'ils sont relégués définitivement au rang de simple organisation comme le RDR, le PDCI et les autres partis d'opposition. Ainsi, les Refondateurs ne pourront plus faire du dilatoire et rêver conserver le Pouvoir indéfiniment par la ruse. Ça veut dire qu'ADO et Bédié savent que les élections seront démocratiques malgré les discours de Gbagbo dont les blocages ne seront plus possibles. Mais, il y a tout de même un problème de ce côté-là. Ce problème est que le RHDP attend patiemment d'arriver aux affaires d'État de façon démocratique, sans en contrepartie assumer, à la satisfaction de la population, leur devoir d'opposants, i.e. leur rôle politique de porte-parole de la société civile. ADO et Bédié perçoivent de façon méritoire sans aucun doute, au moins 20 millions FCFA par mois chacun, à titre de pension de retraite professionnelle et aussi à titre d'activités courantes. Donc, ADO et Bédié sont autosuffisants financièrement et n'ont pas besoin de la politique pour gagner leur vie. Cela expliquerait-il leur laxisme apparent? Ce que les intellectuels ivoiriens décrient en fait dans les médias, c'est le fait qu'au sein de leurs partis respectifs, ces deux leaders n'envoient pas au charbon quelques-uns de leurs cadres, plus jeunes, plus engagés, qui sont prêts à se mouiller sur la place publique pour relever le défi de la démocratie pluraliste. Comment trouver normal que le RHDP qui aspire assumer le pouvoir d'État de façon démocratique, donc avec compassion, laisse Antoine Assalé Tiémoko en prison? Est-ce rassurant que le RHDP ne demande pas des explications pour la détention du journaliste Assé Alafé? Non! Est-ce rassurant que le RHDP ne réagisse pas que des déchets toxiques soient encore en pleine ville à Vridi? Non! Est-ce rassurant que le RHDP se plaigne passivement que la RTI soit réquisitionné par un DG? Non! Est-ce rassurant que les leaders du RHDP ne fassent pas eux-mêmes des conférences de presse, collégiales, afin que la portée de leur message soit relayé par la presse internationale et surtout pour que la population ait un équilibre de l'information relativement aux faits quotidiens? Non! Il y a clairement un déficit de communication auprès de la population. D'où cette impression que l'Opposition n'existe pas, que Gbagbo n'a pas d'adversaire.

En résumé, Soro a réussi son coup d'État par les armes et l'ONU va organiser des élections démocratiquement, grâce à la pression diplomatique, discrète et efficace de l'Opposition. ADO et Bédié ne sont pas tonitruants mais travaillent pour les Ivoiriens, selon leur propre évaluation des enjeux pour lesquels ils ont des informations que le commun des mortels n'a pas.

Jacques-Roger : Si je comprends bien, vous avez une vision optimiste de l'avenir de la Côte d'Ivoire? Vous ne voyez pas de chaos ?

Réponse Doc. Ahua Jr.: Ce que je dis c'est que Soro a réussi son coup d'État mais, il n'en est pas totalement conscient. Il pourrait gérer le pays en ignorant Gbagbo. Et il ne se passerait rien. Car Gbagbo n'a pas d'ambition au-delà du fauteuil présidentiel. Il s'est toujours contenté de son titre de président et de son Fonds de souveraineté, quitte à signer tous les documents d'asservissement du peuple ivoirien qu'il prétend défendre. Gbagbo n'a jamais pris de décision difficile et n'a pas le courage d'appliquer les menaces qu'il profère occasionnellement.

Jacques-Roger : Vous semblez sous-estimer la force de résistance du FPI et des milices pro-Gbagbo.


Réponse Doc. Ahua Jr.: Le FPI n'existe plus. Il y a un conglomérat d'anarchistes. Chacun a son discours. Mamadou Koulibaly a dit la semaine dernière : «Les FAFN sont illégales, elles ne doivent pas sécuriser les élections». Il l'a dit à des chefs coutumiers de Bouaké, au lieu de le dire à son chef qui a signé l'APO; MK est un intellectuel isolé. Pendant ce temps, Affi Nguessan faisait le tour des parlements et agoras et appelait à la confiscation du Pouvoir : «Ceux qui n'ont pas gagné par les armes, ne peuvent pas gagner par les urnes. Les élections, ce ne sont que des bouts de papier; le suffrage populaire ne vaut rien». Ce qui est en contradiction flagrante avec son chef qui vocifère à la moindre occasion, comme pour se moquer des Ivoiriens : «Allons aux élections, vite, vite, vite». Affi est le président d'un parti, le FPI dont les supposés membres ne sont plus des militants, puisqu'ils préfèrent plutôt se réclamer de ce qu'ils appellent «Camp présidentiel». Affi est donc aussi isolé. Quant à Simone Gbagbo, elle est allée, le 31 août dernier, à Katiola, terre natale de sa rivale, Nady Bamba, pour jouer la Jeanne d'Arc conquérante. La première dame n`est pas allée du dos de la cuillère pour fustiger les Forces nouvelles représentées par le ministre Konaté Sidiki et le commandant Touré Hervé Vétcho, commandant de la zone 2. Son message était de les enjoindre à respecter les lois, sans préciser aux Ivoiriens, la loi au nom de laquelle, elle, avait réquisitionné pour sa sécurité, 1000 éléments des FDS et un important matériel roulant militaire, à savoir, plusieurs blindés et des pick-up surmontés d'armes lourdes. Simone est sur la liste noire de bien de monde : les FDS, les FN, la France, l'ONU et le CPI. Autant dire qu'elle n'est pas fréquentable. Et Gbagbo, lui, passe ces jours-ci son temps à comprendre pourquoi les Étatsuniens ont élu à la Présidence, un Noir qui n'a pas une longue histoire avec son peuple et dont le père n'est pas américain. Gbagbo a même écrit à Obama pour lui indiquer de sa disponibilité. Sa disponibilité à quoi? Alors qu'il n'est pas disponible pour la démocratie et le bien-être ivoirien. C'est le symptôme d'un homme «out of touch», «out of time» et qui a perdu sa sérénité. La preuve : Gbagbo a créé une loi improvisée et contestée sur la xénophobie, le racisme et le tribalisme alors qu'il est le premier à la violer en traitant ADO et Bédié de candidats des étrangers, une loi abusive qui conduit à une peine de 5 à 10 ans d'emprisonnement et d'une amende allant de 500 mille à 5 millions de FCFA; dans la peur de perdre les élections, le parti de Gbagbo, le FPI a vendu sa dignité et mis en danger la souveraineté de la CI en créant, le 19 septembre dernier, une alliance précipitée et de conflit d'intérêt avec le CDP, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès, parti burkinabè de Blaise Compaoré; Comme la Communauté internationale a les yeux rivé sur les recettes du café cacao et du pétrole, Gbagbo vient de vendre Air Ivoire et l'Hôtel Ivoire à des intérêts privés pour financer sa campagne électorale; Gbagbo est allé jusqu'à essayer de provoquer une insurrection contre le processus électoral. Voici ce qu'il a dit à Mama, le 30 septembre dernier : ««Il faut que nous tous, peuple, nous nous rassemblions pour faire des pressions sur ceux qui organisent les élections pour dire qu'on en a marre, pour dire qu'on est fatigués et qu'on veut les élections parce qu'on veut la paix et parce qu'on veut un vrai gouvernement. J'encourage tous les Ivoiriens à s'organiser, à faire des manifestations, des conférences, des marches, des meetings, partout pour exiger les élections vite, vite, vite». Voilà c'est ça le FPI : un front de personnages indépendants.

Quant aux milices pro-Gbagbo que vous avez évoquées, Jacques Roger, où sont-elles? Elles n'ont pas été entretenues par le pouvoir et elles se sont regroupées en petites bandes de braqueurs ou de coupeurs de route. Selon le Secrétariat d'État américain, Abidjan est la 2e ville la plus dangereuse du monde, après Bagdad. D'autres milices, plus clairvoyants, ont carrément changé de camp politique; la Lima et GPP viennent de déposer leurs valises au RDR. En somme, Gbagbo ne peut plus compter sur un groupe de personnes quelconques, ni civiles ni armées, pour soutenir son pouvoir.

Jacques-Roger : Même pas l'armée loyaliste?

Réponse Doc. Ahua Jr.: Les FDS i.e. les Forces de sécurité : Armée, Gendarmerie et Police, sont le reflet de la société. Ils souffrent aussi économiquement de la situation. Je pense qu'ils sont loyaux envers la République. Ils sont de plus en plus éduqués et Gbagbo ne peut pas compter sur eux pour qu'ils se lèvent comme un seul homme pour obéir à un ordre de politique politicienne. De plus, l'armée n'est pas seulement loyaliste, elle est royaliste, i.e. que chacun a son roi : Gbagbo a certes ses sujets parmi eux mais il y a d'autres rois, Général Mangou, Général Doué, même Feu Général Guéï, Bédié, ADO, Banny, Soro et même IB. Même les soldats dits de la génération Blé Goudé volent de leur propre aile. Gbagbo le sait. C'est pourquoi, il prend très au sérieux les derniers mouvements insurrectionnels des militaires à Daoukro et à Yamoussoukro; de nouveaux rebelles dont le procès est suspendu, faute de disponibilité d'avocat. Ce n'est donc pas pour rien que Gbagbo a créé le CECOS, le Centre de commandement pour la Sécurité, qui est en fait un groupe tribaliste, capable plus de terreur contre des individus que de guerre stratégique contre une armée adverse.

Jacques-Roger : Mais Docteur, à vous entendre, l'APO a échoué et pourtant elle demeure la référence de la sortie de crise. Tout le monde, Gbagbo, Soro, ADO, Bédié et même l'ONU semblent avoir l'APO comme boussole. Vous ne vous sentez pas isolé dans votre analyse?

Réponse Doc. Ahua Jr.: Il y a un adage qui dit ceci : «Si, dans la noirceur, vous voyez quelque chose qui nage comme un canard, cancane comme un canard et marche comme un canard, c'est que c'est un canard». Il faut donc appeler les choses par leur nom. L'Ivoirien a droit à l'information, à l'information juste.

L'APO, c'était dix mois d'existence; pourquoi? Parce que c'était la durée tolérable pour sacrifier l'économie afin que les deux belligérants règlent leur problème de coup d'État manqué et qu'on aille aux élections. Ça fera 24 mois, en mars prochain, que l'APO aura été signé. Pas encore d'élection après 4 reports : 1ère date fixée: le 4 janvier 08, dans les 10 mois, puis 1er report au 30 mars 08 après les accords complémentaires du 29 nov. 07, 2e report au 30 juin 08 après le CPC du 24 janvier 08; 3e report au 30 novembre 08 après les négociations marathon de la mi-avril 2008; et 4e report après le dernier CPC du 10 nov. dernier; d'autre part : toujours pas de programme économique dans les priorités gouvernementales, parce que l'APO est le programme du gouvernement. Donc soyons clair, l'APO a échoué. Ne faisons pas les hypocrites.

Parmi les points de désaccord entre les belligérants, qu'est-ce qui a été réglé? Le désarmement? Non! Le service civique? Non! La réunification du pays? Non! Une seule armée? Non! L'autorité nationale de l'État? Non! Le retour des déplacés de guerre? Non! L'indemnisation des victimes de guerre? Non! L'amnistie et l'indemnisation des exilés politiques? Non! Donc, comme un canard est un canard, un échec est un échec. Et l'APO a doublement échoué. Et ne faisons pas semblant de régler des problèmes que le cadre actuel ne permet pas de régler.
Je ne suis pas isolé dans cette analyse. Tout le monde est d'accord avec moi. Seulement, il y a ceux qui le disent ouvertement et ceux qui le pensent dans le silence.

Jacques-Roger: Si l'APO a échoué et qu'il est maintenu comme la référence pour la sortie de crise, c'est qu'on avance vers le chaos?

Réponse Doc. Ahua Jr.: Non! Parce que l'ironie dans tout cela, c'est que depuis le CPC du 24 janvier dernier, les acteurs nationaux et internationaux sont unanimes sur le fait qu'il faille focaliser les efforts sur l'organisation des élections, audiences foraines, identification, enrôlement, liste électorale, etc., et laisser au prochain président, la tâche de régler les problèmes en suspens. Le hic est que la population reste désinformée à l'effet que l'APO est en train d'être appliqué. Conséquemment, on crée faussement des attentes. Alors, des gens de bonne foi crient à tue-tête et vainement au désarmement, à l'indemnisation des victimes, etc. Des rubriques qui ne sont plus à l'ordre du jour.

Jacques-Roger : Dans ce cas, c'est un complot contre la population ivoirienne. Qu'est-ce que tous ces acteurs ont à perdre s'ils disaient la vérité que l'APO a échoué et qu'ils se sont focalisés uniquement sur l'organisation des élections?

Réponse Doc. Ahua Jr.:
Imaginez qu'on annonce que l'APO est mort. C'est que c'est le Dialogue direct qui a échoué. Du coup, Soro n'a plus sa place à la Primature et s'expose au TPI et Gbagbo tombe aussi. Les autres acteurs, ADO, Bédié, l'ONU ont, semble t-il, fait le choix de laisser la structure politique tel quel, pourvu que des élections ouvertes, transparentes et crédibles soient organisées le plus vite possible sans obstruction. Ça veut dire qu'il y a une trêve jusqu'en janvier 09 à la prochaine réunion du CPC et du CS de l'ONU, dépendant de l'avancement du processus d'I.-E.

Jacques-Roger : Pourquoi Gbagbo tomberait si Soro tombe?

Réponse Doc. Ahua Jr.: Parce que les deux n'ont pas le mandat constitutionnel d'occuper respectivement la Primature et la Présidence. Pour Soro, c'est plus évident pour le commun des mortels. Il détient illégalement des armes. Et il a été nommé par Gbagbo pour qu'ensemble ils règlent l'aspect militaire et d'administration territoriale de leur conflit. Alors si le règlement de ces problèmes devient postélectoral, Soro ne peut rester à la Primature que pour des raisons de convenance politique.
Quant à Gbagbo, son mandat constitutionnel est échu depuis le 26 octobre 2005 et ses pouvoirs exceptionnels d'après-mandat, octroyés par l'art.38 de la Constitution, sont échus 90 jours après n'importe laquelle des nombreuses dates que les deux signataires de l'APO ont confusément proclamées en 2007 à Bouaké, à Gagnoa, à Djébonoua, etc., comme étant l'avènement officiel de la réunification du pays. Alors, si Gbagbo est à la Présidence sans insurrection de l'Opposition, c'est parce que ADO et Bédié jouent les pacifistes pour des raisons de convenance politique. Il n'est dans l'intérêt de personne qu'on fasse sauter Gbagbo sans savoir comment le remplacer pour aller à la paix. Comme il y a un vide juridique, je crois que jusqu'aux élections, Gbagbo sera toléré. En contrepartie, il doit impérativement être restreint à vaquer aux affaires courantes seulement. Pas autre chose. C'est-à-dire lui interdire, par des pressions de l'Opposition entre autres, de prendre des décrets de politique politicienne et de faire aux frais de l'État, des dépenses de campagne électorale partisane. Ce qui est tout simplement de la corruption d'État. À cet égard, l'avertissement de l'ONU est subtil mais clair : en janvier prochain, si le processus électoral n'évolue pas, je ne peux pas garantir l'avenir politique de Soro et ni celui de Gbagbo. D'ici là, il va falloir réfléchir à la façon de combler une éventuelle vacance du Pouvoir d'État.

Entrevue réalisée par Jacques Roger

Source: http://www.ivoirenews.net
 

Affaire «Remaniement ministériel»

Le 30 novembre 2008, le Régime Gbagbo tombe constitutionnellement et sans appel

Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada - Depuis quelques jours, le camp présidentiel (Gbagbo, FPI et CNRD) a oublié à la MACA ses «appâts café cacao» jetés à l'eau pour espérer pêcher quelques gros poissons de l'opposition (RHDP). Le leurre judiciaire n'ayant mystifié aucun adversaire électoral, Gbagbo semble s'être concentré maintenant sur son plan B, soit le leurre politique de l'électorat en argumentant que le RHDP sabote le bon travail qu'il fait pour la sortie de crise. Curieusement, le Président de la République fait cette complainte en alléguant un certain manque de solidarité des ministres de l'opposition relativement, non pas à l'APO (plan de sortie de crise), mais aux décisions du gouvernement pour mettre fin aux manifestations de la population contre la récession économique. D'où l'inconsistance même du discours électoral du Président.

En effet, Gbagbo ne cesse de radoter, en un premier lieu, qu'il n'est préoccupé que par la sortie de crise (processus électoral) afin de pouvoir, en un second lieu, s'occuper des problèmes de développement après sa réélection. Il a même osé faire du chantage aux chômeurs du Département d'Adzopé, venus l'entendre le 11 janvier 2008, en leur déclarant qu'il ne peut pas suivre deux écureuils à la fois et que son programme économique de 2000, le seul capable de sauver la Côte d'Ivoire, ne pourra être exécuté que s'ils votent (encore une fois) pour lui au prochain scrutin. Est-il donc étonnant qu'après avoir semé le vent économique, Gbagbo récolte la tempête de la faim du peuple? L'incongruité, c'est que le Président n'arrive pas à attraper le seul écureuil qu'il a décidé de suivre, en l'occurrence l'application de l'APO, et refuse d'assumer les effets sociaux de l'absence (volontaire) de programme économique dans son gouvernement.

En fait, la mission uniquement «électorale» de l'APO du 4 mars 2007 avait pour pré-requis que les élections se tiennent assez rapidement, soit dans les dix mois. Au-delà de cet horizon, l'APO réactualisé le 28 novembre 2007 avec les Accords complémentaires de Korhogo, toujours sans plan économique, portait là les germes des limites de la patience du peuple affamé.

Alors, qu'est-ce Gbagbo espère du front social après que l'APO, même re-chronogrammé, n'ait pas pu respecter sa promesse d'amener les électeurs aux urnes le 30 juin 2008 et soit en train de donner, de surcroît, des signes de trahison pour le 30 novembre prochain, alors que l'inflation déprime l'économie, que le peuple se sent de plus en plus arnaqué et que l'avenir s'enfonce dans la merde? Il est donc injurieux de la part du camp présidentiel d'infantiliser les travailleurs et les consommateurs en traitant leurs syndicats ou associations de fantoches à la solde de quelques politiciens de l'opposition. L'heure est plutôt au bilan de l'APO et de tirer les leçons de son échec éventuel si le cap du 30 novembre prochain est franchi sans élection. Mais Gbagbo se contente de récuser toute responsabilité et de justifier le cul-de-sac sociopolitique actuel par la simple présence de quelques ministres du RHDP dans le gouvernement; un gouvernement qui n'est pourtant bizarre que parce qu'il est sans mandat gouvernemental; un gouvernement qui, concrètement, dédouble le rôle de la CEI ; un gouvernement où le seul rebelle notoire est Désiré Tagro, ministre (FPI) de l'Intérieur, accusé publiquement de vouloir jouer le rôle de PM bis.

Malgré son diagnostic erroné, le Président Gbagbo est allé en visite officielle à Ouagadougou le dimanche passé pour, non seulement solliciter le quitus du Facilitateur Blaise Compaoré afin de pouvoir chasser les ministres dits opposants du gouvernement, mais aussi et surtout pour corroder le Président Burkinabè lui-même, à défaut de pouvoir le corrompre, en sa qualité de co-parrain de la résolution onusienne qui était attendue cette semaine sur le processus électoral ivoirien.

Après les observations (extérieures) de l'ONU en date de mardi 29, des interrogations de portée nationale subsistent et aboutissent à plusieurs dilemmes dont les suivants : 1) Guillaume Soro a été nommé PM en avril 2007 par le PR Gbagbo, en tant que chef rebelle bien placé pour satisfaire aux revendications de «sa» rébellion, alors que la population réclame avec insistance depuis le 14 juillet 2008 des solutions aux insatisfactions socioéconomiques générales, lesquelles requièrent un PM de connaissances et d'expériences «classiques»; 2) le PR Gbagbo s'acharne à avoir un nouveau gouvernement (eunuque) au moment où la donne politique exige un tout nouveau régime par élection; 3) le risque que le présent régime soit emporté par une fronde populaire, est réel sans qu'une référence légale n'ait prévu ce cas de figure pour que la continuité des affaires de l'État soit assurée, ce, du fait que les mandats, légitime et constitutionnel de Gbagbo, sont échus respectivement depuis le 26 octobre 2005 et 90 jours après n'importe laquelle des nombreuses dates que les deux signataires de l'APO ont confusément proclamées en 2007 comme étant l'avènement officiel de la réunification du pays (art.38 de la Constitution ).

Bref, le RHDP a le devoir républicain de réfléchir aux scénarios-solutions de cet éventuel vide juridique, à moins que le CS de l'ONU n'anticipe ce problème ivoirien dans une prochaine résolution afin d'éviter à la Côte d'Ivoire les conflagrations à propos desquelles l'humanité ne cesse de répéter : «Plus jamais ça!»

Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada

Le 31 juillet 2007
 

Affaire judiciaire Filière café-cacao: LE PLAN DIABOLIQUE DE GBAGBO

Docteur Ahua Junior - Le 30 novembre prochain, les Ivoiriens iront aux urnes. Cette fois, la certitude est certifiée par l'ONU, une institution experte en organisation électorale en pays de turbulence. Le peuple aura donc l'occasion, dans quatre(4) longs mois, de changer de régime politique, après un long huit(8) ans de régime de diète économique. Un quatre longs mois, eu égard au risque désormais quotidien que la Côte d'Ivoire plonge dans la gestion d'un traumatisme du «syndrome roumain de décembre 89»; lorsque un rassemblement de masse, censé confirmer le soutien populaire au dictateur socialiste Nicolae Ceausescu (1918-1989), appelé «le Guide» (conducator, en Roumain), s'est transformé en une démonstration massive de protestation qui le fit fuir du pouvoir par hélicoptère .

Ce scénario ingérable et non souhaitable dans le contexte socio-économique actuel n'est pas farfelu depuis que le 14 juillet, des syndicats de travailleurs et des associations de consommateurs ont commencé à défier l'autorité du gouvernement pour mauvaise gouvernance en matière de gestion de coût de la vie. Quoiqu'au terme du Conseil des ministres extraordinaire du dimanche 20 juillet, le président socialiste, Gbagbo le Woody (le Guide), et son PM Soro ont pris des décisions qui occasionnent des réactions de soulagement partagées.

En réalité, le vrai cauchemar des Ivoiriens d'ici le 30 novembre 08 est l'effet sociopolitique insoupçonné de la saga judiciaire que Gbagbo a initiée contre les gestionnaires de la Filière café cacao et dont les premières «auditions» ont débuté le 19 juin 08. Ce jour-là, le procureur de la République, Raymond Tchimou, a conduit ses trois premiers inculpés

devant le juge d'instruction du tribunal de première instance d'Abidjan Plateau, le Juge Gnakadié Ladji. Depuis ce jour, la MACA a reçu pour emprisonnement, par trio et au cours de la semaine suivante, au total une vingtaine de Hauts cadres de la Filière, presque tous, proches du FPI, parti au pouvoir. Le hic est que les mis en cause sont dits détenus pour «détournements de fonds, abus de confiance, abus de biens sociaux, escroquerie, faux et usage de faux en écriture privée ou de banque» et ce, sous mandat de dépôt , sans qu'aucune personnalité et leader d'opinion n'y voit d'anomalie.

Le président du parti au pouvoir, Affi N'guessan, dont la seconde conjointe fait partie des prisonniers, a salué et a même encouragé «l'initiative du Chef de l'État de moraliser la vie publique» dans un communiqué, le 30 juin, en croyant naïvement que, « à ce stade de la procédure, les mis en cause bénéficient de la présomption d'innocence». De son côté, l'opposition politique réunie au sein du RHDP s'est prononcée clairement, le 18 juillet dernier, contre la hausse des prix du carburant, tout en s'abstenant de s'exprimer sur les arrestations en cours dans la Filière café cacao.

Or, il est notoire dans tous les codes pénaux de «type français» qu'un «mandat de dépôt» ne peut être décerné qu'à l'égard d'une personne jugée et trouvée coupable. Pis encore, si le présent statut judiciaire erroné est maintenu, c'est que le tribunal aurait préjugé que les accusés sont coupables d'une peine supérieure à un an d'emprisonnement. C'est dire que notre appareil judiciaire a erré en droit en prenant un mandat de dépôt là où l'acte aurait dû être un simple «mandat d'arrêt» contre ces personnes sur lesquelles ne pèsent que des indices (même sérieux) d'infractions graves et qui ne devaient pas être détenues sans jugement pour une durée de plus de 24 heures. La bourde judiciaire est donc trop monumentale pour passer inaperçue et sans éveiller des soupçons à l'effet que cette affaire sent le complot, la corruption et la politicaillerie.

En fait, la légitime réforme réclamée de tous dans la Filière café cacao s'est métamorphosée précipitamment en un «néologisme ivoirien» de «moralisation de la vie publique» de façon improvisée, contreproductive et inconstitutionnelle. À cet égard, un simple survol analytique révèle d'emblée des manquements graves.

Premier manquement : le motif des arrestations est l'imputabilité et non la responsabilité. En effet, les différents cadres de la Filière qui ont été inculpés, pour chacun des organismes impliqués, occupent respectivement les postes de PCA, DG et DAAF. Si les occupants de ces fonctions sont a priori imputables de la gestion de leurs employés, ils ne sont pas nécessairement responsables eux-mêmes des infractions commises par ceux-ci. Il est donc évident qu'il n'est pas encore démontré la culpabilité des personnalités écrouées, en l'occurrence les dirigeants du FDPCC : Henri Amouzou (PCA), Théophile Kassi (DG) et Mme Obogui née Houssou Amenan Rosine (DAAF), de la BCC : Lucien Tapé Doh (PCA), Tanoh Kassi (DG) et Mme Viviane Manzan (DAAF), du FRC : Mme Angeline Zilahon Kili (PCA), Firmin Kouakou (DG) et Prosper Kouassi Tohouri (DAAF), de l'ARCC : Placide Zoungrana (PCA), Didier Gbokou (DG) et Mme Koffi Dominique épouse Agbalessi (DAAF), du FGCCC : Jacques Mangoua (PCA), Jean-Claude Bayou (DG) et Alfred Gnako Sokori (Contrôleur financier), etc.

Le motif de l'imputabilité, utilisé subtilement, permet de décrier que les mandats de dépôt appliqués aux technocrates proches du Pouvoir est sans aucun doute un attentat criminel à la liberté des concernés. Aussi, ce motif d'imputabilité pris à l'encontre de supposés amis ouvre la porte à un semblant d'impartialité pour justifier les arrestations arbitraires et déjà programmées de personnalités politiques, notamment de ministres, membres de partis de l'opposition. Pourtant, le concept d'imputabilité fait, de facto, du Président de la République lui-même, le premier gestionnaire à inculper, reléguant du coup les dirigeants arrêtés de la Filière au rang de bénéficiaires d'excuses absolutoires. C'est dire que ceux-ci sont en réalité des prisonniers politiques écroués illégalement sous le prétexte grossier de détournements de fonds qui, en fait, sont érigés en système par le régime de la Refondation depuis sa fondation en octobre 2000. À terme, vu les attitudes dilatoires qui sont les siennes, le Président Gbagbo peut être accusé de vouloir établir la chienlit afin de tenter de rendre impossible la tenue des élections du 30 novembre prochain pour lesquelles ses chances à la présidentielle et celles de son parti aux législatives sont très affaiblies.

Deuxième manquement : le système judiciaire est aliéné au pouvoir exécutif. En effet, il est connu que l'impunité fait partie des maux les plus graves que déplorent les Ivoiriens. Human Rights Watch considère que «ce sont les tribunaux nationaux qui sont responsables au premier chef de la poursuite des crimes commis à l'intérieur des frontières nationales». L'ONU ajoute dans un communiqué que «bien que la Constitution ivoirienne prévoie l'indépendance de l'appareil judiciaire, ce dernier est soumis à des pressions du pouvoir exécutif et à des influences extérieures, surtout la corruption. Par ailleurs, les cas d'arrestations et de détentions arbitraires sont fréquents, tout comme les détentions préventives prolongées sans pouvoir bénéficier des conseils d'un avocat». Comment cela pourrait en être autrement lorsque, Tia Koné, président de la Cour suprême, estime que le Président Gbagbo est un ami et qu'il battra campagne pour lui dans son patelin de l'ouest? Est-ce approprié de parler d'impartialité du Judiciaire lorsque le procureur de la République, Raymond Tchimou, menace à tout vent qu'il peut arrêter qui il veut quand il le veut?

Voilà pourquoi il n'est pas étonnant que, dans le cas particulier de la filière café cacao, Me Tchimou ait fait des inculpations à partir d'une liste fournie par la présidence, suite à une certaine enquête diligentée par le Président Gbagbo lui-même. D'où l'illégitimité de toute la saga judiciaire courante. Il s'agit, par voie de conséquence, d'une conspiration de nature politique dans une Côte d'Ivoire où la corruption, le népotisme et les détournements de fonds sont tous azimuts, soit, outre dans la filière café cacao et dans les autres cas flagrants et intenables : malversations relatives aux déchets toxiques, aux revenus pétroliers, aux fonds de souveraineté de la Présidence, aux fonds d'indemnisation des victimes de guerre et aux fonds de réinsertion des milices, au sein aussi de tous les Pouvoirs institutionnels y compris les armées (FDS et FAFN), de tous les secteurs économiques, de tous les partis politiques et clubs de soutien, de la Fonction publique et de toutes les écoles. Ce, dans toutes les classes sociales.

Dans ce contexte, la moralisation publique conduite dans les règles de l'art, devrait conduire tous les Ivoiriens en prison. Une conclusion laconique et ironique pour dire que la nouvelle Côte d'Ivoire de justice et d'équité ne commencera qu'avec les élections du 30 novembre prochain. Pas avec la dictature sans foi ni loi de Gbagbo.

Dr Antoine Ahua Jr

Québec, Canada

21 juillet 08

 

TOUT LE RÉGIME GBAGBO EST CORROMPU HALTE À L'HUMILIATION DES BOUCS ÉMISSAIRES!

Chers Ivoiriens, le Gouvernement vient d'annoncer qu'il manque 80 milliards de CFA pour organiser les élections auxquelles vous avez droit depuis le 26 octobre 2005. Le régime dit de la Refondation du Front populaire ivoirien (FPI) est présidé par Laurent Gbagbo qui a prêté serment en octobre 2000 pour défendre la Constitution dans laquelle sont enchâssées les lois qui protègent chaque citoyen contre les abus de l'État et des individus coupables d'infractions. Le bilan qualitatif des Refondateurs est devenu un hymne national car connu de tous : la misère. Pas de routes, pas d'hôpitaux, pas d'écoles, par d'équilibre alimentaire! De 2001 à 2007 inclusivement, en sept (7) ans, les Ivoiriens ont produit dans l'économie, du travail dont les salaires cumulés ont été de 61 mille milliards de FCFA. Sur ce montant, le budget cumulé que Gbagbo nous a fait savoir est de 12,4 mille milliards de CFA. Le pétrole ivoirien à lui seul génère des recettes d'exportation de mille cinq cents (1500) milliards par année, lesquelles recettes n'ont commencé à être comptabilisées dans le budget de l'État
qu'en 2008, sous la pression des banques auxquelles Gbagbo préfère emprunter au lieu de réunir notre propre argent qui a disparu dans les poches des gestionnaires de l'État et de ses organismes affiliés. Notre argent se trouve donc dans le bilan quantitatif des hommes et femmes du régime : châteaux des quartiers auxquels vous n'avez pas accès, voitures de luxe qu'on voit à peine rouler en Amérique, coffres-forts qui meublent les bureaux et les chambres à coucher de nos présidents d'institutions et comptes bancaires des États voyous défiscalisés.

Voilà que Gbagbo et son gouvernement nous disent que la situation risque de perdurer parce qu'ils ne peuvent pas trouver un petit 80 milliards de FCFA en Côte d'Ivoire pour que nous puissions choisir nos nouveaux dirigeants le 30 novembre prochain. Gbagbo demande aux banques prêteuses d'alourdir notre dette. Savez-vous que par mauvaise gestion, chaque Ivoirien, y compris un bébé naissant, doit aux banques étrangères 500 mille FCFA qu'il doit rembourser, tôt ou tard, par prélèvements de l'État sur l'argent qu'il n'a pas encore reçu?

C'est dire que c'est tout le régime actuel qui est corrompu, soit les gestionnaires des trois pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). Alors, les banques prêteuses demandent à Gbagbo d'arrêter d'endetter les citoyens, de mettre de l'ordre dans le mode de gestion de notre administration et de trouver les 80 milliards qui manquent pour boucler les élections. Dans la panique, Gbagbo ne met pas en cause son régime qui a échoué et arrête de façon systématique les PCA, DG et DAAF des organisations de la filière café cacao, sans discernement et contre le respect des Droits de l'Homme.

Chers Ivoiriens, quand tout un régime est corrompu, on change de régime. Que les boucs émissaires (amis ou ennemis de Gbagbo, peu importe) mis aux arrêts, soient libérés immédiatement et que l'on aille aux élections.

S'il faut que nous cotisions pour ramasser 80 milliards, nous devons le faire au nom de la démocratie. Mais de grâce, que Gbagbo cesse de laisser croire qu'il n'y a que l'argent du café et du cacao qui est en cause; il y a aussi l'argent volatilisé du pétrole, les cent milliards de FCFA détournés (à plus de 80%) du contrat illégal des déchets toxiques, les blanchiments d'argent, les rackets à la fonction publique et dans l'armée, etc.

Le problème ivoirien est donc le régime du FPI et non les boucs émissaires, dont la femme légitime (issue de mariage coutumier à Gagnoa) du président du FPI. L'arbitraire et l'humiliation n'ont pas de race, de religion, d'ethnie, ni de parti politique. Défendons ensemble la démocratie en allant aux élections sans chercher à combattre l'injustice par l'injustice.

Dr Antoine Ahua Jr
Parrain des déplacés et victimes de guerre
Québec, Canada
17 juin 2008

 

Présidentielle 08: Panique généralisée au FPI : GBAGBO sous tutelle internationale pour mauvaise foi

06/12/08 - Dr Antoine Ahua Jr

C'est un secret de Polichinelle, le «Camp présidentiel» est aux abois. Après huit ans de gestion chaotique du pouvoir d'État, le Front populaire ivoirien (FPI ou Refondation), anémié par son incompétence, vient sans doute de se rendre compte qu'il a tué la République de Côte d'Ivoire. Deux effets suffisent à le prouver.

Premièrement, le Président «élu en 2000 pour cinq ans» ne préside plus que le Conseil des ministres, ce, pour entériner uniquement les décisions prises par le PM Soro et son Conseil de gouvernement. De plus le Président Gbagbo est astreint à un rôle de Chef de Cabinet au Palais de la Présidence , du fait qu'il ne contrôle plus rien, l'Accord politique de Ouaga (APO) de mars 2007 ayant subi une cure de dé-roublardise après son premier anniversaire marqué d'évidences dilatoires de la part du duo dit d'ex-belligérants. En effet, l'APO actuel n'a de commun avec l'APO du «dialogue direct» que de nom; car il a été assujetti, depuis la réunion du Comité permanent de concertation (CPC) du 24 janvier 2008 à Ouagadougou, au droit de regard d'ADO, président du RDR, et de Bédié, président du PDCI-RDA, aux conditions (bonne foi et bonne gouvernance) dictées par des organismes extérieurs de financement et au veto du facilitateur burkinabè, le Président Blaise Compaoré.

Deuxièmement, l'impunité qui a caractérisé le régime FPI, a fini par rendre caduque la Constitution et, conséquemment, par incarner l'arbitraire de «deux poids, deux mesures» dans l'application effective des lois; ce qui va à l'encontre des principes élémentaires de démocratie. Ainsi, Gbagbo ne peut pas combattre la corruption efficacement sans se remettre lui-même en question. Le ménage fait récemment autour de lui au Palais ne suffit pas, car la gangrène a déjà pourri toutes les grandes institutions étatiques, y compris le Conseil constitutionnel, la Cour suprême et le Conseil économique et social (CES).

De ce fait, le changement qui s'impose comme enjeu dans la présente campagne électorale, dépasse le simple vouloir, imprimé dans des mémorandums politiques ou exprimé par les communicateurs des partis; le changement nécessite davantage le savoir-faire éprouvé des chefs desdits partis. En clair, qui des leaders en lice pour le palais présidentiel a la crédibilité de remettre la Côte d'Ivoire sur la voie de la paix et du développement? Là est la question. Autrement-dit, qui, des candidats sortant (Gbagbo) et aspirants (Ado, Bédié et autres), a à la fois, une seule parole, un respect de sa signature, la compétence professionnelle requise et l'éthique morale exemplaire exigée par l'État de droit?

Au regard de ces considérations, le FPI est assuré d'une défaite, le 30 novembre prochain, son chef, Laurent Koudou Gbagbo, étant recalé à l'examen de passage du fait de sa nature de politicien énigmatique, perfide et déliré. D'autant plus que le peuple le connaît et se souvient qu'il n'a pas pu, par négligence ou politicaillerie, réconcilier les Ivoiriens après la déchirure sociale liée à l'article 35 tripatouillé de la Constitution 2000 et au caractère calamiteux de l'élection subséquente. Le peuple sait aussi que Gbagbo a transformé le coup d'État échoué de septembre 2002 en une crise socioéconomique entretenue par lui-même pendant six ans pour assouvir son ambition personnelle de rester au Pouvoir. D'ailleurs, ce coup de force raté, dirigé par un jeune étudiant (Guillaume Soro) et un sergent-chef (Ibrahim Coulibaly dit IB), appelé «guerre», n'a duré que quatre semaines, du 19 septembre au 17 octobre 2002.

Pourtant cette guerre éphémère (malgré ses conséquences humaines tragiques) a été abondamment utilisée par le FPI comme alibi pour expliquer le recul tout azimut de la Côte d'Ivoire sous sa gouverne. Il y a encore moins d'un an, lorsque le troisième vice-président du FPI et Président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly (MK) a publié les «blues de la République » (dans Fraternité Matin du 4/8/2007) dénonçant «l'échec de l'honorabilité, de la moralité, de l'honnêteté et des valeurs éthiques que les Refondateurs étaient supposés défendre et appliquer », c'est une amère couleuvre que l'establishment a dû avaler. Car, les ténors du FPI, à l'exception de Première Dame, ont répudié le sacrilège de MK, l'enfant prodigue, en maintenant l'idée de l'impossibilité de gérer l'État de Côte d'Ivoire en présence de la guerre; une guerre devenue fantasmatique, car inexistante depuis le cessez-le-feu du 17 octobre 2002. Le Président Gbagbo n'a t-il pas répété encore récemment, soit le 9 janvier 2008, lors de sa visite d'État dans la sous-préfecture d'Assikoi (département d'Adzopé), que «le FPI n'a pas eu le temps de développer son programme et la guerre est venue» et que «ce sont les élections qui vont mettre définitivement fin au temps de crise» ?

En fait MK, dans son pamphlet contre les tares du camp présidentiel auquel il appartient, n'a fait que rejoindre les récriminations des partis d'opposition dits houphouétistes et regroupés au sein du RHDP, à l'effet que «dès que le pays a été donné aux Refondateurs, ils ont tué l'autorité de l'État, et depuis, vivent d'un populisme outrancier, sont violents, corrompus, incompétents, voleurs et pilleurs des biens communs de l'État».

Par ailleurs, après son Congrès de rafraîchissement de sa structure, tenu en début de février 2008, le RDR vient d'entrer le 31 mai dernier dans une phase active pour faire connaître, non seulement son programme de gouvernement mais aussi la trempe et prestance de son président, en la personne de Dr Alassane Dramane Ouattara (ADO), un homme de probité dont les qualités notoires correspondent étrangement à celles de MK, telles que rapportées dans l'article paru dans Jeune Afrique du 21 au 27 mai 2006 sous la plume de Cheikh Yérim Seck : 1) il est un politicien qui tient ses promesses, car « il ne fait pas que parler, il agit» ; 2) il exige le respect de la loi en tenant un «discours sur le droit à l'identité» ; 3) il défend la République (même dirigée par Gbagbo) avec rectitude « comme s'il était un Bété de l'Ouest chrétien» alors qu'il est un «Nordiste, Dioula et musulman»; 4) il rejette le tribalisme en ne se reconnaissant pas dans « le concept de la famille du Nord» et «en réprouvant cette façon tribaliste de faire de la politique» et 5) il développe l'idée que les pays africains devraient passer d'une économie colonisée à une économie ouverte» . Aussi, ADO et MK sont économistes chevronnés tous les deux, dont la place conjointe au sein des rouages du fonctionnement de l'État ferait l'effet d'un boom pour le développement du pays. Le constat est que ADO est le chef du parti du RDR et candidat à la présidence de la République ; MK est le 3è vice-président du FPI et confiné à la censure de ses pairs pour sa probité morale dérangeante. Une fois ADO élu, puisqu'il ne cache pas sa ferme intention de solliciter à ses côtés les valeurs sûres du pays, il est à parier que le passage de MK auprès de son frère aîné est devenu une simple question de temps. C'est toute la Côte d'Ivoire qui gagnera à ce que le divorce déjà consommé entre Gbagbo et son dauphin constitutionnel (c'est-à-dire sur papier) cesse d'engrener le sommet de l'État. C'est donc parce que Gbagbo n'est pas MK qu'il n'est pas non plus comme ADO. C'est bien connu, le Woody de Mama campe dans ses erreurs sans consulter «ses» matières grises, ce, jusqu'à ce qu'il soit acculé à la perte imminente du Pouvoir.

Comme de raison, dès l'annonce du passage de Ban Ki-Moon à Abidjan, les 24 et 25 avril 2008, pour évaluer le processus de sortie de crise, Gbagbo a très rapidement signé des projets de décrets remisés jusque là dans ses tiroirs, lors d'un Conseil de ministres extraordinaire tenu le lundi 14 avril, après une fin de semaine de discussions marathon inter-ivoiriennes, en l'occurrence : 1) le décret relatif à la tenue de l'élection présidentielle le dimanche 30 novembre 2008, 2) le décret fixant les modalités d'établissement de la nouvelle liste électorale, 3) le décret fixant les modalités de collaboration entre l'Institut National de la Statistique (INS) et la Société SAGEM-Sécurité sous la responsabilité et l'autorité de la Commission Électorale Indépendante (CEI), 4) l'ordonnance portant ajustement du Code Électoral pour les élections générales de sortie de crise, etc.

Puis, de nouveaux évènements vinrent hanter la sérénité de Gbagbo. Il y eut successivement, 1) l'arrestation à Bruxelles, le 25 mai, au compte de la Cour pénale internationale (CPI), de Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), suspecté de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, pour massacres, viols, tortures et pillages commis en République centrafricaine en 2002 et 2003 ; et 2) la visite en Côte d'Ivoire, le 26 mai, de Madame Kyung-wha Kang, Haut-commissaire adjointe des Nations Unies aux Droits de l`Homme, pour demander l'amendement de la loi d`amnistie du 12 avril 2007 afin d'en exclure les crimes contre l`humanité, les crimes de guerre et autres violations graves des Droits de l'Homme; 3) de plus, une importante mission de membres du Conseil de sécurité de l'ONU vient d'avoir lieu à Abidjan du 8 au 9 juin prochain, avec pour objectif de procéder à une évaluation sérieuse et concrète du processus de sortie de crise. L'avis de l'ONU est tombé dru «Finis les décrets présidentiels pour changer la date des élections. Le 30 novembre est inamovible».

Voilà pourquoi, de façon soudaine, sans que la crise soit finie par la tenue des élections, Gbagbo, se sentant ciblé par la CPI pour violation des Droits humains depuis huit ans, s’est mis à essayer de travailler pour trouver des solutions aux problèmes qu’il avait utilisées jusqu’à présent comme éléments de chantage électoraliste. Alors pour sauver le «soldat» Gbagbo, c’est la panique généralisée dans le camp présidentiel où tout s’improvise dans la précipitation :
1) Le ministre de la Fonction publique et de l’Emploi, Hubert Oulaye, a organisé, le 21 mai 2008, à l’Hôtel Ibis-Plateau, un atelier de réflexion sur la lutte contre la fraude aux concours de la Fonction publique et d’entrée à l’école nationale d’administration (fraude niée auparavant par la Refondation);
2) le bureau de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire a été reçu, le 21 mai, par M. Koné Tiémoko Meyliet, Directeur de Cabinet du PM Guillaume Soro, pour faire un tour d’horizon des difficultés qui empêchent le démarrage des activités de cette institution dirigée par Mme Victorine Wodié;
3) le 22 mai, Léon-Emmanuel Monnet, ministre des Mines et de l’Énergie, a reconnu que la Banque mondiale le pressait à passer à l’ajustement automatique des prix pétroliers et la date que les institutions de Bretton Woods lui avait donnée pour opérer la première hausse arrive à échéance, ce mois de juin;
4) par arrêté daté du 23 mai, le PM Soro a créé un comité d'évaluation pour la réforme institutionnelle, juridique, technique et financière de la filière café-cacao;
5) le 25 mai, une vingtaine d'opérateurs économiques français, réunis au sein de l'Association de défense des entreprises sinistrées de Côte d'Ivoire (Adesci), lesquels ont dû fuir la Côte d'Ivoire pendant les violences antifrançaises de novembre 2004, ont été reçus par le Président Gbagbo qui, sans avoir consulté les ténors de son parti, s’est empressé de déclarer ceci : «Sous moi, pendant que je suis Président de la République, il n’y aura jamais de rupture avec la France», soit un reniement complet de toute la philosophie de la soi-disant «résistance patriotique»;
6) le 26 mai, ce fut le démarrage du Service civique avec la démobilisation de 250 ex-combattants en vue de leur réinsertion dans la vie socio-économique au Centre de formation pour la réinsertion (CFR) de Bouaké, avec le concours de la GTZ-IS (International Service) et grâce à l’appui financier de l’Union Européenne (UE);
7) il n’en fallait pas plus pour que le directeur général du Fonds d'Entretien routier (FER) promette, le 29 mai, la validation d’un projet de reconstruction post-crise du réseau routier, en l’occurrence «un programme d'urgence d'un montant de 200 milliards de FCFA, qui va offrir du travail à de milliers de jeunes ivoiriens»;
8) le 3 juin, ce fut le tour du chef d'État-major des armées, le général Philippe Mangou, d’annoncer aux opérateurs économiques et élus, réunis à la Chambre de commerce, sa décision d'améliorer la fluidité routière et d'éradiquer le racket sur les voies publiques;
9) ce même jour du 3 juin, l'Internationale de l'éducation Section Côte d'Ivoire (L'IE-SCI) a décidé, avec l'appui du Gouvernement, de «rendre l'éducation de base gratuite et accessible à tous les enfants de Côte d'Ivoire, et cela, sans distinction de sexe ni de race», grâce à un programme de 442 milliards de FCFA;
10) par coïncidence, ce 3 juin, l’hôtel Tiama a abrité l’atelier de lancement d’un projet d’«Appui institutionnel au secteur du développement rural en Côte d’Ivoire» à financer à hauteur de 15 milliards de FCFA par la Banque Africaine de développement (BAD);
11) tout ce branle-bas a été couronné, le 4 juin, de l’annonce de l’obtention par le PM Soro de 143 milliards de FCFA de l’UE pour permettre sur la période 2008-2013 à la Côte d’ivoire de mettre en place une politique de bonne gouvernance, de réhabilitation des infrastructures sociales et de communication, à la sortie de crise.

C’est ainsi que Gbagbo veut démontrer que «ç’avance» parce qu’il travaille; Gbagbo, un leader que ses proches collaborateurs présentent, selon MK, comme «un chef d'État qui ne travaille pas à cause des gouvernements d'unité nationale, appelés N'Zassa (tel que celui que nous avons)» (Le Nouveau Réveil du 18/5/08), et selon Fologo, comme «un président que le peuple ivoirien a voté et qui n’a pas travaillé (à cause de la guerre)» (Le Temps du 30/5/08). En réalité, Gbagbo est sous ultimatum des «bailleurs de fonds» de la sortie de crise, l’enjoignant de démontrer un minimum de bonne foi et d’effort pour prendre à cœur la misère du peuple et l’application de l’APO. L’épée de Damoclès du CPI suspendue sur sa tête. Le hic est que, mis ainsi sous pression, Gbagbo improvise pêle-mêle des projets de «bon vouloir» sans le contexte préalable de planification crédible et le savoir faire.

En effet, des producteurs du café et du cacao sont mécontents et grognent en ce moment contre le comité d’évaluation de la filière café-cacao, mis en place récemment; ils voient derrière ledit comité, la main du président Laurent Gbagbo qui aurait demandé au Premier ministre d’en créer un, après qu’ils aient eux-mêmes créé un comité en 2005 qui n’a jamais sorti de résultats. Ils affirment que «le Président Laurent Gbagbo tente de distraire le monde paysan, car disent-ils «nous ne sommes pas dupes. Il est bon de savoir aujourd’hui à combien s’élève l’épargne des producteurs, au lieu de créer à chaque instant des comités qui consistent à pomper l’argent des paysans» (L’IA du 3/6/08).
Par ailleurs, le peuple Wê du Moyen-Cavally crie à la trahison, arguant que «les promesses faites aux populations Wê par les barons de la Refondation n’ont jamais dépassé le cap de la simple parole» (Nord-Sud du 3/6/08). Mêmes les «patriotes» de Gbagbo scandent que Gbagbo les a oubliés et lui retirent leur confiance, telles ces femmes de l’OFFPI d’Abidjan-Banco qui ont manifesté leur détresse le 31 mai dernier à la secrétaire nationale de l'OFFPI, Marie-Odette Lorougnon, laquelle ne leur a trouvé comme réponse que «l'élaboration très prochaine d'un livre blanc dans lequel seront consignées toutes les préoccupations et les attentes des militantes». Non sans avoir repris la rengaine que «le président Gbagbo, qui dispose d'un programme de gouvernement à même de faire le bonheur des Ivoiriens, a été stoppé dans son élan par la guerre» (N. Voie du 3/6/08). Une rengaine qui démontre que la pléthore de projets annoncés en une semaine (fin mai – début juin dernier) constitue un clin d’œil de roublardise fait aux évaluateurs extérieurs censés être à Abidjan dans les jours prochains pour circonscrire l’évolution de l’application de l’APO.

Comment peut-il en être autrement puisque les manifestants pacifiques contre les déchets toxiques sont toujours molestés par les Forces de l’ordre? Ces victimes de l’équivalent d’un crime contre l’Humanité accusent Gbagbo, par l’intermédiaire de la Fédération nationale des victimes des déchets toxiques (Fenavidet-Ci), d’avoir détourné les cent (100) milliards de FCFA de Trafigura destinés à leur indemnisation. La Fenavidet-Ci affirme que «la cellule présidentielle qui a dirigé le partage, ne l’a pas associée à la constitution de la liste des bénéficiaires. Conséquence, la majorité des victimes a été ignorée. C'est au moins 90% des vraies victimes qui n'ont pas été prises en compte» (N-S du 21/12/07).

Voilà, autant en emporte le vent, la Refondation 1) fait des promesses d’emplois sans en indiquer les types et les qualités, ainsi que les effets (directs, indirects et induits) dont ils seraient dérivés; 2) multiplie les projets de grands travaux sans devis, ni planification macroéconomique; et 3) sollicite du financement extérieur sans effort de mobilisation de l’épargne interne, comme si l’endettement de l’État n’avait pas de conséquences sociales à terme. En réalité, le Camp présidentiel n’a pas de programme et ne vend que des illusions soumises au libre arbitre du FPI et de ses clubs de soutien «alimentaires» portant des acronymes de partis politiques, tels l’URD, l’AIRD, l’UNG, l’ANCI, le PURCI, l’UDL et le RPPP. Chacune de ces composantes du Camp présidentiel ou galaxie d’étoiles filantes a son opinion sur tout, laquelle diffère de celles des autres. Du coup, le silence de Gbagbo a des échos cacophoniques qu’il doit assumer et son discours est toujours personnel, non consensuel tout en imposant le silence à tous, FPI et clubs de soutien, se satisfaisant de leur part du budget de souveraineté présidentiel à liquider d’ici le 30 novembre prochain. Silence respecté par tous, sauf MK le rebelle.

Néanmoins, pour les plus naïfs des Patriotes de Gbagbo (à différencier des patriotes républicains), la victoire du Woody est péremptoire, car à leurs yeux, l’opposition n’existe pas. Et comme Gbagbo lui-même, ils rêvent d’un gouvernement postélectoral de ramassis de «mangeurs d’arachides», qu’ils qualifient de gouvernement de ministres disciplinés. Un discours d’exclusion, au moment où, ADO, le vainqueur le plus probable, cherche à rassembler toutes les matières grises du pays, sans discrimination partisane.

C’est justement la force tranquille et rassurante du leader du RDR qui, sans doute, achèvera de convaincre MK, son jeune frère de même acabit de tourner le dos aux Refondateurs (socialistes d’intention) qui l’étouffent dans la médiocrité et le népotisme les caractérisant. C’est pourquoi, au soir de la victoire de ADO, Président de la République pressenti, la Côte d’Ivoire entrera dans son «siècle des lumières». Une Côte d’Ivoire nouvelle où les Ivoiriens vivront ensemble. De chacun selon ses capacités, à chacun selon son rendement.

Dr Antoine Ahua Jr
Québec, Canada
antoineahua@hotmail.com

 
Gbagbo sous haute surveillance pour un TPI

La science, au sens large, et la religion, dans sa dimension spirituelle, nous enseignent que l’harmonie en toute chose est régie par des lois. Fou est celui qui croit que les deux, la science et la religion, peuvent se tromper simultanément. Dans le cas précis de la vie sociale, il a fallu 2 millions d’années au premier Homme (Homo Habilis) et 33 mille ans à l’Homme moderne pour appréhender l’incarnation de droits individuels et de devoirs citoyens dans l’essence humaine. Ce fut la découverte de la «démocratie athénienne»; en réalité, un régime ploutocratique électif dans la Grèce Antique, lequel a dû traverser par la suite 2500 ans de révoltes populaires dans le sang contre les gouvernants, non seulement dans le temps mais aussi dans l’espace, pour aboutir au standard de gouvernance démocratique acceptée aujourd’hui au niveau universel. Autrement-dit, la démocratie est un outil d’équilibre ou de cohésion sociale dont les critères fondamentaux ont été apprivoisés par l’Homme par tâtonnements révolutionnaires meurtriers. C’est pourquoi, l’intelligence humaine conseille à chaque peuple de tirer leçon des expériences d’homicides et de guerres civiles du passé, en référence desquelles la démocratie a été sacrée meilleur régisseur pacifique d’une collectivité. À défaut, pour toute société déstabilisée, de faire sienne cette sagesse héritée des vicissitudes historiques communes, les étapes barbares précédant la démocratie s’imposeront fatalement et cruellement. Voltaire résume bien cette leçon en écrivant que «si l’homme est créé libre, il doit gouverner; si l’homme a des tyrans, il les doit détrôner».

À titre d’exemples, des pays contemporains aventureux du 20e siècle ont connu des régimes faisandés par la seule ambition de gouvernants démodés qu’il a fallu détrôner.«Qu’il s’agisse de la dictature du prolétariat défendue par la révolution bolché-

vique de 1917, du fascisme inauguré par Mussolini en Italie au début des années 20, du nationalisme sous toutes ses formes depuis le nazisme hitlérien jusqu’aux régimes radicaux adoptés lors de la décolonisation en Asie et en Afrique, ou encore du populisme sud-américain, le 20e siècle a vu se succéder de grands dictateurs, aux profils et idéologies variés, ayant pour point commun essentiel de s’octroyer un pouvoir personnel et absolu au détriment de toute forme de liberté (cf. Sophie Chautard, les grands dictateurs du 20e, 2006)».
Dans la perspective d’un plus grand humanisme, l’avènement du 21e siècle a été évènementiel et fêté en grande pompe à travers toute la planète, d’est en ouest, fuseau horaire par fuseau horaire, des confins des contrées jusqu’à l’orée des océans. Car enfin, l’état d’esprit humain se donnait l’ambition de la transcendance des barrières artificielles des races, des religions, des langues et des tribus. C’est ainsi qu’à l’ONU, en complément à la Cour internationale de justice (CIJ) dont la juridiction est d’ester contre les États, le Conseil de sécurité (CS) a créé en 1998, quoique dans la controverse, la Cour pénale internationale (CPI) fonctionnelle depuis 2002, pour dissuader les individus véreux, notamment les gouvernants sans conscience d’État, de sombrer dans l’atteinte à la vie, à la liberté et à la souveraineté des citoyens. En fait, la CPI est la consécration des appréciations positives tirées des tribunaux «laboratoires expérimentaux» temporaires, appelés Tribunaux pénaux internationaux (TPI) créés plus tôt. À ce jour, trois TPI ont jugé des hommes d’État criminels pour homicides, soit en Yougoslavie en 1993, au Rwanda en 1994 et en Sierra Leone en 2002. Pour un proche avenir, les discussions sont avancées pour un TPI au Liban afin de juger les assassins de l’ancien premier ministre libanais Rafik el Hariri tué à Beyrouth en 2005. En fait, le Chef d’État de la Syrie est soupçonné par Washington d’en être le commanditaire.
C’est dans le cadre du refus adjugé de l’impunité des Chefs d’État aux mains tachées de sang et confortée par la jurisprudence des cas africains que la CPI trouve matière à intérêt en Côte d’Ivoire. À cet égard Gbagbo rencontre les critères de surveillance que le CPI consulte pour trouver ses cibles. Pourquoi Gbagbo et non la rébellion? Parce que la guerre civile ivoirienne a pour particularités, d’abord de causer plus de morts (et autres victimes) collatérales que les trois mille civils tués, liés directement à la guerre dont la phase active s’est étendue sur quatre semaines, du 19 septembre au 17 octobre 2002. Ensuite, il est notable que la présence actuelle du chef de la rébellion au poste de premier ministre par nomination délibérée de la part du Président de la République, le 4 avril 2007, témoigne de l’aboutissement d’un processus de légitimation, débuté à Marcoussis en janvier 2003, des causes défendues par les rebelles rassemblés au sein du mouvement dit des Forces nouvelles (FN).
Par le fait même, l’origine de la crise ivoirienne est ramenée à un complexe intérieur et national de déséquilibres économiques, politiques et socioculturels; déséquilibres illustrés par 1) l’iniquité du partage des richesses nationales en terme de revenus personnels; 2) la disparité régionale des potentiels de développement entre le nord et le sud, aggravée par la coïncidence de la prédominance d’une religion au nord (islam) et d’une autre au sud (christianisme); 3) la persistance du fonctionnement autocratique du pouvoir exécutif malgré l’avènement du multipartisme en 1990, ce qui a fait entrer la Côte d’Ivoire dans l’aventure de la 2e République en 2000, entachée par des articles de non-droit constitutionnalisés (art.35 par ex.). Une bombe à retardement qui a fini par exploser en guerre civile le 19 septembre 2002, après des élections présidentielles et législatives à caractère de hold-up; et 4) enfin, l’incompétence du Pouvoir du Front populaire ivoirien (FPI ou Refondation) de ramener le pays à un niveau satisfaisant de démocratie et de bien-être collectif.
De plus, une atmosphère morose d’attente de conflagration chaotique sociale règne sur le pays en réaction à la désinvolture avec laquelle le Président Gbagbo rejette sa responsabilité entière pour l’état délétère généralisé des institutions de la République en évoquant l’importation d’externalités contre lesquelles il avoue son impuissance et ce, dans un langage de banalisation de la souffrance de la population, de mépris contre la critique de l’opposition officielle et de répression violemment meurtrière contre les manifestations publiques de masse pacifique.
Président de la République depuis le 26 octobre 2000, suite à l’élection présidentielle du 22 octobre, Gbagbo n’a pas organisé le scrutin électoral prévu constitutionnellement pour octobre 2005 (art.35 et 36). Ça fera donc bientôt huit (8) ans qu’il est au Pouvoir d’État, dont trois (3) ans de plus que le mandat de cinq (5) ans que «le peuple» lui a confié. Peu importe les conditions du terrain (par ex. présence des FN au nord, de milices au sud), Gbagbo doit savoir qu’il lui incombe le devoir (chap.3 de la Constitution) de pouvoir donner au peuple souverain (chap.2) son droit constitutionnel de choisir ses représentants. L’incapacité de Gbagbo à le faire, dû à son impuissance, réelle ou complaisante, n’a pas de qualificatif autre que l’échec de son régime qu’il dirige d’une main de fer. Donc un cinglant échec personnel, soit par incompétence, soit par Haute trahison (art. 39).
Quant aux externalités que le camp présidentiel argue au besoin pour justifier son échec, notamment le soutien de la France à la rébellion, les résolutions déstabilisatrices du CS de l’ONU et les nombreuses tentatives intempestives de coup d’État, elles (ces externalités) ne font pas de cet échec, un succès. D’autant plus que la faillite du régime de la Refondation face aux problèmes auxquels tous les États sont confrontés à des degrés divers, relève davantage 1)de l’approche dilettante de sa diplomatie dans un monde globalisé, composé de forces étatiques inégales (le FPI n’a pas été préparé à dealer avec les contraintes internationales), 2) de sa capacité léthargique de s’ajuster mentalement en passant de l’opposition au pouvoir d’État (le FPI n’a pas un reflexe décisionnel rapide, attend pour jouer les pompiers plutôt que de prévenir l’incendie et préfère passer son temps à la politique de blocage des devoirs des autres que de faire les siens; ex. feindre appliquer les accords signés ou les résolutions de l’ONU acceptées, ce, après avoir créé lui-même, par attentisme, des vides constitutionnels artificiels et dilatoires), 3) de son inculture politique de distinguer responsabilité et imputabilité (le FPI croit ne pas être imputable de l’état de mal-être des Ivoiriens parce qu’il a dû céder par contrainte de survie, une partie de ses responsabilités à des premiers ministres non issus de son parti, en l’occurrence Diarra, Banny et Soro), et 4) de la faiblesse de sa moralité citoyenne (le FPI s’approprie les biens de l’État en prenant pour prétexte, une guerre de quatre (4) semaines qui relève à présent plus de l’imagination que de la réalité, tout en s’accommodant de cette situation par intérêt partisan malgré la paupérisation de la population).
De surcroît, Gbagbo, par sa conception monarchique de la chefferie, se flagelle d’humiliation en pensant au trône du palais présidentiel qu’il sait qu’il perdra par des élections transparentes. D’où la dichotomie entre son discours arrogant de vouloir aller aux élections (vite, vite) et son message furtif de ne pas pouvoir le faire pour des contraintes techniques. En fait, Laurent Gbagbo craint la prochaine élection pour avoir déjà perdu quatre batailles : le bras de fer contre la rébellion par faillite politique, la majorité de l’électorat par faillite sociale, la sympathie de la Communauté internationale par faillite diplomatique et la lutte contre le chômage par faillite économique. Depuis quelque temps, des manifestations publiques se sont succédé pour protester contre la misère généralisée, multiforme et symptomatique d’une tragédie sociale meurtrière. Au-delà des répressions sanglantes armées bien connues (charnier de Yopougon, tuerie du 23 mars, etc.) dont le régime des Refondateurs est comptable, les faillites politique, sociale, diplomatique et économique dudit régime sont en passe de transformer la Côte d’Ivoire en une catacombe où la vie de 20 millions d’Ivoiriens est déjà hypothéquée. Une véritable hécatombe dont les effets sont visibles dans les cimetières.
Plus concrètement, la faillite politique des Refondateurs est une victoire de la rébellion qui s’est accaparée de la Primature sans avoir eu besoin de ses armes. Même Gbagbo qui ne contrôle plus rien, ni le territoire, l’assiette fiscale, la politique budgétaire ou le programme économique, utilise le vocable de gouvernement Soro et avoue son inutilité. Mais n’ayant pas la décence de démissionner en démocrate, Gbagbo s’accommode de la détresse de la population perdue dans deux pays réels (nord et sud) qui en font un en théorie. Cette prise d’otage dont Gbagbo est à la fois responsable et imputable, a l’effet d’une cruauté mentale de camp de concentration. C’est pourquoi il s’agit là d’un crime d’État justiciable.
La faillite sociale des Refondateurs s’aperçoit par leur isolement en termes d’électorat. Lors de l’élection présidentielle de 2000, Gbagbo s’est fait élire presqu’en candidat unique, avec un score de 22,2 % des électeurs inscrits, les candidatures des présidents des deux véritables partis d’opposition, Dr Alassane Dramane Ouattara (ADO) du RDR et Henri Konan Bédié du PDCI-RDA, ayant été rejetées arbitrairement par un régime militaire illégal. Le taux de participation s’étant établi à 37,42%, il n’est pas étonnant qu’il n’y ait qu’un inscrit sur cinq (5) qui ait donné son vote à Gbagbo. En prenant donc le pouvoir avec une opposition sociale de quatre (4) personnes sur cinq (5), Gbagbo aurait dû respecter sa parole de réconcilier les Ivoiriens en organisant des élections anticipées au moment opportun. Voilà que, huit ans plus tard, Gbagbo s’accroche au pouvoir avec la peur bleue de la tenue des élections de 2005 devenues arriérées. En termes sociologiques, la combinaison des résultats des dernières élections législatives, municipales et des conseils généraux donne raison aux derniers sondages d’opinions qui révèlent que le RDR, le PDCI, l’UDPCI et le MFA sont majoritaires, respectivement au nord, au centre, à l’ouest et une partie de l’est du pays. Ces quatre partis politiques ont en commun leur absence à l’élection présidentielle de 2000 et un mouvement de solidarité électorale dit mouvement des Houphouétistes ou RHDP. La prise en compte de l’impopularité de Gbagbo dû à son échec personnel en sa qualité de président de la République, Chef d’État et Chef suprême des Forces armées, régresse sa côte d’amour en termes de voix électorales de 22,2% en 2000 à 7,48% en 2008. Depuis plusieurs mois, Gbagbo demeure donc toujours en deçà des 10%. Par ailleurs, la masse de ses jeunes partisans, appelés jeunes patriotes, qu’il a conquis dans l’opposition grâce à ses promesses de refonder le pays en paradis de gratuités, s’est fondue comme neige au soleil. Du coup, pour gagner, Gbagbo ne peut pas compter sur une élection transparente, ni sur la «rue». D’où ses excitations à vouloir à tout prix insérer un système institutionnel de fraude technologique en récusant un opérateur d’identification neutre (SAGEM) au profit de l’INS dirigé par un membre influent de son parti. Sous l’angle humain, la faillite sociale de Gbagbo, lui un politicien dont l’action est toujours calculée en investissement électoraliste, l’a amené au désintéressement des régions non rentables, à sa démission psychologique et au dilatoire pour gagner du temps afin de caser ses fidèles partisans qui pourraient éventuellement lui être reconnaissants. Cela a un nom en français, c’est le népotisme c’est-à-dire la tendance à accorder des avantages aux membres de sa famille, à ses amis ou à ses relations indépendamment de leur compétence. Pour les exclus du clan, soit 20 millions de personnes, c’est la disette, la disgrâce, la déchéance. En droit criminel, l’expression consacrée est la non-assistance à des personnes en danger. Vu le nombre important de citoyens qui en sont victimes, il s’agit là d’un génocide purement et simplement.
La faillite diplomatique des Refondateurs se résume en leur inaptitude à jauger des compromis adéquats à faire selon les rapports de forces qui opposent la Côte d’Ivoire à de tiers pays ou organismes. Depuis l’arrivée de Gbagbo au pouvoir, la voix de la Côte d’Ivoire est équivoque. Le pays n’a pas de politique étrangère car, les différentes tendances au sein du FPI s’expriment en public au nom du refus de la pensée unique. En réalité, il s’agit d’une «clanisation» du parti où règne la cacophonie. Pendant toute la période de crise, Gbagbo n’a pas réussi à créer une cellule de crise pour mettre toutes les intelligences en synergie. Chacun des ténors tient à sa vision du soi-disant socialisme. Par exemple, Mamadou Koulibaly couperait les relations diplomatiques avec la France pour mettre en cause le «pacte colonial» qui régit encore les relations franco-africaines; Simone, la Première Dame, s’intéresse davantage au départ du 43e BIMA, pendant qu’Affi NGuessan, président du parti, propose le pragmatisme politique et que Gbagbo attend qu’une option s’impose à lui pour l’enfariner. D’ailleurs, le Président George W. Bush n’a jamais accepté de recevoir Gbagbo pour la raison évoquée qu’il n’a pas de temps à perdre avec quelqu’un qui ne sait pas ce qu’il veut. Ainsi, tour à tour, les Présidents Wade du Sénégal, Eyadema (père) du Togo, Obasanjo du Nigéria, Kadhafi de la Libye, Kufuor du Ghana, Mbeki de l’Afrique du sud et le roi Ben Al-Hassan (Mohammed VI) du Maroc ont offert puis retiré leur appui formel à la résolution de la crise ivoirienne. Par laxisme de Gbagbo, la Côte d’Ivoire a perdu son leadership au sein de la Francophonie, de la Cedeao, de l’Umoa (et Bceao) et de l’Union africaine (UA). Et voilà que Gbagbo insère la Côte d’Ivoire dans la Communauté des États Sahélo Sahariens (Cen-Sad) pour s’ingérer dans des affaires désertiques qui ne la concernent pas. Une façon, pensait-il, d’attirer la sympathie de Kadhafi qu’il a eue et perdue. Ce, par indécision de saisir les mains tendues au moment opportun. Pourtant Gbagbo s’est rapproché sans raison apparente des présidents Kagamé du Rwanda, Dos Santos de l’Angola, Vieira de la Guinée Bissau et Conté de la Guinée. Une chose est certaine, Gbagbo ne tarde pas à délier le cordon de la bourse pour attirer l’attention. Combien d’argent des contribuables ivoiriens Gbagbo a dilapidé dans des activités de lobby foirées? Le cas de l’escroc américain, Jack Abramoff, sollicité par le palais pour faire entrer Gbagbo à la Maison Blanche, a coûté des milliards de FCFA sans qu’il puisse même franchir le seuil du bureau de la secrétaire de Condoleezza Rice. Dans le même ordre d’idée, Gbagbo s’est déplacé à Tshwane, le 19 mars dernier, pour rencontrer Mbeki pour la raison que l’Afrique du sud assume au cours de ce mois d’avril la présidence du CS de l’ONU. Gbagbo tient à ce que son idée de voir régionaliser les décisions de règlement des conflits soit officialisée au niveau universel, comme si l’Accord politique d’Ouagadougou (APO) qui le galvanisait il y a un an, était encore perçu comme un modèle de succès et comme si l’UA avait les moyens de ses politiques. D’ailleurs le chronogramme de l’APO est caduc et l’APO lui-même n’est plus ivoiro-ivoirien, dû à la nécessité d’intégrer les bailleurs de fonds qui participent maintenant aux réunions du Comité d’évaluation de l’Accord (CEA). Et l’UA, de son côté, a démontré ses carences de gestion d’une crise avec le cas du Darfour, du Tchad, de la Somalie, etc. Autant d’exemples qui indiquent que Gbagbo tourne en rond avec des décisions inefficaces, pourvu pour lui que ses émules le flattent comme quoi son nom pourrait passer à l’histoire comme Nkrumah, Mandela et autres. Des milliards de FCFA à consacrer aux hôpitaux et écoles, transformés en pot-de-vin pour se faire voir! Il s’agit là de détournements des deniers publics pour des affaires sales de corruption internationale à des fins personnelles. C’est une faute grave aussi répréhensible que le blanchiment d’argent.
La faillite économique des Refondateurs couronne le fiasco de leur régime. Citons d’abord en exemple le chômage et son corolaire, l’emploi, qui sont de très bons indicateurs des retombées économiques sur le bien-être de la population. Par absence de centre d’inscription de demandes d’emplois en Côte d’Ivoire, il est impossible de quantifier le taux de chômage avec une précision acceptable (rien que des estimations grossières!), car un chômeur est un adulte qui n’a pas d’emploi et qui s’en cherche un. Voilà pourquoi par manque d’organisation, il est hasardeux de distinguer un chercheur d’emploi d’une personne vagabonde de nature. Néanmoins, les chiffres sont inutiles lorsque l’oisiveté et la honte de la mendicité se lisent sur le front des gens, jeunes et vieux, qui fréquentent les trottoirs pour se dégourdir les jambes ou pour éviter les chicanes de ménage.
Pourtant, le produit intérieur brut (PIB) qui représente la somme des revenus distribués aux ménages ne peut expliquer l’appauvrissement des Ivoiriens sous le régime de la Refondation. En effet, en 2001, la première année de pouvoir du FPI, le PIB a été de 7,6 mille milliards de FCFA; en 2007, il frôlait les 10 mille milliards. Sur cette période de sept (7) ans, le PIB cumulé a été de 61 mille milliards, soit une moyenne annuelle de 8,6 mille milliards de FCFA. Beaucoup d’argent!
De ces revenus cumulés de 61 mille milliards, l’État s’était alloué un budget cumulé de 12,4 mille milliards sur les sept (7) ans (soit une moyenne de 1,8 mille milliards par an) et avait réinvesti 2,1 mille milliards (pour une moyenne de 0,3 mille milliards par an). La masse salariale cumulée des fonctionnaires, prise à même le budget cumulé de l’État de 12,4 mille milliards, a été de 3,9 mille milliards (soit une moyenne de 0,6 mille milliards par an).
Première observation : Après avoir soustrait les salaires des fonctionnaires du budget général, le gouvernement a disposé d’un solde de 8,5 mille milliards pour ses dépenses courantes de 2001 à 2007 (soit 1,2 mille milliards par an). Vu l’état lamentable des routes, des hôpitaux, des écoles (des maternelles aux Grandes), la question subséquente est la suivante: Combien de ces 8,5 mille milliards ont servi au remboursement de la dette extérieure du pays (appelé service de la dette) et combien sont allés dans les poches des Refondateurs?
Deuxième observation : la part du PIB attribuée aux salariés du secteur privé, aux bénéfices nets des entreprises (dividendes et amortissements) et aux recettes fiscales non budgétisées s’est établie à 46,5 mille milliards de 2001 à 2007 (soit 6,6 mille milliards par an). Il est notoire que suite aux évènements des 6,7et 8 novembre 2004 (manifestations anti-françaises), le secteur privé a encaissé un recul phénoménal. À cet égard, vers la mi-novembre, la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire (CCI-CI) a dressé le premier bilan suivant : 10 000 emplois directs ont été perdus suite à ces violences et 100 entreprises ont disparu. Sur 147 filiales de grandes entreprises françaises recensées en Côte d'Ivoire, 135 fonctionnent au ralenti après le départ de 75% des 350 expatriés employés par ces grandes entreprises. L'activité des entreprises restées en production est réduite à 5% de la normale pour la plupart d’entre elles. Tous ces chiffres conduisent à la conclusion que la destination des 46,5 mille milliards qui représentent plus de 70% des revenus nationaux (PIB), générés principalement par l’activité agricole d’exportation et le secteur pétrolier, n’est pas précise. En tenant compte des dépenses courantes du gouvernement, il est tout-à-fait adéquat de considérer que l’usage d’environ 3 FCFA sur 4 générés au pays requière une justification à la population. Beaucoup, beaucoup d’argent non altéré par la crise, du fait de la structure économique du pays, manque à l’appel.
Par ailleurs, la dette extérieure de la Côte d’Ivoire avoisine les 10 mille milliards, soit à peu près le même montant que le PIB annuel. Ce qui revient à comprendre que si les créanciers de la Côte d’Ivoire, soit les fameux bailleurs de fonds, réclamaient leur dû, tous les travailleurs, ivoiriens et étrangers œuvrant en Côte d’Ivoire, travailleraient pendant un an gratuitement pour que l’État ivoirien puisse faire face à ses obligations. La Côte d’Ivoire est surendettée. En d’autres termes, les détournements des deniers publics font très mal à l’économie en réduisant notre capacité d’autosuffisance et compromettent l’avenir des générations futures. Les Refondateurs font donc la fête aujourd’hui pour que nos enfants et petits-enfants payent la note plus tard. Comme de raison, considérant que la population ivoirienne est de 20 millions d’âmes et vu le niveau des emprunts et intérêts associés, chaque individu, y compris un bébé naissant, a une dette de 500 000 FCFA à rembourser aux créanciers étrangers de l’État. Donc un demi-million de FCFA que chaque Ivoirien a comme dette, contractée par le gouvernement en son nom sans l’avoir consulté! C’est dire que l’argent du public géré par l’État se trouve dans des coffres-forts des Institutions dites de l’État et chez les Hauts dirigeants (PCA et DG) du public et du parapublic, sous forme de fonds de souveraineté, de budget de fonctionnement, de primes, d’émoluments, d’indemnités de voyage, en fait des gros mots académiques pour masquer les trafics endémiques de corruption, détournements, enrichissement illicite quelconque et synonymes par le biais de la mauvaise gouvernance. Bref, des crimes économiques aux dépens de la population que le Président Gbagbo minimise en narguant les Ivoiriens à l’effet qu’il n’est pas de la police pour arrêter les pilleurs de la richesse collective et que le temps des réformes viendra seulement après sa réélection. Juridiquement, si Gbagbo n’est pas un voleur lui-même, il se rend ainsi coupable de vol par complicité ou par association. Il s’agit là de cas de fraudes très graves passibles de lourdes peines d’emprisonnement.
Enfin, le cas qui à lui seul suffit à condamner le régime de Gbagbo, est l’Affaire des déchets toxiques. C’est dans la nuit du 19 au 20 août 2006 que 581 tonnes d’un mélange de pétrole, de sulfure d’hydrogène, de phénols, de soude caustique et de composés organiques sulfurés ont été déversées à Abidjan sur une quinzaine de sites par une mystérieuse société ivoirienne, dénommée Tommy. Celle-ci avait déchargé les déchets quelques heures auparavant du navire grec Probo Koala, immatriculé à Panama, ayant un équipage russe et affrété par la multinationale Trafigura, une société suisse-hollandaise. Dans l’immédiat, les symptômes apparus furent des démangeaisons et des céphalées, ainsi que des troubles respiratoires, des saignements de nez, des brûlures au ventre et des diarrhées. On dénombra dans les premiers jours 10 décès, 69 hospitalisations et plus de 100 mille consultations. À présent, des fausses couches, des bébés mongols ou présentant divers handicaps monstrueux sont reliés à des intoxications à ces déchets.
Le pire est que sans connaître tous les contours des conséquences des déversements de ces produits mortels, Gbagbo a conclu le 13 février 2007, au nom de l’État ivoirien, un accord dit «amiable et définitif» avec la multinationale Trafigura, qui lui a payé la modique somme de 100 milliards de francs CFA (152 millions d’euros) en échange de «l’abandon définitif de toute poursuite, réclamation ou instance présente ou à venir qu’il pourrait faire valoir à l’encontre de Trafigura».
Aussi, la liste des victimes prises en compte par l’État pour indemnisation est arbitraire, courte et ne tient pas compte des nouveaux cas qui se développent quotidiennement. Les indemnisés ont reçu des miettes de 100, 200 ou 300 mille FCFA, de quoi payer des médicaments pour une semaine ou deux sans possibilité de s’octroyer une hospitalisation dans une clinique médicale digne de ce nom. De surcroît, les victimes qui manifestent pour réclamer plus d’attention, subissent la répression armée du régime.
La Commission d’enquête diligentée à l’époque par Charles Konan Banny, alors Premier ministre, lui rendit un rapport le 23 novembre 2006. Le document a dressé la chaîne des responsabilités tant au niveau étatique que privé. Mais le Président Gbagbo n’en a pas tenu compte afin d’épargner certains responsables de la Douane, du Port Autonome et du District d’Abidjan, mis en cause, mais présentés comme étant des protégés du régime.
Reconnaissant sa bourde relativement au deal de 100 milliards de FCFA passé avec Trafigura, Gbagbo tente d’ouvrir le dossier en écrouant à la MACA, sans procès, des chauffeurs de camions citernes, d’autres petits ouvriers, des commis analphabètes en chimie et de petits entrepreneurs, eux-mêmes victimes de toxicité ou d’arnaque, pour feindre prendre en considération la gravité incommensurable de ces déchets toxiques ramassés de façon bâclée et envoyés en France pour traitement. Le hic diabolique est que des études sérieuses ne sont pas faites sur leurs effets à long terme. Et comme Gbagbo craint que le pire ne soit découvert, il serait absurde de reconduire le même régime lors de la prochaine élection présidentielle de telle sorte que la vérité continue d’être cachée au détriment de la santé de la population. Or, il est impérieux que l’on sache si la nappe phréatique alimentant Abidjan en eau potable est atteinte ou pas. En attendant, les millions d’Abidjanais ignorent s’ils sont tous à risque de contracter le cancer ou une grave maladie mortelle quelconque liée aux déchets toxiques, dans les prochains jours, mois ou années. Mais déjà, l’idée que Gbagbo néglige l’hécatombe probable qui guette plusieurs millions de personnes dans la métropole économique est en soi un véritable crime contre l’humanité.
C’est pour éviter la répétition de la banalisation de la vie des populations pauvres que le président de la CPI, Luis Moreno Ocampo, disposent d’un personnel de plus de 700 personnes et travaillent actuellement sur plusieurs dossiers en Afrique (sur plaintes), notamment en RDC, en Ouganda, au Soudan (Darfour), en RCA. Le dossier ivoirien est en étude et sera complété après les élections de manière à disposer de toutes les données criminelles quantitatives et qualitatives pertinentes. Eu égard à la détermination de Gbagbo de commettre un hold-up électoral et de réprimer dans le sang toute manifestation, comme cela s’est vu ces derniers jours pour la marche contre la cherté de la vie, autant dire que le Christ de Mama n’est pas sorti de l’auberge.

Dr Antoine Ahua jr.
Québec, Canada

 
Dr Antoine Ahua Junior : “Toucher à ADO équivaut à une déclaration de guerre!”
DR Ahua jr - 21 mars 2008 - Seydou Koné alias Alpha Blondy a accordé une interview au mensuel panafricain Afrique Magazine n° 270 de mars 2008. Le Quotidien «Notre Voie», la voix du Front populaire ivoirien (FPI ou Refondation) semble y avoir trouvé matière à fouiner en interrogeant à nouveau la Star de reggae devenue homme politique. La toute première question des deux interviewers, Didier Depry et Schadé Adédé, révèle d'emblée le sujet et l'objet de leur curiosité : «Vous avez qualifié M. Alassane Dramane Ouattara (ADO) de prestidigitateur et avez soutenu qu`il ne sera jamais président de la République de Côte d`Ivoire. Pourquoi vous attaquez-vous à ce leader politique ivoirien ? » Les trente-sept (37) autres questions suivantes ont entraîné Seydou Koné dans des allégations d'une portée diffamatoire telle que les dommages directs et collatéraux sur Dr ADO, personnalité respectable et favorite pour gagner les prochaines élections présidentielles, sont incommensurables.  

Il suffit de consulter la Une du mercredi 19 mars de «Notre Voie» (Ouattara est un Kacou Ananzè i.e trompeur) et celle de «Le Matin d'Abidjan» (Ouattara a cocufié Houphouët-Boigny, «au sens propre») pour constater déjà que le contenu des deux journaux concernés pouvait être loin des consignes de l'Observatoire (international) de la liberté de la presse, de l'éthique et de la déontologie (OLPED). Comme de raison, les ouï-dire et les illogismes y sont les arguments fondamentaux malgré les accusations accablantes et un appel au meurtre du Dr ADO de la part de l'artiste.
Le Conseil national de presse doit intervenir immédiatement et sanctionner sévèrement qui de droit pour délit de presse, car il s'agit là de l'ensemencement des mêmes germes de division qui ont conduit à la guerre au sein de notre nation dont l'unité demeure très fragile. De plus, au-delà de la mauvaise qualité des titres et du manque de professionnalisme, l'atteinte grave à la réputation et à la vie de Dr ADO interpelle la Brigade de recherches de la gendarmerie qui s'est déjà exécutée pour moins que cela. 
 Seydou Koné doit être apostrophé pour «nécessité d'enquête» pour avoir incité à l'assassinat d'ADO en demandant (aux forces armées) de le neutraliser pour qu'il ne soit jamais président de la République de Côte d'Ivoire. Or toucher à un cheveu d'ADO équivaudrait à l'homicide d'une génération de politiciens. Sans exception! Ce serait une déclaration de guerre.

En fait, le reggae-man fou évoque deux périodes de «sa vie politique», celle où il était le disciple d'ADO et l'autre où Gbagbo est devenu son idole aux dépens du premier. Le virage s'est opéré en décembre 2007 lorsqu'il était à la recherche de 300 millions de FCFA pour financer son concert appelé «FESTARRR» qu'il a tenu le 30 décembre 2007 (Cf. Question-Réponse No 21). Dans l'interview, Alpha dit avoir «écrit à tout le monde à cette époque-là pour solliciter de l'aide financière : ambassades, partis politiques, etc.» sans succès.
Alors, voici comment le reggae-man relate avoir réglé son problème : «Ça (le projet de Festarrr) traînait, faute de moyens. Et, suite à l'attentat contre l'avion du Premier ministre Guillaume Soro, le 29 juin 2007, j'ai reporté le festival. Après, j'ai décidé de le faire tout seul. C'est alors que Charles Blé Goudé m'a dit : “Écoute, le président Gbagbo veut nous donner sa contribution. C'est le moment d'aller le voir”. Je lui ai répondu : “Ok, on va profiter de l'occasion pour faire d'une pierre deux coups, c'est-à-dire l'inviter. S'il nous donne quelque chose, Dieu merci ; s'il ne nous donne rien, Dieu merci, you know”. Voilà ! A l'heure où je vous parle, je dois encore la somme de 16 millions à des entreprises qui ont travaillé avec moi» (Q-R : 32). Puis, à la question suivante, Alpha s'énerve ainsi : «A tous ceux qui soutiennent que le président de la République m'a donné 300 millions FCFA et que de cette somme, j'ai tiré 100 millions FCFA pour l'offrir à Charles Blé Goudé, je leur demande d'arrêter l'intox et la désinformation» (Q-R : 33). C'est tout ce qu'Alpha a dit de cette somme en ne niant pas l'avoir reçue. 

“Alpha guidé par son subsconcient frustré”

Par ailleurs, il avoue avoir reçu de l'argent du Président Houphouët et du Président Bédié (Q-R : 32) mais n'avoir jamais rien demandé à ADO et conclut que «quand on raconte que M. Alassane Ouattara est un multimilliardaire et qu'il distribue de l'argent, c'est faux» (Q-R : 36). Un peu plus tôt, il avait mentionné que «M. Alassane Ouattara qui, paraît-il, est propriétaire de 22 avions et 212 bateaux, n'a rien du tout. Fohi ! Rien !» (Q-R : 16).
Il est donc évident pour nous qu'ADO, le pauvre que l'on croit riche, n'a jamais donné de l'argent à Seydou Koné (ni à Alpha Blondy, l'artiste) qui d'ailleurs ne le lui en a jamais demandé. Ainsi, ça crève les yeux que si c'est la cause politique, la «costra nostra», qui avait lié Seydou Koné alias Alpha Blondy à ADO, c'est bien l'argent de Gbagbo (disons du peuple) qui a fait descendre Alpha Blondy de son piédestal pour redevenir de nouveau «Seydou Koné, le mendiant (cf. Le Patriote, 15/3/08, Lass RDR, Washington)». Ce, à partir des 300 millions qu'il a reçus de Gbagbo en décembre 2007.
Est-ce donc le subconscient frustré qui a inspiré le reggae-man tout le long des ces dernières entrevues? Question d'autant plus pertinente que tous les reproches de Seydou Koné à l'égard d'ADO sont relatifs à la première période où il suivait celui-ci comme «mon pied, ton pied». D'ailleurs, Seydou avoue éprouver une certaine fierté à avoir contribué à la reconnaissance de la citoyenneté ivoirienne d'ADO en ces termes «J`avais dénoncé le fait qu`on le traite d`Ivoirien lundi et d`étranger mardi. Et qu`à cause de cela, ce Monsieur que le PDCI a envoyé en Côte d`Ivoire ne pouvait pas être candidat à l`élection présidentielle. J`avais dit non ! Et aujourd`hui, il peut être candidat à la présidentielle. Ne voyez-vous pas que ce combat que j`ai mené, a payé dans une certaine mesure ? Mais actuellement, les données ont changé et il me semble important de souligner les actes graves que M. Ouattara a posés. Il faut le dire, nous ne partageons pas sa façon de faire» (Q-R : 1).
Ainsi la costra nostra qui était bonne hier (avant déc.2007) ne l'est plus et la seule donnée qui a vraiment varié pour que Alpha change son fusil d'épaule, est révélée à la question no 13 : «Pourquoi est-ce maintenant que vous en parlez ? Il répondit : Excusez-moi, chaque chose en son temps ! »
Le temps de s'être re-plombé avec le fonds de souveraineté du peuple, après avoir dilapidé son cash musical, et de pouvoir désormais cracher sur l'homme qui lui avait tapé sur l'épaule pour le consoler au bon vieux temps mais, un homme trop pauvre qui ne lui avait jamais donné du cash.
Aussi, Alpha Blondy reconnaît qu'ADO est né Ivoirien à Dimbokro comme lui (par droit de sol universellement reconnu, comme en Côte d'Ivoire avant 1972, sauf dans les pays fascistes). Mais, ayant rejoint la philosophie de Gbagbo en décembre 2007, l'artiste dit renier maintenant ADO comme parent pour son accent malinké proche de celui des Malinké de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) (Q-R : 12). Comme si les Djablin étaient des faux Ivoiriens pour leur accent agni proche de l'Ashanti de Kumasi (Ghana), etc. Plus grave encore, Alpha l'ivoiritaire va jusqu'à relier l'accent malinké des gens de Kong à un trait culturel qui a incrusté chez ADO un comportement incestueux inimaginable chez un vrai Ivoirien. Voici sa déclaration à ce sujet : «Je pense qu`Alassane Ouattara pouvait s`offrir toutes les filles d`Abidjan, sauf celle-là (Dominique Folloroux). Ce qu`il a fait, c`est comme si tu couchais avec ta propre mère. Parce que le président Houphouët était son père politique et spirituel. Et quand tu as fini de coucher avec ta mère, n`aies pas la prétention de ravir à ton père son fauteuil. Or, Ouattara a fait tout cela. C`est ce que le PDCI n`a jamais osé dénoncer aux yeux du monde. Voilà pourquoi beaucoup se sont contentés de le traiter d`étranger. Ce qui l`a d`ailleurs arrangé car il en a fait son fonds de commerce» (Q-R : 7 et 8).
Et la cervelle aussi légère que la cendre d'un kaya (drogue de rasta-man), Alpha dévoile ensuite sa source d'information : «Je fais un décryptage, you know. A l`époque, je sortais avec Patricia, la fille d`un Européen qui travaillait à la présidence. Elle m`a confié ceci, après la nomination d`Alassane Ouattara : «Attention votre Premier ministre-là est en train de prendre un virage dangereux. Parce que Dominique (Folloroux) est en quelque sorte la «Go» du président de la République, Félix Houphouët». Comprenez-vous le sens de ce message de Patricia ?» (Q-R : 8).
Ce que Alpha ne savait pas, c'est que de chez lui Patricia passait me voir, moi Ahua Junior, en me disant qu'elle n'avait pas eu sa dose, car le rasta-man était un incapable. Comme quoi, il est facile d'être cocu et ne pas savoir le décrypter.
Là où le kaya-man perd toute crédibilité, c'est lorsqu'il explique la raison pour laquelle Houphouët aurait concédé sa «go» à ADO : «On me qualifie de fou, non ? Mais un fou, il sait beaucoup de choses, you know ! Le mariage de M. Ouattara avec Dominique, relève d`un calcul politicien. Il prétend que Houphouët lui a donné l`ordre de prendre cette femme. Mais il a oublié que c`est parce qu`il a couché avec elle que «le Vieux» s`est fâché et la lui a cédée. Un proche d`Houphouët, et non des moindres, m`a confié que «le Vieux» en a pleuré. Parce qu`il ne pouvait pas s`imaginer que quelqu`un qu`il a fait venir auprès de lui de bonne foi puisse lui planter le couteau dans le dos. Son entourage en été malade aussi. C`est de là qu`est parti le débat sur la filiation de Ouattara. Aujourd`hui, nous disons qu`Alassane Ouattara est certes un Ivoirien mais il y a un problème» (Q-R : 11).
Pure folie! Alpha n'est pas assez lucide pour savoir que personne au monde ne pouvait ravir une femme au Président Houphouët sans en payer le prix fort : la guillotine. Alors, lorsqu'un énergumène de son espèce perd le sens des réalités, le délire devient son fidèle compagnon. On comprend pourquoi Alpha colle le coup d'État de 1999 au dos d'ADO en donnant pour preuve que celui-ci aurait dit auparavant que s'il frappait le régime de Bédié, il tomberait (Q-R : 2-3).
À la réplique que le Général Guéï, chef de la junte, avait une version différente, le kaya-man esquive la controverse en bégayant : «Je n'entre pas dans ce genre de masturbation» (Q-R : 4).
C'est vrai que lorsqu'on n'a pas assez de sperme, on se contente de plaisir fantasmatique, comme par exemple attribuer la commandite de la rébellion de 2002 à ADO, un homme qu'on qualifie pourtant de pauvre, en alléguant tout simplement que Koné Zacharia aurait dit : «nous avons pris les armes pour qu'il n'y ait plus d'exclusion en Côte d'Ivoire et que Alassane soit candidat». Et comme ADO n'a pas démenti, cela confirme le fait que qui ne dit mot consent (Q-R : 5-6).
Et notre kaya-man de révéler en conclusion qu'il votera «pour le candidat à la présidentielle prochaine qui promettra de faire partir l'armée française et de nous faire passer d'une indépendance virtuelle à une indépendance réelle» (Q-R : 23).
Alpha votera donc pour Mamadou Koulibaly car Gbagbo, il n'y a pas très longtemps, a renié ses amis du FPI et les jeunes patriotes, en jurant qu'il n'a jamais exigé et n'exige pas le départ du 43e BIMA et qu'au moment où les loups criaient au loup, lui, chef d'État, devait se taire et s'était tu.
C'est dire que l'homme dont Seydou Koné est le chantre aujourd'hui, lui est totalement méconnu. Sinon, le kaya-man saurait qu'entre ADO et Gbagbo, le plus «cocufieur» n'est pas celui qu'il croit. ADO est marié en secondes noces en 1991 et on lui connaît une seule épouse depuis cette date, une femme d'Affaire respectable, Madame Dominique Ouattara. Donc, en nous référant à notre Constitution, celui qui bénéficie d'un passe-droit en matière de moralité et de probité grâce aux Accords de Marcoussis, c'est bien Gbagbo. C'est le même homme qui a la réputation notoire de croire que la politique consiste à mentir, à feindre, à cacher la vérité, bref à cocufier le peuple, pourvu qu'on conserve le pouvoir. À ce titre, comme il se le réclame d'ailleurs, il est plus kacou Ananzè (trompeur) que Kacou Ananzé lui-même.
C'est aussi de plus en plus évident que le fondateur du FPI en 1982 qui a réclamé, en Côte d'Ivoire comme en exil, le multipartisme, ne voulait en fait qu'avoir l'opportunité de devenir président et de transformer la République en monarchie. Il nous a prouvé depuis huit (8) ans que ses connaissances en matière de démocratie n'incluent pas l'inaliénation : 1) - du droit à la revendication syndicale, 2) - de l'État de droit qui dicte que tout le monde est assujetti à la loi, du plus humble de la société jusqu'au Président de la République et 3) - du respect des Droits de l'Homme. C'est pourquoi, il ne comprend que le langage de la violence, car il poursuit les manifestants pacifiques, considère les grévistes comme des agresseurs moraux à son endroit et s'allie facilement avec ceux qui peuvent menacer son pouvoir par la force. Et à le voir fonctionner, ses nominations à base tribale raffermissent la thèse selon laquelle Laurent Koudou Gbagbo est un rancunier, marqué par le sentiment victimaire de la politique de Houphouët qu'il ne voit que par des lunettes d'un disciple de Victor Biaka Boda, Bété d'Ouragahio né en 1913, homme politique et sénateur du PDCI-RDA élu en 1948 et assassiné en 1950 à Bouaflé (en pays Baoulé) dans des circonstances qui font encore débat. Paresseux et calculateur, il est partisan du moindre effort en autant que sa pitance puisse couvrir les besoins des siens et de ceux qu'il peut corrompre pour lui balayer le chemin. Comme il aime à le dire lui-même, il ne s'intéresse qu'à là où il peut tirer son argent, notamment la filière café cacao, le pétrole et la douane. Doté d'un courage de laisser faire les tueurs en son nom à condition qu'il ne soit pas cité en cas de pépins, il ne brave jamais lui-même la menace et attend d'être acculé dans son dernier retranchement avant de tout céder à la seule condition qu'il reste au pouvoir avec l'accès au décaissement des fonds publics.
Alors que faire devant un tel dictateur quand on est soi-même démocrate? Un dictateur qui ne peut pas s'imaginer que la vie continue après avoir quitté la présidence de la République? Réponse : il faut battre campagne et lui expliquer comment le pouvoir se transmet dans une démocratie et comment cela s'opère lorsque le peuple voit le monarque résister à sa survie.
L'histoire universelle nous a légué des leçons sociologiques et celle de la Côte d'Ivoire les a confirmées le 19 septembre 2002. En un mot, la démocratie est un contrat social de paix qui a ses critères qu'il faut connaître et ses règles à respecter. Ainsi, sans une élection ouverte à tous, accessible à tous et transparente, le dictateur aura beau user de stratagème, confiner des mercenaires dans son sous-sol et user de la violence lorsque nécessaire, il finit toujours comme tous les dictateurs. Alors que l'ONU reste vigilante et que les élections se fassent de façon à ce que le meilleur gagne. Sans parti pris, Dr ADO et le RHDP ont 110% de chance de former le prochain gouvernement. Les 10% étant la marge d'erreur inférieure. Alpha Blondy a perdu son pari. Sa perspicacité politique est nulle. Qu'il continue de chanter pour vendre quelques «singles» car quand la bise viendra, qu'il ne compte pas sur Gbagbo pour le prendre sous son aile. L'homme est ingrat.

Dr Antoine Ahua Jr,
Québec, Canada

L'APO, un an après: Le FPI accuse Soro de traître. Un coup d'État français se ferait en cinq minutes
Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada - Le 6 mars 2008 -
Du 4 mars 2007 au 4 mars 2008, notre planète a fait une révolution autour du soleil. Il s’agit de douze mois tragiques, soit trois mois de plus, et de trop, qu’il n’en faut pour bénir un couple amoureux d’une heureuse naissance. C’est l’équivalent pour le peuple ivoirien d’une misère en métastase, les deux mois de sursis octroyés à l’Accord politique de Ouaga (APO). Car, le géniteur dudit accord, le régime de Gbagbo (FPI ou Refondation) qui ne tourne déjà pas rond depuis sa naissance, n’a accouché que d’un dépit amoureux, en lieu et place d’une élection présidentielle prévue pour le 4 janvier 2008. C’est le cas de le dire, ce ne fut pas une année ensoleillée pour les Refondateurs enclins à la sinécure et contraints à plus de responsabilité pour le salut national. L’habitude étant une seconde nature, ils se sont assis sur leurs lauriers, les enfants des autres convoyés dans les rues.
Des futures étoiles nationales palies prématurément par l’école «blanche» et le chômage, qui à la lumière de l’ingratitude dont elles sont victimes, se sont renfermées sur elles-mêmes comme une galaxie en implosion. Comme quoi, le patriotisme c’est beau comme un drapeau mais donner sa poitrine de chair à une aristocratie vorace, au nom du patriotisme, il faut être «gaou» pour le faire deux fois. D’où le désarroi interne du FPI traduit, ces temps-ci, en complainte publique contre Soro, leur seul cosignataire de l’APO. Ce, après avoir jeté l’opprobre des échecs de sorties de crise précédentes sur «les étrangers».

À cet égard, M. Pascal Affi N’guessan, président du FPI, a donné une longue interview publiée ces derniers jours dans le Quotidien «Notre Voie». L’ex Premier ministre frustré, selon sa propre expression, a fait une sorte de bilan de l’application de l’APO, tel que vu par la Refondation. Un seul mot, «ruptures» (au pluriel), suffirait à qualifier ce quiz pré-arrangé où les journalistes ont fait l’avocat du diable et Affi N’guessan, le juge impartial à «l’analyse objective proche des réalités du terrain». Une rupture avec le PM Soro et les Forces nouvelles (FN) pour traîtrise du deal souterrain de «non désarmement et non élection» que constitue l’APO. Une rupture avec les acteurs politiques de l’opposition dite houphouétiste (RHDP) trop pressée d’aller aux élections défavorables au FPI dans l’opinion publique. Une rupture avec la Commission électorale indépendante (CEI) parce que son président élu par ses pairs échappe au contrôle de Gbagbo. Une rupture avec la France «néocolonialiste» et son opérateur d’identification (SAGEM) «à la moralité douteuse». Bref, des ruptures afin d’opérer un retour à la «philosophie de l’orphelin» du Président Gbagbo. Un orphelinat incluant bien-sûr l’Institut national des statistiques (INS) puisque son directeur général est membre du comité électoral du FPI, sans problème de moralité avec ce cas flagrant de conflit d’intérêt.

En d’autres termes, l’intelligence éprouvée du PM Pascal Affi N’guessan, travestie par son instinct de survie partisan, a résulté en un discours univoque d’offensives anti-électorales. Et, au-delà de la forme idyllique qui marque des points politiques, c’est le fond du message qui manque le plus, en avilissant les vertus humaines de loyauté et de respect envers la vérité. Cependant, faire de notre part la «mise en examen» de la nouvelle stratégie politique (de ruptures) du FPI, un an après l’APO, n’aurait pas d’assises solides sans les preuves des faits. À ce propos, ce sont des déclarations du Président Gbagbo, le maître du régime, qui tombent à souhait.

Le 26 septembre 2007, pour la première fois depuis son accession à la magistrature suprême, le Président Laurent Gbagbo s’est adressé au monde entier. Du haut de la tribune de l’ONU dans le cadre de la 62e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Chef de l’État a fait entendre la voix de la Côte d’Ivoire indépendante et souveraine. Il mettait ainsi sa propre crédibilité sur le billot et engageait l’avenir des Ivoiriens. Voici des extraits pertinents de son discours :
«Nous avons constaté que malgré les efforts déployés durant quatre années par la Communauté Internationale, le processus de paix était bloqué et le pays se trouvait dans l’impasse. C’est pourquoi, le 19 décembre 2006, j’ai proposé à mes compatriotes un plan de sortie de crise articulé autour de cinq points : 1) l’instauration d’un Dialogue Direct avec la Rébellion en vue du désarmement et de la réunification du pays, 2) la suppression de la zone de confiance, 3) la création d’un service civique national, 4) l’amnistie générale, 5) la mise en place d’un programme d’aide au retour des déplacés de guerre. (Bilan :) …une ordonnance d’amnistie générale a été prise le 11 avril 2007, le désarmement a effectivement commencé avec le ‘’bûcher de la paix’’ organisé le 30 juillet 2007 à Bouaké, (à retenir :) ‘’le redéploiement de l’administration et la réinstallation des magistrats sur l’ensemble du territoire sont effectifs‘’. Un plan de retour des déplacés de guerre est mis en place (…) Dans ce contexte, compte tenu du climat d’apaisement qui règne dans le pays, je souhaite que les Nations Unies revoient à la baisse l’indice de sécurité. La phase 3 ne correspondra plus à la réalité. Dans le même esprit, avec la mise en œuvre de l’Accord de Ouagadougou, (important à retenir :) ‘’la Côte d’Ivoire est aujourd’hui réunifiée‘’, et il appartient donc à l’État d’assurer l’ordre et la sécurité publique sur toute l’étendue du territoire national (…) (À retenir :) ‘’Les élections constituent la finalité du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire (…) et une nécessité pour la relance économique‘’. La tenue d’élections transparentes, libres et ouvertes à tous, est non seulement une exigence de ma culture politique, mais aussi et surtout, une nécessité démocratique (…) (À retenir :) ‘’Les élections constituent enfin un impératif constitutionnel‘’. Selon notre Constitution, en effet, lorsque des circonstances exceptionnelles rendent impossibles l’organisation des élections (à retenir :) ‘’comme c’était le cas avant la réunification du pays‘’, toutes les Institutions de la République ne fonctionnent plus qu’en vue des élections. C’est pourquoi, (à retenir :) ‘’il nous faut rapidement organiser les élections pour sortir d’une situation certes constitutionnelle mais exceptionnelle‘’.
Le 23 mai 2007, soit quatre mois avant son discours à l’ONU, le Président Gbagbo s’est adressé aux représentations diplomatiques étrangères présentes en Côte d’Ivoire. Guillaume Soro, le chef de l’ex-rébellion, était PM depuis le 4 avril. Gbagbo a tenu à indiquer que c’était lui le responsable de la gestion du pays, parlant du départ du Haut représentant de l’ONU en ces termes : «Alors, il y a une rumeur qui circule en ville et vous devez vous poser des questions à ce sujet. Je vous dois une réponse. Stoudmann est parti, il ne va plus revenir. Oui, c’est moi qui ai demandé qu’il parte. Parce que notre pays, c’est moi qui en ai la charge aujourd’hui. (À retenir :) ‘’Chaque pays du monde a quelqu’un qui en est responsable à un moment donné. Après, il ne l’est plus et c’est celui qui est élu qui en est le nouveau responsable. Mais, pour le moment, c’est moi qui suis le responsable‘’.
Autre discours de Gbagbo. À l’occasion solennelle de présentation de vœux pour le nouvel an 2008, le Président a tenu à expliquer aux Forces armées ex-belligérantes réunies (FDS et FAFN) sa vision de la nature du conflit ivoirien : « (À retenir :) ‘’La guerre civile est venue des entrailles de la Côte d’Ivoire‘’. On peut dire que c’est un tel, un tel autre, mais, tant que des Ivoiriens n’ont pas décidé de prendre les armes contre leur pays, il n’y a pas de guerre civile. (À retenir :) ‘’Si c’est un État qui a attaqué un autre État, on appelle cela la guerre tout court. Mais, si des Ivoiriens prennent des armes pour quelque raison que ce soit, contre les Institutions de leur pays, on parle de guerre civile. Point n’ai besoin de savoir s’ils sont manipulés ou s’ils ne le sont pas‘’».
Ces propos du Président Gbagbo amène à conclure ceci : 1) le redéploiement de l’administration et la réinstallation des magistrats sur l’ensemble du territoire étant effectifs, 2) Gbagbo est l’Autorité suprême de l’ensemble du pays ; 3) la Côte d’Ivoire étant aujourd’hui réunifiée suite 4) à la fin de la guerre civile et que 5) les élections constituant la finalité du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire, 6) étant un impératif constitutionnel, 7) il n’y a pas de raison qu’on n’aille pas rapidement aux élections 8) pour pouvoir relancer l’économie.
Alors, dans la situation présente où les élections sont constamment retardées, des deux choses l’une : ou le Président Gbagbo a dit vrai à l’ONU et dans ses autres discours précités et qu’il est incompétent à gérer la Côte d’Ivoire ou il a menti à tout le monde perdant ainsi toute crédibilité et confiance pour avoir droit à continuer à feindre travailler pour les Ivoiriens au profit d’intérêts claniques et tribalistes. Dans les deux cas, incompétent ou immoral, Gbagbo est le problème ivoirien.

Ainsi toute spéculation, élucubration, laïus, action ou réaction, de la part du régime du FPI contre les «autres» pour justifier la situation sociopolitique désastreuse de la Côte d’Ivoire constituent de vains atermoiements pour se maintenir au pouvoir d’État. Ni Soro, ni la France n’empêchent Gbagbo de diriger le pays dans la bonne gouvernance. Si l’APO échoue, ce sera l’échec de Gbagbo, l’initiateur du «dialogue direct» dont il se vante et l’élu redevable à la population.

Soro, nommé par Gbagbo comme PM par décret est responsable devant celui-ci et n’a aucun compte à rendre à la population. Le «crime» du PM est d’être déterminé à faire le nécessaire pour qu’il y ait des élections en 2008, surprenant ainsi Gbagbo qui s’attendait à ce que le deal «passé entre eux» de non désarmement (favorable aux FN) et de non élection (favorable au clan de la Refondation) ne soit pas trahi. C’est pourquoi le FPI est en colère : Gbagbo le roublard a été dribblé par le jeune Soro.

Quant à la France, Gbagbo l’a absoute en qualifiant la guerre de civile et de problème inter-ivoirien. Si Chirac était un françafricain aux politiques africaines ambigües et démocratiquement incohérentes, Sarkozy ne peut pas être taxé d’homme à double visage. De passage en Afrique du Sud en fin du mois de février dernier, voici ce qu’il a déclaré, entre autres, en matière de nouvelle politique franco-africaine : «La présence militaire française en Afrique repose toujours sur des accords conclus au lendemain de la décolonisation, il y a 50 ans (…) L’Afrique de 2008 n’est pas l’Afrique de 1960 (…) Je vais refonder nos relations sur un principe qui n’existait pas et que j’imposerai, le principe de la transparence. La transparence, c’est la meilleure garantie pour des relations solides et durables, le meilleur antidote aux fantasmes et aux incompréhensions. Contrairement à la pratique passée, j’annonce au Parlement d’Afrique du Sud que tous les accords de défense entre la France et les pays africains seront intégralement publiés. J’associerai également étroitement le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique». Voilà! Certes Sarkozy pousse Gbagbo à faire des élections, mais il n’est pas du genre au flafla. Le jour où la France d’aujourd’hui décidera de faire tomber le régime de Gbagbo, elle sera annoncée à la «George W. Bush» et cela se fera en cinq minutes. Arrêtons donc de simuler les coups d’État «français» qui relèvent du fantasme.

En fait Gbagbo et le FPI sont incapables de leadership, de vision et de volonté politique pour sortir le pays de l’impasse et de le conduire aux élections. Il est donc évident que la solution de sortie de crise réside dans la capacité du RHDP, de la Primature, de la CEI, de l’ONUCI et de la Licorne de s’allier pour prendre les rênes du processus électoral et de faire un contrepoids à la Refondation et sa milice du CECOS. Car, dès lors que les FDS, les FAFN et mêmes les groupes d’autodéfense abusés par la Refondation ( et pris en charge par l’ONU) travaillent en concertation pour sécuriser toutes les étapes du processus électoral, les partis politiques pourront librement battre campagne, les électeurs voteront sans entraves et le nouveau président élu se chargera de remettre la Côte d’Ivoire sur les rails. Bien sûr que le FPI doit être de la course pour cause de paix sociale mais il ne manquera pas d’arguments pour convaincre la population que voter pour Gbagbo, c’est lui donner un chèque en blanc pour transformer son présumé dernier mandat de cinq ans en une dictature à vie. L’homme n’a pas de parole et sa signature ne vaut pas plus que le temps qu’elle prend pour sécher. Avec le FPI, autant en emporte le vent !

Dr Antoine Ahua Jr
Québec, Canada
Le 6 mars 2008

FOLOGO DOIT DÉMISSIONNER DU CES
Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada - Le 21 février 2008 -
L'actuel président du Conseil économique et social (CES) de la Côte d'Ivoire, SEM Laurent Dona Fologo, est l'épicentre d'un séisme médiatique dont la Côte d'Ivoire aurait pu se passer. En fait, ces derniers mois, à 3 reprises, M. Fologo a eu la surprenante idée de crier haro sur des personnalités clé de l'opposition politique. Le 6 septembre 2007, il a pris deux longues heures pour énoncer devant les membres de l'ELAN dont il était l'invité, ce qu'il conçoit de «que faire de la paix après la crise?» L'exercice en valait la peine pour lui, puisque son laïus lui a permis d'avoir sous les yeux les éléments de réponse aux feux roulants des questions des journalistes, lors de son passage à «la rédaction de Fraternité Matin», une émission de fauteuil de braise. C'était le 11 février dernier. Cinq jours plus tard, soit le 16 février, M. Fologo faisait le discours d'ouverture d'un séminaire du Rassemblement pour la paix (RPP), mouvement qu'il a mis sur pied le 30 avril 2003. Le thème des 255 séminaristes était une paraphrase de celui débattu devant l'ÉLAN : «Le RPP face aux enjeux 2008».
Apparemment, quoi de plus normal que le Président du CES partage avec ses concitoyens ses avis sur la situation politique gangrénée de la Côte d'Ivoire. Cela d'autant plus que son mandat l'y oblige en ces termes : «Le Conseil Économique et Social est saisi par le Président de la République des demandes d'avis et d'études (…) Le Conseil Économique et Social peut de sa propre initiative appeler l'attention du Président de la République sur les reformes qui lui paraissent de nature à favoriser le développement économique et social de la République…» Le hic est que SEM Fologo s'est servi des privilèges de sa position d'homme d'État pour se mettre, non pas au service du peuple tout entier, mais seulement du parti au Pouvoir, en niant parallèlement le droit démocratique de l'opposition de jouer les opposants. En somme, l'analyse critique du Président du CES est critique pour ses propos menaçants frisant l'appel à l'exclusion des candidats autres que le Président Gbagbo. L'inconduite de Fologo viole la Constitution, phénomène dont il minimise la gravité, par ignorance ou par mauvaise foi. Dans un cas comme dans l'autre, la transgression du président d'une prestigieuse institution
républicaine, tel le CES, est impardonnable par son caractère délibéré, puisque M. Fologo n'était pas à sa première exsudation au-delà du Rubicond lorsqu'il a clamé le 16 février lors du séminaire du RPP que «la Constitution ivoirienne a déjà été suffisamment bafouée par les uns et les autres pour qu'elle ne puisse pas accepter les dernières blessures afin de guérir définitivement».
SEM Fologo ne peut bénéficier d'aucune circonstance atténuante dans la mesure où, premièrement, il n'a aucun remord à comploter contre l'opposition en évoquant son allégeance inconditionnelle à un des candidats aux présidentielles en ces termes : «Je me suis entendu avec le président Gbagbo. Les jeunes qui sont avec moi vont progresser mais ne soyez pas pressés. Nous avons travaillé pendant 6 ans avec quelqu'un (Gbagbo), je pense que nous devons pousser l'honnêteté jusqu'au bout». Deuxièmement, le Président du CES, parce que redevable à Gbagbo qui l'a nommé, affiche égoïstement et arrogamment son mépris à l'égard de la souffrance du peuple, bien qu'il soit au fait du bilan exécrable des sept ans et demi de la gestion de son ami. Voici ce qu'il en dit : «Pour le RPP, la confiance réciproque est incontournable pour réussir la renaissance de notre pays : tribalisme, ethnicisme, népotisme, égoïsme, gabegie, corruption, exclusion doivent être définitivement bannis de nos comportements et de notre gestion (…) 2008 ne ressemblera pas aux cinq dernières années de nébuleuse, de souffrance, (…) de tricherie à l'école, de violence à l'université, d'achat des concours, de cherté de la vie, etc.(…) La société civile a désormais compris que la plupart des états majors des formations politiques et de ceux qu'on appelle abusivement “grands leaders” l'ont trahie ou pour le moins, se sont servis d'elle au lieu de la servir».
Par ailleurs, le Président Fologo ne se contente pas de fustiger la gestion de la Refondation, il propose un comportement alternatif : «Après la crise, la gestion responsable de la paix doit nous conduire à créer un “citoyen nouveau” par la formation d'une nouvelle mentalité de l'homme Ivoirien, la création d'un cadre de vie assaini et sécurisé et les conditions d'un fonctionnement régulier et efficace des Institutions nationales (…) Notre ambition commune devra être de construire une société ivoirienne dont les valeurs cardinales seront : gouvernance, l'effort dans le travail et la récompense par le mérite, la compétence et l'honnêteté, l'humilité et la patience, la justice et l'équité dans la répartition des revenus, le respect de l'autre et la solidarité (…) il est impératif que tous ceux qui ont une responsabilité dans la gestion de la chose publique accomplissent leurs tâches avec professionnalisme et rigueur, dans une logique de bonne gouvernance. On l'a dit et répété, mais cela semble rester au stade de la simple profession de foi. Il nous faut, à présent, passer à des actes courageux, exemplaires. Agissons dès maintenant, demain, il sera trop tard. L'Histoire et la postérité ne nous pardonneront pas le laxisme, le manque de courage politique et la démission».
Ainsi, au bilan minable de Gbagbo, Fologo suggère une thérapie de choc fantastique. D'où vient alors cette apologie pour Gbagbo, l'homme au bilan minable : en effet, «le RPP, dit Fologo, se battra, le moment venu, pour le candidat qui portera ses valeurs, à l'exclusion de ceux qui, non sans arrogance et manque d'humilité, préparent déjà leurs adhérents au désordre et à l'incivisme en cas d'échec (…) Le RPP, par motion, s'engage à accompagner Monsieur le Président de la République dans la voie de la paix définitive (…) Je continue de soutenir les gens courageux (comme Gbagbo) qui se battent pour que le peuple noir soit libéré ; pas ceux qui fuient dès qu'ils entendent quelques tirs de fusil».
Une fois engagé sur la voie du dénigrement des leaders de l'opposition, Fologo devient plus acerbe : « Il y a des opposants actuels au régime qui font une cour assidue au Président Compaoré pour être président. Ils prédisent déjà leur victoire à la prochaine présidentielle conditionnant ainsi leurs militants à ne pas accepter les résultats au cas où ils seraient battus. On n'arrive pas à la présidence par décret. Un homme politique ne doit pas parler avec tant de sûreté et d'arrogance. Il est pernicieux, voire criminel, de se proclamer vainqueur avant la tenue du scrutin (…) On a vu des revenants dont certains n'étaient membres d'aucune instance du PDCI, devenir subitement membres alors qu'aucun congrès n'a autorisé quoique ce soit. Tout simplement parce qu'ils ont de l'argent. Ce n'est pas à la veille des élections qu'on va nous tromper. Quand la campagne va commencer, nous allons démontrer que les faiseurs de paix d'aujourd'hui étaient en réalité de l'autre côté. On se connaît dans ce pays et on connaît ceux qui aiment la Côte d'Ivoire (…) Sur la question de la liste électorale, le PDCI crie à la fraude et à une supposée incompétence de l'Institut national de la statistique (INS). On ne peut pas avoir bénéficié pendant 40 ans d'un système et aujourd'hui dire que l'INS est incompétent. Cela revient à dire que pendant 40 ans, nous avons menti au peuple en proclamant le président Houphouët gagnant avec 99% de voix». Enfin pour clore sa leçon de science politique, le Président du CES se livre en modèle par une parabole de sagesse : «J'ai prouvé qu'il était possible à un grilleur d'arachides de griller des arachides sans s'en mettre plein la bouche…J'ai les mains propres».
J'avoue que j'ai toujours eu du respect pour M. Fologo pour la simple et bonne raison qu'il a souffert dans sa chair pour expier les péchés de tout un peuple pris dans la folle tourmente du coup d'État de décembre 1999. Son passage à tabac dans le camp militaire d'Akouédo n'est pas digne d'un État de droit. Cependant à entendre aujourd'hui, l'ancien bagnard, victime à l'époque de l'extrémisme de quelques porteurs d'armes isolés, j'ai l'impression troublée que ce monsieur provoque dédaigneusement les leaders d'opposition afin d'inciter de nouveaux extrémistes à l'amener revisiter Akouédo après les prochaines élections. Ce masochisme, courant dans le monde d'aujourd'hui où tous les moyens sont bons pour être célèbres, invite le Président du CES à rendre sa démission avant que son ami Gbagbo ne quitte le palais présidentiel dans quelques mois. Lequel ami multiplie les coups d'État déjoués comme si, étant bénéficiaire de seulement 7,48% des votes selon le dernier sondage Time/Post/Weekly, le RHDP avait des vies à sacrifier pour une présidence à portée de main par les urnes. À moins que le Woody ne souhaite partir à la Bourguiba pour éviter l'humiliante défaite démocratique qui l'attend. Et même dans ce cas, aucun imposteur ne pourrait rester au pouvoir par coup d'État plus qu'une journée, puisque la Côte d'Ivoire a atteint le seuil irréversible de la démocratie. Par ailleurs, Chirac étant pris entre la résidence surveillée de Hariri qu'il habite et les barreaux de la justice, la France françafricaine qui a fait sortir les Jeunes Patriotes dans la rue, n'existe plus. Et la France de Sarkozy n'a rien d'ésotérique pour que Fologo continue de gigoter en prenant Gbagbo pour Samory Touré ou Chaka Zulu. Que vienne donc cette campagne électorale au cours de laquelle l'enfant de Sinématiali nous démontrera comment l'enfant de Mama a défendu la République : 1) en allant en Italie alors que ses services de renseignements savaient que les Ivoiriens étaient visés par une attaque imminente, 2) en n'ayant pas informé la population de la forme sous laquelle il a demandé l'application de l'accord de défense franco-ivoirien, 3) en entérinant les Accords de Linas-Marcoussis-Kléber sachant sciemment que ce remède ne pouvait pas guérir la Côte d'Ivoire selon ses propres mots, 4) en acceptant bonnement toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, sauf celle (la 1721) qui mettait fin à son mandat, alors qu'il avait le pouvoir souverain de les amender ou de les refuser, 5) en ne portant pas plainte contre la France de Chirac pour les évènements de novembre 2004 (destruction de notre flotte aérienne et homicides d'enfants aux mains nues). Les autres points de compromissions, je les réserve pour le débat à la télé dans un face à face que je réclame avec SEM Fologo, probable directeur de campagne de Gbagbo.
Il est aussi frappant de constater que Laurent Dona Fologo, chantre folklorique de Nanan Félix Houphouët-Boigny, aède lyrique d'Henri Konan Bédié, griot ignoré du Général Robert Guéï et maintenant apôtre historien de Laurent Gbagbo, mange toujours dans les assiettes des autres. C'est le propre d'un gus qui suit, par manque de courage de prendre le devant. C'est aussi l'explication de la peur de Fologo de transformer le RPP en parti politique le 16 février dernier à la demande majoritaire des membres. Cette caractéristique de jouer les seconds violons est commune aux poules mouillées et à ceux qui aiment manger les arachides grillées par les autres. Fologo a donc raison, il n'est pas un grilleur d'arachides à la bouche pleine d'arachides. Il a les mains propres, comme tous ces bureaucrates de la génération des dinosaures incapables de pousser un simple petit crayon, dont l'art de faire de la politique se résume à la roublardise et à empocher l'impôt des contribuables.
Mais ne soyons pas méchants, quoique nous ayons le devoir d'expliquer à SEM Fologo que personne ne traite l'INS d'incompétent, même si ce sont les hommes les plus compétents qui sont capables des fraudes les plus grandes et les plus subtiles. Les intimidations du camp présidentiel sont devenues des pétards mouillés. Rien n'empêchera le RDR et le RHDP de demeurer aux aguets pour maîtriser chaque étape du processus électoral jusqu'à la victoire finale du peuple.
Alors bonne et heureuse retraite, M. Fologo! Lorsqu'on a passé 40 ans à mentir que le peuple a élu Nanan Houphouët à 99%, vous devez en avoir assez sur votre conscience. Ne vous rabaissez pas davantage!

Dr Antoine Ahua Jr
Québec, Canada
Le 21 février 2008
antoineahua@hotmail.com
 
Dr Ahua Junior (RDR) répond à Gbagbo et à Koulibaly (FPI)

Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada - 11 février 2008
La campagne pour l'élection présidentielle ivoirienne a (re)commencé de plus belle, suite à l'interpellation des membres du Comité permanent de concertation (CPC) sur la priorité à accorder illico au processus électoral, au terme de leur réunion du 24 janvier 2008 à Ouagadougou. En français commun, cela veut dire ceci : l'Accord politique de Ouaga (APO), d'accord! Mais les flaflas dilatoires, basta!
De fait, la patience du peuple a atteint le seuil des élections. C'est pourquoi le Front populaire ivoirien (FPI ou Refondation) est prié de faire aux électeurs, le bilan de son exercice du pouvoir, tandis que les partis d'opposition ont le fardeau de démontrer qu'ils peuvent faire mieux en expliquant leurs projets de société respectifs. C'est cela le seul front sur lequel le peuple souhaite voir les politiciens mériter sa confiance. Rien d'autre! Pas de diversion par élucubration sur un tribalisme imaginaire, pas de procès de pays étranger pour faire oublier l'existence du Tribunal pénal international (TPI) conçu pour les Chefs d'État aux mains tachées de sang; pas de spéculation sur le franc CFA dont les pilleurs en rendront compte, encore moins la spéculation sur d'improbables alliances, tel le Front républicain, une ancienne arène de conjurations à saveur de baiser de Judas. À cet égard, le dernier congrès du Rassemblement des Républicains (RDR) s'est ouvert et fermé sur un message très clair de Dr Alassane Dramane Ouattara (ADO) à l'effet que, une fois président de la République, il tendra la main à Gbagbo par refus de l'exclusion. Donc, après l'élection, pas avant!

Cette élection présidentielle, prévue constitutionnellement pour octobre 2005 et reportée trop de fois, est «officiellement» attendue pour se tenir à la fin du mois de juin 2008. Espérons que cette fois sera la bonne, car, si la Loi fondamentale, en son article 38, a été évoquée de façon juste par le régime au pouvoir pour différer toutes les élections publiques de 2005,

c'est avec consternation qu'il y a lieu d'imputer audit régime, le long laps de temps de deux ans et demi qu'a duré l'absence d'organisation électorale. Ce qui constitue un gravissime coup d'État au regard du fait que l'alibi de Gbagbo pour rester au palais présidentiel pour un demi mandat additionnel, sans procuration du peuple, est contrarié par la bonne foi et des dispositions légales. De plus, la souffrance subséquente de la population donne à cette confiscation du pouvoir, une odeur de despotisme, loin des honneurs des joutes démocratiques.

L'alibi de Gbagbo, puisqu'il faut le rappeler, a été répété par lui-même lors de sa visite d'État dans la sous-préfecture d'Assikoi, dans le département d'Adzopé, le mercredi 9 janvier dernier. Une visite d'État qui donne un caractère officiel à sa déclaration suivante : « (au cours de la campagne électorale de 2000), nous sommes venus vous demander vos voix …et vous expliquer notre politique cinq, six, dix, quinze fois. Nous vous présentons (aujourd'hui) une nouvelle politique, votez pour nous…Vous avez voté pour nous et aujourd'hui, je suis président de la République grâce à vos voix.

Je vous ai présenté ma politique. Mais on n'a pas eu le temps de développer cette politique et la guerre est venue…J'ai fait face et aujourd'hui, la guerre est finie. Nous marchons vers les élections qui vont mettre définitivement fin au temps de crise. Je suis venu vous dire, prenez courage encore! Tenez bon! Restez debout et allons jusqu'aux élections…Nous voulons le développement de notre pays, le développement de la paix, la richesse de notre pays. Mais ceux qui sont venus nous faire la guerre sont contre la prospérité, le développement. C'est pourquoi il était d'abord bon de se tourner vers eux, de faire la paix avant de revenir continuer la route du développement…»

C'est vrai que la guerre est finie, mais entendons-nous bien, elle est finie depuis le cessez-le-feu du 17 octobre 2002, après donc quatre semaines d'affrontement militaire. De nombreux évènements ultérieurs sous formes d'accords, de symboles et d'actes de désarmement, ont confirmé la fin de la belligérance; des évènements, telle la proclamation conjointe d'un armistice, de la part de l'Armée républicaine (FDS) et des forces rebelles (FAFN), le 4 juillet 2003, ainsi que les avènements du bûcher de la paix de Guiglo et de la flamme de paix de Bouaké, tenus respectivement les 19 mai et 30 juillet 2007. En somme, c'est depuis octobre 2002, soit près de cinq ans et demi d'après guerre que le camp présidentiel fait face, aux dires de Gbagbo, à «ceux qui sont contre la prospérité et le développement». A priori, nous avons là un cas de crime d'État quand un Président de la République nomme à la Primature un groupe de va-t-en-guerre dont la nature attribuée à eux par lui est l'infortune et la destruction. De surcroît, comme la rébellion est assimilée à un axe du mal connu sous l'euphémisme de «bloc rebelle» incluant le RDR, il est irrationnel de voir les Refondateurs et certains journaux mousser une nouvelle association RDR-FPI, par extrapolation du discours du 1er février dernier de Affi Nguessan au Congrès du RDR. Une sorte de nostalgie du Front républicain des années 90, brisé par trahison, relevant de la panique du camp de Gbagbo à la veille de devoir passer le pouvoir d'État au camp pressenti gagnant d'ADO.

Est-ce donc une seconde nature chez Gbagbo de s'allier sans scrupule à des malfaiteurs qu'il accuse d'avoir pour mission de tirer la Côte d'Ivoire vers le bas? Le fait incontestable et incontesté est que le FPI, parti de Gbagbo qui s'est donné la réputation de prêcher le contraire de ce qu'il fait, n'a pas pu offrir aux Ivoiriens la prospérité et le développement promis, même pas sur la moitié sud du pays jamais contrôlée par personne d'autre que lui. Cela se comprend puisque le FPI est arrivé au pouvoir avec le leitmotiv que «la roue tourne» et que l'enrichissement illicite est un droit, après avoir rempli, dans la disette de l'opposition, son devoir légitime de réclamer le pouvoir d'État avec succès. C'est Gbagbo lui-même qui, par métaphore, a comparé un dossier présidentiel à un écureuil en avouant son incapacité d'en suivre deux à la fois, le détournement des deniers publics faisant partie des dossiers non prioritaires, c'est-à-dire des écureuils indomptables. Avec une telle philosophie de la gestion de l'État, la guerre de quatre semaines peut bien avoir le dos large et être tenue pour responsable des tares du régime : immoralité individuelle, amateurisme politique, incompétence économique et insensibilité à la société.

Voilà comment la Refondation a creusé sa propre tombe; un contexte de démission généralisée en matière de responsabilité et de règne de l'impunité. Cependant, la hantise de la défaite électorale imminente crée au sein du FPI, des électrons libres. C'est le sauve-qui-peut où chacun cherche à sauvegarder sa réputation personnelle ou son fauteuil de député, entre autres, en se dissociant du bilan collectif du régime. Après «les blues de la République» de Mamadou Koulibaly, la Première Dame a dénoncé l'immoralité misogyne des hommes du pouvoir et Affi Nguessan s'apprête à décrier l'impunité en commençant par imposer la discipline citoyenne dans le parti frontiste dont il est le président. Ce n'est que le début d'une litanie de complaintes individuelles formulées au nom du droit à l'autocritique salvatrice pour le parti de la Refondation. Et comme la pluie avant le beau temps ou l'abus de fornication avant la confession, des sursauts de vanité sont déplorés çà et là : 1) le procureur de la République se corrompt en incarcérant un nouvelliste d'avoir traité de corruption, au motif, dit-il, «qu'il peut mettre aux arrêts qui il veut et quand il le veut»; 2) les législateurs viennent de se légiférer, à l'insu des médias, des «primes de guerre» tout en reconnaissant que 70% des familles mangent un seul repas par jour; ce, 3) à la suite des cadres du Conseil économique et social dont le salaire a été doublé par leur président, Laurent Dona Fologo, personnage très sensible à la baisse du pouvoir d'achat des travailleurs; 4) lesquels seront désormais traités de criminels lorsqu'ils feront «la grève de la faim» pour de meilleures conditions de survie, dixit le Président Gbagbo qui les menace d'une loi antigrève après les élections, en oubliant qu'il ne sera plus qu'un simple citoyen à la merci des pouvoirs exécutif et judiciaire; 5) deux pouvoirs qui, pour l'instant, soutiennent chacun un des deux groupes de planteurs antagonistes sur la Bourse café cacao (BCC), puisque la filière café cacao est suffisamment nantie pour se permettre de payer dans la unité administrative, deux présidents de conseil d'administration (PCA) et deux directeurs généraux (DG).

Malgré tout, élection oblige, Gbagbo et le FPI ont le devoir partisan de clamer que le pays est débout malgré la guerre (de quatre semaines), que les institutions étatiques fonctionnent (pour un clan), que les déchets toxiques ne tuent plus (que les pauvres) et qu'ils méritent un autre et dernier mandat de cinq ans (qu'ils transformeront en une réquisition de 15 ans). Hé, que non! Après la fête, ce sont les fêtards qui doivent payer la note. Seuls. Pas avec le RDR ou le RHDP dans un cadre d'association quelconque. Dans tous les cas, pas de Front républicain. À chaque caïman, son marigot! Et puis, les larmes de crocodiles du FPI ne ramèneront pas les martyrs de la crise égoïstement entretenue et ne nous rajeuniront pas des sept ans et demi de notre bonheur perdu sous la Refondation. La campagne électorale ne fait que commencer.

Dr Antoine Ahua Jr
Québec, Canada
11 février 2008
antoineahua@hotmail.com