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DOCTEUR ANTOINE AHUA JUNIOR
Dr AHUA JR
L'ex-conseiller du Pr Mamadou Koulibaly donne les raisons de son adhésion au RDR. Docteur Ahua, vous êtes annoncé au RDR? Cela est surprenant, pour quelqu'un qui a donné de son énergie et de son temps pour défendre le camp présidentiel au début de la guerre, qu'est-ce qui explique donc ce revirement inattendu? L'information est-elle bonne?
Vous avez la bonne information. Cependant, je dois préciser que c'est la première fois que je milite dans un parti politique . Oui, mais la guerre est finie. Du moins, dit-on et le Président Gbagbo refuse de mettre fin à mon exil forcé, alors que je ne suis coupable de rien. Posez la question au président Koulibaly (Ndlr, Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale dont il était le conseiller) et il vous dira qu'on ne lui a jamais dit pourquoi son conseiller a été kidnappé,équestré et expulsé de son propre pays. Je ne peux pas forcer des gens qui ne veulent pas de moi, à me faire travailler à leurs côtés. Le Pésident de la République a choisi ses collaborateurs pour aller aux élections, Soro et compagnie. Et moi, j'ai choisi quelqu'un qui a confiance en moi.

Dr Antoine Ahua Junior : “Toucher à ADO équivaut à une déclaration de guerre!”
DR Ahua jr - 21 mars 2008 - Seydou Koné alias Alpha Blondy a accordé une interview au mensuel panafricain Afrique Magazine n° 270 de mars 2008. Le Quotidien «Notre Voie», la voix du Front populaire ivoirien (FPI ou Refondation) semble y avoir trouvé matière à fouiner en interrogeant à nouveau la Star de reggae devenue homme politique. La toute première question des deux interviewers, Didier Depry et Schadé Adédé, révèle d'emblée le sujet et l'objet de leur curiosité : «Vous avez qualifié M. Alassane Dramane Ouattara (ADO) de prestidigitateur et avez soutenu qu`il ne sera jamais président de la République de Côte d`Ivoire. Pourquoi vous attaquez-vous à ce leader politique ivoirien ? » Les trente-sept (37) autres questions suivantes ont entraîné Seydou Koné dans des allégations d'une portée diffamatoire telle que les dommages directs et collatéraux sur Dr ADO, personnalité respectable et favorite pour gagner les prochaines élections présidentielles, sont incommensurables.  

Il suffit de consulter la Une du mercredi 19 mars de «Notre Voie» (Ouattara est un Kacou Ananzè i.e trompeur) et celle de «Le Matin d'Abidjan» (Ouattara a cocufié Houphouët-Boigny, «au sens propre») pour constater déjà que le contenu des deux journaux concernés pouvait être loin des consignes de l'Observatoire (international) de la liberté de la presse, de l'éthique et de la déontologie (OLPED). Comme de raison, les ouï-dire et les illogismes y sont les arguments fondamentaux malgré les accusations accablantes et un appel au meurtre du Dr ADO de la part de l'artiste.
Le Conseil national de presse doit intervenir immédiatement et sanctionner sévèrement qui de droit pour délit de presse, car il s'agit là de l'ensemencement des mêmes germes de division qui ont conduit à la guerre au sein de notre nation dont l'unité demeure très fragile. De plus, au-delà de la mauvaise qualité des titres et du manque de professionnalisme, l'atteinte grave à la réputation et à la vie de Dr ADO interpelle la Brigade de recherches de la gendarmerie qui s'est déjà exécutée pour moins que cela. 
 Seydou Koné doit être apostrophé pour «nécessité d'enquête» pour avoir incité à l'assassinat d'ADO en demandant (aux forces armées) de le neutraliser pour qu'il ne soit jamais président de la République de Côte d'Ivoire. Or toucher à un cheveu d'ADO équivaudrait à l'homicide d'une génération de politiciens. Sans exception! Ce serait une déclaration de guerre.

En fait, le reggae-man fou évoque deux périodes de «sa vie politique», celle où il était le disciple d'ADO et l'autre où Gbagbo est devenu son idole aux dépens du premier. Le virage s'est opéré en décembre 2007 lorsqu'il était à la recherche de 300 millions de FCFA pour financer son concert appelé «FESTARRR» qu'il a tenu le 30 décembre 2007 (Cf. Question-Réponse No 21). Dans l'interview, Alpha dit avoir «écrit à tout le monde à cette époque-là pour solliciter de l'aide financière : ambassades, partis politiques, etc.» sans succès.
Alors, voici comment le reggae-man relate avoir réglé son problème : «Ça (le projet de Festarrr) traînait, faute de moyens. Et, suite à l'attentat contre l'avion du Premier ministre Guillaume Soro, le 29 juin 2007, j'ai reporté le festival. Après, j'ai décidé de le faire tout seul. C'est alors que Charles Blé Goudé m'a dit : “Écoute, le président Gbagbo veut nous donner sa contribution. C'est le moment d'aller le voir”. Je lui ai répondu : “Ok, on va profiter de l'occasion pour faire d'une pierre deux coups, c'est-à-dire l'inviter. S'il nous donne quelque chose, Dieu merci ; s'il ne nous donne rien, Dieu merci, you know”. Voilà ! A l'heure où je vous parle, je dois encore la somme de 16 millions à des entreprises qui ont travaillé avec moi» (Q-R : 32). Puis, à la question suivante, Alpha s'énerve ainsi : «A tous ceux qui soutiennent que le président de la République m'a donné 300 millions FCFA et que de cette somme, j'ai tiré 100 millions FCFA pour l'offrir à Charles Blé Goudé, je leur demande d'arrêter l'intox et la désinformation» (Q-R : 33). C'est tout ce qu'Alpha a dit de cette somme en ne niant pas l'avoir reçue. 

“Alpha guidé par son subsconcient frustré”

Par ailleurs, il avoue avoir reçu de l'argent du Président Houphouët et du Président Bédié (Q-R : 32) mais n'avoir jamais rien demandé à ADO et conclut que «quand on raconte que M. Alassane Ouattara est un multimilliardaire et qu'il distribue de l'argent, c'est faux» (Q-R : 36). Un peu plus tôt, il avait mentionné que «M. Alassane Ouattara qui, paraît-il, est propriétaire de 22 avions et 212 bateaux, n'a rien du tout. Fohi ! Rien !» (Q-R : 16).
Il est donc évident pour nous qu'ADO, le pauvre que l'on croit riche, n'a jamais donné de l'argent à Seydou Koné (ni à Alpha Blondy, l'artiste) qui d'ailleurs ne le lui en a jamais demandé. Ainsi, ça crève les yeux que si c'est la cause politique, la «costra nostra», qui avait lié Seydou Koné alias Alpha Blondy à ADO, c'est bien l'argent de Gbagbo (disons du peuple) qui a fait descendre Alpha Blondy de son piédestal pour redevenir de nouveau «Seydou Koné, le mendiant (cf. Le Patriote, 15/3/08, Lass RDR, Washington)». Ce, à partir des 300 millions qu'il a reçus de Gbagbo en décembre 2007.
Est-ce donc le subconscient frustré qui a inspiré le reggae-man tout le long des ces dernières entrevues? Question d'autant plus pertinente que tous les reproches de Seydou Koné à l'égard d'ADO sont relatifs à la première période où il suivait celui-ci comme «mon pied, ton pied». D'ailleurs, Seydou avoue éprouver une certaine fierté à avoir contribué à la reconnaissance de la citoyenneté ivoirienne d'ADO en ces termes «J`avais dénoncé le fait qu`on le traite d`Ivoirien lundi et d`étranger mardi. Et qu`à cause de cela, ce Monsieur que le PDCI a envoyé en Côte d`Ivoire ne pouvait pas être candidat à l`élection présidentielle. J`avais dit non ! Et aujourd`hui, il peut être candidat à la présidentielle. Ne voyez-vous pas que ce combat que j`ai mené, a payé dans une certaine mesure ? Mais actuellement, les données ont changé et il me semble important de souligner les actes graves que M. Ouattara a posés. Il faut le dire, nous ne partageons pas sa façon de faire» (Q-R : 1).
Ainsi la costra nostra qui était bonne hier (avant déc.2007) ne l'est plus et la seule donnée qui a vraiment varié pour que Alpha change son fusil d'épaule, est révélée à la question no 13 : «Pourquoi est-ce maintenant que vous en parlez ? Il répondit : Excusez-moi, chaque chose en son temps ! »
Le temps de s'être re-plombé avec le fonds de souveraineté du peuple, après avoir dilapidé son cash musical, et de pouvoir désormais cracher sur l'homme qui lui avait tapé sur l'épaule pour le consoler au bon vieux temps mais, un homme trop pauvre qui ne lui avait jamais donné du cash.
Aussi, Alpha Blondy reconnaît qu'ADO est né Ivoirien à Dimbokro comme lui (par droit de sol universellement reconnu, comme en Côte d'Ivoire avant 1972, sauf dans les pays fascistes). Mais, ayant rejoint la philosophie de Gbagbo en décembre 2007, l'artiste dit renier maintenant ADO comme parent pour son accent malinké proche de celui des Malinké de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) (Q-R : 12). Comme si les Djablin étaient des faux Ivoiriens pour leur accent agni proche de l'Ashanti de Kumasi (Ghana), etc. Plus grave encore, Alpha l'ivoiritaire va jusqu'à relier l'accent malinké des gens de Kong à un trait culturel qui a incrusté chez ADO un comportement incestueux inimaginable chez un vrai Ivoirien. Voici sa déclaration à ce sujet : «Je pense qu`Alassane Ouattara pouvait s`offrir toutes les filles d`Abidjan, sauf celle-là (Dominique Folloroux). Ce qu`il a fait, c`est comme si tu couchais avec ta propre mère. Parce que le président Houphouët était son père politique et spirituel. Et quand tu as fini de coucher avec ta mère, n`aies pas la prétention de ravir à ton père son fauteuil. Or, Ouattara a fait tout cela. C`est ce que le PDCI n`a jamais osé dénoncer aux yeux du monde. Voilà pourquoi beaucoup se sont contentés de le traiter d`étranger. Ce qui l`a d`ailleurs arrangé car il en a fait son fonds de commerce» (Q-R : 7 et 8).
Et la cervelle aussi légère que la cendre d'un kaya (drogue de rasta-man), Alpha dévoile ensuite sa source d'information : «Je fais un décryptage, you know. A l`époque, je sortais avec Patricia, la fille d`un Européen qui travaillait à la présidence. Elle m`a confié ceci, après la nomination d`Alassane Ouattara : «Attention votre Premier ministre-là est en train de prendre un virage dangereux. Parce que Dominique (Folloroux) est en quelque sorte la «Go» du président de la République, Félix Houphouët». Comprenez-vous le sens de ce message de Patricia ?» (Q-R : 8).
Ce que Alpha ne savait pas, c'est que de chez lui Patricia passait me voir, moi Ahua Junior, en me disant qu'elle n'avait pas eu sa dose, car le rasta-man était un incapable. Comme quoi, il est facile d'être cocu et ne pas savoir le décrypter.
Là où le kaya-man perd toute crédibilité, c'est lorsqu'il explique la raison pour laquelle Houphouët aurait concédé sa «go» à ADO : «On me qualifie de fou, non ? Mais un fou, il sait beaucoup de choses, you know ! Le mariage de M. Ouattara avec Dominique, relève d`un calcul politicien. Il prétend que Houphouët lui a donné l`ordre de prendre cette femme. Mais il a oublié que c`est parce qu`il a couché avec elle que «le Vieux» s`est fâché et la lui a cédée. Un proche d`Houphouët, et non des moindres, m`a confié que «le Vieux» en a pleuré. Parce qu`il ne pouvait pas s`imaginer que quelqu`un qu`il a fait venir auprès de lui de bonne foi puisse lui planter le couteau dans le dos. Son entourage en été malade aussi. C`est de là qu`est parti le débat sur la filiation de Ouattara. Aujourd`hui, nous disons qu`Alassane Ouattara est certes un Ivoirien mais il y a un problème» (Q-R : 11).
Pure folie! Alpha n'est pas assez lucide pour savoir que personne au monde ne pouvait ravir une femme au Président Houphouët sans en payer le prix fort : la guillotine. Alors, lorsqu'un énergumène de son espèce perd le sens des réalités, le délire devient son fidèle compagnon. On comprend pourquoi Alpha colle le coup d'État de 1999 au dos d'ADO en donnant pour preuve que celui-ci aurait dit auparavant que s'il frappait le régime de Bédié, il tomberait (Q-R : 2-3).
À la réplique que le Général Guéï, chef de la junte, avait une version différente, le kaya-man esquive la controverse en bégayant : «Je n'entre pas dans ce genre de masturbation» (Q-R : 4).
C'est vrai que lorsqu'on n'a pas assez de sperme, on se contente de plaisir fantasmatique, comme par exemple attribuer la commandite de la rébellion de 2002 à ADO, un homme qu'on qualifie pourtant de pauvre, en alléguant tout simplement que Koné Zacharia aurait dit : «nous avons pris les armes pour qu'il n'y ait plus d'exclusion en Côte d'Ivoire et que Alassane soit candidat». Et comme ADO n'a pas démenti, cela confirme le fait que qui ne dit mot consent (Q-R : 5-6).
Et notre kaya-man de révéler en conclusion qu'il votera «pour le candidat à la présidentielle prochaine qui promettra de faire partir l'armée française et de nous faire passer d'une indépendance virtuelle à une indépendance réelle» (Q-R : 23).
Alpha votera donc pour Mamadou Koulibaly car Gbagbo, il n'y a pas très longtemps, a renié ses amis du FPI et les jeunes patriotes, en jurant qu'il n'a jamais exigé et n'exige pas le départ du 43e BIMA et qu'au moment où les loups criaient au loup, lui, chef d'État, devait se taire et s'était tu.
C'est dire que l'homme dont Seydou Koné est le chantre aujourd'hui, lui est totalement méconnu. Sinon, le kaya-man saurait qu'entre ADO et Gbagbo, le plus «cocufieur» n'est pas celui qu'il croit. ADO est marié en secondes noces en 1991 et on lui connaît une seule épouse depuis cette date, une femme d'Affaire respectable, Madame Dominique Ouattara. Donc, en nous référant à notre Constitution, celui qui bénéficie d'un passe-droit en matière de moralité et de probité grâce aux Accords de Marcoussis, c'est bien Gbagbo. C'est le même homme qui a la réputation notoire de croire que la politique consiste à mentir, à feindre, à cacher la vérité, bref à cocufier le peuple, pourvu qu'on conserve le pouvoir. À ce titre, comme il se le réclame d'ailleurs, il est plus kacou Ananzè (trompeur) que Kacou Ananzé lui-même.
C'est aussi de plus en plus évident que le fondateur du FPI en 1982 qui a réclamé, en Côte d'Ivoire comme en exil, le multipartisme, ne voulait en fait qu'avoir l'opportunité de devenir président et de transformer la République en monarchie. Il nous a prouvé depuis huit (8) ans que ses connaissances en matière de démocratie n'incluent pas l'inaliénation : 1) - du droit à la revendication syndicale, 2) - de l'État de droit qui dicte que tout le monde est assujetti à la loi, du plus humble de la société jusqu'au Président de la République et 3) - du respect des Droits de l'Homme. C'est pourquoi, il ne comprend que le langage de la violence, car il poursuit les manifestants pacifiques, considère les grévistes comme des agresseurs moraux à son endroit et s'allie facilement avec ceux qui peuvent menacer son pouvoir par la force. Et à le voir fonctionner, ses nominations à base tribale raffermissent la thèse selon laquelle Laurent Koudou Gbagbo est un rancunier, marqué par le sentiment victimaire de la politique de Houphouët qu'il ne voit que par des lunettes d'un disciple de Victor Biaka Boda, Bété d'Ouragahio né en 1913, homme politique et sénateur du PDCI-RDA élu en 1948 et assassiné en 1950 à Bouaflé (en pays Baoulé) dans des circonstances qui font encore débat. Paresseux et calculateur, il est partisan du moindre effort en autant que sa pitance puisse couvrir les besoins des siens et de ceux qu'il peut corrompre pour lui balayer le chemin. Comme il aime à le dire lui-même, il ne s'intéresse qu'à là où il peut tirer son argent, notamment la filière café cacao, le pétrole et la douane. Doté d'un courage de laisser faire les tueurs en son nom à condition qu'il ne soit pas cité en cas de pépins, il ne brave jamais lui-même la menace et attend d'être acculé dans son dernier retranchement avant de tout céder à la seule condition qu'il reste au pouvoir avec l'accès au décaissement des fonds publics.
Alors que faire devant un tel dictateur quand on est soi-même démocrate? Un dictateur qui ne peut pas s'imaginer que la vie continue après avoir quitté la présidence de la République? Réponse : il faut battre campagne et lui expliquer comment le pouvoir se transmet dans une démocratie et comment cela s'opère lorsque le peuple voit le monarque résister à sa survie.
L'histoire universelle nous a légué des leçons sociologiques et celle de la Côte d'Ivoire les a confirmées le 19 septembre 2002. En un mot, la démocratie est un contrat social de paix qui a ses critères qu'il faut connaître et ses règles à respecter. Ainsi, sans une élection ouverte à tous, accessible à tous et transparente, le dictateur aura beau user de stratagème, confiner des mercenaires dans son sous-sol et user de la violence lorsque nécessaire, il finit toujours comme tous les dictateurs. Alors que l'ONU reste vigilante et que les élections se fassent de façon à ce que le meilleur gagne. Sans parti pris, Dr ADO et le RHDP ont 110% de chance de former le prochain gouvernement. Les 10% étant la marge d'erreur inférieure. Alpha Blondy a perdu son pari. Sa perspicacité politique est nulle. Qu'il continue de chanter pour vendre quelques «singles» car quand la bise viendra, qu'il ne compte pas sur Gbagbo pour le prendre sous son aile. L'homme est ingrat.

Dr Antoine Ahua Jr,
Québec, Canada

L'APO, un an après: Le FPI accuse Soro de traître. Un coup d'État français se ferait en cinq minutes
Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada - Le 6 mars 2008 -
Du 4 mars 2007 au 4 mars 2008, notre planète a fait une révolution autour du soleil. Il s’agit de douze mois tragiques, soit trois mois de plus, et de trop, qu’il n’en faut pour bénir un couple amoureux d’une heureuse naissance. C’est l’équivalent pour le peuple ivoirien d’une misère en métastase, les deux mois de sursis octroyés à l’Accord politique de Ouaga (APO). Car, le géniteur dudit accord, le régime de Gbagbo (FPI ou Refondation) qui ne tourne déjà pas rond depuis sa naissance, n’a accouché que d’un dépit amoureux, en lieu et place d’une élection présidentielle prévue pour le 4 janvier 2008. C’est le cas de le dire, ce ne fut pas une année ensoleillée pour les Refondateurs enclins à la sinécure et contraints à plus de responsabilité pour le salut national. L’habitude étant une seconde nature, ils se sont assis sur leurs lauriers, les enfants des autres convoyés dans les rues.
Des futures étoiles nationales palies prématurément par l’école «blanche» et le chômage, qui à la lumière de l’ingratitude dont elles sont victimes, se sont renfermées sur elles-mêmes comme une galaxie en implosion. Comme quoi, le patriotisme c’est beau comme un drapeau mais donner sa poitrine de chair à une aristocratie vorace, au nom du patriotisme, il faut être «gaou» pour le faire deux fois. D’où le désarroi interne du FPI traduit, ces temps-ci, en complainte publique contre Soro, leur seul cosignataire de l’APO. Ce, après avoir jeté l’opprobre des échecs de sorties de crise précédentes sur «les étrangers».

À cet égard, M. Pascal Affi N’guessan, président du FPI, a donné une longue interview publiée ces derniers jours dans le Quotidien «Notre Voie». L’ex Premier ministre frustré, selon sa propre expression, a fait une sorte de bilan de l’application de l’APO, tel que vu par la Refondation. Un seul mot, «ruptures» (au pluriel), suffirait à qualifier ce quiz pré-arrangé où les journalistes ont fait l’avocat du diable et Affi N’guessan, le juge impartial à «l’analyse objective proche des réalités du terrain». Une rupture avec le PM Soro et les Forces nouvelles (FN) pour traîtrise du deal souterrain de «non désarmement et non élection» que constitue l’APO. Une rupture avec les acteurs politiques de l’opposition dite houphouétiste (RHDP) trop pressée d’aller aux élections défavorables au FPI dans l’opinion publique. Une rupture avec la Commission électorale indépendante (CEI) parce que son président élu par ses pairs échappe au contrôle de Gbagbo. Une rupture avec la France «néocolonialiste» et son opérateur d’identification (SAGEM) «à la moralité douteuse». Bref, des ruptures afin d’opérer un retour à la «philosophie de l’orphelin» du Président Gbagbo. Un orphelinat incluant bien-sûr l’Institut national des statistiques (INS) puisque son directeur général est membre du comité électoral du FPI, sans problème de moralité avec ce cas flagrant de conflit d’intérêt.

En d’autres termes, l’intelligence éprouvée du PM Pascal Affi N’guessan, travestie par son instinct de survie partisan, a résulté en un discours univoque d’offensives anti-électorales. Et, au-delà de la forme idyllique qui marque des points politiques, c’est le fond du message qui manque le plus, en avilissant les vertus humaines de loyauté et de respect envers la vérité. Cependant, faire de notre part la «mise en examen» de la nouvelle stratégie politique (de ruptures) du FPI, un an après l’APO, n’aurait pas d’assises solides sans les preuves des faits. À ce propos, ce sont des déclarations du Président Gbagbo, le maître du régime, qui tombent à souhait.

Le 26 septembre 2007, pour la première fois depuis son accession à la magistrature suprême, le Président Laurent Gbagbo s’est adressé au monde entier. Du haut de la tribune de l’ONU dans le cadre de la 62e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Chef de l’État a fait entendre la voix de la Côte d’Ivoire indépendante et souveraine. Il mettait ainsi sa propre crédibilité sur le billot et engageait l’avenir des Ivoiriens. Voici des extraits pertinents de son discours :
«Nous avons constaté que malgré les efforts déployés durant quatre années par la Communauté Internationale, le processus de paix était bloqué et le pays se trouvait dans l’impasse. C’est pourquoi, le 19 décembre 2006, j’ai proposé à mes compatriotes un plan de sortie de crise articulé autour de cinq points : 1) l’instauration d’un Dialogue Direct avec la Rébellion en vue du désarmement et de la réunification du pays, 2) la suppression de la zone de confiance, 3) la création d’un service civique national, 4) l’amnistie générale, 5) la mise en place d’un programme d’aide au retour des déplacés de guerre. (Bilan :) …une ordonnance d’amnistie générale a été prise le 11 avril 2007, le désarmement a effectivement commencé avec le ‘’bûcher de la paix’’ organisé le 30 juillet 2007 à Bouaké, (à retenir :) ‘’le redéploiement de l’administration et la réinstallation des magistrats sur l’ensemble du territoire sont effectifs‘’. Un plan de retour des déplacés de guerre est mis en place (…) Dans ce contexte, compte tenu du climat d’apaisement qui règne dans le pays, je souhaite que les Nations Unies revoient à la baisse l’indice de sécurité. La phase 3 ne correspondra plus à la réalité. Dans le même esprit, avec la mise en œuvre de l’Accord de Ouagadougou, (important à retenir :) ‘’la Côte d’Ivoire est aujourd’hui réunifiée‘’, et il appartient donc à l’État d’assurer l’ordre et la sécurité publique sur toute l’étendue du territoire national (…) (À retenir :) ‘’Les élections constituent la finalité du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire (…) et une nécessité pour la relance économique‘’. La tenue d’élections transparentes, libres et ouvertes à tous, est non seulement une exigence de ma culture politique, mais aussi et surtout, une nécessité démocratique (…) (À retenir :) ‘’Les élections constituent enfin un impératif constitutionnel‘’. Selon notre Constitution, en effet, lorsque des circonstances exceptionnelles rendent impossibles l’organisation des élections (à retenir :) ‘’comme c’était le cas avant la réunification du pays‘’, toutes les Institutions de la République ne fonctionnent plus qu’en vue des élections. C’est pourquoi, (à retenir :) ‘’il nous faut rapidement organiser les élections pour sortir d’une situation certes constitutionnelle mais exceptionnelle‘’.
Le 23 mai 2007, soit quatre mois avant son discours à l’ONU, le Président Gbagbo s’est adressé aux représentations diplomatiques étrangères présentes en Côte d’Ivoire. Guillaume Soro, le chef de l’ex-rébellion, était PM depuis le 4 avril. Gbagbo a tenu à indiquer que c’était lui le responsable de la gestion du pays, parlant du départ du Haut représentant de l’ONU en ces termes : «Alors, il y a une rumeur qui circule en ville et vous devez vous poser des questions à ce sujet. Je vous dois une réponse. Stoudmann est parti, il ne va plus revenir. Oui, c’est moi qui ai demandé qu’il parte. Parce que notre pays, c’est moi qui en ai la charge aujourd’hui. (À retenir :) ‘’Chaque pays du monde a quelqu’un qui en est responsable à un moment donné. Après, il ne l’est plus et c’est celui qui est élu qui en est le nouveau responsable. Mais, pour le moment, c’est moi qui suis le responsable‘’.
Autre discours de Gbagbo. À l’occasion solennelle de présentation de vœux pour le nouvel an 2008, le Président a tenu à expliquer aux Forces armées ex-belligérantes réunies (FDS et FAFN) sa vision de la nature du conflit ivoirien : « (À retenir :) ‘’La guerre civile est venue des entrailles de la Côte d’Ivoire‘’. On peut dire que c’est un tel, un tel autre, mais, tant que des Ivoiriens n’ont pas décidé de prendre les armes contre leur pays, il n’y a pas de guerre civile. (À retenir :) ‘’Si c’est un État qui a attaqué un autre État, on appelle cela la guerre tout court. Mais, si des Ivoiriens prennent des armes pour quelque raison que ce soit, contre les Institutions de leur pays, on parle de guerre civile. Point n’ai besoin de savoir s’ils sont manipulés ou s’ils ne le sont pas‘’».
Ces propos du Président Gbagbo amène à conclure ceci : 1) le redéploiement de l’administration et la réinstallation des magistrats sur l’ensemble du territoire étant effectifs, 2) Gbagbo est l’Autorité suprême de l’ensemble du pays ; 3) la Côte d’Ivoire étant aujourd’hui réunifiée suite 4) à la fin de la guerre civile et que 5) les élections constituant la finalité du processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire, 6) étant un impératif constitutionnel, 7) il n’y a pas de raison qu’on n’aille pas rapidement aux élections 8) pour pouvoir relancer l’économie.
Alors, dans la situation présente où les élections sont constamment retardées, des deux choses l’une : ou le Président Gbagbo a dit vrai à l’ONU et dans ses autres discours précités et qu’il est incompétent à gérer la Côte d’Ivoire ou il a menti à tout le monde perdant ainsi toute crédibilité et confiance pour avoir droit à continuer à feindre travailler pour les Ivoiriens au profit d’intérêts claniques et tribalistes. Dans les deux cas, incompétent ou immoral, Gbagbo est le problème ivoirien.

Ainsi toute spéculation, élucubration, laïus, action ou réaction, de la part du régime du FPI contre les «autres» pour justifier la situation sociopolitique désastreuse de la Côte d’Ivoire constituent de vains atermoiements pour se maintenir au pouvoir d’État. Ni Soro, ni la France n’empêchent Gbagbo de diriger le pays dans la bonne gouvernance. Si l’APO échoue, ce sera l’échec de Gbagbo, l’initiateur du «dialogue direct» dont il se vante et l’élu redevable à la population.

Soro, nommé par Gbagbo comme PM par décret est responsable devant celui-ci et n’a aucun compte à rendre à la population. Le «crime» du PM est d’être déterminé à faire le nécessaire pour qu’il y ait des élections en 2008, surprenant ainsi Gbagbo qui s’attendait à ce que le deal «passé entre eux» de non désarmement (favorable aux FN) et de non élection (favorable au clan de la Refondation) ne soit pas trahi. C’est pourquoi le FPI est en colère : Gbagbo le roublard a été dribblé par le jeune Soro.

Quant à la France, Gbagbo l’a absoute en qualifiant la guerre de civile et de problème inter-ivoirien. Si Chirac était un françafricain aux politiques africaines ambigües et démocratiquement incohérentes, Sarkozy ne peut pas être taxé d’homme à double visage. De passage en Afrique du Sud en fin du mois de février dernier, voici ce qu’il a déclaré, entre autres, en matière de nouvelle politique franco-africaine : «La présence militaire française en Afrique repose toujours sur des accords conclus au lendemain de la décolonisation, il y a 50 ans (…) L’Afrique de 2008 n’est pas l’Afrique de 1960 (…) Je vais refonder nos relations sur un principe qui n’existait pas et que j’imposerai, le principe de la transparence. La transparence, c’est la meilleure garantie pour des relations solides et durables, le meilleur antidote aux fantasmes et aux incompréhensions. Contrairement à la pratique passée, j’annonce au Parlement d’Afrique du Sud que tous les accords de défense entre la France et les pays africains seront intégralement publiés. J’associerai également étroitement le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique». Voilà! Certes Sarkozy pousse Gbagbo à faire des élections, mais il n’est pas du genre au flafla. Le jour où la France d’aujourd’hui décidera de faire tomber le régime de Gbagbo, elle sera annoncée à la «George W. Bush» et cela se fera en cinq minutes. Arrêtons donc de simuler les coups d’État «français» qui relèvent du fantasme.

En fait Gbagbo et le FPI sont incapables de leadership, de vision et de volonté politique pour sortir le pays de l’impasse et de le conduire aux élections. Il est donc évident que la solution de sortie de crise réside dans la capacité du RHDP, de la Primature, de la CEI, de l’ONUCI et de la Licorne de s’allier pour prendre les rênes du processus électoral et de faire un contrepoids à la Refondation et sa milice du CECOS. Car, dès lors que les FDS, les FAFN et mêmes les groupes d’autodéfense abusés par la Refondation ( et pris en charge par l’ONU) travaillent en concertation pour sécuriser toutes les étapes du processus électoral, les partis politiques pourront librement battre campagne, les électeurs voteront sans entraves et le nouveau président élu se chargera de remettre la Côte d’Ivoire sur les rails. Bien sûr que le FPI doit être de la course pour cause de paix sociale mais il ne manquera pas d’arguments pour convaincre la population que voter pour Gbagbo, c’est lui donner un chèque en blanc pour transformer son présumé dernier mandat de cinq ans en une dictature à vie. L’homme n’a pas de parole et sa signature ne vaut pas plus que le temps qu’elle prend pour sécher. Avec le FPI, autant en emporte le vent !

Dr Antoine Ahua Jr
Québec, Canada
Le 6 mars 2008

FOLOGO DOIT DÉMISSIONNER DU CES
Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada - Le 21 février 2008 -
L'actuel président du Conseil économique et social (CES) de la Côte d'Ivoire, SEM Laurent Dona Fologo, est l'épicentre d'un séisme médiatique dont la Côte d'Ivoire aurait pu se passer. En fait, ces derniers mois, à 3 reprises, M. Fologo a eu la surprenante idée de crier haro sur des personnalités clé de l'opposition politique. Le 6 septembre 2007, il a pris deux longues heures pour énoncer devant les membres de l'ELAN dont il était l'invité, ce qu'il conçoit de «que faire de la paix après la crise?» L'exercice en valait la peine pour lui, puisque son laïus lui a permis d'avoir sous les yeux les éléments de réponse aux feux roulants des questions des journalistes, lors de son passage à «la rédaction de Fraternité Matin», une émission de fauteuil de braise. C'était le 11 février dernier. Cinq jours plus tard, soit le 16 février, M. Fologo faisait le discours d'ouverture d'un séminaire du Rassemblement pour la paix (RPP), mouvement qu'il a mis sur pied le 30 avril 2003. Le thème des 255 séminaristes était une paraphrase de celui débattu devant l'ÉLAN : «Le RPP face aux enjeux 2008».
Apparemment, quoi de plus normal que le Président du CES partage avec ses concitoyens ses avis sur la situation politique gangrénée de la Côte d'Ivoire. Cela d'autant plus que son mandat l'y oblige en ces termes : «Le Conseil Économique et Social est saisi par le Président de la République des demandes d'avis et d'études (…) Le Conseil Économique et Social peut de sa propre initiative appeler l'attention du Président de la République sur les reformes qui lui paraissent de nature à favoriser le développement économique et social de la République…» Le hic est que SEM Fologo s'est servi des privilèges de sa position d'homme d'État pour se mettre, non pas au service du peuple tout entier, mais seulement du parti au Pouvoir, en niant parallèlement le droit démocratique de l'opposition de jouer les opposants. En somme, l'analyse critique du Président du CES est critique pour ses propos menaçants frisant l'appel à l'exclusion des candidats autres que le Président Gbagbo. L'inconduite de Fologo viole la Constitution, phénomène dont il minimise la gravité, par ignorance ou par mauvaise foi. Dans un cas comme dans l'autre, la transgression du président d'une prestigieuse institution
républicaine, tel le CES, est impardonnable par son caractère délibéré, puisque M. Fologo n'était pas à sa première exsudation au-delà du Rubicond lorsqu'il a clamé le 16 février lors du séminaire du RPP que «la Constitution ivoirienne a déjà été suffisamment bafouée par les uns et les autres pour qu'elle ne puisse pas accepter les dernières blessures afin de guérir définitivement».
SEM Fologo ne peut bénéficier d'aucune circonstance atténuante dans la mesure où, premièrement, il n'a aucun remord à comploter contre l'opposition en évoquant son allégeance inconditionnelle à un des candidats aux présidentielles en ces termes : «Je me suis entendu avec le président Gbagbo. Les jeunes qui sont avec moi vont progresser mais ne soyez pas pressés. Nous avons travaillé pendant 6 ans avec quelqu'un (Gbagbo), je pense que nous devons pousser l'honnêteté jusqu'au bout». Deuxièmement, le Président du CES, parce que redevable à Gbagbo qui l'a nommé, affiche égoïstement et arrogamment son mépris à l'égard de la souffrance du peuple, bien qu'il soit au fait du bilan exécrable des sept ans et demi de la gestion de son ami. Voici ce qu'il en dit : «Pour le RPP, la confiance réciproque est incontournable pour réussir la renaissance de notre pays : tribalisme, ethnicisme, népotisme, égoïsme, gabegie, corruption, exclusion doivent être définitivement bannis de nos comportements et de notre gestion (…) 2008 ne ressemblera pas aux cinq dernières années de nébuleuse, de souffrance, (…) de tricherie à l'école, de violence à l'université, d'achat des concours, de cherté de la vie, etc.(…) La société civile a désormais compris que la plupart des états majors des formations politiques et de ceux qu'on appelle abusivement “grands leaders” l'ont trahie ou pour le moins, se sont servis d'elle au lieu de la servir».
Par ailleurs, le Président Fologo ne se contente pas de fustiger la gestion de la Refondation, il propose un comportement alternatif : «Après la crise, la gestion responsable de la paix doit nous conduire à créer un “citoyen nouveau” par la formation d'une nouvelle mentalité de l'homme Ivoirien, la création d'un cadre de vie assaini et sécurisé et les conditions d'un fonctionnement régulier et efficace des Institutions nationales (…) Notre ambition commune devra être de construire une société ivoirienne dont les valeurs cardinales seront : gouvernance, l'effort dans le travail et la récompense par le mérite, la compétence et l'honnêteté, l'humilité et la patience, la justice et l'équité dans la répartition des revenus, le respect de l'autre et la solidarité (…) il est impératif que tous ceux qui ont une responsabilité dans la gestion de la chose publique accomplissent leurs tâches avec professionnalisme et rigueur, dans une logique de bonne gouvernance. On l'a dit et répété, mais cela semble rester au stade de la simple profession de foi. Il nous faut, à présent, passer à des actes courageux, exemplaires. Agissons dès maintenant, demain, il sera trop tard. L'Histoire et la postérité ne nous pardonneront pas le laxisme, le manque de courage politique et la démission».
Ainsi, au bilan minable de Gbagbo, Fologo suggère une thérapie de choc fantastique. D'où vient alors cette apologie pour Gbagbo, l'homme au bilan minable : en effet, «le RPP, dit Fologo, se battra, le moment venu, pour le candidat qui portera ses valeurs, à l'exclusion de ceux qui, non sans arrogance et manque d'humilité, préparent déjà leurs adhérents au désordre et à l'incivisme en cas d'échec (…) Le RPP, par motion, s'engage à accompagner Monsieur le Président de la République dans la voie de la paix définitive (…) Je continue de soutenir les gens courageux (comme Gbagbo) qui se battent pour que le peuple noir soit libéré ; pas ceux qui fuient dès qu'ils entendent quelques tirs de fusil».
Une fois engagé sur la voie du dénigrement des leaders de l'opposition, Fologo devient plus acerbe : « Il y a des opposants actuels au régime qui font une cour assidue au Président Compaoré pour être président. Ils prédisent déjà leur victoire à la prochaine présidentielle conditionnant ainsi leurs militants à ne pas accepter les résultats au cas où ils seraient battus. On n'arrive pas à la présidence par décret. Un homme politique ne doit pas parler avec tant de sûreté et d'arrogance. Il est pernicieux, voire criminel, de se proclamer vainqueur avant la tenue du scrutin (…) On a vu des revenants dont certains n'étaient membres d'aucune instance du PDCI, devenir subitement membres alors qu'aucun congrès n'a autorisé quoique ce soit. Tout simplement parce qu'ils ont de l'argent. Ce n'est pas à la veille des élections qu'on va nous tromper. Quand la campagne va commencer, nous allons démontrer que les faiseurs de paix d'aujourd'hui étaient en réalité de l'autre côté. On se connaît dans ce pays et on connaît ceux qui aiment la Côte d'Ivoire (…) Sur la question de la liste électorale, le PDCI crie à la fraude et à une supposée incompétence de l'Institut national de la statistique (INS). On ne peut pas avoir bénéficié pendant 40 ans d'un système et aujourd'hui dire que l'INS est incompétent. Cela revient à dire que pendant 40 ans, nous avons menti au peuple en proclamant le président Houphouët gagnant avec 99% de voix». Enfin pour clore sa leçon de science politique, le Président du CES se livre en modèle par une parabole de sagesse : «J'ai prouvé qu'il était possible à un grilleur d'arachides de griller des arachides sans s'en mettre plein la bouche…J'ai les mains propres».
J'avoue que j'ai toujours eu du respect pour M. Fologo pour la simple et bonne raison qu'il a souffert dans sa chair pour expier les péchés de tout un peuple pris dans la folle tourmente du coup d'État de décembre 1999. Son passage à tabac dans le camp militaire d'Akouédo n'est pas digne d'un État de droit. Cependant à entendre aujourd'hui, l'ancien bagnard, victime à l'époque de l'extrémisme de quelques porteurs d'armes isolés, j'ai l'impression troublée que ce monsieur provoque dédaigneusement les leaders d'opposition afin d'inciter de nouveaux extrémistes à l'amener revisiter Akouédo après les prochaines élections. Ce masochisme, courant dans le monde d'aujourd'hui où tous les moyens sont bons pour être célèbres, invite le Président du CES à rendre sa démission avant que son ami Gbagbo ne quitte le palais présidentiel dans quelques mois. Lequel ami multiplie les coups d'État déjoués comme si, étant bénéficiaire de seulement 7,48% des votes selon le dernier sondage Time/Post/Weekly, le RHDP avait des vies à sacrifier pour une présidence à portée de main par les urnes. À moins que le Woody ne souhaite partir à la Bourguiba pour éviter l'humiliante défaite démocratique qui l'attend. Et même dans ce cas, aucun imposteur ne pourrait rester au pouvoir par coup d'État plus qu'une journée, puisque la Côte d'Ivoire a atteint le seuil irréversible de la démocratie. Par ailleurs, Chirac étant pris entre la résidence surveillée de Hariri qu'il habite et les barreaux de la justice, la France françafricaine qui a fait sortir les Jeunes Patriotes dans la rue, n'existe plus. Et la France de Sarkozy n'a rien d'ésotérique pour que Fologo continue de gigoter en prenant Gbagbo pour Samory Touré ou Chaka Zulu. Que vienne donc cette campagne électorale au cours de laquelle l'enfant de Sinématiali nous démontrera comment l'enfant de Mama a défendu la République : 1) en allant en Italie alors que ses services de renseignements savaient que les Ivoiriens étaient visés par une attaque imminente, 2) en n'ayant pas informé la population de la forme sous laquelle il a demandé l'application de l'accord de défense franco-ivoirien, 3) en entérinant les Accords de Linas-Marcoussis-Kléber sachant sciemment que ce remède ne pouvait pas guérir la Côte d'Ivoire selon ses propres mots, 4) en acceptant bonnement toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, sauf celle (la 1721) qui mettait fin à son mandat, alors qu'il avait le pouvoir souverain de les amender ou de les refuser, 5) en ne portant pas plainte contre la France de Chirac pour les évènements de novembre 2004 (destruction de notre flotte aérienne et homicides d'enfants aux mains nues). Les autres points de compromissions, je les réserve pour le débat à la télé dans un face à face que je réclame avec SEM Fologo, probable directeur de campagne de Gbagbo.
Il est aussi frappant de constater que Laurent Dona Fologo, chantre folklorique de Nanan Félix Houphouët-Boigny, aède lyrique d'Henri Konan Bédié, griot ignoré du Général Robert Guéï et maintenant apôtre historien de Laurent Gbagbo, mange toujours dans les assiettes des autres. C'est le propre d'un gus qui suit, par manque de courage de prendre le devant. C'est aussi l'explication de la peur de Fologo de transformer le RPP en parti politique le 16 février dernier à la demande majoritaire des membres. Cette caractéristique de jouer les seconds violons est commune aux poules mouillées et à ceux qui aiment manger les arachides grillées par les autres. Fologo a donc raison, il n'est pas un grilleur d'arachides à la bouche pleine d'arachides. Il a les mains propres, comme tous ces bureaucrates de la génération des dinosaures incapables de pousser un simple petit crayon, dont l'art de faire de la politique se résume à la roublardise et à empocher l'impôt des contribuables.
Mais ne soyons pas méchants, quoique nous ayons le devoir d'expliquer à SEM Fologo que personne ne traite l'INS d'incompétent, même si ce sont les hommes les plus compétents qui sont capables des fraudes les plus grandes et les plus subtiles. Les intimidations du camp présidentiel sont devenues des pétards mouillés. Rien n'empêchera le RDR et le RHDP de demeurer aux aguets pour maîtriser chaque étape du processus électoral jusqu'à la victoire finale du peuple.
Alors bonne et heureuse retraite, M. Fologo! Lorsqu'on a passé 40 ans à mentir que le peuple a élu Nanan Houphouët à 99%, vous devez en avoir assez sur votre conscience. Ne vous rabaissez pas davantage!

Dr Antoine Ahua Jr
Québec, Canada
Le 21 février 2008
antoineahua@hotmail.com
 
Dr Ahua Junior (RDR) répond à Gbagbo et à Koulibaly (FPI)

Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada - 11 février 2008
La campagne pour l'élection présidentielle ivoirienne a (re)commencé de plus belle, suite à l'interpellation des membres du Comité permanent de concertation (CPC) sur la priorité à accorder illico au processus électoral, au terme de leur réunion du 24 janvier 2008 à Ouagadougou. En français commun, cela veut dire ceci : l'Accord politique de Ouaga (APO), d'accord! Mais les flaflas dilatoires, basta!
De fait, la patience du peuple a atteint le seuil des élections. C'est pourquoi le Front populaire ivoirien (FPI ou Refondation) est prié de faire aux électeurs, le bilan de son exercice du pouvoir, tandis que les partis d'opposition ont le fardeau de démontrer qu'ils peuvent faire mieux en expliquant leurs projets de société respectifs. C'est cela le seul front sur lequel le peuple souhaite voir les politiciens mériter sa confiance. Rien d'autre! Pas de diversion par élucubration sur un tribalisme imaginaire, pas de procès de pays étranger pour faire oublier l'existence du Tribunal pénal international (TPI) conçu pour les Chefs d'État aux mains tachées de sang; pas de spéculation sur le franc CFA dont les pilleurs en rendront compte, encore moins la spéculation sur d'improbables alliances, tel le Front républicain, une ancienne arène de conjurations à saveur de baiser de Judas. À cet égard, le dernier congrès du Rassemblement des Républicains (RDR) s'est ouvert et fermé sur un message très clair de Dr Alassane Dramane Ouattara (ADO) à l'effet que, une fois président de la République, il tendra la main à Gbagbo par refus de l'exclusion. Donc, après l'élection, pas avant!

Cette élection présidentielle, prévue constitutionnellement pour octobre 2005 et reportée trop de fois, est «officiellement» attendue pour se tenir à la fin du mois de juin 2008. Espérons que cette fois sera la bonne, car, si la Loi fondamentale, en son article 38, a été évoquée de façon juste par le régime au pouvoir pour différer toutes les élections publiques de 2005,

c'est avec consternation qu'il y a lieu d'imputer audit régime, le long laps de temps de deux ans et demi qu'a duré l'absence d'organisation électorale. Ce qui constitue un gravissime coup d'État au regard du fait que l'alibi de Gbagbo pour rester au palais présidentiel pour un demi mandat additionnel, sans procuration du peuple, est contrarié par la bonne foi et des dispositions légales. De plus, la souffrance subséquente de la population donne à cette confiscation du pouvoir, une odeur de despotisme, loin des honneurs des joutes démocratiques.

L'alibi de Gbagbo, puisqu'il faut le rappeler, a été répété par lui-même lors de sa visite d'État dans la sous-préfecture d'Assikoi, dans le département d'Adzopé, le mercredi 9 janvier dernier. Une visite d'État qui donne un caractère officiel à sa déclaration suivante : « (au cours de la campagne électorale de 2000), nous sommes venus vous demander vos voix …et vous expliquer notre politique cinq, six, dix, quinze fois. Nous vous présentons (aujourd'hui) une nouvelle politique, votez pour nous…Vous avez voté pour nous et aujourd'hui, je suis président de la République grâce à vos voix.

Je vous ai présenté ma politique. Mais on n'a pas eu le temps de développer cette politique et la guerre est venue…J'ai fait face et aujourd'hui, la guerre est finie. Nous marchons vers les élections qui vont mettre définitivement fin au temps de crise. Je suis venu vous dire, prenez courage encore! Tenez bon! Restez debout et allons jusqu'aux élections…Nous voulons le développement de notre pays, le développement de la paix, la richesse de notre pays. Mais ceux qui sont venus nous faire la guerre sont contre la prospérité, le développement. C'est pourquoi il était d'abord bon de se tourner vers eux, de faire la paix avant de revenir continuer la route du développement…»

C'est vrai que la guerre est finie, mais entendons-nous bien, elle est finie depuis le cessez-le-feu du 17 octobre 2002, après donc quatre semaines d'affrontement militaire. De nombreux évènements ultérieurs sous formes d'accords, de symboles et d'actes de désarmement, ont confirmé la fin de la belligérance; des évènements, telle la proclamation conjointe d'un armistice, de la part de l'Armée républicaine (FDS) et des forces rebelles (FAFN), le 4 juillet 2003, ainsi que les avènements du bûcher de la paix de Guiglo et de la flamme de paix de Bouaké, tenus respectivement les 19 mai et 30 juillet 2007. En somme, c'est depuis octobre 2002, soit près de cinq ans et demi d'après guerre que le camp présidentiel fait face, aux dires de Gbagbo, à «ceux qui sont contre la prospérité et le développement». A priori, nous avons là un cas de crime d'État quand un Président de la République nomme à la Primature un groupe de va-t-en-guerre dont la nature attribuée à eux par lui est l'infortune et la destruction. De surcroît, comme la rébellion est assimilée à un axe du mal connu sous l'euphémisme de «bloc rebelle» incluant le RDR, il est irrationnel de voir les Refondateurs et certains journaux mousser une nouvelle association RDR-FPI, par extrapolation du discours du 1er février dernier de Affi Nguessan au Congrès du RDR. Une sorte de nostalgie du Front républicain des années 90, brisé par trahison, relevant de la panique du camp de Gbagbo à la veille de devoir passer le pouvoir d'État au camp pressenti gagnant d'ADO.

Est-ce donc une seconde nature chez Gbagbo de s'allier sans scrupule à des malfaiteurs qu'il accuse d'avoir pour mission de tirer la Côte d'Ivoire vers le bas? Le fait incontestable et incontesté est que le FPI, parti de Gbagbo qui s'est donné la réputation de prêcher le contraire de ce qu'il fait, n'a pas pu offrir aux Ivoiriens la prospérité et le développement promis, même pas sur la moitié sud du pays jamais contrôlée par personne d'autre que lui. Cela se comprend puisque le FPI est arrivé au pouvoir avec le leitmotiv que «la roue tourne» et que l'enrichissement illicite est un droit, après avoir rempli, dans la disette de l'opposition, son devoir légitime de réclamer le pouvoir d'État avec succès. C'est Gbagbo lui-même qui, par métaphore, a comparé un dossier présidentiel à un écureuil en avouant son incapacité d'en suivre deux à la fois, le détournement des deniers publics faisant partie des dossiers non prioritaires, c'est-à-dire des écureuils indomptables. Avec une telle philosophie de la gestion de l'État, la guerre de quatre semaines peut bien avoir le dos large et être tenue pour responsable des tares du régime : immoralité individuelle, amateurisme politique, incompétence économique et insensibilité à la société.

Voilà comment la Refondation a creusé sa propre tombe; un contexte de démission généralisée en matière de responsabilité et de règne de l'impunité. Cependant, la hantise de la défaite électorale imminente crée au sein du FPI, des électrons libres. C'est le sauve-qui-peut où chacun cherche à sauvegarder sa réputation personnelle ou son fauteuil de député, entre autres, en se dissociant du bilan collectif du régime. Après «les blues de la République» de Mamadou Koulibaly, la Première Dame a dénoncé l'immoralité misogyne des hommes du pouvoir et Affi Nguessan s'apprête à décrier l'impunité en commençant par imposer la discipline citoyenne dans le parti frontiste dont il est le président. Ce n'est que le début d'une litanie de complaintes individuelles formulées au nom du droit à l'autocritique salvatrice pour le parti de la Refondation. Et comme la pluie avant le beau temps ou l'abus de fornication avant la confession, des sursauts de vanité sont déplorés çà et là : 1) le procureur de la République se corrompt en incarcérant un nouvelliste d'avoir traité de corruption, au motif, dit-il, «qu'il peut mettre aux arrêts qui il veut et quand il le veut»; 2) les législateurs viennent de se légiférer, à l'insu des médias, des «primes de guerre» tout en reconnaissant que 70% des familles mangent un seul repas par jour; ce, 3) à la suite des cadres du Conseil économique et social dont le salaire a été doublé par leur président, Laurent Dona Fologo, personnage très sensible à la baisse du pouvoir d'achat des travailleurs; 4) lesquels seront désormais traités de criminels lorsqu'ils feront «la grève de la faim» pour de meilleures conditions de survie, dixit le Président Gbagbo qui les menace d'une loi antigrève après les élections, en oubliant qu'il ne sera plus qu'un simple citoyen à la merci des pouvoirs exécutif et judiciaire; 5) deux pouvoirs qui, pour l'instant, soutiennent chacun un des deux groupes de planteurs antagonistes sur la Bourse café cacao (BCC), puisque la filière café cacao est suffisamment nantie pour se permettre de payer dans la unité administrative, deux présidents de conseil d'administration (PCA) et deux directeurs généraux (DG).

Malgré tout, élection oblige, Gbagbo et le FPI ont le devoir partisan de clamer que le pays est débout malgré la guerre (de quatre semaines), que les institutions étatiques fonctionnent (pour un clan), que les déchets toxiques ne tuent plus (que les pauvres) et qu'ils méritent un autre et dernier mandat de cinq ans (qu'ils transformeront en une réquisition de 15 ans). Hé, que non! Après la fête, ce sont les fêtards qui doivent payer la note. Seuls. Pas avec le RDR ou le RHDP dans un cadre d'association quelconque. Dans tous les cas, pas de Front républicain. À chaque caïman, son marigot! Et puis, les larmes de crocodiles du FPI ne ramèneront pas les martyrs de la crise égoïstement entretenue et ne nous rajeuniront pas des sept ans et demi de notre bonheur perdu sous la Refondation. La campagne électorale ne fait que commencer.

Dr Antoine Ahua Jr
Québec, Canada
11 février 2008
antoineahua@hotmail.com

GBAGBO NOUS A TRAHIS!
Dr Antoine Ahua Jr - Canada, le 29 août 2007 - Chers compatriotes, depuis quelques semaines, l'actualité politique en Côte d'Ivoire a été riche en rebondissements. Je retiens d'abord l'attaque armée à Bouaké du Fokker-100, un avion présidentiel transportant le Premier ministre. Cette attaque a fait quatre morts et plusieurs blessés. Partout où il y a violence, j'accorde priorité à ceux qui sont endeuillés puisqu'il ne saurait avoir de hiérarchie dans la valeur des vies humaines; c'est pourquoi, je voudrais pour l'essentiel adresser mes condoléances aux familles éplorées et souhaiter un prompt rétablissement aux blessés. Pour le reste, SVP, arrêtons de geler la vie économique du pays en éveillant nos émotions de crocodile en ces moments de deuil national et que chacun se mette au travail pour lequel il est payé afin de sortir le pays de la crise, le plus vite possible. N'en déplaise aux leaders politiques qui nous ont fait tourner en rond pendant cinq ans en faisant croire, par des spectacles, que nous avançons vers la paix, le diagnostic des faits est clair et net : 1) le Président de la République ne contrôle toujours pas les 322 462 km2 de la Côte d'Ivoire, 2) les rebelles sont toujours en armes et en autorité dans la moitié nord du pays et 3) malgré les apparences, la Côte d'Ivoire a deux chefs d'État, Gbagbo dans le sud et Soro dans le nord, nonobstant son statut de premier ministre (PM) national. Donc, deux chefs d'État ayant chacun une armée et un chef d'État Major, qui ne sont pas dans la voie de nous conduire à la paix, puisque leurs agendas électoraux sont anachroniques. Parler donc d'élection en décembre 2007 comme l'a fait le Président Gbagbo dans son adresse à la Nation du 6 août, n'a aucun lien cohérent avec les avancées concrètes sur le terrain. Combien de dates d'élection non honorées, le Président Gbagbo nous aura servies lorsqu'on en aura finalement une? Certes, la volonté de guerre s'est estompé mais les ingrédients pour une paix durable n'ont pas pu être réunis par les acteurs politiques et ne le sont toujours pas au moment présent. Les raisons de ce blocage
sont d'ordre politicien et même immoral. Je suis là pour vous en dévoiler ma lecture. Il y a un deuxième évènement qui a marqué l'actualité politique, c'est le retour au bercail d'exilés politiques, civils et militaires, à la faveur de l'Ordonnance d'amnistie (n° 2007- 457) du 12 avril 2007, signée par le Président de la République, conformément à ses attributions constitutionnelles et à la loi d'amnistie (n° 2003-309) du 08 août 2003; amnistie prise dans le cadre de l'Accord politique de Ouagadougou du 4 mars 2007.
Une amnistie, par définition, c'est une grâce ou un pardon pour tous les inculpés d'une même catégorie de crimes.
Alors, que représente l'amnistie issue de l'Accord de Ouaga? D'abord, une grâce au goût amer pour certains exilés, comme moi, brimés dans leurs droits fondamentaux par l'État, pendant plusieurs années, des victimes qui sont dites acquittées, du jour au lendemain, sur ordonnance, sans jamais savoir de quoi elles ont été accusées et pourquoi elles ont été exilées de force sans avoir été inculpées devant un tribunal légal (violation de l'art.20 de la Constitution).
L'amnistie de l'Accord de Ouaga, c'est aussi un pardon incongru pour plusieurs honnêtes et innocents citoyens, comme moi, pardonnés alors que c'est l'État qui devait au contraire leur demander pardon.
Donc, une amnistie taillée sur mesure, d'une part, pour les criminels qui évitent la justice avec soulagement et, d'autre part, pour les abuseurs du pouvoir d'État qui évitent à eux-mêmes à rendre compte devant la justice. Bref, une amnistie qui amnistie tout le monde, y compris les amnistiés sans objet et les «amnistieurs» en conflit d'intérêt.
Mais, vu les nombreux martyrs de la guerre, notamment ceux qui sont tombés sur le champ de bataille, s'apitoyer sur son sort quand on est vivant et en santé, est un égocentrisme immoral que je refuse de m'approprier; ce serait un miroir narcissique dans lequel je ne saurais admirer ma petite personne. C'est pourquoi je m'incline devant l'amnistie ordonnancée par le Président de la République, en connaissance de cause, avec humilité, sans arrière-pensée, le cœur léger et l'âme en paix. J'ai mis définitivement un trait sur le passé en laissant chacun faire son examen de conscience.
Il m'est tout-de-même donné d'observer que plusieurs exilés de notoriété publique qui m'ont précédé au pays natal, ont saisi cette occasion pour faire des conférences de presse. J'ai donc compris que, par courtoisie, il est approprié d'utiliser la presse pour adresser mes premiers mots à la population à qui j'ai dédié mon engagement social et pour l'instruire de l'orientation de mon action politique future, au moment où je compte rentrer au pays très bientôt.
Chers compatriotes, la plupart d'entre vous m'ont découvert comme coauteur du livre intitulé «La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire», Conseiller spécial du Président de l'Assemblée nationale et défenseur acharné de l'intégrité territoriale nationale, pour la protection de notre souveraineté de peuple libre, dans le strict respect de la Constitution de notre pays, loi fondamentale qui régit notre association commune d'individus civilisés, unis par un même destin et soumis à une même destinée.
Même après que je fus kidnappé le 9 avril 2004, emprisonné puis expulsé de mon propre pays sans explication aucune, une première fois le 18 avril 2004 et une seconde fois, sur ma décision de retour au pays le 14 décembre 2004, expulsé manu militari après une détention de deux jours à l'aéroport d'Abidjan Port-Bouët, même après ces deux expulsions dis-je, je suis resté fidèle à moi-même : c'est-à-dire que je me suis donné le devoir 1) d'analyste bénévole, donc de façon volontaire et sans demande de rémunération, pour le compte de la Présidence de la République, 2) de conférencier en Amérique du nord et 3) d'auteur de nombreux articles patriotiques dans plusieurs journaux canadiens, africains et ivoiriens; articles dont certains ont été repris dans le monde entier dans d'autres langues; ce, uniquement pour contribuer, au maximum de mes propres moyens, à la lutte pour la sortie de la crise, et simplement par amour pour ma patrie.
Ainsi, que ce soit en Côte d'Ivoire en tant que salarié ou en exil, de façon bénévole, j'ai œuvré pour mon pays, du côté du camp présidentiel; c'est-à-dire au compte du maintien au pouvoir du régime du Président Gbagbo. C'est dire que pendant les trois ans et demi qu'a duré mon exil forcé, illégal en vertu des art.2, 4, 20 et 22 de la Constitution, exil ordonné paradoxalement par le régime que je défendais, de plus sans respect de mon contrat de travail avec l'Assemblée nationale, permettez-moi de radoter, je suis resté par conscience, loyal aux autorités de l'État ivoirien dont la cause était la mienne.
Avant l'amnistie générale du 12 avril dernier, j'ai usé, pendant trois ans, c'est-à-dire à partir du 18 avril 2004, date de mon expulsion, de tous les moyens démocratiques possibles pour réclamer le rétablissement de mes droits. En vain.
Après l'Ordonnance de l'amnistie, au regard, premièrement, du devoir pour l'État d'insérer les exilés à leurs anciens emplois, conformément à l'art. 6 de ladite ordonnance et, deuxièmement, du droit à l'indemnisation de ces exilés, conformément à l'art.9 de l'ordonnance, j'ai saisi encore une fois les Autorités pour qu'elles facilitent mon retour au pays, compte tenu des conditions drastiques dans lesquelles j'ai été exilé. Encore une fois, en vain. Pourtant, l'Ordonnance d'amnistie référée porte en son préambule, la mention de situation d'urgence.
Alors question : Eu égard à ma fidélité maintenue à leur endroit depuis mon expulsion du pays, pourquoi les Autorités au pouvoir n'ont accordé aucun intérêt au rétablissement de mes droits de retourner dans mon pays, avec indemnisation ou pas? J'ai fini par savoir, par des indiscrétions confirmées par de nombreuses preuves circonstancielles que mon kidnapping du 9 avril 2004 était une tentative d'assassinat (violation très grave de l'art.2 de la Constitution et des lois des codes civil et criminel afférents), un assassinat programmé et manqué dont seule la DST peut en donner les commanditaires. Cependant leur motif serait que Mamadou Koulibaly préparait un coup d'État avec son Conseiller Spécial que j'étais. Ce qui est archifaux, surtout que, quiconque connaît Mamadou Koulibaly, sait qu'il a pour faiblesse politique de ne pas avoir d'ambition politique. Il est avant tout un technocrate, arrivé en politique par sacerdoce. Cette accusation de coup d'État et ses conséquences sur mon état d'exilé sont une page noire de ma vie que je tourne sans regret. Mais, sans relever auparavant que l'attitude d'indifférence et le silence méprisant du camp au pouvoir à mes interpellations directes et indirectes depuis mon exil sont des actes de complicité tacite avec les énergumènes pour lesquels j'étais devenu une personne gênante. Et dire que, parallèlement, pendant ce même temps, le camp au pouvoir était versé dans l'escroquerie intellectuelle à mes dépens, passé maître dans l'art de la manipulation sournoise pour me vendre des illusions futuristes afin de m'empêcher de faire le saut dans le camp de l'opposition politique.
L'attitude à mon égard du camp présidentiel est d'autant plus révoltante que les ex-rebelles passibles de crimes économiques et contre l'Humanité, ont bénéficié de l'amnistie pour atteinte à la sûreté de l'État, avant même que celle-ci ne soit ordonnancée officiellement (violation du chap.2 de la Constitution). De plus, pour avoir signé l'Accord de Ouaga, ces ex-rebelles, qui avaient essayé de faire tomber la République auparavant, ont été financièrement honorés et politiquement renforcés sans avoir préalablement désarmé (violation des art.34, 44, 46, 47, 50, 61 et 66 de la Constitution), ce, en laissant sur le carreau ceux qui ont sauvé cette même République au prix de leurs vies. Plus grave encore, il est à-propos de faire vérifier dans les prochains jours si ce cas d'accointance avec des rebelles en armes et de compromission face à la persistance de cette rébellion, ne constitue pas un acte de haute trahison de la part de l'actuel locataire de la présidence de la République (art.109 de la Constitution) au regard de son serment de prise de fonction (art.39 de la Constitution).
En effet, des deux choses l'une. Ou Gbagbo a trahi le peuple en flirtant avec une rébellion qui ne tient pas à désarmer, empêchant ainsi la libre circulation des Ivoiriens en toute sécurité ou les armes de la rébellion ont eu raison de Gbagbo et permis à Soro de réussir son coup d'État subtilement, reléguant Gbagbo au rang de Reine d'Angleterre. Dans le premier cas, le Président Gbagbo est passible d'être mis en examen devant la Haute Cour de justice, conformément au chap.9 de la Constitution. Dans le deuxième cas, Gbagbo devrait démissionner pour que le blocage politique soit levé et que Soro, vainqueur militaro-politique du bras de fer avec la République, ait les coudées franches pour imposer la paix en appliquant sans entrave le programme pour lequel il dit avoir pris les armes.
En somme, la Côte d'Ivoire ne peut pas continuer à vivre dans un système politique bloqué, un système qui n'est ni républicain, ni militaire et qui est incapable d'organiser des élections crédibles dans un avenir prévisible. Ainsi, tous les cas de figure conduisent à la démission de Gbagbo, soit de façon volontaire au profit de Soro, soit suite à l'examen constitutionnel de sa destitution pour haute trahison. C'est à ce prix que la Côte d'Ivoire pourra conserver son étiquette de pays démocratique. À moins que Soro ne désarme sans condition, renonce à ses revendications traditionnelles et laisse Gbagbo conduire la République en toute autorité vers les élections selon les normes de la Constitution, des lois et du code électoral. Tous les Ivoiriens sont ainsi appelés à garder la sérénité mais à refuser le surplace.
En attendant donc les mises au point, il faut signaler par ailleurs que certains exilés, membres du groupe politique dit des Houphouëtistes, qui ont combattu la Résistance au moment critique de la crise, ont été rapidement rapatriés avec l'aide de l'État et réinsérés dans le tissu politique, en quittant avec fracas leur parti politique, curieusement le même, soit le RDR, et étonnamment, soit pour rejoindre le FPI, le parti au pouvoir, soit pour créer un parti satellite au FPI.
Chers compatriotes, le Président américain Théodore Roosevelt a dit que «rien en politique n'arrive par hasard». Pour ce qui me concerne, ce qui est arrivé, n'est pas le résultat du hasard. C'est probablement un message mystique qui m'est envoyé pour que je serve la Côte d'Ivoire autrement que par le passé. Il n'y a pas que dans le camp du pouvoir où on peut servir son pays. Car le multipartisme ayant un sens, l'existence et le travail des partis d'opposition font partie des critères de la bonne santé de la démocratie.
Par cette sortie dans la presse, je veux vous faire deux annonces. La première est que des éléments circonstanciels liés à mon exil forcé et des faits troublants relatifs à la gestion du FPI de la crise en général, et de l'Accord de Ouaga en particulier, prouvent que ma vision de la démocratie et du rôle d'un gouvernement et la vision du camp frontiste au pouvoir sont devenues irréconciliables. Je ne retrouve plus dans ce camp, les belles valeurs patriotiques de respect de la démocratie, pour lesquelles je me suis tant investi à son côté. En effet, les faits démontrent que le camp du pouvoir actuel a fait un triple virage, celui 1) de ne pas respecter les Droits de l'Homme (violation du chap.1er de la Constitution), 2) de conserver le pouvoir par l'instauration d'un régime de parti unique avant les prochaines élections (violation des art.13 et 14 de la Constitution), 3) de cacher à la population souveraine son manque de volonté de subjuguer la crise (violation de l'art.31 de la Constitution) et 4) d'afficher avec désinvolture et arrogance, son incompétence à créer des emplois pour tous.
Quand on a la conscience qui est la même, on ne peut que se dissocier d'une telle trahison des braves gens qui ont cru de bonne foi à ce qui est convenu d'appeler «la Refondation». En fait, la sociale démocratie du FPI est dans la pratique une oligarchie ploutocratique. Je voudrais donc laisser le camp au pouvoir assumer les privilèges et les conséquences de sa politique de roublardise, sans ma complicité. Ce faisant, premièrement, personne ne peut me reprocher de n'avoir pas fait mon possible par mes analyses critiques constructives pour conseiller le camp au pouvoir de la primauté des intérêts quotidiens des citoyens sur les stratégies partisanes électoralistes; deuxièmement, personne ne peut me reprocher de n'avoir pas fait preuve de patience concernant la régularisation de ma propre situation de victime de complot politique et troisièmement, personne ne peut me reprocher de n'avoir pas été loyal envers le Président de la République pendant les trois ans et demi de mon exil forcé. Encore une fois, malgré la tentative de mon assassinat le 9 avril 2004 orchestré par la DST, organisme de renseignements qui relève du ministre de l'Intérieur, dont les supérieurs hiérarchiques sont le premier ministre et le président de la République. Ainsi, en reculant au 9 avril 2004, les personnalités qui ont manqué à leurs responsabilités respectives pour ma protection ou le rétablissement de mon droit d'accès à la justice, devraient s'y reconnaître. Je n'irai pas plus loin. Ici s'arrête ma récrimination, car j'ai plus confiance à la loi de la nature et des esprits qu'aux tribunaux des hommes.
Ceci dit, je suis une personnalité vouée à la politique. C'est ce que je sais faire le mieux. Le temps est donc venu pour moi de rendre plus efficace que jamais mon dévouement à la démocratisation de notre pays, en m'engageant dans un parti politique. En effet, jusqu'à présent, j'ai donné priorité à la défense des institutions républicaines sans être membre d'un parti politique quelconque, bien que dans le contexte ambivalent d'hier, j'étais de facto sympathisant du FPI. À l'approche des élections des dirigeants de la Côte d'Ivoire pour les cinq prochaines années, c'est le moment propice pour moi de m'associer à un groupe d'hommes et de femmes dont la vision politique, économique et sociale de la Côte d'Ivoire de demain se rapproche le plus de la mienne.
Chers compatriotes, Antoine Ahua Jr n'a pas changé. Je reste républicain et démocrate. C'est le régime de la refondation, auparavant porte-étendard du respect de nos lois, qui a changé le premier en changeant de partenaires de combat par son alliance avec le chef de la rébellion sans garantie de désarmement et, de surcroît, en abandonnant dans l'indifférence, serait-ce par ingratitude, jeunes et vieux, hommes et femmes, dits patriotes, qui ont pourtant sauvé la République des coups d'État militaires et constitutionnels. Ce qui a permis au régime du FPI de conserver le pouvoir. Il est donc opportun de donner l'alerte en demandant aux Ivoiriens trahis de s'ouvrir les yeux et de se repositionner pour une vraie fin de crise. C'est-à-dire, sans ruse ni enfarinement. La paix durable, ce n'est pas une parodie de paix à deux, mais un contrat social consensuel caractérisé et sanctionné par le verdict du peuple à travers des élections incontestables. Ainsi, le train de la paix, la paix des braves, les caravanes de la paix, l'Accord de paix, bûcher ou flamme de la paix, meeting pour la paix et tous les autres artifices dits de paix ne sont pas dilatoires et inutiles que s'ils favorisent l'organisation d'élections crédibles le plus tôt possible. Car, la route de la paix peut bien se passer des shows où quelques anciens belligérants, politiciens, crypto-politiciens et apprentis politiciens font les vedettes devant les caméras, pavoisent au champagne et dansent le couper décaler, bras dessus-dessous. Puis, lorsqu'ils se rendent compte de leur naïveté, lancent de la poudre aux yeux des groupes sociaux qui grognent : des haut-les-cœurs par-ci, des primes de logements par-là, des indemnisations de victimes par là-bas. En fait des réactions de survie pour le régime, qui se traduisent soit en règlements insatisfaisants pour les bénéficiaires, soit en des programmes sans projets concrets car improvisés, soit en des projets comme le DDR budgétisés d'année en année à coups de milliards sans un seul site de correctement réhabilité; donc des chimères pour dribbler la population en lui faisant croire que les incantations symboliques pour camoufler les échecs sont des avancées vers la paix et des étapes nécessaires de sortie de crise. C'est dire que les politiciens de métier du FPI font les girouettes en faisant des pirouettes par complaisance ou incompétence réelle de régler depuis cinq ans un petit coup d'État échoué, dirigé par un jeune novice qui avait à peine 30 ans et 600 hommes de combat, la nuit du 18-19 septembre 2002.
Avant l'Accord politique de Ouaga, la Côte d'Ivoire était divisée en deux, géographiquement (Nord et Sud) et idéologiquement (Rebelles et Patriotes). Aujourd'hui, le pays est réunifié géographiquement et de nouvelles alliances politiques se tissent. Le camp présidentiel, par exemple, s'est allié au chef de la rébellion. Une rébellion qui, par engagement dans l'Accord de Ouaga, n'en est plus. Un tandem Gbagbo-Soro s'est donc formé avec pour mission proclamée de conduire, à terme, la Côte d'Ivoire à la paix par des élections transparentes, ouvertes et crédibles. Un tandem chef de l'État – chef de la rébellion, prétendument infaillible au point que le Président de la République, dans son adresse à la Nation du 9 mars dernier, a invité les Ivoiriens «à ne rien faire, ni dire qui puisse directement ou indirectement compromettre l'application de l'Accord politique».
Chers compatriotes, vous serez d'accord avec moi que s'il n'y a plus de rebelles en Côte d'Ivoire, il n'y a pas de parrains de rebelles non plus en Côte d'Ivoire. L'Accord de Ouaga a fait table rase sur les étiquettes antirépublicaines. Je m'inscris donc dans cette réalité politique ivoirienne à l'effet que tous les Ivoiriens et tous les partis politiques sont présumés assujettis à la démocratie et à la conquête honnête du pouvoir présidentiel par les urnes.
C'est pourquoi, je vous annonce, en un deuxième temps, que désormais je milite entièrement et exclusivement pour le Rassemblement des Républicains (RDR) présidé par le Dr Alassane Dramane Ouattara; un parti politique à la croisée des chemins, ouvert à tous; le parti politique ivoirien le plus national qui prône le droit à l'égalité des chances pour tous, sans discrimination, ni exclusion. Désormais, son combat est le mien. Et cela avec loyauté.
C'est, au cours de ma croisade aux États-Unis au mois de juin dernier pour promouvoir la consolidation de la réconciliation en Côte d'Ivoire que le hasard qui n'existe pas en politique, a permis que mon chemin croise celui du Président du RDR. Dans l'esprit de la réconciliation, lorsque deux Ivoiriens se rencontrent, ils doivent se parler. Par courtoisie, c'est moi le cadet en âge et en expérience politique qui l'ai approché. Je l'ai encouragé à empêcher le bateau du RDR de chavirer pour le bien de la démocratie, vu les démissions en cascades de certains de ses cadres que la presse étalait dans les journaux. Même sans connaître les circonstances précises de la situation de mon exil, les premiers mots que le Dr Ouattara m'a adressés, ont été les suivants : «Comment ça va? Vous sentez-vous en sécurité au Canada?». C'était la première fois qu'une personnalité politique d'une telle envergure accordait une préoccupation à ce qui est essentiel dans la vie d'une personne humaine que je suis et ce, sans calcul politicien.
Au-delà de son humanisme qui me rejoint, Dr Ouattara et moi, nous nous sommes trouvé une affinité politique, celle de la vision que la sortie de la crise en Côte d'Ivoire est synonyme d'élections transparentes, ouvertes et incontestables pour les principaux partis ou certifiées par des observateurs extérieurs. Ce qui requiert le respect de la démocratie, notamment :
• le respect de l'institutionnalisation du pouvoir du peuple, c'est-à-dire, par exemple, qu'on ne met pas en prison, des syndicalistes en grève comme ça été le cas récemment avec les enseignants;
• le respect de l'État de droit, c'est-à-dire, par exemple, qu'on ne laisse pas, des partisans du pouvoir, élus ou pas, se pavoiser dans la rue et dans les institutions étatiques comme la RTI, de ville en ville, faire leur petit numéro de propagande avec l'impôt des contribuables; pis encore, on n'affaiblit pas l'autorité des institutions de l'État pour engager des bras de fer politiciens dans le seul intérêt de quelques cadres sympathisants;
• le respect des Droits de l'Homme, c'est-à-dire, par exemple, qu'on ne gaze pas, encore moins battre des victimes de guerre, des victimes de déchets toxiques, des victimes économiques (gardes de sous-préfectures, entre autres), comme si revendiquer ses droits en vertu du chapitre premier de la Constitution était un crime;
• le respect du multipartisme, c'est-à-dire, par exemple, qu'on ne laisse pas un régime au pouvoir s'ingérer dans les affaires internes des partis d'opposition afin de les affaiblir et organiser des élections dans un format de parti unique.
Par ailleurs, le Président des Républicains et moi, avons le profil d'économiste et la ferme conviction que la Côte d'Ivoire ne pourra pas prospérer au-delà de la sortie de la crise avec le régime frontiste incapable d'ambition économique pour la population prise en otage.
En clair, je me suis engagé aux côtés du RDR et de son président pour construire un parti arc-en-ciel plus grand, renouvelé, renforcé, et appelé à accéder au pouvoir aux prochaines élections présidentielles, proprement, suivi d'un contrôle de l'Assemblée nationale après les législatives et du maintien sans conteste de sa majorité aux municipales. Veuillez donc prendre note que ceux qui pensent que les élections présidentielles sont déjà réglées au profit du parti au pouvoir, doivent revoir leur calcul. Le RDR peut compter sur moi pour que, pour la première fois dans l'histoire de la Côte d'Ivoire, il y ait une véritable campagne électorale telle que, malgré la fraude gouvernementale annihilable, le parti au pouvoir succombe et que le Dr Ouattara soit le prochain président de la République.
Par ailleurs, étant de l'école nord-américaine, je compte travailler au sein de mon parti avec une norme exemplaire de rigueur et de probité, mener en tout temps une opposition responsable et constructive, situer mes confrontations partisanes au niveau des idées et, en revanche, ne tolérer de la part des partis d'en face aucun dérapage démagogique contre le RDR et son président.
Chers compatriotes, je suis démocrate par éducation et par conviction. Cependant je fais la différence entre le protagonisme bienfaiteur au sein d'un parti et le lavage néfaste en public du linge sale familial. Et je fais aussi la différence entre l'antagonisme inutile entre partis politiques et le devoir de dépistage des actions de mauvaise gouvernance du parti au pouvoir et de les rendre publiques.

C'est pourquoi, hier lorsque le régime du FPI au pouvoir et moi, avions les mêmes convictions, je me suis comporté en partenaire loyal du camp présidentiel dans l'intérêt national. Aujourd'hui, ma contribution à l'intérêt national exige de moi un devoir moral d'user de l'art.9 de la Constitution pour alerter, critiquer et aviser publiquement le régime au pouvoir dont les dérapages politiques, économiques et sociaux se sont éloignés de son propre projet de société.
Aussi, malgré les réserves auxquelles j'essaie de me contraindre aujourd'hui, ma conscience ne me permettra de bien dormir ce soir que si je partageais avec vous quelques écarts concrets du régime au pouvoir, qui doivent être corrigés urgemment si nous voulons obtenir la paix dans notre pays.
Chers compatriotes, la guerre militaire a duré quatre semaines, du 19 septembre au 17 octobre 2002. Si cinq ans plus tard, nous sommes encore dans la crise alors que les Forces nouvelles qui ne sont plus des rebelles, sont amnistiées et dirigent le gouvernement, la raison est simple. La volonté politique n'y est pas dans le camp présidentiel qui semble fonder sa pérennité au pouvoir sur l'absence d'élections à court terme et sur sa perception que les blocages aux accords de sortie de crise l'arrangent. En fait, un simple calcul, de sa part, du nombre d'années gratuit au pouvoir en attendant d'éventuelles élections pour un éventuel deuxième mandat. Cela est immoral eu égard à la souffrance de la population dont il est insensible malgré les discours contraires. C'est pourquoi, je défie les signataires de l'Accord de Ouaga de démentir mes propos en organisant des élections dans les dix mois à partir de l'entrée en vigueur de cet accord qu'ils ont signé à deux, auquel ils ont déterminé les modalités d'application à deux et dont, par conséquent, ils croient avoir le plein contrôle à deux.
En fait, l'Accord de Ouaga n'est pas un accord de paix, mais un accord sur un ordre du jour de discussions avec un chronogramme. D'où l'impossibilité de progresser au rythme prévu. L'Accord de Ouaga est en soi un blocage au processus de paix, car il est en réalité un traité de paix, synonyme d'un deal, entre deux chefs de belligérants. Autant Soro, croulant sous le poids de l'entretien de son armée désabusée de plus de quatre ans de cul-de-sac militaire, avait besoin d'une porte de sortie honorable, autant Gbagbo rêvait d'une telle occasion pour obtenir de son «fils prodigue» contre lequel il n'a jamais vraiment voulu utiliser la force, un quitus, fut-il sous forme d'accord, qui subordonnerait politiquement le code électoral issu de la Constitution à une date électorale, non fétichiste, assujettie à sa volonté. En effet, l'Accord de Ouaga est un processus dilatoire, premièrement qui fait l'affaire de Gbagbo allergique à des élections qui court-circuiteraient ses années boni de pouvoir, deuxièmement qui occulte l'empressement du désarmement, ce qui est favorable au maintien de l'harmonie entre Soro et ses chefs guerriers sur-galonnés et en situation d'autorité territoriale. Voilà, l'Accord de Ouaga est un deal pour qu'il n'y ait ni désarmement, ni élection à court terme.
Hélas pour Gbagbo, outre la possibilité de sa destitution, à défaut de démissionner, pour son échec face à la rébellion, je compte saisir mon parti afin d'examiner les modalités d'application de l'art.38 de la Constitution, c'est-à-dire la saisie du Conseil constitutionnel relativement à la cessation de l'évènement qui a entravé les élections de 2005 et l'obligation qu'il y en ait une, dans les délais constitutionnels prescrits. Ainsi, soit qu'il y aura des élections au début de l'année 2008, soit que la Constitution deviendra caduque et mettra conséquemment fin au pouvoir prorogé du Président de la République, du fait de ce même art.38. Les astuces dilatoires pour prolonger la crise deviendront donc très bientôt un os à la gorge de Gbagbo, qui semble avoir fait la paix avec Soro pour sauver son régime, sans apporter la paix au peuple ivoirien.
Chers compatriotes, notez que sans pression sur le camp présidentiel pour l'application de la Constitution, nous n'aurons des élections qu'en 2010, selon toute vraisemblance. Soit, dix ans après l'élection du Président Gbagbo, l'équivalent de deux mandats sans élection intermédiaire, des circonstances telles qu'une défaite électorale pour lui n'aurait plus d'effet désastreux. Qu'on arrête donc de traiter de fétichistes les honnêtes gens qui souffrent et qui veulent sortir de la crise par des élections le plus rapidement possible.
Chers compatriotes, encore une fois, la guerre militaire a duré quatre semaines, du 19 septembre au 17 octobre 2002. Pendant le reste du temps qui a suivi, le régime du FPI a eu le plein contrôle de la zone sud dite gouvernementale, au moment où le café et le cacao ont continué à pousser et que le pétrole seul, en continuant à être pompé à un rythme de plus en plus élevé, rapporterait pas loin de mille milliards de revenu. L'argent n'a donc pas manqué dans ce pays. En revanche, combien de kilomètres de route ont été bitumés? Aucun! Les coups de pioches de dernière minute pour feindre construire des routes ne sont que des attrape-nigauds. Combien d'écoles et d'hôpitaux ont été construits? Aucun! Pourtant nous avons toujours eu un gouvernement en fonction. À quoi ont servi une quarantaine de ministres pendant cinq ans? À préparer des élections? La Commission électorale indépendante et ses organes affiliés auraient suffi. C'est dire que le régime au pouvoir a montré ses limites dans la gestion transparente des finances publiques et son incapacité à gouverner tout court. Je demande donc au Premier ministre de désarmer tous les illégaux, d'organiser les audiences foraines afin que les Ivoiriens choisissent leur nouveau président en connaissance de cause.
Le RDR et ses alliés peuvent compter sur moi pour que les électeurs soient bien informés et comprennent que cinq autres années du régime actuel, qui seraient d'ailleurs le dernier mandat de Gbagbo, constitueraient un désastre économique, une faillite financière, un chaos politique et une catastrophe sociale.
Chers compatriotes, en somme, ceux parmi vous qui avez lutté comme moi du côté de la résistance, nous avons été abusés. À titre d'exemple, combien de projets pour les jeunes ont été financés avec le fonds de dix milliards que le Président de la République a annoncé en grande pompe en 2004? Aucune communication publique de suivi à ce sujet! Alors, où sont passés ces dix milliards censés être gérés par le ministre de l'Économie et des Finances d'alors? C'est dire que nous ne devons plus suivre des gens qui n'ont pas de plan, ni l'intention réelle de créer des emplois à court terme pour tous. Même le Service civique qui a été vendu aussi en grande pompe, il y a huit mois, comme étant une urgente bouée de sauvetage pour toute la jeunesse, n'a pas connu le moindre début d'exécution, malgré les recommandations appropriées du Congrès national de la résistance pour la démocratie (CNRD). De plus, après avoir leurré la jeunesse, ce Service civique semble maintenant ne concerner que les détenteurs d'armes, en l'occurrence les ex-rebelles et une partie privilégiée des ex-milices gouvernementales. Comme quoi, ce régime semble vraiment ne comprendre que le langage de la violence et n'a aucun égard pour les revendications pacifiques. À l'analyse, la guerre du 19 septembre 2002 a un fondement moins superficiel que nous, les patriotes de bonne foi, avons cru. Et certaine source insoupçonnée de soutien financier à la rébellion dont j'ai eu connaissance tardivement, me rend perplexe et bouche bée. C'est dire que la guerre de 2002 et la crise qui a suivi, rapportent des intérêts à des réseaux moins occultes qu'on ne le pense. Il faut donc mettre fin à l'hypocrisie en allant aux élections de façon démocratique sous les auspices de débats d'idées. L'attribution des étiquettes telles, patriotes, rebelles ou parrains ne sont pas l'exclusivité de camps spécifiques. C'est dire que toute interpellation visant à déshonorer le RDR ou son président aura une réplique idoine appropriée. Allons donc aux élections proprement.
Chers compatriotes, en tant que parti d'opposition, que peut faire le RDR pour vous? Me demanderiez-vous. Le RDR est un parti libéral tourné vers la création de la richesse et de l'emploi. La Côte d'Ivoire est suffisamment riche pour qu'en adoptant une politique macroéconomique d'équilibre dans des conditions de bonne gouvernance comme sait le faire le Dr Ouattara, aucun citoyen ne devrait être oublié. Oui :
• les conditions de vie des enseignants et des chercheurs peuvent être améliorées proportionnellement à la motivation rattachée à leur métier de formateurs de la population active de demain;
• les salaires des fonctionnaires abandonnés dans la pauvreté absolue peuvent être doublés en indexant leur productivité à la performance moyenne du secteur privé afin que les citoyens ivoiriens reçoivent de l'État, les services de qualité auxquels ils ont droit;
• les élèves et étudiants peuvent avoir les bourses nécessaires pour bénéficier de cours continus et de qualité internationale. Car, plusieurs années blanches décrétées avec autant d'insouciance par le camp au pouvoir sont à l'échelle de l'avenir des jeunes, plus qu'un drame, plus qu'une tragédie, c'est un génocide intellectuel, voire un crime contre l'humanité. Par un programme économique de dépenses non inflationnistes que le RDR pourrait suggérer, le revenu national et la formation brute de capital fixe bénéficieront d'un plus grand multiplicateur d'impact sur la croissance de la richesse collective et les Ivoiriens retrouveront la prospérité plus rapidement qu'autrement.
Chers compatriotes, le RDR est dirigé par un économiste de renommée internationale et regorge d'hommes et de femmes d'expériences multiples. Des hommes et des femmes pratiques, opérationnels et compétents qui ont dépassé le stade des théories universitaires et de gouvernance dans l'amateurisme, l'improvisation et l'indécision. C'est pourquoi, je demande à la population trompée par le FPI de venir joindre les rangs du RDR pour qu'ensemble, nous fassions pression sur le régime au pouvoir pour que celui-ci organise les élections présidentielles, le plus vite possible. Car, encore une fois, la preuve est faite que le camp présidentiel ne comprend pas le langage de la démocratie et des revendications pacifiques. Il n'agit que lorsqu'il est acculé le dos au mur. Il n'écoute aucune suggestion d'où qu'elle vienne. Souvenez-vous, des couches sociales sollicitées pour des défilés d'allégeance au palais présidentiel, CNRD, jeunes Patriotes, religieux, chefs traditionnels, représentants régionaux, syndicats et ressortissants de la CEDEAO, du Liban et de la France, qui ont fait des propositions de sortie de crise en novembre dernier. Aucune de leurs propositions, malgré la mise en garde de la jeunesse patriotique, n'a été retenue par le camp présidentiel. Il est donc grand temps qu'on aille aux élections et que le peuple reprenne le contrôle des dépenses de l'État en fonction de ses priorités, trop longtemps ignorées. Le régime frontiste a échoué sur le front social, économique, politique, démocratique et ne mérite plus la confiance des Ivoiriens.
C'est pourquoi je demande au corps enseignant, aux fonctionnaires, aux chômeurs, aux victimes de déchets toxiques ou déplacés de guerre, aux jeunes patriotes délaissés après avoir offert leur poitrine pour le régime clanique et ingrat du FPI de venir me rejoindre au RDR, là où se trouve la volonté légendaire du changement dans l'égalité et de l'alternance politique pour une gouvernance rigoureuse et de haute vision du développement; le RDR, là où on ne cherche pas à acheter des cadres d'autres partis politiques pour les déstabiliser, mais où on projette de payer chaque citoyen par sa rétribution à l'emploi.
Chers compatriotes, vous me connaissez. Je ne vous demande pas de me faire confiance uniquement sur la base de promesses mais sur la preuve que je dis toujours ce que je vais faire et je fais toujours ce que je dis. Je ne suis pas venu au RDR pour des raisons pécuniaires. Je serais resté au Canada et y refaire ma vie. Et ce n'est pas parce que le Président d'un parti est pris, à tort ou à raison, pour être ruiné, qu'il faille rester avec ceux qui siphonnent vos impôts et l'argent de l'État et conduisent le pays à la ruine. Le RDR est un parti politique qui se porte bien. Et peu importe la liste électorale qui fera consensus, le futur président de la République ne doit pas être un conteur d'histoires mais le Dr Alassane Dramane Ouattara, un homme de compétence économique reconnue mondialement et qui a une seule parole.
C'est pourquoi, je vous exhorte à venir me rejoindre en grand nombre là où se rassemblent les républicains. Quittez les vendeurs d'illusions, qui ne font jamais ce qu'ils annoncent, qui ne respectent jamais leur signature et qui ont peur de faire face aux élections parce qu'ils savent qu'ils perdront le pouvoir dans des conditions transparentes. Alors, dans votre propre intérêt, participez aux audiences foraines, prenez votre carte de militant républicain, inscrivez-vous comme électeurs et faites confiance au Dr Alassane Ouattara et au RDR, un leader sérieux et un parti national, prêts à gouverner sans exclusion pour la prospérité de la Côte d'Ivoire.
Je vous y attends. C'est un rendez-vous. À bientôt!

Dr Antoine Ahua Jr
antoineahua@hotmail.com