December 3, 2009

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Affaire "Il y a beaucoup d`innocents à la MACA" : De la MACA, Assalé Tiémoko écrit au député Abo Daniel

Le Nouveau Réveil - N°1971 - mardi 15 juillet 2008

Honorable monsieur le député, Je prie pour qu'un de ces jours, tous les politiciens de ce pays (y compris vous), arrivent à réaliser qu'il est toujours moins fatiguant de dire la vérité
J'ai écrit que tous les concours administratifs organisés dans notre pays étaient gangrenés par la corruption et que ce n'étaient pas forcément les meilleurs qui réussissaient ces concours. J'ai écrit que la corruption et le racket avaient pourri notre pays, l'administration en plongeant leurs racines jusqu'au cœur de notre société, c'est-à-dire la justice, provoquant l'emprisonnement d'innocentes personnes.
Honorable monsieur le député, vous l'avez compris, c'est un citoyen ivoirien privé de sa liberté depuis 7 mois pour avoir dénoncé la corruption dans ce pays, qui vous écrit cette lettre.
Je suis ASSALE TIEMOKO ANTOINE, président d'une ONG de défense des droits de l'homme, de lutte contre l'injustice et la corruption, et c'est depuis ma cellule de la (MACA), que je vous écris cette lettre.
Le président GBAGBO a officiellement reconnu que tout ce que j'avais écrit sur la corruption dans ce pays était vrai. Il m'a officiellement réhabilité, même si je suis encore en prison.
Mais ce n'est pas pour vous parler de ma sortie de prison que je vous écris. Si je vous écris, c'est pour attirer votre attention sur les propos que vous venez de tenir dans les colonnes du quotidien " LE MATIN D ABIDJAN " et que je considère personnellement comme une insulte à l'intelligence du peuple de Côte d'Ivoire qui fait de vous un député de la nation et une foutaise intolérable vis-à-vis de toutes les personnes injustement détenues dans les prisons infectes de notre pays.
En effet, honorable monsieur le député, dans une longue interview accordée au quotient susmentionnée, dans son édition n°802 du mardi 08 juillet 2008, vous avez, répondant à la question de savoir si vous ne craignez pas de vous retrouver également à la MACA comme " vos collègues de la filière café - cacao ", dit et je cite " la MACA est faite pour

tout les hommes. Moi, je pars à la Maca, ce serait une erreur. Je revendique mon innocence parce que je ne crois pas avoir géré, on les connaît. La Maca étant faite pour les hommes, et sachant qu'il s'y trouve beaucoup de gens innocents, je ne regretterai pas d'y séjourner. Je n'en ai pas peur. S'il l'Assemblée nationale décide de lever mon immunité, je ne m'opposerai pas à une telle décision de la justice parce que je suis un citoyen… "
Honorable monsieur le député, je ne sais pas si en votre qualité de député de la nation ivoirienne, vous vous êtes rendu compte de la gravité de vos propos. Je veux bien vous épargner mon opinion sur vos propos relatifs à l'opération dite "Mains propres" dans la filière café-cacao, mais je ne peux me taire quand vous affirmez à deux reprises qu'il y a beaucoup d'innocents à la Maca. Vous dites même en tant que député, que vous savez qu'il y a " beaucoup de gens innocents " à la Maca. Savez-vous au moins, monsieur le député, ce que c'est la Maca ? Je vous rappelle que la Maca est une prison et au cas ou vous ne le sauriez pas, une prison est un endroit où la société garde sous surveillance, les personnes qu'elle considère comme dangereuses pour sa survie ou ayant porté atteinte à des intérêts privés légalement protégés. Ainsi la prison est construite pour n'accueillir que les personnes qui ont effectivement commis un crime ou un délit et que la justice, à travers un procès transparent et équitable, a reconnu comme coupables. La prison n'est donc pas faite pour accueillir les innocents. Or, vous dites que vous savez qu'il y a beaucoup de gens innocents en prison, à la Maca. Vous êtes député. Votre rôle est de voter les lois. Vous nous dites que vous savez que les lois que vous votez pour protéger tous les citoyens de ce pays sont utilisées pour envoyer des innocents en prison.
Honorable monsieur le député, je voudrais, ( pour ne pas dire des choses qui pourraient être retenues contre vous après votre interview inopportune), vous poser ces quelques petites questions.
Depuis quand savez-vous, en tant que député, que la Maca est remplie de personnes innocentes ?
Etes-vous le seul député à savoir cela ou est -ce l'ensemble des députés de ce pays?
Comment avez-vous su qu'il y a "beaucoup d'innocents à la Maca" ? Est-ce à la suite d'une enquête parlementaire dans les prisons de notre pays ?
Savez-vous aussi qu'il y a des gens ici qui sont détenus depuis 12 ans sans jugement ?
Vous êtes de la région d'Agboville, il y a une prison à Agboville. Y aurait-il également "beaucoup d'innocent à la prison d'Agboville ou est-ce seulement à la Maca ?
Qu'avez-vous fait, depuis que vous savez qu'il y a "beaucoup d'innocents à la Maca" pour que ces innocents sortent de prison et d'autre ne soient plus injustement emprisonnés ?
Savez-vous que votre révélation (car il s'agit bien d'une révélation), signifie que le peuple de Côte d'Ivoire qui a fait de vous député, est en danger parce que les lois que vous avez votées sont utilisées pour conduire les innocents en prison sans que cela ne vous émeuve ?
Savez-vous que vos propos signifient que la justice ivoirienne n'emprisonne que les innocents en lieu et place des coupables ?
Que doit penser le peule de Côte d'Ivoire, après votre révélation ?
Honorable monsieur le député, quand vous aurez répondu à ces questions, sans passion et sans chercher à savoir de quel parti politique je suis vous réaliserez que le parlement de Côte d'Ivoire n'a pas besoin de se réuni pour statuer sur la levée ou non de votre " parapluie parlementaire ". Cette décision vous appartient, vous seul.
Je voudrais, pour finir, vous dire les choses suivantes : la chance que vous avez, vous les "politiciens" de ce pays, c'est que vous avez en face de vous, un peuple si miséreux, si peu instruit, si abusé et si manipulé, que vous pouvez vous permettre de l'insulter, de faire preuve de la plus grande incompétence, sans que ce peuple ne réclame votre tête et vous oblige à vous éloigner de ses institutions. C'est un drame. Ça va finir ! Un député ne peut pas dormir la nuit en sachant qu'il y a un seul citoyen innocent en prison. Les prisons ne sont pas construites pour les innocents. Car un Etat de droit, il vaut mieux avoir plusieurs criminels en liberté, qu'un seul innocent en prison.
Savoir en tant que député qu'il y a "beaucoup d'innocents" en prison et ne rien faire pour mettre fin à cela, c'est un crime contre le peuple de Côte d'Ivoire.
A très bientôt, honorable !

ASSALE TIEMOKO ANTOINE
Prisonnier d'opinion,
détenu à la Maca
Service de communication de l'ONG (MVPC) (225) 08413933
Email : antoineassale02@yahoo.fr

 
Assalé Raymond (Père de Assalé Tiémoko), hier, à Daoukro : “Je quitte le FPI et je retourne au PDCI”
Le Nouveau Réveil - N°1925 - jeudi 22 mai 2008
Assalé Raymond, ingénieur informaticien de son état à la retraite, père de Assalé Tiémoko détenu d'opinion à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA), s'est rendu le mardi 20 mai 2008 à Daoukro où il a rencontré le président du PDCI-RDA, S.E.M Henri Konan Bédié. Le géniteur de celui qui croupit dans les geôles de la MACA depuis cinq mois environ, était accompagné dans le village natal du président Bédié par M. Yobou Djirabou Benoît, délégué communal du PDCI de Yopougon 2 Toits Rouges. L'audience a duré un peu plus d'une heure. A l'issue de la rencontre, M. Assalé Raymond, connu pour être un militant convaincu du FPI a déclaré : "Je suis venu à Daoukro pour non seulement saluer le président Henri Konan Bédié, mais lui exprimer aussi ma gratitude pour avoir dénoncé avec force, l'incarcération sans cause à la MACA de mon fils Antoine. J'ai ensuite dit au président Henri Konan Bédié que je reviens à la maison. Je retourne au PDCI-RDA. Et qu'à partir d'aujourd'hui, je ne suis plus membre du FPI. Sans nous connaître, il a pris fait et cause pour mon fils. On nous a fait savoir que la parole est libérée. Mon fils est à la MACA pour avoir dit la vérité. Dans tous leurs discours, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro condamnent la corruption et le racket. C'est de cela qu'a parlé mon fils Tiémoko. Pourquoi est-il alors en prison ?" s'est-il ainsi exprimé. Le président du PDCI-RDA, en retour, a condamné l'injustice que le FPI a érigée en règle de gouvernance. Il a dit qu'il combattra avec la dernière énergie tous ces manquements graves à la démocratie et aux droits de l'homme constatés depuis l'avènement au pouvoir d'Etat des refondateurs. Aussi, a-t-il souhaité à M. Assalé Raymond, un bon retour à la maison. Et lui a, en outre, fait savoir qu'il compte sur lui pour mener la bataille jusqu'à la victoire finale du PDCI dans les urnes le 30 novembre prochain. M. Assalé Raymond vient ainsi de faire l'expérience du pouvoir FPI qui, comme on le constate, ne fait que manger ses propres enfants.
Paul Koffi  
 
Interview/Depuis sa cellule de la Maca, Assalé Tiémoko accuse : “Les refondateurs ont hypothéqué l'avenir de ma génération en nous laissant en héritage une société ravagée par la corruption, le racket, les détournements, la gabégie, la tricherie, l'injustice et la pauvreté...”
Evelyne Apo N`CHO - mercredi 30 avril 2008 - Depuis sa cellule, Assalé Tiémoko Antoine qui séjourne dans ce lieu de détention depuis décembre 2007, parle. Après une rencontre avec Evelyne Apo N`CHO, Ivoirienne résidant en ANGLETERRE, le prisonnier Assalé Tiémoko a passé en revue l'actualité nationale et expliqué les conditions de sa détention à cette dernière. ASSALE T. Antoine est un jeune diplômé ivoirien. Fondateur de l`Association M.V.P.C (Ma Vie est dans ma Prise de Conscience), association dont il est le président. Ce jeune homme qui est une " une véritable promesse de lumière " pour ce pays séjourne en prison depuis le 28 Décembre 2007 pour outrage à Magistrat, diffamation envers corps constitué et envers le Procureur de la République TCHIMOU Raymond et sa secrétaire.
Arrêté le Jeudi 27 Décembre 2007, déféré le vendredi 28 à la MACA, ASSALE T. Antoine a été rapidement jugé le Mercredi 02 Janvier 2008 et condamné le Vendredi 04 Janvier 2008 à 12 mois de prison ferme, 100 mille francs d`amende et 500 mille francs de dommages intérêts à payer au Procureur TCHIMOU et à sa secrétaire. La première fois où j`ai entendu parler de ce jeune homme, c`était le Mercredi 31 Octobre 2007. Ce jour-là, il était l`invité de l`émission <>, diffusé sur AFRIKAMEDIA.COM, la plus grande radio en ligne émettant depuis WASHINGTON DC, aux Etats-Unis. Intervenant par téléphone depuis Abidjan, ASSALE T. Antoine, répondant aux questions des journalistes de AFRIKAMEDIA.COM, avait durant deux heures peint un tableau particulièrement sombre de la situation morale dans notre pays.
Vivant en Angleterre depuis 13 ans et n`étant pas retourné au pays depuis 8 ans, j`avais été particulièrement émue par les propos de ce jeune homme ce jour-là, et je m`étais promise de le rencontrer, une fois à Abidjan. La deuxième fois où j`ai entendu parler de d`ASSALE T. Antoine, c`était le Samedi 05 Janvier 2008 sur RFI. En écoutant l`édition Afrique de cette radio, j`avais appris avec une vive émotion < l'emprison-

-nnement de ce jeune homme pour avoir écrit un texte selon le journaliste de RFI. La troisième fois enfin où j`ai entendu parler d`ASSALE T. Antoine, c`était le Samedi 29 Mars au Complexe sportif de Yopougon où, arrivée au pays depuis le 22 Mars, j`étais allée sur l`invitation d`une grande amie militante farouche du PDCI, pour écouter le Président BEDIE qui y tenait un meeting. Devant environ 10 mille personnes, le Président BEDIE avait parlé d`ASSALE et qualifié son arrestation “d`arbitraire”. C`était donc décidé ! Il fallait que je rencontre ASSALE T. Antoine ; mais avant, il me fallait trouver des informations crédibles sur lui. Ainsi donc en faisant des recherches sur le net, j`ai été agréablement surprise par l`abondance d`informations qu`il y a sur lui. Il suffisait seulement de taper son nom. Après m`être suffisamment informée sur lui, je suis allée le rencontrer à la MACA le Mardi 22 Avril 2008, de 14h20 à 15h10mn. J`ai donc rencontré ASSALE Antoine et j`ai longuement discuté avec lui comme une mère discute avec son fils. Pendant près d`une heure, je n`ai pas pu, après m`être présentée à lui, m`empêcher de le bombarder de questions ; tellement je brûlais d`envie de percer sa personnalité, de comprendre ses opinions, ses ambitions, ses rêves pour son pays, mais surtout les vraies raisons de son incarcération, etc. Si l`on me demandait en rentrant en Angleterre dans une semaine, de décrire physiquement ASSALE Antoine, je dirais tout simplement que c`est un enfant. Ils ont donc osé mettre un enfant en prison pour ses idées dans le pays de GBAGBO. C`est une infamie ! Ils ont mis un enfant en prison pour avoir dit une chose : une vérité que même les enfants savent ; faisant ainsi de lui, le symbole de la lutte contre la corruption en Côte d`Ivoire.
Je vous fais partager ici, quelques extraits de l`entretien que j`ai eu le privilège d`avoir avec lui à la MACA ; un entretien qui a rapidement pris la forme d`une interview improvisée et qu`il m`a gentiment autorisé à exploiter à mon gré.

Comment allez-vous ASSALE ?
Je vais pour le mieux. Vous savez ici, c`est le moral qui tient le physique. Si vous êtes bien dans la tête, il ne peut rien vous arriver. Or, je ne me suis jamais senti aussi bien dans ma tête et dans ma peau que depuis qu`on a bien voulu m`offrir l`occasion de séjourner dans cette prison.

Comment s`est faite votre arrestation ?
Le plus simplement du monde. Le Jeudi 27 Décembre 2007, alors que j`étais à Tiassalé, j`ai reçu un appel du Commandant ETTE, Commandant de la section de la Brigade de recherche du Plateau. Il m` a dit qu`il avait reçu un " soit transmis " signé par le Procureur de la République lui ordonnant de me convoquer pour m`entendre sur un texte que j`avais écrit et qui avait été publié par "Le Nouveau Réveil" du 14 Décembre 2007. Le Commandant voulait que je passe le voir à son bureau pour répondre à quelques questions le Lundi 31 Décembre 2007. Je lui ai répondu que même un fou ne pouvait se permettre de répondre à une convocation de la Gendarmerie le 31 Décembre. Comme nous ne nous entendions pas sur une date consensuelle et que je ne voulais pas qu`on lance un mandat d`arrêt contre moi, j`ai décidé de répondre immédiatement à la convocation en me rendant à Abidjan ce même Jeudi 27 Décembre 2007, pensant que le Procureur ne commettrait, pas l`immense" crime "d`ordonner mon arrestation la veille de la fête de Saint Sylvestre pour une histoire de texte. Mais je m`étais trompé ! Car, dès que, en provenance de Tiassalé, je suis arrivé à la Brigade de recherche à 15h30mn, on m`a tout de suite demandé lorsque j`ai décliné mon identité, de me déshabiller. Voici comment j`ai été mis aux arrêts.

Vous en voulez au Procureur pour avoir ordonné votre arrestation la veille du nouvel an ?
Non ! Pas du tout. Je regrette simplement qu`il ne m`ait pas laissé passer cette fête avec ma maman. J`ai demandé aux gendarmes de m`accorder la liberté jusqu`au 03 Janvier 2008 et que je viendrais me rendre. Ils m`ont répondu que le Procureur avait laissé des instructions très fermes. Pas de 31 Décembre pour moi. Qu`est-ce que le Procureur vous reprochait concrètement et qui a entraîné votre condamnation ?
J`ai écrit un texte qui dénonçait la corruption des hommes de Dieu, des forces de l`ordre et de la justice dans un pays imaginaire appelé la CÔTE DES MASTODONTES. Eh bien, le procureur a estimé que ce pays-là ressemblait trop à la Côte d`Ivoire. Ce qui est un délit, de son point de vue.

Et ce pays n`était pas la Côte d`Ivoire ?
Vous savez Madame, moi je partage le point de vue du Procureur. Effectivement, le pays dont j`ai parlé ressemble beaucoup à la Côte d`Ivoire. Mais ça, ce n`est pas ma faute. La Côte d`Ivoire n`avait qu`à ne pas ressembler à " mon pays " c`est-à-dire la CÔTE DES MASTODONTES.
Pourquoi avez-vous écrit ce texte sous cette forme ? Vous saviez que cela allait vous attirer des ennuis ?
Cette question m`a été posée par la juge qui présidait le Tribunal le jour de mon procès. Je lui ai répondu que j`avais écrit ce texte pour mon fils qui s`apprêtait à venir au monde. Je ne voulais pas qu`il naisse dans un pays comme la CÔTE DES MASTODONTES.
Mon fils est venu au monde il y a 7 jours. Quand il sera grand, il ne m`en voudra pas de n`avoir rien tenté pour lui éviter de naître dans un pays calciné par les flammes de la dégradation morale et par le règne des faux modèles. Ce texte m`a conduit en prison parce que je me suis trompé d`époque. Je pensais qu`on était encore à l`époque du Président Houphouët BOIGNY où des intellectuels pouvaient critiquer leur société sous forme de textes fictionnels sans craindre pour leur liberté. Manifestement, les temps ont changé.

Justement, j`ai remarqué que vous êtes beaucoup soutenu par "Le Nouveau Réveil" ; un journal du PDCI, et le Président BEDIE a dénoncé publiquement votre arrestation lors de son meeting à Yopougon devant des milliers de personnes. Etes-vous membre du PDCI ?
Non Madame ! Des gens comme moi n`ont pas le droit de militer dans un parti politique. J`ai une dette envers "Le Nouveau Réveil", Le Président BEDIE et le Président du Conseil Général de Tiassalé, M. BITTY Kokora Pierre. C`est eux qui ont payé les honoraires de vos avocats ? Ils sont au nombre de huit (8) pour vous seul !
Les avocats qui m`ont défendu n`ont pris de l`argent à personne. C`est DIEU qui a payé leurs honoraires et il leur paiera ces honoraires jusqu`à la fin des temps. D`ailleurs, quand je sortirai de prison, j`irai demander à Maître Claude MINTENON de m`accorder le privilège de donner son nom à mon fils.

J`ai lu sur Internet des textes très durs sur certains dirigeants du FPI. Vous ne pensez pas que cela a contribué d`une certaine manière à votre condamnation ?
Peut-être ! Mais je n`ai pas écrit de textes trop durs sur certains responsables du FPI. J`ai reproché à M. AFFI N`guessan d`avoir fait des promesses à des enfants de 6 ans dans mon village en Avril 2007 qu`il n`a pas tenues. J`ai reproché à M. Mamadou KOULIBALY d`avoir affirmé devant des députés burundais que "Le racket était une annexe de la sécurité ". Cela m`a choqué et je n`ai pas pu m`empêcher de réagir. Le racket étant un délit. Quant à M. OULAYE Hubert, c`est lui qui m`a attaqué en premier. Je n`ai donc rien contre les dirigeants du FPI, pris individuellement. J`ai par ailleurs écrit sur le Président BEDIE et sur le Premier Ministre SORO Guillaume.
En revanche, j`en veux aux refondateurs pris globalement pour 4 raisons :
Je leur reproche premièrement d`avoir joué avec notre vie, avec notre sécurité et avec la sécurité de notre pays. On leur a dit que des gens s`apprêtaient à attaquer notre pays ; mais occupés à piller vite, vite, vite les caisses de l`Etat, ils ont livré notre pays aux pilleurs. Puis, une fois la guerre survenue, ils l`ont utilisée en s`entourant de complices, pour escroquer les Ivoiriens.
Deuxièmement, je leur reproche d`avoir banalisé la vie humaine. Vous savez qu`on tire maintenant à balles réelles sur des ménagères aux mains nues. Troisièmement, je leur reproche d`avoir sciemment utilisé le prétexte de la guerre pour détruire notre pays sur le plan moral. Même à l`école primaire, les enfants sont convaincus de ce que seuls la tricherie, la corruption, l`achat de faux diplômes peuvent faire avancer. C`est gravissime !
Quatrièmement enfin, je leur reproche d`avoir institutionnalisé la Médiocrité avec un grand M s`il vous plaît Madame. J`aurai l`occasion de développer tout ceci dans un lieu plus approprié.

Vous allez continuer à écrire à votre sortie de prison ? Si oui, ne craignez-vous pas d`y revenir ?
Vous savez Madame, le meilleur moyen de faire taire des gens comme moi, ce n`est pas la prison. Pour me faire taire, il faut tout simplement supprimer mes sources d`inspiration, c`est-à-dire les pratiques honteuses qui alimentent mes écrits. Je veux parler de la corruption institutionnalisée, du racket institutionnalisé, de la pauvreté et de la misère grandissante mais banalisée, de l`argent qui a acquis depuis 8 ans plus de valeur que la vie humaine ; alors que notre seule justification, s`il en est de respecter l`éminente dignité de la personne humaine
Etc.

Vous continuerez à parler de la corruption, de la justice ?
Vous parlez de corruption ! Depuis que je suis en prison, j`entends et je lis beaucoup de choses sur la corruption de la justice ivoirienne. Les gens parlent tous de corruption de la justice ivoirienne. Mon opinion sur la question a beaucoup évolué depuis que je suis en prison et plus les jours passent, plus je suis heureux parce que les preuves s`accumulent. La MACA est une véritable mine d`informations et je demande à DIEU de bénir celui qui m`a envoyé ici. Non, je ne parle plus de corruption ; à présent, je parle de criminalité. J`aurai l`occasion d`en parler aux Ivoiriens avec preuves à l`appui. Vous ne craignez pas pour votre avenir professionnel ?

Vous allez avoir un casier judiciaire sale comme on le dit !
Bien au contraire, cet emprisonnement va me permettre de réaliser mon destin, ne serait-ce qu`en vendant les choses que je suis en train d`apprendre ici, à travers le monde rien qu`en utilisant ma plume. N`oubliez pas que la plupart de nos dirigeants actuels sont des ex-pensionnaires de la MACA et donc des ex-prisonniers. Non ! Mon casier judiciaire ne sera pas un obstacle parce que je ne crois pas un seul instant qu`il y ait des employeurs qui seraient inquiets de recruter dans leur entreprise quelqu`un qui déteste la corruption et le racket.

Que pensez-vous de la jeunesse ivoirienne ?
La jeunesse ivoirienne n`a plus de repères. Elle ne réfléchit plus. Elle veut " manger ", ici et maintenant, par tous les moyens, comme on le lui enseigne depuis 8 ans. Elle a été profondément emprisonnée, endoctrinée sur le plus moral. On lui a fait comprendre que l`argent a plus de valeur que la vie humaine. On lui a fait comprendre que pour réussir dans ce pays, tous les moyens sont bons ; y compris les meurtres et les assassinats. On lui a fait comprendre qu`il lui faut faire la politique pour s`enrichir rapidement et les exemples ici sont légion; plutôt que de l`orienter vers la culture de l`entreprise, facteur de développement et aussi de stabilité. Le drame, c`est que la jeunesse ne semble pas prendre conscience de ce que son avenir n`intéresse pas nos dirigeants. Il y a quelques mois, le laboratoire de génétique de l`Université d`Abobo-Adjamé a complètement brûlé. Cela n`a ému personne. Quelques jours plus tard, un bâtiment de la RTI a pris feu. On a vu toutes les autorités de ce pays avec le chef de l`Etat en tête, y compris même les autorités religieuses et mystiques se succéder à la RTI pour pleurer avec les malheureux dirigeants de notre télévision, pour leur témoigner leur soutien et leur compassion à la suite d`un drame aussi terrible pour la nation ivoirienne. Mais dans quel pays sommes-nous ? Un bâtiment de la RTI a plus d`importance que l`avenir de la jeunesse ivoirienne. Ce fut un message très fort envoyé à la jeunesse par nos autorités. J`ai suivi tout cela depuis ma cellule et ça m`a rendu très malheureux.

Quel avenir entrevoyez-vous pour votre fils ?
Les dirigeants cupides de ce pays ont hypothéqué l`avenir de ma génération en nous laissant en héritage une société ravagée par la corruption, le racket, l`injustice, le népotisme, la gabegie, les détournements de deniers publics, la pauvreté, la misère, la tricherie, la prostitution des mineurs de 12 ans, bref, le chaos ; une société totalement calcinée par les flammes de la dégradation morale et où règnent en maîtres absolus les faux modèles qui s`apprêtent au vu et au su de tout le monde, à prendre la relève pour parachever la décapitation de notre société. Je ne les laisserai pas hypothéquer également l`avenir de mon fils.

Que souhaitez-vous que je dise aux Ivoiriens d`Angleterre ? Nous avons une association et…
Dites-leur que les faux modèles ont triomphé au pays avec les honneurs du jury. Dites-leur qu`ils sont en train de brouter toutes les ressources du pays. Dites-leur qu`il n`y a plus d`école ici et que les enfants de pauvres n`ont plus aucune chance de travailler dans l`administration publique ivoirienne quels que soient leurs diplômes à cause de la corruption. Dites-leur qu`on ne peut plus acheter du vivrier à cause du racket. Dites-leur de supplier les Chinois et les Thaïlandais afin qu`ils augmentent leur production de riz pour que les policiers arrêtent de tirer sur les ménagères affamées. Dites-leur enfin que les jeunes ivoiriens affamés préfèrent se réfugier en prison. Comme vous pouvez le voir vous-même Madame, il y a un véritable malaise au sein de notre société. Je suis en prison depuis 4 mois et j`ai observé qu`il y a en moyenne 40 jeunes qui arrivent ici chaque jour. C`est le témoignage de la faillite de notre société. La jeunesse est en prison et les doyens (les vieux) sont en ville. Dites-leur que l`heure du combat intellectuel a sonné. Merci Madame.

“Assalé a un grand destin”

J`ai discuté avec ASSALE Tiémoko Antoine pendant environ une heure. A aucun moment de notre entretien, il n`a parlé de sa libération. Ce jeune homme est une promesse de lumière. Il a le profil de ceux qui ont un grand destin. La prison est en train de produire ses effets sur ses opinions : il se radicalise. Reste à savoir si cela est une bonne chose pour ceux qui l`ont conduit en prison. Pour la Côte d`Ivoire, cela ne fait l`ombre d`aucun doute ; c`est une excellente chose.

Evelyne Apo N`CHO
Ivoirienne résidant en ANGLETERRE
E-mail : evelyneapo95@yahoo.fr
eveapo-happy95@hotmail.fr

 
BTS - Le diplôme vendu à 200 000 Fcfa
jeudi 17 avril 2008 - Par Afrique Matin - Un séminaire sur la réforme du BTS s`est tenu du 9 au 11 avril dernier à l`IAO de Grand-Bassam. Cependant le diagnostic relatif à la fraude sur ce diplôme fait à l`ouverture n`est pas convainquant. Des fondateurs et des étudiants ont fait des révélations. Selon le Directeur des Examens et Concours de l`Enseignement Supérieur Professionnel, Doulaye Coulibaly et le Ministre Cissé Bacongo, trois raisons expliquent la fraude sur le brevet de technicien supérieur (BTS). Il s`agit de l`inadaptation des programmes, de l`ouverture de la préparation du diplôme aux élèves non bâcheliers et du nombre pléthorique de filières. Si l`on s`en tient à ces trois causes, ce séminaire risque de proposer des résolutions improductives. Car cette réforme peut permettre d`avoir un BTS de qualité si le diagnostic du mal relatif aux fraudes est sincère et rencontre l`adhésion de tous les séminaristes. Cependant, les vrais acteurs de ce séminaire, les
fondateurs d`école, les enseignants et les étudiants ne donnent pas les mêmes explications que les deux premiers responsables de l`organisation de l`examen, sus-cités. Un doigt accusateur est pointé sur M. Doulaye Coulibaly dont la structure qu`il dirige, organise l`examen du BTS et le ministre de tutelle Cissé Bacongo. Ces accusations relèvent que le BTS est vendu soit à 200 mille ou 500 000 FCFA par la direction des examens dont le directeur Doulaye Coulibaly est le chef d`orchestre. C`est donc, selon les fondateurs, professeurs et étudiants, cette vente du BTS qui constitue une raison de baisse de niveau. Car, certains étudiants qui ont les moyens de payer ce quota fixé par le réseau de vente ne consacrent plus de temps à étudier. De sources bien introduites, M. Doulaye Coulibaly a réussi à bâtir un empire financier insolent et finance même un parti politique dont le leader est son frère. Quant au ministre Cissé Bacongo, il lui est reproché le racket exagéré des écoles de formation. Une situation qui les empêche de financer un enseignement de qualité. Par exemple, pour le paiement des redevances que l`Etat doit aux écoles, chaque fondateur est contraint de donner 10% sur le montant de sa créance avant de rentrer en possession de son chèque. Pour l`organisation de ce séminaire d`ailleurs chaque établissement sur les 107 écoles d`enseignement professionnel privé a payé 500 mille FCFA pour certains fondateurs et 1 million FCFA pour d`autres.

A. Délors
 
Me Claude Mentenon : “yako pour la justice ivoirienne”
Larges extraits du discours du Bâtonnier de l'ordre des Avocats - Le Patriote - 25/02/2008
Mesdames et Messieurs,
A l'occasion de la rentrée solennelle de la Cour d'Appel la parole m'est donnée en ma qualité de Bâtonnier de l'ordre des Avocats d'intervenir au nom et pour le compte de l'Ordre...

Il me faut du courage !

Il me faut de l'audace pour prétendre encore vouloir changer quelque chose alors que tout semble acquis, alors que la pièce semble définitivement jouée par la tragédie de l'habitude, par la tragédie de la résignation elle-même inspirée par la tragédie de l'indifférence de ceux qui, à divers degrés, ont la charge de conduire aux destinées de la République en général et en particulier du Palais de Justice ?
Madame le Premier Président, vous m'avez assurément rendu la force en me donnant la parole à cette occasion chargée de sens que je voudrais mettre à profit pour annoncer la perdition programmée à terme de notre justice, si de vigoureux et nécessaires correctifs n'y sont pas apportés de toute urgence, perdition annonciatrice de la négation de l'Etat de droit…

Mesdames et Messieurs,
Point n'est besoin ici, de prêcher à des convertis que vous êtes, l'importance cardinale de la justice dans la consolidation de l'Etat de droit en tant que régulateur des rapports sociaux.
Parce que la justice est à la fois au cœur de la cité et le cœur de la cité, le manque de considération dans lequel elle est tenue en Côte d'Ivoire, nous interpelle sur notre propre responsabilité en tant qu'acteurs judiciaires.
Sommes-nous exempts de critiques devant l'état avancé de dévoiement de notre institution judiciaire ?...
Yako pour la justice ivoirienne à travers le manque d'infrastructures adaptées ; en dépit de l'annonce par l'Etat du budget record de fonctionnement de plus de 2000 milliards, le service public de la justice est toujours mal loti. Celui-ci ne figure pas au rang des priorités du gouvernement.
Des magistrats sont logés à 3 ou à 4 dans des bureaux prévus en principe pour un seul avec en prime la promiscuité, l'absence totale d'indépendance.
Les moins chanceux des magistrats ne disposant pas de bureaux emportent leurs dossiers en leurs domiciles respectifs transformés pour la circonstances en annexes du Palais de Justice.
Les salles d'audience sont d'un archaïsme révoltant.
-Yako pour la justice ivoirienne à travers les réquisitions des magistrats et greffiers en faveur des audiences foraines et ce, au détriment du service public de la justice au fonctionnement déjà chaotiques.
Yako pour la justice ivoirienne à travers les délais anormalement longs dans le prononcé des délibérés en matière de référé en particulier et dans la délivrance des décisions de justice en général.
- Yako pour la justice ivoirienne à travers le fonctionnement archaïque du greffe où les pots de vins stimulent la conscience professionnelle des greffiers.
- Yako pour la justice ivoirienne à travers la corruption qui y règne par le fait de certains de ses acteurs, magistrats et avocats qui n'hésitent pas à monnayer à la partie litigante la plus offrante, une décision favorable quel que soit le fond du dossier.
Il nous revient donc, tous autant que nous sommes, magistrats, avocats, greffiers, autorités administratives et politiques, de relever le défi d'un environnement judiciaire assaini, organisé, fonctionnel, équitable et crédible.
Mesdames et messieurs les magistrats qui venez d'être installés, que cette mission soit pour vous un sacerdoce exaltant afin que notre justice retrouve sa vertu cardinale, qui est celle de renforcer l'Etat de droit.
Je vous remercie
 
ASSALE AVAIT RAISON: Rififi à la MACA - Les prisonniers paient pour être jugés
 jeudi 21 février 2008 - Par Le Jour - K.A.S, ex-pensionnaire de la Maca a passé 36 mois au bâtiment B. Alors qu'il vient d'être condamné par le tribunal à 24 mois d'emprisonnement ferme. Libéré le vendredi 15 février dernier, ce dernier crie sa colère et raconte le clavaire vécu dans cette maison de correction. Il loue Dieu, le tout-puissant d'être sorti sain et sauf de cette situation. Ainsi, depuis le vendredi 15 février dernier, K.A.S. a recouvré la liberté. Après 36 mois de détention. Là où il ne devait passer que 24 mois. “ La méchanceté de certains hommes m'a maintenu en prison pendant un an. J'ai fait un an de prison en bonus ”, explique-t-il, affichant un dégoût face à ce qu'il vient de vivre. Sa préoccupation, ce n'est pas de s'attarder sur l'injustice qui l'a frappée. Parce que, soutient-il, elle prend l'allure d'un fait normal. Il a promis d'ailleurs nous donner des précisions sur un détenu qui est en détention préventive, depuis 8 ans pour coups et blessures volontaires. Ce dernier attendait avec impatience l'heure de son procès.
La prison civile d'Abidjan (Maca)

Par contre pour l'ex-détenu Serges, ce qui mérite d'être porté à la connaissance de tous les Ivoiriens, c'est le calvaire vécu par les pensionnaires de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca). Il a de ce fait révélé que les prisonniers en situation de détention préventive vivent une situation extrêmement difficile, depuis un mois. Le véhicule de liaison de cette maison d'arrêt est en panne. Conséquence, il n'y a plus de voitures pour conduire les prévenus aux parquets de Yopougon et du Plateau. Tout simplement parce que le cargo tombé en panne au tribunal du Plateau y est resté immobilisé pendant plus d'une semaine. Avant de “ finir sa course ” dans un garage dans la commune d'Adjamé. cette situation, selon notre interlocuteur cause d'énormes préjudices aux prévenus qui attendent d'être jugés. Dont certains, affirme-t-il, sont en prison sans jugement depuis 5, 10 voire 12 ans. Il prétend que si ceux du tribunal de Yopougon ont souvent la chance d'être convoyés par des véhicules de la BAE, ce n'est pas le cas du côté des pensionnaires devant être jugés au Plateau. “ Quant à ceux du Plateau, au départ les plus aisés cotisaient pour louer une dyna de 18 places pour les y conduire, mais le directeur Patrice Yao s'oppose désormais à cette pratique. Sans pour autant trouver une solution au problème ”, dénonce K.A.S. Qui, avec un brin d'ironie fait remarquer que « les prisonniers paient pour être jugés ». L'ex-détenu reproche au nouveau directeur de la Maca le fait de mener la vie dure aux prisonniers que de s'atteler à résoudre le problème du manque de véhicule de liaison. “ Il est très peu respectueux des droits de l'homme et traite les prisonniers comme des animaux ”, accuse-t-il. Il évoque pour preuve un fait qui s'est produit, le vendredi 15 février avant sa libération. “ Ce jour-là, sept prisonniers ont été battus et conduits nus comme des vers du bâtiment C au bureau du directeur. Deux parmi eux ont eu des côtes cassées et sont dans un état d'inconscience à l'infirmerie de la Maca ”, fait savoir l'ex-détenu. Qui accuse le directeur Patrice Yao d'avoir donné l'ordre. Non sans préciser que le crime de ces prisonniers, c'est d'être sortis de leur cellule où ils étaient enfermés à 85 personnes pendant plus d'une semaine. Dans une cellule prévue pour dix personnes. “ C'est la cellule 105 du bâtiment C ” note-t-il. Face à une colère qui a gagné les bâtiments B et C, il entend attirer l'attention des autorités sur une menace d'évasion massive. Il s'élève aussi contre la nourriture pénale qui ne serait pas digne d'être pour des humains. Selon lui, la nourriture servie à la Maca tue plus vite que le choléra ou la fièvre typhoïde. A l'occasion de notre entretien, K.A.S a lancé des appels à différentes entités. D'abord aux parents des détenus et aux responsables des organisations ivoiriennes de défense des droits de l'homme. Aux premiers, il a demandé d'apporter leur soutien aux détenus. Afin de leur permettre de s'armer moralement pour affronter toute forme d'injustice. Quant aux seconds, KAS a dit ne pas admettre leur silence complice. Ensuite, au directeur des droits de l'Homme et au ministre de la Justice. Si le premier est appelé à quitter souvent son bureau climatisé pour se rendre compte des tristes réalités des droits de l'Homme à la Maca. Le responsable de ce département est prié de faire réparer le camion “ cargo ” pour éviter d'imminents troubles à la maison d'arrêt. Enfin au président de la République il signifie que tous ceux qui sont en prison méritent aussi l'attention de la république. A ce titre, il conclut “ dites-lui que la cellule qu'il a occupée en tant que prisonnier à la Maca est restée inoccupée depuis qu'il y est sorti pour aller à la présidence. Et que ceux qui vivent actuellement dans le bâtiment où se trouve cette cellule versent des larmes de tristesse chaque fois qu'ils passent devant”.

Stéphane Beyniouah

 
ASSALE DEPUIS LA MACA: LETTRES A MES CARAMADES DE L’ASSOCIATION

service de communication de l'Association MVPV ASSALE TIEMOKO ANTOINE DEPUIS LA MACA - 28 janvier 2008 -
Camarades,

Comme vous le savez, cela fait aujourd'hui lundi 28 janvier 2008, un mois jour pour jour que je suis arrivé dans cette prison en tant que «  nouveau voleur  », ce terme quelque peu effrayant, désigne  tous ceux qui arrivent à la MACA pour la première fois, quelque soit le délit qu'ils aient commis.   C'est donc aujourd'hui, l'anniversaire de mon emprisonnement pour délit d'opinion. Je vous envoie donc lettre pour célébrer à ma manière, cet anniversaire en vous donnant des nouvelles de moi et de la prison.    

Pour ce qui me concerne, je peux vous assurer que je ne me suis jamais senti aussi bien dans ma peau et dans ma tête. Moi qui suis quelqu'un de très émotif, je n'ai pourtant jamais versé une seule larme, ni à la gendarmerie ni au violon du parquet ni à la Maca. Je peux même affirmer aujourd'hui, qu'il était écrit quelque part, que je devrais venir dans cette prison.   

Je vais donc bien, et même très bien. Il y a des personnes que la prison brise et il y en a d'autres comme moi, que la prison fortifie mentalement et physiquement.  

service de communication de l'Association MVPV ASSALE TIEMOKO ANTOINE DEPUIS LA MACA - 28 janvier 2008 -
Camarades,

Comme vous le savez, cela fait aujourd'hui lundi 28 janvier 2008, un mois jour pour jour que je suis arrivé dans cette prison en tant que «  nouveau voleur  », ce terme quelque peu effrayant, désigne  tous ceux qui arrivent à la MACA pour la première fois, quelque soit le délit qu'ils aient commis.   

C'est donc aujourd'hui, l'anniversaire de mon emprisonnement pour délit d'opinion. Je vous envoie donc lettre pour célébrer à ma manière, cet anniversaire en vous donnant des nouvelles de moi et de la prison.    

Pour ce qui me concerne, je peux vous assurer que je ne me suis jamais senti aussi bien dans ma peau et dans ma tête. Moi qui suis quelqu'un de très émotif, je n'ai pourtant jamais versé une seule larme, ni à la gendarmerie ni au violon du parquet ni à la Maca. Je peux même affirmer aujourd'hui, qu'il était écrit quelque part, que je devrais venir dans cette prison.   

Je vais donc bien, et même très bien. Il y a des personnes que la prison brise et il y en a d'autres comme moi, que la prison fortifie mentalement et physiquement.  

Vous savez que j'ai l'immense défaut de ne jamais rester indifférent face à la souffrance de ceux qui vivent autour de moi, et pour souffrir, il y a des gens qui souffrent ici.    

Vous lavez compris, je déteste parler de moi, et de toutes les manières, je ne suis pas venu ici pour parler de moi, mais parler de ceux pour lesquels je suis venu ici, c'est-à-dire les prisonniers.     

Mais avant, permettez-moi de vous donner quelques conseils. Ne restez pas dans les rues la nuit tombée. J'ai des conseils, mais retenez ce seul conseil qui en vaut dix milles. Je vous expliquerai les raisons dans une autre correspondance.   

Comme vous le voyez, je manque d'élégance aujourd'hui et je suis sûr que vous savez que je le fais à dessein. Je suis en prison et ce qui compte ici, ce ne sont pas les mots mais plutôt le message que transmettent les yeux qui s'adresse à vous.   

Je suis en prison pour avoir critiqué la société Ivoirienne, calcinée par les flammes de la dégradation morale. Nous vivons dans un pays où les valeurs morales se sont écroulées et où souffrent d'innocentes personnes, victimes des actes que nous posons au quotidien. L'objectif de notre association est d'aider les personnes victimes d'abus, d'injustice, du traitement inhumains et  dégradant, afin qu'elles ne perdent pas espoir et ne se mettent pas à haïr notre société et tous ceux qui vivent autour d'elles. Voici mon combat.    

Mais pour mener ce combat, il me fallait un repère et le premier repère que j'ai trouvé est notre « système judiciaire ». Par système judiciaire j'entends, non pas l'appareil judiciaire seul, mais plutôt l'ensemble constitué par la religion, la police, la gendarmerie, la justice et les prisons.    

La religion, parce qu'elle a peur mission d'inspirer la crainte de Dieu et le respect des valeurs sociétales.
    La police et la gendarmerie, parce qu'elles doivent inspirer non pas la peur, mais le respect et la confiance.
    La justice, parce qu'elle  a pour mission, non pas de rendre uniquement la justice, mais surtout de faire la justice. Ce qui n'est pas aisé.
   Les prisons, parce qu'elles n'ont pas pour mission de punir uniquement, mais surtout d'éduquer le condamné, et lui offrir un nouveau départ.
    A l'évidence, toute société dans laquelle ce « système judiciaire » dysfonctionne, comme c'est le cas de notre société, est une société en danger. Et c'est pour avoir dénoncé cela que  je me suis retrouvé (fort heureusement), en prison.
   A présent que je suis en prison, dois-je fermer les yeux sur e qui s'y passe et adopter la posture du singe de la gravure, au motif que je suis condamné ?
    Non, je ne le ferai pas. D'abord parce qu'une telle attitude serait une terrible négation de mon combat et de ma nature  profonde. 

Ensuite, parce que ne peux pas faire injure à celui qui m'a envoyé dans cette prison, en pensant qu'il ne  savait pas que, en agissant de cette manière, il m'offrait l'occasion de réaliser mon destin : celui d'œuvrer pour que les prisons retrouvent leur initial et ne soient plus des mouroirs et des lieux de déshumanisation. Non, il faut que je parle car celui qui m'a envoyé ici ne me tiendra pas rigueur de parler de ceux qui souffrent. 

Je sais qu'il sait que je suis dans l'obligation de parler car il n'y a pas une autre solution et à l'impossible, nul n'est tenu. 

Il sait que je dois parler parce que j'ai de quoi écrire  Un livre d'au moins 800 pages sur ce qui se passe dans cette prison, sur les conditions de détention, sur l'infirmerie la nourriture (véritable insulte  à la dignité humaine), sur l'eau qu'on sert aux prisonniers, sur l'installation électrique (véritable danger pour les détenus), sur la pédophilie, sur chaque prison de cote d'ivoire ( parce qu'il y a ici des prisonniers venant des prisons de l'intérieur), sur les opinions des prisonniers sur les autorités de ce pays, sur chaque magistrat exerçant à Abidjan, sur les maladies  dont ils souffrent les prisonniers et enfin sur Dieu et ses miracles dans cette prison. Il y a donc de quoi écrire largement un livre de plusieurs tomes sur le système carcéral en côte d'ivoire.  

Il faut donc, que je parle de ce qui se passe ici cela peut aider les autorités à ouvrir leurs yeux et à corriger certaines choses. Cela peut aider également les directeurs de nos prisons en général et celui de la MACA en particulier, assis sur un fauteuil éjectable  car contraint a gérer 5000 personnes ans une prison construite pour 1500  personnes, avec tout ce que cela comporte comme risque débordements et d'évasions. 

Dans le texte qui m'a conduit en prison, il y avait le paragraphe qui suit : « Enfin Dieu se rendit à la prison civile de la capitale pour interroger les prisonniers sur les pratiques qui y avaient cours leurs réponses lui fendirent le cœur. Il apprit que certains qui n'avaient commis que des petits délits passibles aux maximum de quelques mois de prison, étaient maintenues dans cette prison inhumaine depuis plusieurs années sans jugement, tout simplement parce qu'ils n'avaient personne pour les aider ou parce qu'ils n'ont pas assez d'argent pour acheter leur liberté (…) » (la justice, les criminels et la corruption). Nouveau Réveil du 14 / 12/2007.      

Ceci n'explique t-il pas cela ?
Ce qui va suivre en est la preuve.
Chers camarades, faites bien comprendre à nos honorables magistrats, que mon intention, en produisant ce document, n'est pas de nuire à leur image, mais de contribuer à ma manière, à les aider dans leur tâche qui est à la fois immense et difficile. Les aider à se souvenir de certains dossiers qui sont dans leurs cabinets et dont ils ignorent peut-être même jusqu'à l'existence.   

Dites –leur bien que je sais que je suis à leur merci, et qu'ils peuvent trouver à tout moment, quelque article insoupçonné dans le code pénal, pour réprimer tout ce que je ferai, dirai et même penserai dans cette prison.   

Mais, dites-leur aussi que je sais que la justice est rendue au nom du peuple et que  faisant partie de ce peuple, j'ai le droit de pleurer pour ceux qui souffrent. 

Dites leur que, ce qui détruit moralement les prisonniers, c'est d'être enfermés pendants des années sans être jugés, être traités  comme des coupables pendant des années sans jugement. De ne pas savoir quand est-ce qu'en va sortir de la prison. C'est cette incertitude qui est la première cause de moralité ici à la MACA.
Ici, c'est le moral qui tient le corps. Quand le moral s'évapore, le physique se désagrège et c'est la mort qui assurée.
Les gens qui sont enfermés ici sans jugement se  comptent par centaines. En voici quelques cas.

1-ZIDA ZAKARIA
Mandant de dépôt : 14 janvier 2002
Délit : consommation de cannabis.
Détenu depuis 6 ans sans jugement.
Lieu de détention : Maca, bâtiment B, cellule 406.
Tribunal : 1er cabinet d'instruction, plateau.
En quelques mots : « j'ai reconnu les faites à la police et au parquet, mais cela fait 6ans que je suis détenu ans jugement.
Celui qui m'a vendu le cannabis et qui est venu à la Maca avec moi a été libéré depuis 5ans. Moi je suis là depuis 6 ans. Si je ne passais pas mon temps à faire le sport, je serais déjà mort ».

2- TIECOURA BENGO ROMAIN
Mandat de dépôt : 23 Novembre 2001
Délit : coups et blessures volontaires détenu depuis 6 ans 2 mois sans jugement
Lieu de détention : Maca, infirmerie.
Tribunal : D'abord Tiassalé, ensuite Yopougon.
Cabinet : inconnu.
En quelques mots : «  cela fait plus de 6 ans que je suis en prison pour une simple bagarre. Mais cela n'a plus beaucoup d'importance parce que ce n'est pas sûr que je survivrai à cette année. Vous voyez bien dans quel état je suis. Il n' y a aucun médicament ici, même pas une aspirine. 6 ans sans jugement pour une bagarre, ils sont très forts »

3-DOUGOU KANITE
Mandat de dépôt : 4 juillet 2001 
Délit : attentat à la pudeur. Détenu depuis 6ans 6 mois sans jugement. Lieu de détention : MACA bâtiment C.
Tribunal : 2 cabinet d'instruction, YOPOUGON. En quelques mots : « quand on m'envoyait dans prison, j'avais 72 ans. À présent j'en ai 79 ans. Cela fait plus de 6 ans qu'ils m'ont emprisonné sans me juger pour me donner l'occasion de prouver mon innocence. »   

4- TIERNO FALL
Mandat de dépôt : 7 février 2002 
Délit : vol de nuit en réunion.
Détenu depuis 6 ans sans jugement.
Lieu de détention : MACA bâtiment B, cellule 208.
Tribunal : plateau. Cabinet d'instruction : Inconnu.
En quelques mots : «  Au départ, j'étais au 2° cabinet mineur du plateau. Mais depuis le 5 Avril 2002, on ne m'a plus appelé au parquet et je ne suis plus mineur depuis cette date. Je ne reconnais pas les faits et cela fait 6ans que je ne sais pas quel est le juge qui a mon dossier en charge afin que je puisse m'expliquer. »

5- TRAORE ABDOULAY
Mandat de dépôt : 7 décembre 2002.
Délit : vol en réunion avec effraction.
Détenu depuis 5 ans 2 mois sans jugement.
Lieu de détention : MACA, bâtiment B, cellule 301.
Tribunal : 5è cabinet d'instruction, plateau.
En quelques mots : «  a la police et au parquet,  j'ai reconnu les faits. Pourtant, cela fait plus de 5 ans qu'on ne me juge pas,
Si au moins on m'avait jugé et condamné pour ce que j'ai fait, je serais plus tranquille dans tête. Mais cette situation me rend fou. »

6- CISSE LAMINE
Mandat de dépôt : 9 juillet 2001.
Délit vol.
Détenu depuis 6  ans 7 mois sans jugement.
Tribunal : 3è cabinet d'instruction, yopougon.
Lieu de détention : MACA, bâtiment B.
En quelques mots : « j'ai reconnu les faits. Ce que j'ai fait est très grave. Mais ici j'ai rencontré Dieu. Je veux qu'on me juge pour que paie pour le mal que j'ai fait. Me garder en prison pendant 7 ans sans jugement, pour moi c'est comme si on se moquait de la personne a qui j'ai fait du mal. Si on ne veut pas me juger aussi, alors qu'on me libère pour que j'aille solliciter le pardon de ma victime, parce que ici j'ai rencontré et fait du mal n'est pas bon devant Dieu. »

NB. Je n'apprécie pas la sincérité des propos. C'est à la justice de le faire en les jugeant.

7-KOUAME KOUADIO SERGE PATRICK.
Mandat de dépôt : 12 mars 2001
Délit : vol a mains armées.
Détenu depuis 7 ans 10 mois sans jugement.
Tribunal : 2è cabinet d'instruction, plateau.
Lieu de détention : MACA, bâtiment B.
En quelques mots : «  j'ai reconnu les faits. Mais cela fait bientôt 8 ans que je suis détenu sans jugement. Mes deux complices avec lesquels je suis venu à la MACA sont morts. Mon père et ma mère sont morts pendant ma détention. J'ai reconnu les faits mais on ne me juge pas pour que je sache quand je vais sortir. Depuis Novembre 2002, je n'ai pas été appelé au parquet. »

8- BAH  HERMANN.
Mandat de dépôt : 28 Novembre 2002.
Détenu depuis 5 ans 2 mois sans jugement.
Tribunal : 2è cabinet mineur, plateau.
Délit : vol en réunion avec effraction.
Lieu de détention : MACA bâtiment B, cellule 207.
En quelques mots : «  mon complice et moi avons reconnu les faits. Il a été libéré sans jugement, 8 mois après notre arrivée à la MACA. Aujourd'hui, je ne sais même pas depuis 4ans, dans quel cabinet je suis. Je suis ici depuis 5 ans sans jugement alors que j'ai rendu les pagnes que j'avais volés, le même jour où on m'avait arrêté. Et je suis toujours ici. »

NB. Selon l'article 393 du code pénal, la tentative de vol est punissable. Ce qui signifie que la restitution des pagnes volés est sans conséquence sur la commission de l'infraction.

9- SEBOGO BOUKARY
Mandant de dépôt : 22  Septembre 2000
Détenu depuis 7 ans 4 mois sans jugement.
Délit : attentat à la pudeur.
Lieu de détention : 5 ans à la prison de Grand-Bassam
Puis, depuis 2ans 4 mois à la MACA, 
Bâtiment C, cellule 01.
Tribunal : INCONNU.
En quelques mots : «  la maman de ma de copine avait demandé aux gendarmes de me corrige r parce que je suis sortir avec sa fille sur son toit. Les gendarmes m'ont gardés à la brigade pendant 2 mois et m'ont demandés le nom de mon père de payer 300.000 F CFA. Mais mon père n'avait pas eu  l'argent et ils m'ont déréfé en disant que j'avais violé la fille, ce que j'ai nié. Et cela fait bientôt 8 ans que je suis en prison, sans jugement. La dernière fois ou j'ai rencontré un juge c'était en 2001. Depuis, on ne m'a plus appelé et je ne sais même plus où se trouve mon dossier. 7 ans  4 mois sans jugement, c'est-à-dire sans me donner l'occasion de m'expliquer.  Je ne sais plus si mes parents vivent encore, parce que depuis 4 ans, je n'ai pas reçu une seule visite. »

NB. Encore une fois, je n'apprécie pas la sincérité des propos. C'est à la justice de le faire en le jugeant.

10- KONATE MOUSSA
Mandat de dépôt : 29 juillet 1991.
Délit : vol à main armée.
Détenu depuis 17 ans 6 mois sans jugement.
Lieu de détention : MACA, bâtiment B, cellule R-10.
Tribunal : 7e cabinet d'instruction, plateau.
En quelques mots : sans commentaires.

NB. Une histoire vraiment compliquée, liée sans doute à beaucoup de paramètre.

11- DOSSO JULIEN.
Mandat de dépôt : 1er Avril 2003
Détenu depuis 4 ans 5 mois sans jugement.
  Délit : vol de nuit réunion.
Lieu de détention : MACA, bâtiment B, cellule 401.
Tribunal : 1er cabinet mineur, puis inconnu.
En quelques mots : «  j'ai reconnu les faits. Mais je suis ici depuis bientôt 5ans sans jugement. Je ne sais même plus où se trouve mon dossier, vu que cela fait au moins 3 ans que je n'ai pas été appelé au parquet. »

OBSERVATIONS.
I. DE LA DETENTION PREVENTIVE
Article 137 du code de procédure pénale.
« La détention préventive est une mesure exceptionnelle. Lorsqu'elle est ordonnée, les règles ci-après doivent être observées. »

Article 138 Alinéa 2 du C.C.P. «  En matière Correctionnelle et  en matière Criminelle, l'inculpé ne peut être détenu respectivement plus de 6 mois et plus de 18 mois.
  Toutefois, les dispositions visées à l'alinéa ci-après ne l'appliquent pas aux crimes de sang, aux vols avec circonstances  aggravantes, trafics de stupéfiants, attentas aux mœurs, évasions, détournements de deniers publics ainsi qu'aux atteintes contre les biens commises avec les circonstances prévues à l'article 110 du code pénal. Dans tous ces cas, la détention préventive est prononcée pour une durée de 4 mois. Passé ce délai, si la détention apparaît  encore nécessaire, le juge d'instruction peut la prolonger par une ordonnance spécialement motivée, rendue sur les réquisitions également motivées du procureur de la république. Chaque prolongation ne peut être prescrite pour une durée de plus de 4 mois.

Le juge d'instruction doit, à l'issue de ces délais, ordonner la mise en liberté provisoire de l'inculpé. »

Article 139 du C.C.P «  En cas d'inobservation par le juge d'instruction des délais susvisés, l'inculpé est en détention injustifiée.

Chers camarades, je vous laisse la possibilité de vous faire votre opinion personnelle sur tout ce qui précède.         

Je peux dire quant à moi, que tout le monde sait dans pays que nos magistrats travaillent pour la plupart, dans des conditions intolérables.            

Mais cela ne saurait être une excuse suffisante pour maintenir quelqu'un en prison pendant plusieurs années sans jugement, quelque soit son crime.

Parce que, une personne jugées et condamnée a, sa disposition, beaucoup de recours a lui offertes, par la loi. Condamnée en premier ressort, elle peut être libérée en appel ou voir peine réduit considérablement ou confirmée. Le jugement présente donc beaucoup d'avantages pour le prévenu. Le jugement désengorge les prisons. Et puis, la détention préventive a pour fonction essentielle de garder le prévenu entre les mains  de la justice, le temps pour le juge d'instruction de mener sereinement son enquête pour découvrir la vérité.   

Mais quelle enquête un juge d'instruction peut-il être en train de mener dans une affaire de consommation de cannabis où le prévenu reconnaît les faits, au point de la garder en détention préventive pendant 6 ans sans  jugement ?    

Les 11 cas mentionnés ici ne sont que quelques uns parmi des centaines ici à la MACA. La  conséquence immédiate est la  surcharge intolérable de la prison. Et pour être surchargée  la MACA est bien surchargée. Construite pour 1500 prisonniers, elle en contient aujourd'hui plus de 4800. Il y a des cellules où il y a plus de 70  personnes, comme la cellule 04 du bâtiment C.
Aux Bâtiments B et A il y a des effectifs beaucoup plus choquants, la capacité normale d'une cellule dans ces bâtiments étant de 20 personnes maximum. Essayez d'imaginer 70 personnes dormantes  dans un espace construit pour 20 personnes. Les  plus chanceux sont ceux qui dorment débout. Parce que, si vous commettez l'immense bêtise de vous coucher, vous devez rester coucher sur le même côté toute la nuit, à moins de vous levez chaque fois pour changer de côté, avec le risque de vous faire piquer votre précieuse place par un ‘'Observateur'' vigilant. Mieux vaut donc resté couché sur le même coté et supporter courageusement les crampes.    

La MACA est donc surchargée, à cause des détentions préventives de «  longue durée » et de certaines personnes qui n'ont rien à faire ici, telles que tous ces fous qu'on croise dans la cour de la prison et qui constituent un véritable danger pour les autres détenus.  

Prévue pour 1500 personnes, la nourriture qui est servie aux 5000 prisonniers, une fois par jour (on ne va pas se plaindre pour ça, il y a 70% d'ivoiriens qui ne sont pas en prison et qui mangent une fois par jour), est largement insuffisante. Mais, ne nous y trompons pas hein ! 

Quant je dis nourriture, c'est par respect pour ceux qui mangent cette «  choses ». En réalité, ce qui est servi aux prisonniers dans des demi barils et des casseroles âgées de 28 ans, est une vraie insulte à la dignité de l'espèce humaine. Je vous parlerai de cette nourriture de façon plus détaillée prochainement dans un « cahier de la MACA », une chronique que j'animerai quotidiennement, à  ma sortie, sur notre site Internet ou dans les colonnes d'un journal de la place. Pour le moment, retenez  que les mots s'enfuient de ma tête chaque fois que je veux parler de cette nourriture. Comment des êtres humains peuvent manger une telle chose et rester en vie ? Dieu est vraiment grand !   

J'ai entendu quelqu'un s'écrier hier après avoir mordu avidement l'unique morceau d'igname qu'il avait pu se procurer à coups de poings. 
«  En plus, l'igname n'est même pas cuite. Et pour ça, on a failli casser mon œil. Mais Gbagbo  a les foutaises quoi ! Il n'a pas d'argent pour nous nourrir et puis nous envoie en prison. » Et un autre de répliquer. «  Mon frère on ne fait pas de politique en prison. Et puis, ce n'est pas Gbagbo qui t'a envoyé ici. Igname là, c'est cuit on mange, c'est pas cuit on mange après on va à l'infirmerie pour mourir en paix ». Un autre 
Prisonnier, visiblement ne partageait pas ce point ce point de vue, avait voulu exprimer son opinion. 

Mais la faim dont il souffrait depuis deux jours était si féroce que les mots restaient bloqués dans sa gorge. 

Pour mourir, les prisonniers de la MACA  meurent. Mais de cela, nous parlerons prochainement, car le cargo jaune vient d'arriver, en provenance de la civilisation et nous devons accueillir les « Nouveaux Voleurs ». 

Comme je vous l'ai déjà dit, il n' y a plus de places ici. Mais comme ici la solidarité règne, nous allons leur trouver un petit endroit bien calme où ils pourront dormir débout, sans être gênés par qui que ce soit, à l'exclusion bien entendu, des souris et des cafards qui ici, n'ont peur de personne. Comme n le dit MACA : «  ici, souris mange chat ». Le monde à l'envers en quelque sorte.    

A bientôt  donc chers camarades ! Faites fonctionner l'Association et n'oubliez pas d'allez voir qui de droit pour aider les 11 personnes dont j'ai parlées. 

Insistez sur le fait qu'il s'agit de 11 personnes que j'ai choisies par tirage a sort sur des centaines de cas.

Insistez aussi sur le fait que tout ce que  ces gens réclament, c'est qu'on les juge afin qu'ils sachent quand est-ce qu'ils sortiront de prison.   

Je vous enverrai bientôt des  nouvelles de moi. Prenez des dispositions, dès que vous aurez achevé la lecture de cette lettre, pour que quelqu'un parmi vous vienne s'enquérir de mes nouvelles chaque jour de visite, car on ne sait jamais trop prudent. Un appel venu du plateau pourrait bien m'arracher mon stylo. Pour tes possible ici. Mais bon, comme vous le savez, mon cerveau marche bien. Et puis, entre-nous ces bons messieurs n'avaient qu'à  ne pas m'envoyer ici ! Ma grand-mère  disait toujours qu' «  on ne peut pas frapper un enfant et l'empêcher de pleurer ». remerciez nos amis de la diaspora ivoirienne et dites-leur bien que quand je sortirai de prison, nous réaliserons notre projet qui nous permettra de faire en sorte que les pauvres et leurs enfants ne soit plus interrogés avec violence dans un commissariat de police sans l'assistance d'un avocat, ou gardés à vue au violon d'un commissariat de police ou d'une brigade gendarmerie, pendant des semaines voire des mois et cela en violation flagrante et impunie  de l'article 76 alinéa 2 du code de procédure pénale qui fixe le délai maximum  d'une garde en vue  48 heures, renouvelables une seule fois.

Quant a nos amis de l'intérieur, dites leur que j'aurai un mot pour chacun d'eux à ma sortie de prison.

Ici, j'ai tellement de choses à apprendre et j'ai tellement de choses à faire pour mes amis prisonniers.  

A bientôt donc et n'oubliez surtout pas de bénir DIEU tout puissant d'avoir autorisé que je vienne dans cette prison pour voir comment vivent ses enfants, comment on détruit la vie d'innocentes personnes, comment la vie qu'il nous a offerte est banalisée dans les prisons. Bénissez-le nous avoir offert la victoire, car les prisons. Car les états généraux de notre « système juridico carcéral » c'est pour bientôt.

Participez aux états généraux de la société civile ivoirienne qui ont lieu dans quelques jours et prenez de bonnes notes pour association.           

Que Dieu nous garde !
P.S   Il est 3 heures du matin. Au moment où j'écris ces dernières lignes, il se passe un événement tragique dans ma cellule. L'un de mes compagnons de cellule, Monsieur médar, un jeune entrepreneur, est pris d'un violent malaise et est en  train de mourir. Il est tombé de son lit, se roule au sol et vomit abondamment. Mes deux autres compagnons et moi sommes paniqués et ne savons quoi faire pour l'aider. Le drame, le comble, c'est que cela fait plus de deux heures que nous appelons au secours, mais personne ne vient. Aucun surveillant, aucun garde ne dort dans les bâtiments et pourtant il y a une place aménagée a cet effet dans les batiments. La nuit tombée, ils nous enferment dans nos cellules et vont se coucher au greffe, à 500 mètres des batiments. Nous faisons du  bruit avec tout ce que nous trouvons, mais personne ne vient et Médard commence à divaguer. Notre bâtiment se trouve pourtant a 10 mètres de l'infirmerie, mais  de ce coté aussi il n'y a aucune réaction. Je m'étonne de cette attitude de la part de l'infirmier de garde mais  un de mes compagnons m'interrompt : «  l'infirmier ne viendra pas parce qu'il n' y a de garde. Le médecin et tous les infirmiers dorment en dehors de la prison. Même s'il y avait un infirmier de garde, il ne viendra pas parce qu'il n'a pas les clés du batiments. Les clés se trouvent avec les gardes au greffe. Ils entendent bien les bruits que nous faisons, ils entendent nos cris mais ils ne viendront pas. Notre vie n'a aucune valeur à leurs yeux… »

Apres ces mots de mon compagnon de cellule, je réalise subitement la précarité de notre situation.     

Avec l'installation électrique anarchique dans les batiments, s'il s'agissait d'un incendie, nous serions tous morts calcinés depuis longtemps. Mais la posture de Médard me tire de mes réflexions. Le jeune entrepreneur ne bouge plus. Nous arrêtons faire de bruit. Ce n'est plus nécessaire. Nous mettons un pagne sur lui et voilà !     

«  Seigneur, protège nous. Vois comment l'on traite tes enfants. Ils nous ont envoyés ici pour nous tuer.
Aide mon compagnon. Ne le laisse pas te rejoindre maintenant. Il a deux petits enfants. N'autorise pas que ces eux enfants deviennent des orphelins. Ne les laisse pas triompher de lui. Il sorte bientôt de prison. Sois béni seigneur ! Accomplit ton miracle ! »

ASSALE TIEMOKO ANTOINE
Président de l'Association MVPC.
Prisonnier d'opinion à la MACA.

Source : service de communication de l'Association MVPV
Antoineassale02@yahoo.fr
www.e-monsite.com/prisedeconscience .

 
LA LIBERTE D'OPINION
La liberté d'opinion a été affirmée solennellement dès la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789. Elle signifie que toute personne est libre de penser comme elle l'entend ou d'affirmer des opinions contraires à celle de la majorité ou de les exprimer (son corollaire est la liberté d'expression). La Déclaration de 1789 précise d'ailleurs que cette liberté d'opinion s'étend à la liberté religieuse, chacun étant libre d'adopter le culte de son choix, ou de n'en adopter aucun.
Ma lettre ouverte au…procureur Raymond Tchimou

par andré silver konan publié . « Jusqu'à quand allez-vous continuer à être le procureur d'un clan contre une partie des Ivoiriens ?"Bonjour monsieur le procureur de la République. Avant tout propos, j'aimerais vous signaler que je ne sais pas si je dois m'adresser à vous en tant que Tchimou ou en tant que Moukki. L'histoire très récente de la justice corrompue (cf Nord-Sud n°770 du mardi 11 décembre 2007 de notre pays a montré que vous vous êtes senti concerné quand un jeune homme a pris sa plume pour dénoncer les excentricités d'un procureur nommé Moukki dans un pays imaginaire. J'avoue que je n'ai pas compris pourquoi vous vous êtes particulièrement senti concerné par cette histoire si vous n'aviez rien à vous reprocher. Lire l'Article

POINT DE VUE : Affaire “KKB et Le Nouveau Réveil” ont diffamé les Bété
Plus d'une fois, « Le Nouveau Réveil » a été traîné devant les tribunaux et a d'ailleurs gagné jusque là tous ses procès. Mais ce sur quoi nous voulons attirer l'attention de tous, c'est cette injustice qui se dissimule plus de la part du Procureur de la République , TCHIMOU Raymond, quand il s'agit du groupe de presse « Le Réveil ». Un Procureur de la République est censé, à notre avis, prendre connaissance du contenu de tous les journaux publiés sur tout le territoire ivoirien tous les jours la loi sur la presse faisant obligation aux Editeurs de déposer des exemplaires de leurs parutions à son cabinet chaque jour. Le procureur TCHIMOU Raymond peut-il, alors, dire, en son âme et conscience, que « Le Nouveau Réveil » est le seul journal à avoir rapporté les propos de KOUADIO KONAN Bertin pour avoir à convoquer son Directeur de la Publication et son journaliste envoyé spécial à Dimbokro à comparaître le 1er Février pour diffamation du peuple bété de Gagnoa? Lire l'Article
 
ABUS DE POUVOIR
POUVOIR: Du latin populaire potere, réfection du latin classique posse, «être capable de ». 1° Verbe : avoir la possibilité, la faculté de. 2° Avoir le droit, l'autorisation de. 3° Nom : puissance, aptitude à agir. 4° En politique, ressource qui permet à quelqu'un d'imposer sa volonté à un autre, autorité. 5° Employé seul (le pouvoir), les institutions exerçant l'autorité politique, le gouvernement de l'État.
Le roi dont on ne dit mot…
Kouassi Famien Georges - Notre société est corrompue. Ça, notre éminent procureur Tchimou de "La Côte d'Ivoire utile" le sait. Malgré le bâillonnement des libres penseurs qui dénoncent ce fléau qui gangrène l'administration publique ivoirienne, la réalité est là, triste et patente. Je ne vais pas revenir sur ce que les uns et les autres ont dit, et si bien dit, pour fustiger le comportement honteux de Monsieur Tchimou, prompt à casser de l'opposition, de libres penseurs, mais muet quand des désœuvrés battent ses collègues. On est où là? Dans la "Côte d'Ivoire utile", la partie sud de notre cher pays. Lire l'Article
 
LA VICTIME
PRISIONNIER D'OPINION
EN PRISON: 53 JOURS DEJA...
LE VERTICT: En effet, depuis le vendredi 28 décembre 2007 dernier, il est à la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (Maca) sur instruction du procureur de la République pour outrage à magistrat et diffamation envers les autorités. Le procès entamé le mercredi 2 janvier dernier, a abouti à 24 mois d'emprisonnement requis contre l'inculpé. Depuis vendredi 04 janvier 2008, le verdict est connu. Tiémoko Antoine a finalement été condamné à 12 mois d'emprisonnement ferme. Verdict rendu public par Mme le juge d'instruction, Mme Drepeuba Béatrice. Le condamné est par ailleurs tenu de donner un franc symbolique au procureur Kimou et 500.000 fcfa à la secrétaire du procureur.
 
MVPC - ASSOCIATION A BUT HUMANITAIRE,NON   LUCRATIF, FONCIEREMENT APPOLITQUE ET NON VIOLENTE
REACTIONS
 
Christiane Djahuié à propos de l'emprisonnement d'Assalé Tiémoko : “Monsieur le président, ordonnez immédiatement la libération d'Assalé”
Ce jeune homme force mon respect pour ses prises de positions courageuses en faveur des jeunes ivoiriens pris dans l'étau de la mauvaise gouvernance du pouvoir en place, et de l'irresponsabilité que les hommes politiques ivoiriens ont en partage. Dans ce pays où les intellectuels choisissent de se taire, où le peuple muet comme une carpe, se prête aux jeux macabres de ses dirigeants, Assalé Tiémoko Antoine a refusé de participer à la regrettable conspiration du silence. Cela lui vaut aujourd'hui un séjour derrière les barreaux où il partage sa cellule avec des criminels. Son crime à lui : il a osé dire " Non ". Non à la misère, non à la corruption, non à l'injustice, non au chômage, non au pillage des ressources de notre pays, non au train de vie scandaleux de l'Etat. Est-ce donc là, le sort que la Côte d'ivoire réserve à ses jeunes ? A ceux qui portent l'avenir de la nation? Doit-on être mis aux arrêts parce qu'on s'inquiète du profond drame social que vit la jeunesse ivoirienne ? Lire l'Article
silence rageur de leurs aimés assassinés; martyrs anonymes ou innocentes victimes d'une épileptique vengeance ethno-politique. Où sont passées leurs revendications, ces rebelles? Ces revendications qui justifiaient hier encore leur rébellion meurtrière. ... Nous avons pardonné l'humiliation des femmes violées, le traumatisme des enfants qui ont vu mourir leurs parents, le pillage des magasins des coopératives agricoles et des richesses minières nationales ... Monsieur le président, garant des institutions de la république, pourquoi Assalé Tiémoko, KKB et "Le Nouveau Réveil", mériteraient-ils plus le coup de la loi (quelle loi?) que ceux-là? Lire l'Article
Le Groupe parlementaire PDCI : “Cas Assalé Tiémoko : les derniers soubresauts d`un régime totalitaire agonisant”
Cela ne fait l'ombre d'aucun doute, la refondation est en train de faire ses adieux à la Cote d'Ivoire. Cependant, elle dispose encore d'une grande capacité de nuisance et il faut craindre les dérives totalitaires d'un système qui continue de mettre la justice ivoirienne en coupe réglée. Les innocents sont châtiés avec une rare sévérité quand les méchants et les vrais criminels reçoivent honneurs, gloires et protections. Pour une offense au chef de l'État non établie, le Ministre-Député KOBENAN KOUASSI ADJOUMANI a été traîné illégalement devant les tribunaux de longs mois durant pour se voir infliger finalement une peine d'emprisonnement de deux mois avec sursis. Lire l'Article
Tiburce Koffi, écrivain, depuis Paris : “L`emprisonnement d`Assalé ou les iniquités d`un pouvoir répressif et moribond”
L'objet du délit, est un article, que son auteur a voulu, et même, conçu, comme une fiction : c'est le récit, a-réaliste et surréel, d'une visite qu'effectue Dieu-le-Père, dans un pays corrompu… jusqu'à son appareil judiciaire ! Les noms des personnages de cette fiction, cachent à peine ceux (en anagrammes) de personnes réelles, qui régentent le monde judiciaire ivoirien. Une erreur d'amateur ! - en dirait-on, dans notre métier. ''Un choix esthétique, sans doute'', en penserait l'analyste avisé. ''Une faute criminelle et pendable !'', hurle, cependant, intraitable comme Jupiter du haut de l'Olympe, le Grand régisseur de notre appareil judiciaire. A l'état civil, ce dernier répond du nom de Tchimou ; mais il s'est reconnu (comment, pourquoi et par quelle magie verbale ?), en l'appellation de Moukki, une création onomastique du jeune auteur ; tandis que, sa secrétaire, (une certaine Cécile) se reconnaît aisément en Cilecé... Lire 'l'Article
TELEDIASPORA
 
Assalé à la MACA : Le procès de la honte !
Ainsi le procureur de la République et certains magistrats, fortement "OUTRAGES" ont sévi, se servant de l'appareil judiciaire pour se livrer à une parodie de justice et se vengeant bassement du jeune Assalé Tiémoko dont l'article sur la corruption de nombre de magistrats en République des Mastodontes est apparu comme l'œil de Caïn sur la conscience de ces magistrats qui prétendent avoir rendu justice ( ?). Ceux qui ont condamné Assalé Tiémoko à ces douze (12) mois de prison ferme savent eux-mêmes qu'ils ont la conscience et le sommeil troublés et il en sera toujours ainsi toute leur vie quand bien même on les enfermerait dans un souterrain à l'instar de Caïn ! Lire l'Article
Assalé Raymond, père de Assalé Tiémoko : “Le monde entier sait aujourd`hui que mon fils a été arrêté parce qu`il dénonce la corruption”
En fait, je suis un peu sidéré, un peu malheureux sur ce côté parce que c'est la même chose que nous combattons quand on était à l'opposition. Il faut être réaliste. A l'époque quand le PDCI était au pouvoir, Gbagbo était en prison parce qu'il combattait l'injustice. C'est pour cela que nous tous on a adhéré à toutes ces marches à Yopougon parce que nous aimons la vérité. Et si c'est pour la même cause que mon fils a été mis en prison. Lui-même moralement étant assis dans son salon, il va rire. Il va se dire "la cause pour laquelle on m'a mis en prison, c'est pour cette même cause qu'ils ont mis l'enfant d'un tel en prison". De toutes les façons, je le laisse décider tout seul. Et moi je suis très fier et de toutes les façons lui-même il est conscient qu'une lutte est difficile. Lui-même il a lutté et il est passé à la MACA parce qu'il a lutté pour une bonne cause. Mon fils aussi est à la MACA parce qu'il lutte pour une bonne cause. Donc, moi je suis fier. Lire l'Article
Après la publication d'une contribution dans la presse - Assalé Tiémoko prend 12 mois de prison ferme
samedi 5 janvier 2008 - Par Le Jour - Le président de l’association MVPC, M. Antoine Assalé Tiémoko est condamné à croupir durant une année dans les geôles de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). La décision a été prise, hier par le tribunal de première instance du Plateau. Suite à la publication d’une contribution dans la presse. Le verdict du procès qu’il est désormais donné d’appeler l’affaire “ Assalé Tiémoko ” est connu depuis, hier. Le président de l’association MVPC, M. Antoine Assalé Tiémoko a été condamné à 12 mois d’emprisonnement ferme et à une amende de 500 000 Fcfa à payer au procureur de la République, Raymond Tchimou. Et ce, suite à la publication d’une contribution dans la presse, notamment dans “ Le Nouveau Réveil ” du vendredi 14 décembre 2007 intitulée “ La justice, les criminels et la corruption ”. Arrêté depuis le 28 décembre courant, Assalé Tiémoko était poursuivi pour outrage à magistrats et diffamation à autorité. Après un premier jugement où le parquet avait requis contre lui 24 mois de prison, le président de l’association MVPC a été finalement situé sur son sort, hier. Au cours du verdict final. Annoncé pour 13h, c’est aux environs de 15h 15 que le dossier Assalé est appelé après une brève suspension des audiences qui se déroulaient depuis 13h 30. La présidente de séance, sans s’entourer de fioritures, a prononcé le verdict. A la stupéfaction totale du public. Elle disparaîtra également comme elle est venue après avoir ordonné : “ La séance est suspendue ”. Juste après, les audiences ont repris leur cours normal. Le conseil de M. Assalé Tiémoko n’a pas été aperçu à l’audience. Si les choses devraient en rester-là, les lecteurs ne liront peut-être plus les contributions du président de l’association MVPC durant les 12 mois à venir. Voici une autre affaire d’entrave à la liberté d’expression qui risque de faire grand bruit. Lire l'Article
Venance Konan: “Vraiment, je ne comprends pas les Ivoiriens”
Assalé Tiémoko Antoine est un jeune et brillant diplômé de notre université mais qui, comme des milliers d'autres jeunes comme lui, est condamné à gérer des cabines téléphoniques sur les trottoirs et à vivoter. De temps à autre, il écrit de lumineux papiers dans le Nouveau Réveil pour crier sa colère et sa révolte et aussi pour éveiller la conscience des autres jeunes que la refondation est en train d'abrutir. Le 14 décembre dernier, il a écrit un article pour dénoncer la corruption dans un pays imaginaire qui ressemble beaucoup à la Côte d'Ivoire. Ce papier a irrité le procureur Tchimou qui l'a jeté en prison le 28 décembre dernier, Lire
Prao Yao Séraphin: Réussiront-ils à bâillonner la liberté d`expression du jeune Assalé ?
Jamais une démocratie n'a fait jusqu'ici la guerre à une démocratie. C'est justement ce que les " gérants de la Côte d'Ivoire " offrent à leur peuple. Une démocratie, c'est d'abord ça : une façon de vivre où les gens osent se communiquer les choses importantes, toutes les choses importantes. Où ils se sentent le droit de parler comme des adultes, et non comme des enfants dissimulés. La liberté d'expression constitue l'un des fondements essentiels d'une société démocratique, et l'une des conditions primordiales de son progrès et de l'épanouissement de chacun. C'est fort de cette conviction que monsieur Assalé Tiémoko Antoine, jeune et brillant diplômé et président de "Ma vie est dans ma prise de conscience" (MVPC) a pris l'habitude d'intervenir par ses écrits sur les problèmes de notre société. Ses écrits dont la véracité nous remplit de considération ne manquent pas d'éclat pour éclairer et éveiller la conscience de plus d'un. Lire l'Article
Révérend Honore Jean Dahouet : “Libérez sans condition Assalé, sinon…”
J'ai lu, avec des larmes, aux yeux, ta lettre de soutien, au jeune "MARTYR" Assale Tiemoko Antoine, ce jeune, que dis je, ce gamin, qui a ose, exprime ce que la grande majorite des Ivoiriens, pensaient tout bas, sans oser le dire. Ce jeune homme, courageux, a ete arrete, par son "GRAND PERE", Mr le tout puissant Procureur de la republique, seulement parcequ'il a exprime ses souhaits, pour une CI, plus juste et democratique. Lire l'Article
Dr Antoine Ahua jr. : Mamadou Koulibaly :Vous cautionnez la violence du FPI contre la démocratie
... Alors, qui peut libérer Antoine Assalé Tiémoko, écroué à la Maca en violation flagrante avec le chapitre premier de notre Constitution? Ce jeune homme est accusé par la Refondation d'outrage à des magistrats pour avoir écrit une nouvelle intitulée «La justice, les criminels et la corruption». Comment le libérer de l'injustice quand les magistrats censés rendre justice aux citoyens se rendent justice contre un citoyen sans procureur, en dehors des règles de l'art et en plein conflit d'intérêt? ... Lire l'Article
Mépris de la liberté d'expression - Gbagbo enchaîne la démocratie
Récemment avec l'arrestation d'Assalé Antoine et l'interpellation du président de la Jpdci Kouadio Konan Bertin, tout porte à croire que les journalistes et les hommes politiques ne sont pas en passe d'être caressés dans le sens des poils. Lire
UNE JUSTICE A DEUX VITESSES ?
Mr le "Courageux" Procureur Diakité Mamadou, que faites vous des tueries de Bouaké depuis une semaine? A quand les arrestations?
L'Inter jeudi 3 janvier 2008 par Assane NIADA - L'état-major des Fn a ainsi annoncé la mort d'un certain Seydou Traoré présenté comme un pro-IB, suite à une attaque lancée par celui-ci contre des éléments FN en patrouille. « Il n'y a jamais eu d'attaque ici. On s'adonne à des enlèvements nocturnes et les gens enlevés sont froidement abattus et de la pire des manières », soutient pour sa part Tango, ce prétendu rescapé des tueries de Bouaké. Depuis sa cachette, il affirme que la capitale du « pays de la rébellion » est devenue le théâtre d'exactions de toutes sortes contre « tous ceux qui sont déçus du combat, ceux qui se rendent compte que le combat a été dévoyé ». Tango nie tout affrontement entre factions des Forces nouvelles, qui aurait occasionné des morts. « On vit une situation de crimes froids, de crimes crapuleux, parce que, contrairement à ce qui se raconte, les gens ne sont pas abattus suite à des combats, mais ils sont enlevés et tués de façon très odieuse, c'est-à-dire qu'on leur brise la tête, on les égorge de sorte à éviter des expertises balistiques. Puis on parle de combats, d'affrontement alors qu'il n'y en a jamais eu », témoigne ce soldat, qui parle de 40 morts, « au bas mot ». Toujours selon lui, ces tueries et exactions sont perpétrées par les chefs de guerre Morou Ouattara de Bouna, Fofié Kouakou de Korhogo, venus prêtés main forte à Wattao à Bouaké. Lire l'Article
Les rebelles ivoiriens accusés de massacres dans le nord du pays
LE MONDE | 03.01.08 |
Que s'est-il exactement passé dans la nuit du jeudi 27 décembre au vendredi 28 décembre 2007 à Bouaké, la "capitale" des Forces nouvelles (FN), les ex-rebelles qui contrôlent la moitié nord de la Côte d'Ivoire ? "Plus de 60 individus (...) ont été enlevés à leur domicile et froidement abattus", a accusé, mercredi 2 janvier, au cours d'une conférence de presse à Abidjan, le porte-parole d'Ibrahim Coulibaly, un ancien proche des rebelles devenu leur adversaire. Lire l'Article

LETTRE OUVERTE: La liberté d'expression et d'association menacée


29 DECEMBRE 2007
Depuis l'arrivée à la primature du rebelle Soro Guillaume, en mars 2007, les droits à la liberté d'expression et d'association sont de plus en plus violés. Un étudiant et les jeunes leaders et plusieurs journalistes ont été interpellés puis arrêtés et condamnés à de lourdes peines dans ce qui semble être une tentative de réduire au silence toute forme d'opposition, à six mois des élections présidentielles et législatives de 2008. LeConservateur craint que ces arrestations et condamnations systématiques n'annoncent un durcissement des autorités ivoiriennes qui pourrait menacer le peu de progrès - que le pays a connus avec l'avènement des Accords de Ouaga - en matière de respect de la liberté d'expression et d'association.

Leconservateur s'inquiète particulièrement de la multiplication des arrestations, des procès intentés aux journalistes et autres Leaders d’Opinion qui ont critiqué et qui critiquent les maux de la societé ivoirienne.
Les autorités ivoiriennes s’attaquent depuis à la jeunesse ivoirienne dont KKB, et le jeune ASSALE TIEMOKO ANTOINE et une dizaine de jeunes (membres de son ONG).

LeConservateur estime qu'ASSALE TIEMOKO ANTOINE est un prisonnier d'opinion, détenu en raison de ses responsabilités au sein de la jeunesse consciente sans preuves de sa participation à des actes de violence et d’outrage à magistrat et diffamation envers les autorités.

LeConservateur estime que la dizaine de jeunes incarcérés à la MACA depuis vendredi 28 décembre 2007, sont des prisonniers d'opinion

LeConservateur demande aux autorités ivoiriennes de respecter les droits à la liberté d'expression et d'association tels que garantis aux articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel la Côte d'Ivoire a adhéré en 1992, et demande que tous les prisonniers d'opinion détenus uniquement pour avoir exprimé des opinions non violentes soient immédiatement libérés. LeConservateur demande également que les autorités ivoiriennes mettent fin à la détention prolongée au secret afin de protéger tous les détenus contre le risque de mauvais traitements et qu'elles libèrent tous les prisonniers d'opinion et tous ceux à qui l'on ne peut reprocher individuellement des infractions pénales spécifiques.

ACTION RECOMMANDEE
Adressez aux autorités ivoiriennes des appels rédigés en termes courtois, de préférence en français, pour :
1. Exprimer votre inquiétude au sujet des récents interpelations qui ont restreint les droits à la liberté d'expression et d'association, en condamnant un étudiant et plusieurs journalistes à des peines de prison uniquement pour avoir usé de leur droit d'expression ou d'association sans avoir préconisé la violence ; citer les exemples de Assale Tiemoko Antoine, KKB, Venance Konan et autres
2. Demander la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers d'opinion ;
3. Exprimer votre inquiétude au sujet des risques de mauvais traitements qui peuvent avoir lieu lors des détentions prolongées au secret et demander qu'une enquête soit menée pour établir la vérité sur les allégations de mauvais traitements concernant certains étudiants afin que de telles pratiques ne se reproduisent plus ;
4. Demander aux autorités ivoiriennes de respecter les règles internationales en matière de droits de l'homme et notamment les droits à la liberté d'expression et d'association tels que garantis aux articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel la Côte d'Ivoire a adhéré en 1992.

A qui adresser vos appels:

Son Excellence
Monsieur Laurent Gbagbo
Président de la République
La Présidence
ABIDJAN

Son Excellence
Monsieur Soro Guillaume
Premier Ministre
La Primature
ABIDJAN
Côte d'Ivoire
Son Excellence
Monsieur Mamadou Kone
Ministre de la Justice
Ministère de la Justice
Côte d'Ivoire
Son Excellence
Monsieur Ibrahima Cissé
Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique
Ministère de l'éducation nationale
ABIDJAN / Côte d'Ivoire
 
BIG BROTHER VOUS REGARDE
Liberté d'expression
La liberté d'opinion et d'expression est généralement considérée comme une liberté fondamentale de l'homme.

Elle est citée à l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme comme suit: « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »

De même, dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (article 11) : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

 
MR ASSALE TIEMOKO ANTOINE PRESIDENT DE L'ONG (MVPC) EST INCARCERE A LA MACA DEPUIS VENDREDI 28/12/07
C'est fait. Assalé Tiémoko Antoine, président de "Ma vie est dans ma prise de conscience" est depuis hier soir à la MACA. Pour 15 jours au moins avant d'être jugé. Convoqué au commandement supérieur de la gendarmerie jeudi dernier, où il a été gardé à vue, Assalé Tiémoko a été déporté hier dès 10 heures, menottés au parquet. Pour être entendu par le procureur de la République. Du moins, c'est l'information livrée par le commandement supérieur de la gendarmerie. C'est finalement à 16h30 que sorti de sa cellule, il a dû être auditionné. " Mon audition n'a duré qu'une seule minute. Le procureur m'a simplement demandé si j'étais l'auteur de l'article paru dans "Le Nouveau Réveil". Quand je lui ai répondu par l'affirmative, il m'annoncé que je devrais être déféré à la MACA pour être jugé dans 15 jours. " Nous a confié au téléphone Assalé. Qui a pris soin de nous indiquer que les chefs d'accusations retenus contre lui sont, outrage à magistrat et diffamation envers les autorités. Ce, à travers un article publié dans "Le Nouveau Réveil" N° 1795. Au téléphone, il a noté qu'à la gendarmerie comme au parquet, il était marqué sur ses dossiers la notion "confidentielle". Que peut cacher cette indication, continue-t-il de s'interroger encore dans sa cellule ? En ces moments difficiles, vivement que les Ivoiriens qui se reconnaissent dans ses écrits se mobilisent. Parce que hier hélas, bien qu'ils aient
été informés, c'est seulement une dizaine de jeunes (membres de son ONG) qui étaient au parquet. Dépaysés, démunis et ne sachant à quel saint se vouer. Et c'est dommage, parce qu'à cette allure, la note risque d'être salée pour notre jeune chroniqueur. Paterne Ougueye Yves. Lire l'Article

Assalé Tiémoko Antoine - Président de l'Association MVPC -
Ce matin, j'ai réçu un appel du commandant ETTE, commandant de la brigade de recherche. Je suis convoqué cet après midi (27 décembre 2007) à 16 heures au commandement supérieur, pour être entendu sur un document fait par moi et publié dans le nouveau réveil du vendredi 14 décembre 2007. Ce document était intitulé, La Justice, Les criminels et la corruption. Il semble que ce document inquiète sérieusement certaines personnes au parquet d'abidjan plateau. Je ne sais pas ce qu'on me reproche réellement, mais je pense que j'ai de bonnes raisons de m'inquièter pour ma liberté et peut-être même pour ma vie parce que nous sommes dans un pays plutôt bizarre où toutes les violations des droits et libertés des citoyens sont monnaie courante. Lire l"Article

A BIENTOT PEUT-ETRE
LE COMBAT CONTINUE
ASSALE TIEMOK
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